ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Live Report   

Airbourne éléctrise les remparts de la cité de Carcassonne


Chaque été, le Festival de Carcassonne transforme le Théâtre Jean-Deschamps en l’une des plus belles scènes à ciel ouvert de France. Assister à un concert dans ce lieu unique ne ressemble à aucune autre expérience. Niché au cœur de la cité médiévale et entouré de plusieurs siècles d’histoire, cet amphithéâtre d’environ trois mille places offre un décor exceptionnel où les vieilles pierres servent d’écrin à des artistes venus d’horizons très différents. Après qu’il a accueilli ces dernières années des formations comme Scorpions, Status Quo, Robert Plant, Judas Priest ou encore Gojira, c’est au tour des Australiens d’Airbourne de venir faire résonner leur hard rock sous les remparts de la cité.

Le contraste est saisissant. D’un côté, un patrimoine médiéval classé parmi les plus emblématiques de France. De l’autre, un groupe qui perpétue avec une énergie inépuisable l’héritage du hard rock australien depuis plus de vingt ans. Dans ce décor hors du temps, les frangins Joel et Ryan O’Keeffe et leurs acolytes sont attendus de pied ferme par toute une horde de spectateurs survoltés ! Pourtant, la venue d’Airbourne n’a rien d’un événement rare depuis quelque temps. Après une tournée d’une dizaine de dates à travers la France en 2025, qui avait notamment fait escale à Toulouse, les Australiens étaient déjà de retour dans la ville rose en mars dernier. Quatre mois plus tard, les voilà une nouvelle fois face au public du Sud-Ouest, ici, dans le cadre d’une nouvelle tournée européenne qui passe par le prestigieux Festival de Carcassonne.

Une fréquence qui aurait pu émousser l’enthousiasme des amateurs de hard rock ? Il n’en est rien. Les gradins du Théâtre Jean-Deschamps affichent une belle affluence, preuve de la fidélité d’un public qui ne se lasse jamais des prestations explosives du quatuor australien. Il faut dire qu’Airbourne s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire avec la sortie, le 28 août prochain chez Spinefarm Records, d’un nouvel album. Autant d’arguments qui entretiennent l’attente autour du groupe.

Artistes : AirbourneDätcha Mandala
Date : 20 juillet 2026
Salle : Théâtre Jean-Deschamps
Ville : Carcassonne [11]

Il est 20h30, c’est au trio bordelais Dätcha Mandala que revient la tâche d’ouvrir cette soirée de hard rock. Une mission jamais évidente lorsqu’il s’agit de préparer le terrain pour un groupe aussi attendu qu’Airbourne. Fondée en 2009, la formation s’est pourtant forgé une solide réputation sur les scènes françaises et internationales grâce à un rock nerveux teinté de blues massif, nourri aussi bien par Led Zeppelin, The Doors ou Black Sabbath que par AC/DC et Queens Of The Stone Age ou Kyuss. Une identité construite à la force du poignet au fil de nombreux concerts et de plusieurs albums, dont le dernier en date, Koda, sorti en 2024.

Dès les premiers morceaux, Nicolas Sauvey (chant, basse), Jérémy Saigne (guitare, chœurs) et JB Mallet (batterie, chœurs) démontrent toute l’expérience acquise par la formation au fil de leurs différentes tournées. Sans artifices ou surinterprétation inutile, le trio mise sur une complicité évidente et une énergie communicative au service de compositions aussi riches qu’efficaces (« Koda », « Stick It Out », « Love My Self »). Alternant passages plus atmosphériques et riffs musclés, Dätcha Mandala déroule un set varié qui puise dans toute sa discographie qui met parfaitement en valeur les différentes facettes de son large univers musical, à l’instar du nouveau morceau « You Make Me Feel » ou le classieux « Misery ».

Si une vaste partie du public découvre le groupe pour la première fois, les Bordelais ne tardent pas à capter son attention. L’attention d’abord curieuse et polie laisse progressivement place à des hochements de tête, tandis que les premiers rangs répondent de plus en plus aux sollicitations du groupe. À mesure que le concert avance, les spectateurs adhèrent pleinement à la proposition musicale, aussi énergique que mélodique, preuve que le trio sait parfaitement comment embarquer une audience, même lorsqu’elle ne lui est pas acquise d’avance.

