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Interview   

Hellfest : le renouvellement perpétuel


hellfest-2027Ben Barbaud et son Hellfest ne s’arrêtent jamais. Depuis 2006, le festival a toujours su rebondir et progresser pour finir par devenir une référence européenne et même mondiale. Le plus gros festival de metal français passe même un nouveau cap en annonçant, pour sa prochaine édition qui aura lieu à Clisson du 17 au 20 juin 2027, plus de trois cents groupes qui seront répartis sur dix scènes (au lieu de six jusque-là). Rien que ça !

Ce choix ambitieux interroge pour de multiples raisons que nous évoquons très longuement et en détail avec deux dirigeants du Hellfest Open Air : Eric Perrin (directeur de la communication) et Jérôme Riera (directeur de la stratégie). Nouveau venu dans l’équipe du Hellfest, ce dernier partage sa vision du festival et répond sans ambages à ceux qui pensent que le festival de l’enfer est avant tout devenu une machine à fric.

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Live Report   

System Of A Down au Stade de France : la victoire du répertoire


Huit ans. Cela faisait huit ans que System Of A Down n’avait pas foulé une scène française, depuis son passage en demi-teinte au Download Festival France en 2017. Une éternité pour un groupe qui cultive pourtant un paradoxe assez unique : ne plus avoir sorti le moindre album depuis Mezmerize et Hypnotize en 2005, mais continuer à traverser les générations comme si le temps n’avait jamais vraiment eu de prise sur lui. La preuve, l’annonce de deux Stade de France complets, un exploit réservé à une poignée de formations rock et metal.

Mais derrière l’excitation des retrouvailles se cachait forcément une interrogation : quel System Of A Down allait-on retrouver ? Celui des albums devenus cultes, capable de mélanger folie punk, metal, mélodies arméniennes et engagement politique avec une identité immédiatement reconnaissable ? Ou celui dont on a surtout parlé ces dernières années à travers ses désaccords internes, des projets personnels et l’impossibilité de donner une suite discographique à une histoire arrêtée en plein sommet ?

À cela s’ajoutait une autre inconnue, celle de la scène. System Of A Down n’a jamais vraiment eu la réputation d’être une machine de guerre en live. Peu de grands effets, peu de déplacements, une énergie parfois jugée inégale… Difficile de savoir comment cette formule allait pouvoir remplir l’immensité d’un Stade de France. Une interrogation renforcée par une affiche aussi prestigieuse qu’atypique, avec Acid Bath et Queens Of The Stone Age en ouverture. Deux groupes certes respectés, mais très éloignés musicalement de l’univers de la tête d’affiche.

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Chronique   

Devildriver – Strike And Kill


Dez Fafara a le cuir épais. Alors que les dernières années ont été relativement chaotiques, notamment en raison du remaniement du line-up de Devildriver, le frontman aura trouvé l’énergie de relancer la machine. Rien d’insurmontable pour le Californien, qui présente avec Strike And Kill une version rebootée de son usine à groove metal sans y perdre une once d’agressivité. Le disque maintient même sans difficulté Devildriver en pole position des formations les plus acérées de la scène américaine.

Si Fafara clame haut et fort qu’il n’est pas une personne négative, sa musique lui sert probablement de pur exutoire thérapeutique. L’homme y insuffle une hargne viscérale, palpable, éreintante. Son approche artistique est sans appel et parfaitement reconnaissable. Une fois passé la porte de la cabine d’enregistrement, le frontman se métamorphose en arme de destruction massive, multiplie les refrains burinés qui clouent sur place et se complaît dans une relative apocalypse auditive. Réintégré dans ses fonctions, le bassiste-compositeur originel Jon Miller rejoint un effectif solide pour dérouler une série de compositions taillées sur mesure pour leur chanteur. Pas de détours ni de courbettes, Devildriver bastonne, écrase, martèle. Le groupe n’a jamais véritablement fait de faux pas, mais il semble ici retrouver une envie presque décérébrée de prononcer sa sentence. Il sait malgré tout positionner au fil de sa cavalcade quelques éléments plus surprenants afin de casser la routine. La fureur épileptique recule occasionnellement, laissant place à des inspirations plus mélodiques (« In The Moonlight », sur lequel Fafara laisse rejaillir son chant clair gothique). Il n’y a cependant chez Devildriver aucun abus ou orientation mainstream. Le groupe dispose le strict nécessaire en matière de respirations – un solo bien troussé sur « Headed For The Fall », des ambiances plus acoustiques avec « Summoning Shadows » – avant de retourner à son bûcheronnage incendiaire à grand renfort de double pédale frénétique. Implacable comme au premier jour.

