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Chronique   

Overdrivers – Glory Or Nothing


On s’envole vers les Hauts de France où les gars d’Overdrivers ont posé leurs amplis et leurs instruments, et on embarque avec eux dans un périple musical explosif à travers le nouvel album Glory Or Nothing. Il faut dire qu’après dix ans de carrière, ils ont trouvé la recette qui fonctionne : des rythmes implacables, des riffs métronomiques, des chœurs façon gang et des leads brûlants qui donnent un hard rock pur et corsé. Ici, on répète l’exercice. On n’oublie pas non plus la touche eighties ; des titres comme « Kings Of The Road », « My Girlfriend Is A Pornstar » avec son léger côté Mötley Crüe ou encore l’urgent « Bad Breath Girl » au solo survolté en sont les parfaits représentants.

D’autres titres se démarquent toutefois : « Meet The Monsters », « Cobra Kai » et « We Are One ». On troque les sonorités old school pour se rapprocher de ce qui se fait de plus moderne, avec des riffs plus sombres et une frappe lourde flirtant avec le heavy metal. Si le quatuor est encore aujourd’hui comparé à AC/DC et Airbourne – à raison –, il a manifestement en stock d’autres influences qui se dévoilent petit à petit et lui permettent de peaufiner son style. Glory Or Nothing est une véritable claque sonore qui démontre une maîtrise sans faille de l’art du hard rock. Avec des morceaux à la fois sauvages et ciselés, Overdrivers ne se contente pas de surfer sur la vague rétro années 80, il enrichit également son répertoire d’une fibre actuelle – ne serait-ce qu’avec la production, d’une clarté et puissance exemplaires. Si l’ombre des géants du genre plane encore sur leurs riffs et l’énergie déployée, les nordistes n’hésitent pas à tracer leur propre route, sans compromis ni concessions, et pourraient même bien les égaler à terme…

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Pentagram – Lightning In A Bottle


Quarante ans après leur premier album et dix ans après le très rock Curious Volume, on n’osait plus espérer de nouvelles sorties de la part des pionniers du doom de Pentagram. Il faut dire qu’entre-temps, le leader du groupe, l’inénarrable Bobby Liebling, n’a pas vraiment arrêté de défrayer la chronique, et c’est d’ailleurs avec un line-up complètement renouvelé aux allures de supergroupe (Tony Reed et Scooter Haslip de Mos Generator à la guitare et à la basse, Henry Vasquez de Saint Vitus à la batterie) qu’il a enregistré ce dixième opus, Lightning In A Bottle. Après avoir dédié plus de cinquante ans de sa vie au rock’n’roll et mené une carrière incomparable, à la fois obscure, brillante et chaotique, le chanteur a-t-il encore quelque chose à y ajouter ?

Dès le bien-nommé « Live Again », il semble évident que tout ce sang frais a eu un effet galvanisant sur le groupe : groove imparable, riffs vrombissants, tout est là pour nous ramener à l’âge d’or des années 1970. Si on y retrouve toujours la patte Pentagram, l’album a des allures d’hommage à cette période, à l’histoire du rock, du plus énergique (« Thundercrest », « In the Panic Room ») au plus sombre et doomy (« Lady Heroin », « Walk The Sociopath »), et à la carrière du groupe lui-même, dont un titre comme « I Spoke To Death » constitue une sorte de quintessence. Avec le soutien solide de ces nouveaux musiciens et d’une production rentre-dedans, Bobby Liebling a la place de s’en donner à cœur joie, ce qui tombe bien car il y a des décennies qu’on n’avait pas entendu le chanteur aussi en forme, qu’il soit plein de hargne sur « Lightning In A Bottle » ou touchant de sincérité sur « Lady Heroin ». Et c’est ce qui fait de Lightning In A Bottle une réussite : le fait que son mélange de hard rock, de heavy metal et de doom soit fait avec expérience, certes, mais aussi avec le cœur et avec les tripes.