Sans chercher à voler la vedette aux Australiens, Dätcha Mandala remplit pleinement son rôle de première partie. Grâce à une prestation solide, maîtrisée et sincère, le groupe lance idéalement les festivités et confirme qu’il possède toutes les qualités pour séduire bien au-delà de son cercle de fidèles. Voilà une belle entrée en matière avant la déferlante sonore qui s’apprête à s’abattre sur le Théâtre Jean-Deschamps !

Setlist :

Hit & Roll
Janis
You Make Me Feel
Koda
Misery
She Said
Stick It Out
Love Myself
Pavot

À 22h, les Australiens déboulent sur scène avec l’énergie qu’on leur connaît, lançant les hostilités avec le récent single « Gutsy ». D’emblée, le ton est donné : les amplis crachent un hard rock puissant et Joel O’Keeffe arpente déjà la scène de long en large pour haranguer l’audience, incapable de tenir en place plus de quelques secondes. Malgré le cadre majestueux de la cité médiévale et la configuration assise de l’amphithéâtre, Airbourne ne change rien à ses habitudes et impose d’entrée de jeu un rythme infernal.

Et le public ne s’y trompe pas. Il ne faut que quelques morceaux pour voir les premiers spectateurs quitter leur siège et venir vivre pleinement le concert debout dans les travées de l’amphithéâtre. Rang après rang, l’ambiance monte progressivement jusqu’à transformer les gradins les plus proches de la scène en une véritable arène tout acquise au hard rock des Australiens. Les nombreux échanges de Joel O’Keeffe avec les premiers rangs, son enthousiasme communicatif et son énergie inépuisable finissent de faire tomber les dernières barrières entre la scène et le public de Carcassonne.

Côté setlist, Airbourne trouve un équilibre entre son actualité discographique et les morceaux qui ont bâti sa réputation. Ainsi, les deux nouveaux titres, « Gutsy » et « Alive After Death (Last Plane Out) », s’intègrent naturellement au set et laissent entrevoir un album prometteur qui sera sans aucun doute taillé pour le live. Pour le reste, le groupe déroule une succession de classiques imparables avec des morceaux comme « Too Much, Too Young, Too Fast », « Back In The Game », « Bottom Of The Well », « Breakin’ Outta Hell » ou encore « Ready To Rock » toujours bien accueillis par les fans. Certains reprennent même les refrains des frères O’Keefe avec beaucoup de ferveur.

Certes, depuis le temps, on pourrait reprocher à Airbourne de ne jamais vraiment s’écarter de sa recette. Pourtant, concert après concert, le constat reste le même : lorsque des compositions aussi efficaces sont défendues avec une telle intensité, la formule continue de faire mouche. Qui plus est, Airbourne ne se contente pas d’enchaîner les brûlots en mode pilotage automatique. Joel O’Keeffe multiplie les allers-retours sur les planches, harangue la foule, descend dans la fosse sur le dos d’un technicien, fait voler des verres de bière et transforme chaque titre en un véritable moment de communion avec les spectateurs. Cette générosité permanente, partagée par une formation irréprochable de bout en bout et ultra-carrée, fait oublier le caractère feutré du Théâtre Jean-Deschamps, qui se transforme, le temps d’une soirée, en véritable temple du hard rock débridé.

En fin de compte, dans le décor grandiose de la cité de Carcassonne, Airbourne a (une nouvelle fois) signé une prestation ô combien généreuse, débridée, fédératrice et résolument rock n’ roll. Sans jamais chercher à se réinventer, le groupe rappelle qu’il excelle dans ce qu’il fait de mieux : délivrer une musique live directe et percutante dont l’efficacité est tout bonnement imparable.

Setlist :

Gutsy
Too Much, Too Young, Too Fast
Blonde, Bad and Beautiful
Hungry
Back in the Game
Raise the Flag
Bottom of the Well
Breakin’ Outta Hell
Live It Up

Rappel :
Ready to Rock
Alive After Death (Last Plane Out)
Runnin’ Wild



Laisser un commentaire

  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
    previous arrow
    next arrow
     
  • 1/3