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Live Report   

Les Cavalera célèbrent le chaos


Dire que cette année 2026 souffle le chaud et le froid pour les fans de Sepultura est un doux euphémisme. Le groupe sillonne actuellement le globe pour une tournée d’adieu avec une dernière date prévue à Sao Paulo en novembre 2026, et rencontre un franc succès. De leur côté, avec un sens du timing assez stupéfiant, Max et Igor Cavalera, qui ont quitté le combo brésilien respectivement en 1996 et 2006, ont entrepris depuis quelque temps de se réapproprier l’héritage de ce groupe culte.

Après la réédition des trois premiers albums, c’est Chaos A.D. qui a aujourd’hui les honneurs en étant joué en intégralité en concert. Certains y verraient une guerre d’ego, avec les frangins affirmant à la face du monde que cet héritage est le leur, et qu’ils vont perpétuer l’esprit du quartet au-delà de sa disparition. Pour d’autres, dont Max lui-même, c’est simplement la possibilité de faire redécouvrir ces hymnes du metal à une nouvelle génération, et de leur donner une nouvelle jeunesse avec une production moderne. Dans un camp ou dans l’autre, la date du 30 juin était à ne pas rater, et nombreux sont ceux qui, au-delà de ces polémiques, ont tenu à venir célébrer Chaos A.D., album mythique sorti en 1993, en live.

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Interview   

Moonspell : la reconquête gothique


Moonspell fait partie de ces groupes insaisissables et donc fascinants. Sa discographie est émaillée d’expérimentations et de revirements, provoquant parfois l’incompréhension des fans, mais aussi de crises existentielles. La dernière en date a eu lieu récemment, fruit de la convergence d’une multitude de faits. Si elle aurait pu signer la fin du groupe, elle a finalement abouti à Far From God, un album sur l’amour et l’éloignement, se servant subtilement de figures comme celles du vampire ou du loup-garou pour établir des métaphores philosophiques et métaphysiques sur le monde et la nature humaine. Surtout, Far From God est un disque qui voit les maîtres portugais du gothique reconquérir leur trône, revendiquer leur territoire et rétablir la définition du genre.

A l’occasion de la sortie de cette quatorzième œuvre, le chanteur Fernando Ribeiro a gentiment pris le temps – beaucoup de temps – pour nous parler. Toujours aussi investi dans ses réponses, il fait preuve non seulement d’une sincérité comme on en voit rarement chez les artistes et d’une profondeur dans ses réflexions, mais aussi d’une véritable culture ; culture qu’il voit justement comme le salut de l’humanité. Et c’est lorsque l’on échange avec un tel artiste qu’on se rappelle pourquoi on aime faire des interviews…

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Live Report   

Mastodon et Anthrax : de l’ombre à la fureur


Ce mardi 30 juin 2026, le Bikini accueille une affiche particulièrement alléchante pour les amateurs de metal made in USA. Réunissant Mastodon et Anthrax dans le cadre de leur tournée européenne, cette soirée toulousaine a des allures de rendez-vous incontournable pour les fans, entre sludge progressif et thrash old school.

D’un côté, Mastodon poursuit une tournée mondiale particulièrement chargée sur fond d’actualité aussi intense que douloureuse. Le quatuor d’Atlanta vient en effet de terminer l’enregistrement de son neuvième album studio, premier disque depuis la disparition tragique de son guitariste et chanteur fondateur Brent Hinds en août 2025. De l’autre, Anthrax continue de défendre avec vigueur son statut de pilier absolu du thrash américain. Membre historique du Big Four aux côtés de Metallica, Slayer et Megadeth, le groupe new-yorkais prépare activement la sortie de Cursum Perficio, attendue pour le 18 septembre prochain.