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Architects – The Sky, The Earth & All Between


For Those That Wish To Exist a marqué un tournant pour Architects. Si le groupe bénéficiait déjà d’une popularité notable, l’album les a propulsés dans la catégorie supérieure. Alors que les Anglais avaient sécurisé leur nouvelle approche de l’écriture avec The Classic Symptoms Of A Broken Spirit il y a trois ans, ils accentuent aujourd’hui encore davantage leur volonté de faire dans le mainstream maousse costaud. The Sky, The Earth & All Between – toujours cette science du titre à rallonge – est un disque de metalcore qui joue en division AAA.

Architects dégaine une carte maîtresse. Fraîchement séparé des frères jumeaux de Bring Me The Horizon, le multi-instrumentiste Jordan Fish a accompagné le quatuor en studio. Un rôle qui va un peu plus loin que la production, puisque ce dernier a contribué à l’écriture. Sans corrompre « l’esprit » Architects, il le pousse dans les extrêmes. Il ne fait aucun doute que The Sky, The Earth & All Between est leur œuvre la plus radio-friendly, mais il s’agit parallèlement d’un exercice de grand écart acrobatique. Architects exprime sur des morceaux comme « Whiplash » ou « Seeing Red » sa frénésie la plus frontale, tartinant les morceaux de riffs sismiques et de vocaux habités. Le frontman Sam Carter profite de grattes syncopées qui tirent vers le djent pour placer des superpositions de beuglements graves inédits ou ressortir ses « blegh » des cartons poussiéreux. Le tout sans jamais manquer les refrains ultra-mélodiques qui font mouche. Lorsqu’il expose sa face lumineuse, le groupe capte des hits émotionnellement puissants passés à la moulinette pop et mâtinés d’arrangements électroniques auxquels Fish n’est certainement pas étranger. Une hybridation qui peut dérouter de prime abord – le hit « Judgement Day », qui joue sur les samples et la dualité des vocaux féminims / masculins –, mais offre à Architects des terrains de jeux inédits. L’ensemble parvient par ailleurs à conserver une vraie cohérence malgré des contrastes presque vertigineux. Architects est désormais au sommet de l’olympe metalcore.

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Oversize – Vital Signs


Formé quelque part dans la campagne Anglaise, Oversize a roulé sa bosse dans les petites salles du pays et enregistré deux démos avant de décrocher sa place au sein de l’écurie SharpTone Records. Avec son véritable premier album, le quintet se profile comme l’une des révélations rock du moment. Comme un écho sonore tardif de la scène alternative des nineties, sa musique affiche une sincérité à fleur de peau au service d’un songwriting étonnamment bien affûté pour une si jeune formation.

Oversize s’inscrit étonnamment dans une mouvance musicale menée par des dinosaures cumulant des décennies de carrière. Le groupe rappelle inévitablement le monument du post-hardcore qu’est Rival Schools, et de façon moins prononcée des grands noms comme Deftones ou The Smashing Pumpkins. La filiation est particulièrement flagrante dans l’approche du son des grattes, ample et bardée d’effets de réverbération. Le groupe érige un mur de riffs puissants, tapissant des mid-tempos profonds qui privilégient les mélodies mélancoliques par rapport à l’agressivité. Oversize transpire littéralement le spleen post-adolescent, et traduit ses émotions en sonorités vaporeuses entre grunge et shoegaze – grungegaze ? –, sans jamais sombrer dans des abîmes de noirceur. Vital Signs est un disque triste et habité, mais pourtant rarement désespéré. Le chant funambule de Sam McCauley est particulièrement habile : pétri d’un feeling rock classique, son timbre est clair, planant, presque fantomatique. Le frontman parvient à imposer les contrastes attendus, à insuffler les occasionnels rayons de clarté nécessaires à des lignes vocales qui invitent autant à l’abandon qu’à se relever. Il aligne également une belle série de refrains redoutablement catchy, des compostions comme « Daretomove » ou « Fall Apart » s’imposant en tubes entêtants dès les premières écoutes. Oversize va à l’essentiel – seulement deux titres passent la barre des trois minutes trente –, mais tape en plein cœur, avec authenticité, sans guimauve. Un magnifique retour vers le passé pour un album aussi simple qu’inspiré.

