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Chronique   

Church Of Misery – Born Under A Mad Sign


Riffs sabbathiens et serial killers : la formule de Church Of Misery est bien connue des fans de doom. Depuis leur premier album au titre qui annonçait on ne peut plus explicitement la couleur, Master Of Brutality (2001), les Japonais ont enchaîné avec régularité les variations sur ces mêmes thèmes, et leur septième opus, Born Under A Mad Sign, s’il s’est fait un peu plus attendre que les autres, Covid-19 oblige, ne déroge pas à la règle… Selon Tatsu Mikami, le bassiste et compositeur du groupe, les deux choses les plus importantes dans le rock sont le groove et le riff, et en effet, avec près d’une heure au compteur, Born Under A Mad Sign offre quantité des deux. Difficile de résister à l’ouverture de « Most Evil (Fritz Haarman) », par exemple : la basse comme la guitare dégoulinent de fuzz et la simplicité du riff fait mouche. À l’image des héros de ses chansons, le groupe ne s’embarrasse guère de fioritures, mais des solos particulièrement inspirés (la bien nommée « Freeway Madness Boogie ») ou l’orgue Hammond de « Spoiler » viennent relever l’ensemble de touches délicieusement rétro.

Si Church Of Misery partage donc indubitablement la passion des années 1970 de leurs collègues du stoner/doom, pas question d’en adopter le peace and love : l’album s’ouvre sur un coup de feu et la voix abrasive de Kazuhiro Asaeda est lourde de menaces. Fritz Haarman, à qui revient cette fois-ci l’honneur de la pochette et qui a inspiré La Tendresse des loups à Ulli Lommel en – on vous le donne en mille – 1973, était certes assassin et cannibale, mais ce n’est qu’un exemplaire de la longue collection de criminels patiemment accumulée par le groupe au fil des années. Avec Born Under A Mad Sign, on est donc en terrain connu, certes, mais personne ne satisfait à la fois nos désirs plus ou moins avoués de bons vieux riffs et de true crime avec autant de panache et de conviction que Church Of Misery.

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Girlschool – WTForty Five?


Peut-on un jour devenir vieille lorsque l’on est une rockeuse ? Telle est la question à laquelle semblent vouloir répondre les musiciennes de Girlschool avec leur quatorzième album WTForty Five. Après une absence de huit ans, on ne les attendait plus. Pourtant, le quatuor revient et n’a pas perdu la recette de son hard rock pêchu qu’il vient insuffler dans douze titres suffisants mais tout de même efficaces.

Alors que l’œuvre démarre avec « It Is What It Is » et sa ligne de basse à la fois profonde et subtile, les craintes que l’on pouvait avoir quant à ce retour se dissipent. Les années écoulées semblent avoir fait beaucoup de bien à nos musiciennes dont l’expérience n’est plus à prouver. Elles jouent désormais un hard rock plus lourd, proche par moments d’un metal moderne comme peut le laisser entendre le titre « Cold Dark Heart », et son instru plus pesante, presque sombre. La voix de Kim McAuliffe a mûri comme un bon vin et vient réchauffer les cœurs. Des accords empreints d’une touche de blues, comme sur « Believing In You », témoignent de la richesse musicale qu’elles traînent depuis quarante-cinq ans dans leurs pattes. Contrairement au morceau « Invisible Killer » qui le précède et qui manque de cette énergie si particulière du groupe… Les solos parfois quelque peu simplistes sont contrebalancés par la basse prépondérante, qui vient durcir le ton. Toutefois, les rockeuses s’offrent très vite une nouvelle jeunesse avec les chansons « Up To No Good » et « Party ». Des musiques old-school, dignes du Girlschool des années 80, aux accents dynamiques et aux riffs tranchants qui donnent envie de crier « girl power ». C’est donc avec une justesse certaine que les Girlschool ont passé le cap de la quarantaine. Visiblement, on ne peut vieillir quand on est une rockeuse…

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Miserere Luminis – Ordalie


Certains souvenirs retentissent comme un écho lointain de cris et de souffrance. Comme de tristes réminiscences qui subsistent latentes et tremblantes. Ainsi, Miserere Luminis offre à son fidèle public l’exutoire qu’il n’espérait plus avec Ordalie, son nouvel opus de quarante-cinq minutes, pour cinq titres. Cinq étreintes désespérées qui traduisent la détresse d’une âme éreintée.

