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Chronique Focus   

Obsidious – Iconic


Ce serait un grotesque abus de langage de dire qu’Obsidious est né des cendres d’Obscura, ces derniers ayant continué à prospérer au fil des changements de line-up. Toujours est-il que c’est au sortir du groupe que trois membres (guitare, basse, batterie) ont forgé cette nouvelle entité. À cette triplette virtuose s’accole le chanteur Javi Perera, issu d’un milieu plus thrash et groovy mais dans lequel la technicité n’était pas non plus une denrée rare. Lui et le bassiste Linus Klausenitzer (qui officie parallèlement pour Alkaloid) sont des habitués des expérimentations progressives et autres croisements, et comptent bien insuffler le nécessaire à Obsidious pour ne pas être étiquetés comme un « Obscura Bis ». Le quatuor cosmopolite, pris sous l’aile solide de Season Of Mist, s’est payé pour ses débuts les services du producteur V. Santura, membre de Triptykon ayant justement servi Obscura en studio, entre autres faits d’armes. L’objectif martelé est assez clair mais non moins ambitieux : pousser à l’évolution des genres qui leur servent de base.

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Dawnwalker – House Of Sand


« Les banlieues rêvent de violence. » C’est à travers cette citation du romancier J.G. Ballard que Dawnwalker présente son cinquième album. Une œuvre synonyme de prises de risques multiples pour ces Londoniens rassemblés autour de Mark Norgate. Après quelques volets imprégnés d’un post-metal vu à travers le filtre du folk, House Of Sand ouvre une fenêtre sur les versants indépendants et progressifs du rock so British. En appui de ce virage stylistique est venue une volonté de se distancer de la tendance à la surproduction qui se propage dans le metal moderne. Disparus, les pistes de clics et autres outils d’assistance à l’enregistrement. Les musiciens ont livré en studio de véritables prestations live à huit têtes (dont quatre donnent de la voix). Après tout, ce sont parfois les petits défauts qui donnent vie à une œuvre humaine, et Dawnwalker compte bien exploiter ce potentiel mystérieux.

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Avatarium – Death, Where Is Your Sting


Le projet germé il y a exactement dix ans dans l’esprit de Leif Edling, leader de Candlemass, poursuit son évolution, en mettant désormais à profit l’indépendance prise à l’égard de son géniteur initial. Contraint en 2014 par ses soucis de santé de se retirer de ses activités musicales pour quelques années, ce dernier avait alors laissé le champ libre au guitariste Marcus Jidell, avec qui il avait fondé le groupe, à la chanteuse Jennie-Ann Smith et au reste du groupe pour s’investir dans la composition et orienter à leur manière Avatarium. Le précédent album, The Fire I Long For, avec seulement trois morceaux composés par Leif Edling (et retravaillés par le couple leader), entérinait cette émancipation. Après trois albums redéfinissant tour à tour les contours stylistiques du groupe, d’un doom traditionnel à un doom teinté de rock psyché, hard rock et rock prog 70’s, le quatrième incarnait une stabilisation de son identité musicale en réaffirmant son assise doom, portée par un son plus moderne et lourd, mais pour mieux faire ressortir les beautés aériennes de son spleen.

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Alter Bridge – Pawns & Kings


« Dans toute histoire d’outsider, des débuts ordinaires aboutissent à une conclusion extraordinaire. » Alter Bridge a le don de la présentation thématique pour évoquer sa propre existence en lien avec le sujet de sa dernière production Pawns & Kings. « Des pions qui deviennent des rois » en somme. Difficile d’aller contre l’historique du groupe emmené par Myles Kennedy et Mark Tremonti cependant. Depuis leurs débuts en 2004 avec One Day Remains, Alter Bridge n’a cessé de gravir les échelons jusqu’à enchaîner les succès critiques et commerciaux. Comme tant d’autres formations, le cycle promotionnel de Walk The Sky (2019) a été interrompu par la pandémie. Myles et Mark en ont chacun profité pour s’échapper en solo, avant d’entamer le processus d’écriture de Pawns & Kings avec une motivation renouvelée. Alter Bridge n’a pas d’autre ambition que de faire de Pawns & Kings un album « jalon », l’un de ceux qui marquent durablement le parcours musical d’un auditeur. Pawns & Kings a bel et bien des envies de monarque et pourrait pratiquement porter la couronne sans broncher.