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Avantasia – Here Be Dragons


Tobias Sammet remet ça. Après une carrière fructueuse de plus de trente ans, il a décidé de mettre en avant la seule bête mythologique qui ne figurait pas dans sa musique : le dragon. Mais que se cache-t-il derrière une telle accroche ? Here Be Dragons est avant tout une alerte au danger potentiel (ou le plaisir, allez savoir) auquel l’auditeur pourrait se confronter… « Creepshow », condensé d’énergie, de bonne humeur et tube commercial de trois petites minutes (que n’aurait pas renié Edguy), entame l’album. Une manière habile et un brin déjantée d’attirer de nouveaux fans dans l’univers protéiforme d’Avantasia. Effet de contraste, le titre éponyme qui suit, long et épique à souhait, chemine sur une trame bien différente avec deux refrains distincts mais gardant l’attention au travers de ses rythmes et variations mélodiques, avant d’embrayer sur le power/speed metal de « The Moorlands At Twilight » sur lequel Michael Kiske, fidèle des fidèles, est dans son élément. Chaque chanson est unique et prend vie au fil de l’écoute, avec une certaine gaieté se dégageant de l’ensemble (« Bring On The Night »).

Tobias Sammet ne suit aucune règle prédéfinie et a su, comme à son habitude, s’entourer d’une ribambelle de chanteurs dont il sait respecter la fibre pour les porter au plus haut. On retrouve ainsi, pour la première fois, Tommy Karevik sur le heavy entraînant « The Witch » qui alterne entre couplets sombres et refrains exaltants, Adrienne Cowan sur « Avalon » et son mix de sonorités presque folk, et Kenny Leckremo sur le musclé « Against The Wind ». Here Be Dragons tisse un lien fort avec l’univers de la fantasy, arborant les thèmes de la sorcière, de la magie, des fantômes… L’idée derrière restant que chacun aura un rapport propre à celui-ci. Des paroles fortes telles que « if you don’t like what I do then it’s not made for you » permettent de comprendre l’état d’esprit général du « bouffon » au chapeau. Le périple se termine par un grand final nostalgique et plein de sens avec la power ballade orchestrale « Everybody’s Here Until The End » et le grain chaud de Roy Khan. Avantasia est une aventure originale et Here Be Dragons se révèle en ode à la vie – ses joies comme ses peines. Le disque sera défendu lors des passages de l’opéra metal en France : misons sur le fait que le spectacle sera à la hauteur de cette énergie.

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The 7th Guild – Triumviro


La septième guilde, c’est un peu comme la communauté de l’anneau. C’est avant tout un super-groupe de voix initié par Tomi Fooler (Skeletoon), certes, mais également de musiciens finement choisis. Ainsi, on compte sur le CV de ses membres les groupes Rhapsody Of Fire, Vision Divine, Gamma Ray, Freedom Call… Leur promotion s’est faite autour d’une phrase digne des meilleurs chefs de projets marketing : la guilde s’est unie, rejoignez-la. Un album qui a tout à prouver et accueille l’auditeur dans son monde à coups de double grosse caisse qui cavale, mélodies virevoltantes et paroles accrocheuses telles que : « Welcome to our Holy Land / By the time when magic unfolds […] Holy land, you’re safe in Holy Land ». Le ton est donné. Du metal très vif, symphonique à souhait, chanté à trois voix : n’est-ce pas le combo parfait quand on parle d’opéra metal italien ? Bon nombre s’y sont frottés, mais associer plusieurs voix n’est pas un exercice facile. Pourtant, le trio de chanteurs – Giacomo Voli, Ivan Giannini et Tomi Fooler – s’en sort fort bien, usant habilement des différents grains et tessitures.

Triumviro est construit tel un livre. Les titres sont majoritairement interprétés en anglais, mais l’insertion de parties en italien appuie l’effet dramatique. « La Promessa Cremisi » monte encore l’intensité épique d’un cran, appuyée par un piano et des chœurs. The 7th Guild est grandiloquent à souhait (il suffit d’écouter la ballade « Time » qui suinte de bons sentiments), mais, dans un créneau similaire, moins extravagant qu’un Avantasia. « Fairy Tale », reprise de Shaman, endosse le rôle d’épilogue. Elle est abordée de manière à laisser place au rêve et à la féérie, avant de reprendre ses codes classiques. Eh oui, il faut être au moins trois pour pouvoir toucher du doigt la prestance vocale qu’André Matos a laissée derrière lui. Triumviro met, pour un premier album, la barre bien plus haut qu’on aurait pu l’imaginer. Il sera intéressant de voir si le public saura être conquis en live, mais présageons que la formation parviendra à percer toute âme sensible au lyrico-symphonique.