Dès l’ouverture des portes, les abords du Bikini se remplissent rapidement malgré une chaleur écrasante liée à l’épisode caniculaire qui touche la France. À l’intérieur, la température grimpe vite. La salle est quasi pleine. Dans la fosse, au balcon comme dans les travées, on remarque une majorité de fans old school visiblement ravis de retrouver deux formations qui ont profondément marqué l’histoire du metal américain moderne. Entre la dimension émotionnelle du retour de Mastodon dans un contexte délicat et la puissance intacte d’Anthrax, tous les ingrédients sont réunis pour une soirée aussi intense qu’attendue.

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Chronique   

Monolord – Neverending


Si depuis une bonne dizaine d’années, Monolord avait habitué les fans de doom à des sorties régulières tous les deux-trois ans, cette fois-ci, les Suédois ont pris leur temps. Cinq ans déjà que leur dernier opus, Your Time to Shine, est sorti : il aura fallu ce temps au trio pour renouveler son approche, et faire passer leur son à l’étape supérieure. À cette fin, ils se sont trouvé une alliée de poids en la personne de la productrice Sylvia Massy, connue pour son travail avec Tool et Johnny Cash. De quoi faire de Neverending la meilleure représentation de ce dont le groupe est capable…

Car si le titre de l’album (Sans fin) indique bien quelque chose, c’est que, cette fois-ci, Monolord a choisi de ne pas se mettre de limites : on le découvre d’entrée de jeu avec « Iodine » et son crescendo très Yob. Pas question pour le groupe de trop s’éloigner de ce qu’il fait le mieux – un doom d’inspiration directement sabbathienne (au niveau des riffs comme de sa dimension plus planante, comme on l’entend dans le très « Planet Caravan » « Crystal Bridge ») –, il s’agit surtout avec Neverending d’exploiter toutes ses potentialités et d’approfondir son propre sillon. Ainsi, « You Bastard » marie des guitares massives, presque sludge, avec la voix qui ne s’est jamais faite aussi haute et claire de Thomas Jäger, « Inside A Collider » s’appesantit sur la veine la plus sombre, presque funèbre du groupe, alors qu’« Oozing Wound » se fait très groovy, et, pour clore l’album, « It’s Neverending » conjugue le death growl de Jörgen Sandström d’Entombed à un final mélancolique et délicat. L’un des talents de Monolord a toujours été de ne pas trop laisser traîner les choses en longueur : cette concision, tout comme la production, leur permet de sculpter toutes leurs facettes sans lasser, ni perdre en cohérence. Si Neverending parle d’infini, le groupe garde résolument les pieds sur terre (les paroles, d’ailleurs, parlent d’expériences très concrètes, comme le suicide d’un proche), concentré sur sa trajectoire : solide sur ses appuis, en pleine possession de ses moyens, Monolord n’y a jamais été aussi convaincant.

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Live Report   

Steel Panther : Le Sunset Strip est à Paris


Il y a des concerts où l’on vient pour entendre des chansons. Et puis il y a ceux de Steel Panther, où la musique n’est qu’un prétexte à une heure et demie d’un show imprévisible. Depuis plus de vingt ans, Michael Starr, Satchel, Stix Zadinia, maintenant accompagné de Spyder, cultivent un savant mix de virtuosité musicale, d’autodérision et d’humour volontairement outrancier. Une formule qui pourrait sembler usée tant le groupe joue avec les clichés des années 80 du Sunset Strip, à Los Angeles, mais qui continue pourtant de fonctionner efficacement. Steel Panther reste fidèle à sa philosophie : divertir avant tout. Le quatuor assume jusqu’à la caricature tous les excès du glam metal avec les perruques permanentées, les spandex, les foulards, le machisme tourné en dérision, et une sexualité omniprésente dans un second degré permanent que seuls ceux qui connaissent réellement le groupe peuvent pleinement apprécier. Satchel adore répéter les mots « nichons », « chatte », « baiser »…

Le Bataclan était bien rempli pour cette étape parisienne de la tournée Twenty Twenty Sex, quelques jours avant le Hellfest, preuve que la popularité des Californiens ne faiblit pas en France. Le public est à l’image du groupe : des fans ayant grandi avec Mötley Crüe, Faster Pussycat, Bon Jovi, Poison, Warrant côtoient une génération plus jeune venue s’éclater avec Starr and Co capables de conjuguer humour absurde et véritable savoir-faire musical. Car derrière les blagues salaces se cachent quatre excellents musiciens. Le Bataclan, avec sa proximité légendaire entre artistes et public, se prête parfaitement à ce type de représentation. Là où une grande salle pourrait diluer cette complicité, la mythique salle parisienne amplifie chaque échange, chaque regard complice et chaque réplique improvisée. On rit presque autant que l’on chante !