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The Cult – Under The Midnight Sun


Les vétérans de The Cult avaient retrouvé, depuis leur retour aux affaires en 2006, une belle régularité dans leur rythme d’enregistrements, sorties et tournée, et ni la pandémie ni l’instabilité du line up autour des historiques piliers Ian Astbury et Billy Duffy n’ont eu raison du groupe. La trilogie entamée après cette deuxième reformation est à présent refermée et les deux musiciens en profitent pour opérer une légère réorientation stylistique. Après un Hidden City notablement plus axé sur les guitares, le duo s’éloigne de la veine hard rock dans laquelle s’inscrivaient ces trois derniers albums. Première décision en ce sens : mettre un terme à la collaboration avec Bob Rock, producteur de cinq albums du groupe. Cette collaboration entamée avec l’album Sonic Temple épousait justement la tournure hard rock adoptée alors. Le choix porté sur Tom Dalgety, qui a notamment travaillé sur Prequelle de Ghost, mais aussi sur des albums de Killing Joke et Siouxsie, s’accorde avec de nouvelles compositions traversées par d’appréciables réminiscences des débuts de The Cult.

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Lamb Of God – Omens


Lamb Of God peut indéniablement être considéré comme l’un des groupes de metal contemporain les plus populaires, l’un de ceux qui pourraient prendre la relève des mastodontes disparus à l’instar de Slayer. Ce serait oublier que la formation a déjà pratiquement trente ans de carrière et que « remplacer » n’est aucunement à l’ordre du jour pour la bande emmenée par Randy Blythe. Depuis Burn The Priest (1999), Lamb Of God ne cesse d’accumuler les titres cultes et de prouver sa dévotion à l’art du riff, quitte à parfois se répéter. Avec Lamb Of God (2020), la formation prône un retour à un état d’esprit plus collectif en lien avec le plaisir de jouer tous ensemble dans la même pièce. Leur nouvel effort, Omens, accentue ce processus. Omens est la réalisation d’un groupe heureux de jouer et de composer ensemble. La condition nécessaire pour immortaliser l’énergie d’un titre. Omens le fait sur ses dix parties et présente un Lamb Of God ô combien affûté.

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Queensrÿche – Digital Noise Alliance


L’engouement autour de The Verdict (2019) a vite été freiné par la pandémie. A peine un an après sa sortie, Queensrÿche s’est retrouvé à l’arrêt comme tant d’autres. La formation aux vingt millions d’albums vendus à travers le monde a décidé de pallier l’absence de dates par le travail créatif. Le guitariste Michael Wilton s’est remis au travail début 2021 avec le chanteur Todd La Torre dans le home studio de ce dernier en Floride. Les premières ébauches de Digital Noise Alliance, seizième réalisation studio du groupe (dix-septième si on compte l’album de reprises Take Cover de 2007), ont très rapidement vu le jour. Quitte à ne pas pouvoir défendre davantage The Verdict, autant miser sur l’avenir en dépit du contexte incertain. Bien lui en a pris : Queensrÿche vient de clore une tournée américaine aux côtés de Judas Priest en avril et entend bien honorer son statut de formation culte. La formation a de nouveau accueilli dans ses rangs le guitariste Mike Stone déjà présent entre 2003 et 2008 et qui remplace Parker Lundgren, ainsi que Casey Grillo qui remplace définitivement Scott Rockenfield. Profitant d’un line-up sain, Digital Noise Alliance est une synthèse de ce qui a fait et fait toujours Queensrÿche.

