Si depuis une bonne dizaine d’années, Monolord avait habitué les fans de doom à des sorties régulières tous les deux-trois ans, cette fois-ci, les Suédois ont pris leur temps. Cinq ans déjà que leur dernier opus, Your Time to Shine, est sorti : il aura fallu ce temps au trio pour renouveler son approche, et faire passer leur son à l’étape supérieure. À cette fin, ils se sont trouvé une alliée de poids en la personne de la productrice Sylvia Massy, connue pour son travail avec Tool et Johnny Cash. De quoi faire de Neverending la meilleure représentation de ce dont le groupe est capable…
Car si le titre de l’album (Sans fin) indique bien quelque chose, c’est que, cette fois-ci, Monolord a choisi de ne pas se mettre de limites : on le découvre d’entrée de jeu avec « Iodine » et son crescendo très Yob. Pas question pour le groupe de trop s’éloigner de ce qu’il fait le mieux – un doom d’inspiration directement sabbathienne (au niveau des riffs comme de sa dimension plus planante, comme on l’entend dans le très « Planet Caravan » « Crystal Bridge ») –, il s’agit surtout avec Neverending d’exploiter toutes ses potentialités et d’approfondir son propre sillon. Ainsi, « You Bastard » marie des guitares massives, presque sludge, avec la voix qui ne s’est jamais faite aussi haute et claire de Thomas Jäger, « Inside A Collider » s’appesantit sur la veine la plus sombre, presque funèbre du groupe, alors qu’« Oozing Wound » se fait très groovy, et, pour clore l’album, « It’s Neverending » conjugue le death growl de Jörgen Sandström d’Entombed à un final mélancolique et délicat. L’un des talents de Monolord a toujours été de ne pas trop laisser traîner les choses en longueur : cette concision, tout comme la production, leur permet de sculpter toutes leurs facettes sans lasser, ni perdre en cohérence. Si Neverending parle d’infini, le groupe garde résolument les pieds sur terre (les paroles, d’ailleurs, parlent d’expériences très concrètes, comme le suicide d’un proche), concentré sur sa trajectoire : solide sur ses appuis, en pleine possession de ses moyens, Monolord n’y a jamais été aussi convaincant.
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