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Chronique Focus   

Black Label Society – Doom Crew Inc.


Zakk Wylde n’a évidemment pas réfréné ses ardeurs durant la pandémie. Le guitariste a tout simplement composé plus de trente chansons afin de réaliser un nouvel opus de Black Label Society intitulé Doom Crew Inc., trois ans après Grimmest Hits (2018). Black Label Society n’a jamais vraiment pris le temps de se reposer, célébrant les vingt ans du premier album Sonic Brew par une réédition partiellement réenregistrée en 2019. L’interruption des concerts a donné le temps nécessaire au groupe pour mettre en forme les nouvelles idées de Zakk, toujours fidèle à son credo : pas d’artifices pour le meilleur rendu possible. Doom Crew Inc. est un hommage rendu au road crew et à la famille de fans qui accompagne le groupe depuis toujours. Un rappel qu’aucune musique live d’envergure n’est possible sans les dizaines de personnes qui travaillent dans l’ombre. Black Label Society sait prendre soin des siens.

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Me And That Man – New Man, New Songs, Same Shit, Vol. 2


Nergal tient ses engagements. Le frontman de Behemoth avait déjà évoqué la suite de son projet « dark-folk » intitulé Me And That Man l’an dernier : New Man, New Songs, Same Shit vol. 1. Le deuxième volume suit exactement le même procédé, à savoir une collection de chansons variées qui fait intervenir plusieurs invités. Nergal prend soin de toujours composer aux antipodes du death-black de Behemoth pour emprunter un vocabulaire rock, pop, folk, blues, country… New Man, New Songs, Same Shit vol. 2 est le fruit de dix-huit mois de travail et pourrait bien établir une habitude : un rendez-vous que l’on va attendre avec une certaine excitation. Un intervalle unique entre les différentes formations des artistes impliqués.

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Converge – Bloodmoon: 1


Lorsque les légendes du hardcore de Converge se voient attribuer deux sets lors de l’édition 2016 du Roadburn, leur dernier album en date, All We Love We Leave Behind, sorti en 2012, semblait déjà loin. Les Américains n’avaient pas paressé pour autant, mais leurs forces avaient été dirigées ailleurs – le chanteur Jacob Bannon avec son label Deathwish Inc. et son travail de graphiste, le guitariste Kurt Ballou avec son activité de producteur, par exemple. Pour l’occasion, en plus de leur classique Jane Doe, ils avaient donc imaginé Blood Moon, un set joué seulement une poignée de fois où ils reprenaient quelques-uns de leurs titres les plus lents et les plus obscurs en compagnie de leur ami Stephen Brodsky de Cave In, de Steve Von Till de Neurosis, ainsi que de Chelsea Wolfe et son collaborateur Ben Chisholm. Sur scène, la magie opère, au point que la majorité des artistes impliqués décide de prolonger l’expérience. Conflits d’emploi du temps obligent, le projet tarde à se mettre en place – entre-temps sortent notamment The Dusk In Us de Converge et Birth Of Violence de Chelsea Wolfe – mais tout finit par s’aligner fin 2019. C’est donc Chelsea Wolfe, Ben Chisholm et Stephen Brodsky qui prêtent main-forte au quatuor de Salem pour ce dixième album totalement collaboratif intitulé Bloodmoon: I. Et avec un tel casting, dire que les attentes sont élevées est un euphémisme…

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Swallow The Sun – Moonflowers


Parmi tous les groupes qui œuvrent au sein du death-doom, Swallow The Sun est assurément un porte-étendard de l’empreinte délétère de la perte, tant le groupe semble avoir élaboré dans ses derniers albums un traité de la ruine personnelle. Un tableau sinistre inspiré par les décès du père de Juha Raivio, puis de la compagne de ce dernier, Aleah Stanbridge, et qui donnait autant aux compositions une sincérité singulière qu’un arrière-goût amer et troublant. Aussi, lorsque Raivio énonce lui-même qu’il « déteste profondément » le nouvel album pour ce qu’il lui fait ressentir, on conçoit aisément que cet opus, Moonflowers, ne puisse être qu’une nouvelle incarnation d’un désespoir corrosif.

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Obscura – A Valediction


Obscura entre dans une nouvelle ère. La parution de Diluvium (2018) marquait la fin d’une quadrilogie ambitieuse ainsi que le terme du partenariat avec Relapse. Désormais Obscura s’est associé à Nuclear Blast pour amorcer ce qui se présente comme une nouvelle trilogie avec un line-up remanié. A Valediction est le sixième opus du groupe, accusant à nouveau le départ des trois quarts du groupe – le guitariste Rafael Trujillo, le bassiste Linus Klausenitzer et le batteur Sebastian Lanser – pour différends artistiques. Les fans ont pu tout de même être rassurés en voyant le retour de deux anciens membres : le bassiste Jeroen Paul Thesseling qui avait quitté Obscura en 2011 et le guitariste Christian Münzner, absent depuis 2014. Mis à part l’arrivée du nouveau batteur tentaculaire David Diepold, Obscura retrouve le line-up qui a œuvré sur Cosmogenesis (2009) et Omnivium (2011). Surtout, A Valediction s’écarte de la complexité thématique des œuvres précédentes pour aborder des sujets plus personnels qui affectent directement Steffen Kummerer. En somme, Obscura s’est libéré des contraintes conceptuelles pour complètement repenser sa manière de composer en profitant de membres expérimentés. Les interrogations se doivent d’être dissipées d’emblée : A Valediction est une bénédiction.