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The Dead Daisies – Radiance


The Dead Daisies est l’un de ces groupes qui font dire aux médias que le rock « ne mourra jamais vraiment ». La formation qui a accueilli dans ses rangs de nombreuses pointures telles que Darryl Jones (Rolling Stones, Sting), Charley Drayton (Rolling Stones, Miles Davis, The Cult), John Corabi (The Scream, Mötley Crüe) et plus récemment Deen Castronovo (Black Sabbath, Steve Vai) ne cesse de s’affirmer comme l’un des groupes les plus importants de la scène depuis sa formation en 2012. En 2019, The Dead Daisies recrutait le chanteur-bassiste Glenn Hugues qui rejoignait les guitaristes Doug Aldrich et David Lowy. Brian Tichy est quant à lui de retour et a remplacé Deen Castronovo derrière les fûts. The Dead Daisies reste effectivement un collectif changeant avec néanmoins la prétention d’avoir actuellement le line-up le plus cohérent à l’œuvre derrière Radiance. La tournée promotionnelle d’Holy Ground (2021) a évidemment été interrompue par la pandémie. Sans cet arrêt forcé, Radiance n’aurait probablement pas vu le jour aussi vite. La philosophie est simple : Radiance est le résultat de musiciens qui ont le besoin vital de jouer coûte que coûte.

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Strigoi – Viscera


Alors que vient de sortir le nouvel album de Bloodbath, ce club de gentlemen du metal réunis autour du culte du death old school auquel Nick Holmes de Paradise Lost prête sa voix, c’est au tour de Greg Mackintosh, guitariste des Anglais, d’offrir un nouvel épisode de ses escapades en terrain fangeux. Cependant, alors que Bloodbath applique une formule assez rudimentaire dont la vocation ne dépasse pas l’hommage à l’âge d’or du death metal, Strigoi démontre une ambition plus personnelle. Entre Vallenfyre — projet cathartique mené par Greg Mackintosh suite au décès de son père — et Strigoi, l’écart est mince, mais commence à se dessiner plus nettement. A la fois exutoire débridé et retour nostalgique sur les sons de son adolescence, Vallenfyre amalgamait à un death originel fortement chargé de doom des fragments de grindcore, de crust punk et de black metal en un défouloir que le premier album de Strigoi canalisa un peu. La limite entre les deux projets tenait surtout initialement à la raison d’être particulière de Vallenfyre, naturellement parvenue à son terme. Le chapitre du deuil refermé, Strigoi en ouvrait un nouveau, peu différent sur le fond, mais remanié sur la forme. Les inspirations musicales, similaires, y bénéficiaient d’un travail plus approfondi et d’un traitement moins chaotique.

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Slipknot – The End, So Far


Chaque sortie de Slipknot est aujourd’hui un évènement, qu’on soit détracteur des neuf ou non. Même coupé de la plupart des dates de soutien par la pandémie, We Are Not Your Kind (2019) témoignait de la popularité toujours vivace de Slipknot, initiateur depuis dix ans de son propre festival, sobrement intitulé Knotfest et arrivé en France en 2019. La formation emmenée par Corey Taylor avait accouché de sa sixième œuvre dans la douleur : Chris Fehn a été remercié et Shawn Crahan devait se remettre du décès de sa fille âgée de vingt-deux ans. Slipknot n’avait donc aucune raison de sortir de sa misanthropie. Ce septième opus intitulé The End, So Far n’entend pas marquer un changement d’état d’esprit. Il n’est pas non plus – a priori – le chant du cygne du groupe. C’est en effet le dernier album en partenariat avec Roadrunner Records qui suit le groupe depuis 1999, mais aussi un album considéré comme la fin d’un chapitre marqué par le deuil ayant débuté avec .5: The Gray Chapter (2014), pas nécessairement la dernière œuvre de Slipknot. The End, So Far a le mérite de soulever une interrogation : quel est le positionnement de Slipknot dans le paysage du metal contemporain aujourd’hui ?

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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