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The Dark – The Dark


The Dark sort de nulle part. A l’ère de la diffusion tous azimuts sur la Toile, les informations relatives à ce groupe de Los Angeles sont rares. The Dark compte dans ses rangs Alan Ashby, guitariste de Of Mice & Men, mais n’a visiblement jamais diffusé la moindre démo ou donné de concert dans un rade obscur. Le quartet semble avoir été signé par le label Arising Empire avant même d’exister véritablement. Portés par un marketing redoutable, les Américains dévoilent un premier EP où rien n’est laissé au hasard.

The Dark surfe sur la tendance. Le metalcore a le vent en poupe, et le groupe compte clairement mettre toutes les chances de son côté. Le quatuor travaille autant l’image que le son, adopte des looks ténébreux mais bien proprets – rimmel, muscles saillants, breloques de rigueur – et clippe l’intégralité de ses morceaux à grands renforts d’effets stroboscopiques. L’approche musicale est à l’avenant : The Dark tape dans le blockbuster metalcore et calibre son écriture sans laisser la moindre place à un micro-grain de folie. Cet EP sonne à ce titre comme la dernière sortie mastodonte d’une formation confirmée : les potards y sont poussés à l’extrême en matière de surproduction, quitte à y abandonner en aspérités. Des choix assumés, The Dark cherchant à accorder la puissance de ses riffs à des ambiances électroniques froides et désincarnées, fourmillant de bidouillages techno-futuristes et de distorsions vocales. Le chant de Craig Johns Jr, quasi intégralement exécuté en clair, est passé à la moulinette numérique pour un effet presque robotique. Le frontman parvient cependant à tirer son épingle du jeu en s’aventurant sporadiquement vers des horizons plus tempétueux et surtout en soignant ses refrains. C’est probablement cette capacité à transformer chaque composition en petit hit easy-listening qui permet d’oublier l’aspect générique et ultra-compressé des instrumentations. Bien que catchy à souhait, The Dark se colle cependant d’entrée de jeu une étiquette « fast-food music » qui ne manquera pas d’irriter les allergiques au metalcore.

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The Great Old Ones – Kadath


Le metal puisant dans l’univers insondable de Lovecraft ne manque pas. Si on pourrait friser l’écœurement, il reste, dans cette masse, des groupes auxquels on passe volontiers ces considérations. C’est d’autant plus vrai pour The Great Old Ones à l’occasion de la sortie de Kadath, six ans après leur précédente toile sonore. Ayant écumé en long et en large le mythe de Cthulhu, le groupe délaisse dorénavant les profondeurs au profit du « cycle du rêve ». L’album adapte La Quête Onirique De Kadath l’Inconnue, dans laquelle un homme, hanté dans son sommeil par la vision d’une cité, part à la recherche de cette dernière à travers les « contrées du Rêve », malgré l’opposition de créatures ou dieux peu amènes. En dépit de cette base littéraire brute, Kadath freine sur la narration pure, gardant une large place pour l’instrumentation : dans le mix tout d’abord, mais aussi sous la forme de pistes dépourvues de chant (le colosse « Leng » est un parti pris assez fort).

Le groupe s’autorise autant d’écarts que nécessaire vis-à-vis des canons du black metal, et en offre une mouture atmosphérique, consolidée par les touches épiques indissociables des thématiques. Les paysages, plus clairs et nets, sont traversés plutôt que passivement contemplés ; l’horizon crépusculaire s’enfuit continuellement. Laissez un peu de temps aux morceaux, et vous les verrez entrebâiller une souricière vers des restes d’espoir et de réalité. L’album transmet son énergie au lieu d’en user pour écraser ce qui l’environne, même si « Those From Ulthar » est là pour nous rappeler son caractère horrifique. Rêves et cauchemars sont des royaumes limitrophes à la frontière on ne peut plus perméable. Kadath incarne avec brio cette dualité, entre créatures dépassant l’entendement et admiration béate. Chose amusante : une immersion dans Kadath à faible volume et avec un esprit ensommeillé distord la musique, au point de révéler ce qui s’apparente à une œuvre parallèle.