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Interview   

The Pretty Reckless au confessional avec Taylor Momsen


Après plusieurs années de silence discographique, The Pretty Reckless signe son retour avec Dear God, un album qui marque une nouvelle étape dans la carrière du groupe new-yorkais. Ce cinquième disque se présente comme une confession à ciel ouvert, où Taylor Momsen abandonne une partie des métaphores pour livrer les textes les plus personnels qu’elle ait jamais écrits. Derrière les riffs et les mélodies qui ont fait l’identité du groupe se cache une œuvre profondément introspective, nourrie par le deuil, la dépression, l’acceptation de soi et cette quête permanente de lumière au milieu de l’obscurité.

À l’occasion de cette sortie, nous avons rencontré Taylor Momsen pour une conversation sans détour. La chanteuse revient sur l’écriture de cet album qu’elle décrit comme « arraché à son journal intime », évoque la disparition de son amie Michelle Trachtenberg, son rapport à la vulnérabilité, sa manière de transformer les épreuves en musique et cette dualité qui la définit : une artiste capable d’embrasser ses failles tout en restant habitée par l’espoir. Entre confidences, humour et anecdotes de tournée – jusqu’à cette morsure d’araignée qui a failli l’empêcher de monter sur scène avec AC/DC –, Taylor Momsen se livre avec une sincérité rare et dessine le portrait d’une musicienne plus libre et plus affirmée que jamais.

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Chronique   

Deep Purple – SPLAT!


Près de soixante ans après sa formation, Deep Purple continue d’avancer avec une constance (presque) déconcertante. Là où tant de légendes du hard rock se contentent désormais d’entretenir leur patrimoine à coups de tournées nostalgiques, les Britanniques persistent à écrire, enregistrer et surtout proposer de véritables albums studio. SPLAT!, vingt-quatrième réalisation d’une carrière hors norme, confirme l’élan enclenchée ces dernières années. Ce deuxième opus du Mark IX avec le benjamin Simon McBride à la guitare s’inscrit d’ailleurs dans une forme de continuité particulièrement solide. Pas de révolution dans la formule, mais une alchimie encore un peu plus affinée entre hard rock classique, groove organique et sens aigu de la mélodie. Une nouvelle fois épaulé par Bob Ezrin à la production – fidèle au poste depuis Now What?! en 2013 –, le quintet bénéficie d’un son ample, clair et remarquablement dynamique. Plus encore que sur =1, l’équilibre entre guitare et claviers, véritable fil conducteur du disque avec un Don Airey particulièrement inspiré (« My New Movie », « Sacred Land » ou « Splat! »), est mis en relief.

Si « Arrogant Boy », « Diablo » et « The Rider » entament les hostilités avec une efficacité certaine, c’est surtout la cohérence d’ensemble qui est valorisée. Loin de chercher à empiler artificiellement les temps forts, SPLAT! privilégie une approche resserrée et plutôt homogène portée par la vitalité typique de Deep Purple, ponctuée de nuances atmosphériques comme sur « The Beating Of Wings » ou « Guilt Trippin’ », dont la construction sinueuse et les arrangements travaillés rappellent que le groupe n’a rien perdu de son goût pour les compositions riches en relief. Simon McBride confirme ici sa parfaite intégration : son jeu est fluide, incisif et particulièrement expressif sans jamais trahir l’univers historique de la formation. Derrière le micro, Ian Gillan continue de porter l’ensemble avec un charisme intact. Certes, l’homme ne possède plus toute l’amplitude vocale de ses fougueuses années, mais son phrasé et son sens de l’interprétation compensent largement le poids des années. Sans chercher à réinventer son langage, Deep Purple signe un album à la fois énergique et remarquablement cohérent. La preuve qu’à ce stade de sa carrière, le groupe n’avance ni par routine ni par nostalgie, mais bien avec une envie de continuer à faire vivre son héritage au présent. Les vétérans n’ont pas dit leur dernier mot !

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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