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Exodus – Persona Non Grata


Exodus inquiétait. L’un des cadors du thrash made in USA n’a pas pour habitude de se montrer silencieux aussi longtemps. La formation emmenée par Gary Holt et Tom Hunting a beau n’avoir cessé de tourner depuis Blood In, Blood Out (2014), elle commençait à faire douter de la réalisation d’un onzième opus. Sans faire de vagues, Exodus a pourtant remis le pied à l’étrier en dépit d’un contexte difficile, motivé par une atmosphère de « dégradation et de dégoût social ». De quoi nourrir l’agressivité de leur nouvel effort adéquatement intitulé Persona Non Grata. Exodus s’est vraiment attelé à écrire lorsque la pandémie a frappé les Etats-Unis et a pu constater la croissance des clivages : une raison suffisante pour appeler à l’unité en mettant en exergue les dysfonctionnements. Persona Non Grata avait toute la matière nécessaire pour qu’Exodus la présente de la meilleure des manières possible.

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Emigrate – The Persistence Of Memory


Richard Zven Kruspe semble déterminé à construire autre chose de pérenne en dehors de Rammstein. Depuis 2005, le guitariste a fondé Emigrate pour se démarquer du metal industriel grandiloquent de sa formation phare. Un choix pertinent pour préparer l’après-Rammstein quand le jour viendra. The Persistence Of Memory constitue la quatrième réalisation d’Emigrate et propose pour l’essentiel une révision d’anciennes compositions, datant de 2001 à 2018, des « bonnes idées » qui ne devaient pas rester au placard selon Richard Z. Kruspe. The Persistence Of Memory est peut-être l’opus qui donne le plus d’indications quant à l’avenir de Richard en tant que musicien, un futur qui pourrait s’éloigner du monde du rock.

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Gaahls Wyrd – The Humming Mountain


De ses débuts ténébreux dans Trelldom à son passage sous les feux des projecteurs en frontman iconique de Gorgoroth, du sombre black de God Seed au paganisme de Wardruna, Gaahl a toujours gardé une patte unique, à la fois obscure et réfléchie, élégante mais inquiétante. Dans son dernier projet en date, Gaahls Wyrd, tous ces éléments se retrouvent finalement réunis. Né sur les cendres de God Seed, le combo a déjà offert un EP live en 2017, et surtout un premier album remarqué en 2019, GastiR – Ghost invited, qui lui a valu un prix Spellemann, l’équivalent norvégien d’un Grammy. Deux ans plus tard, c’est avec un mini-album, The Humming Mountain, que revient le groupe. Plus cohérent qu’un simple EP, moins étoffé qu’un album, ce format prisé par Hellhammer puis Celtic Frost est aussi selon Gaahl un clin d’œil à ses racines musicales. C’est aussi l’occasion de clore le chapitre GastiR, et d’annoncer ce qui suivra, comme le prouve un premier titre éponyme à la fois novateur et dans la lignée de ce qui l’a précédé. De quoi piquer la curiosité des amateurs de metal sombre et singulier…

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Existance – Wolf Attack


Le heavy à l’ancienne n’est pas près de mourir. Si le style n’a évidemment plus le lustre d’antan, certains obstinés se chargent de reprendre le flambeau. C’est le cas des Français d’Existance, à l’œuvre depuis 2008. Le quatuor a décidé de réemprunter tous les codes en les respectant scrupuleusement, jusqu’à l’accoutrement et cette fameuse combinaison veste en cuir-bandana. Son premier album Steel Alive (2014) lui a permis de côtoyer les cadors tels que Saxon ou Gamma Ray lors de différents festivals. Une progression confirmée par Breaking The Rock (2016), de quoi obtenir le privilège d’ouvrir pour Primal Fear. Prévu pour inaugurer la Mainstage 2 lors de l’édition 2022 du Hellfest, Existance est indéniablement l’une des valeurs montantes du heavy français aujourd’hui. Wolf Attack compte entériner ce statut. Existance s’est montré patient pour présenter son nouvel opus dans les meilleures conditions possible en dépit de la pandémie. Du heavy pour la meute et rien d’autre.

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Bullet For My Valentine – Bullet For My Valentine


Bullet For My Valentine en a gros. Depuis ses débuts fulgurants avec The Poison (2005), la bande à Matt Tuck a toujours été sujette aux quolibets des « puristes » labellisant la musique des Gallois comme du « metal pour minets ». Un refus de l’intégration de refrains fédérateurs et mélodiques au sein d’une identité qui revendique son appartenance au heavy metal. Rien qui n’a empêché Bullet For My Valentine de réaliser une carrière exemplaire sur de nombreux points en cherchant à évoluer avec son temps. Gravity (2018) en était le dernier exemple, cherchant à émuler la recette de Bring Me The Horizon pour une réception mitigée. À croire que Bullet For My Valentine n’a lui-même pas été grandement convaincu par sa nouvelle orientation musicale (ce que Matt Tuck lui-même démentira). De quoi faire volte-face et livrer sa septième œuvre symboliquement intitulée Bullet For My Valentine en proposant la musique la plus violente qu’il ait composée à ce jour, une décision prise avant le début de la pandémie. Le Bullet For My Valentine 2.0 en revient aux fondamentaux avec la masse musculaire du quarantenaire conservée en prime.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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