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Killswitch Engage – This Consequence


This Consequence, le neuvième opus de Killswitch Engage, sort près de six années après Atonement. Jamais le groupe n’avait pris une telle pause entre deux albums. Une parenthèse que Jesse Leach et son comparse Adam Dutkiewicz – respectivement chanteur et guitariste – ont mise à profit pour ressusciter leur side-project Times Of Grace, livrant dans une relative discrétion un second recueil de dix morceaux aux tempos modérés. Une façon d’évacuer des envies plus éthérées afin de revenir aux affaires les batteries rechargées.

Killswitch Engage a contribué à définir les contours du metalcore. Malgré les évolutions du genre, le groupe est resté fidèle à son approche initiale. L’intégrité force le respect mais présente également certaines limites. En neuf albums, le gang du Massachusetts a forcément plus ou moins fait le tour de la question. Leach et ses comparses ne s’en sont jamais cachés : KsE n’est pas un laboratoire à expérimentations, mais une grosse machine US qui déroule de bonnes chansons. This Consequence ne déroutera donc absolument personne. Et pourtant, la magie opère toujours. Si Incarnate en 2016 était probablement leur album le plus porté sur les variations de chant, KsE inscrit sa nouvelle cuvée dans la veine plus thrashisante d’Atonement. La paire Dutkiewicz / Stroetzel reste en ce sens redoutable dans la vélocité de son exécution. Sans jamais donner le sentiment de s’épancher dans la pure démonstration, les guitaristes, servis par des blast-beats bien sentis, parviennent à mettre une technique affûtée au service de structures simples et immédiatement mémorisables. L’équilibrage est assez formaté – couplets growlés, refrains chantés –, le frontman Jesse Leach habite littéralement sa musique, qu’il vit comme un exercice cathartique. On l’a certes connu plus à nu, notamment sur le récent et immanquable disque de Times Of Grace, mais son chant transpire la sincérité, la hargne et occasionnellement la fragilité. Entre mélodies soignées et agressivité burinée, Killswitch Engage mène une nouvelle fois sa barque avec assurance.

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Dynazty – Game Of Faces


Avec un rythme de croisière tout trouvé, il fallait s’attendre prochainement à une nouvelle galette de la part de Dynazty. Et voilà qu’en ce jour de Saint-Valentin, le groupe révèle Game Of Faces, son neuvième album et première signature avec le géant Nuclear Blast, rejoignant ainsi l’écurie d’Amaranthe, autre groupe du chanteur Nils Molin.

La bombe power metal suédoise a encore explosé ! A la première écoute, l’album semble lisse à la surface, dans la lignée de ses prédécesseurs, Final Advent (2022) et The Dark Delight (2020). Une proposition prévisible et résolument moderne avec ses inclusions de sonorités électroniques. Mais à bien y regarder, l’énergie infusée dans chaque titre se fait plus percutante, avec une batterie et des guitares martelées à l’unisson, à l’image des rythmiques martiales du morceau éponyme. On sent l’envie urgente que le groupe a eue de vouloir bâtir des chansons pour le live ; urgence qui transperce le solo de « Fire To Fight » : c’est rapide, électrisant, les notes s’enflamment et décollent vers des sonorités aiguës, si ce n’est stridentes – les tympans en prennent pour leur grade. C’est aussi pour cela que les refrains sonnent comme des hymnes à reprendre en chœur, gorge déployée, durant les concerts. « Devilry Of Ecstasy » et « Dark Angel » sont aussi de bons exemples à cet égard : le premier martèle un rythme lourd et binaire, le second est plus véloce, mais tous les deux sont portés par des mélodies sans scrupules et ponctués d’une envolée de guitare pas moins grandiloquente. Les prouesses vocales de Molin s’élèvent toujours plus haut, comme si le quintet tentait de chatouiller les cieux de sa voix. Game Of Faces n’est pas pour toutes les oreilles du fait de sa nature excessive, mais ceux qui aiment les gros sabots devraient être aux anges : ce n’est pas trop s’aventurer que de dire qu’il s’agit là de l’album des prouesses pour Dynazty.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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