L’œuvre débute dans les lamentations et la mélancolie de « Noir Fauve », qui noie dans des larmes versées au piano un sentiment originel d’amertume et d’aversion que contiennent un chant enraillé et des guitares stridentes aux dissonances révélatrices d’un esprit troublé, et dont les riffs oscillent de nébuleux à corrosifs. L’explosion d’émotions ne se fait pas attendre, « Le Sang Des Rêves » perce à jour la tourmente qui déverse une violence jusque-là jugulée, et l’entrecoupe de passages aériens. À l’instar du titre précédent, « La Fêlure Des Anges » manifeste un déchaînement d’agressivité qui ne fait que s’accroître, avant de s’effondrer totalement sur « Les Couleurs De La Perte », un interlude doux et paisible aux cymbales frétillantes et à l’atmosphère sombre qui donne le ton et introduit le dernier titre de l’album « De Venin Et D’Os ». L’apogée du cataclysme se déploie alors dans des hurlements gras et enragés qui fondent dans un décor enflammé. Puis, rafraîchi par les mélodies léthargiques de violon et de piano, l’album se termine et l’auditeur peut reprendre son souffle. C’est ainsi que Miserere Luminis signe son retour dans un brasier fumant à la poésie enivrante de textes scandés avec passion, et dont les vapeurs noires s’échappent avec fougue de la structure complexe des morceaux. D’un dramatisme certain, l’ivresse d’Ordalie fait céder les chaînes de la sanité sous le poids de son impétuosité.

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Thy Catafalque – Alföld


Tamás Kátai, derrière son allure professorale, s’épanouit depuis plus de vingt ans à l’avant-garde du metal extrême avec Thy Catafalque. Après un premier album live en forme de rétrospective festive (vingt-six musiciens à l’affiche !), le cerveau du projet a regagné les studios. Si Vadak était empli de fragilité, Alföld induit des émotions plus marquées, mais toujours conciliées avec une certaine élégance. Album débridé, c’est une vitrine idéale pour la fibre compositrice de Tamás, et l’occasion de rassembler toujours plus d’interprètes.

Alföld présente quelques-unes des parties les plus lourdes de la discographie récente de Thy Catafalque. Si le chant clair est encore présent, il laisse la place, parfois plusieurs morceaux durant, à un panel qui s’étend du death au black. Cinq voix d’invités y veillent, en plus de celle de Tamás. Certains titres suivent la mouvance black metal mélodique, comme « Testen Túl » que l’on recommanderait, à l’occasion, aux fans d’Uada. Des sonorités étranges sont présentées avec décomplexion, apprêtées comme si tout était parfaitement normal ; des solos semblent arrachés aux entrailles des instruments. Cela étant, l’avant-gardisme de Tamás reste une savante concoction, dotée d’une grande âme. Si les premiers titres font craindre une atrophie du rameau folklorique, cette sensibilité persiste. Outre les choix mélodiques et les touches de flûte et de guitare acoustique, les rythmiques (avec une touche d’asymétrie sur « Folyondár ») y contribuent. Enfin, les synthétiseurs ruissellent en Alföld comme de l’eau claire dans une caverne. Bien que doté de compositions courtes et équilibrées, Alföld rejoint rapidement les vieilles habitudes de Tamás ; les plus gros écarts se concentrent sur la première partie du disque. Cela ne rend pas l’album déplaisant – on pourrait même y voir la marque d’une juste mesure dans la prise de risques.

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Nuclear Power Trio – Wet Ass Plutonium


Nuclear Power Trio est un poème en soi. Les musiciens aux masques de Poutine, Trump et Kim Jong-Un reviennent avec un nouvel effort, trois ans après A Clear And Present Rager (2020). W.A.P. (Wet Ass Plutonium) a résisté aux seigneurs de la tech trillionnaires de 2179 qui ont essayé de museler le groupe qui œuvrait pour la paix dans le monde. Le T-800 envoyé a échoué et Nuclear Power Trio peut continuer sa mission, avec davantage de conviction.

« W.A.P. (Wet Ass Plutonium) » et ses élancées de synthétiseur donnent le ton : le trio a renforcé sa poigne. Les phrasés de guitare et de basse, enfants bâtards de Dream Theater et d’Infectious Groove, s’enchâssent sans cesse tout en prenant des airs de « mauvais » générique de manga. « Apocalypse Mao » élève le tempo jusqu’à prendre des airs langoureux. En réalité, NPIII ne laisse pratiquement jamais de repos : il aime trop le violet fluo et cet imaginaire des années 80 à la Miami Vice. Derrière un déluge de slap funky, il peut tutoyer le prog des nineties voire l’extravagance d’un Dragonforce (« Air Force Fun » et ses mélodies de clavier incongrues). On retrouve un affect pour la musique latine sur « ¡Vamos, Brandito! ». « Nyetflix And Chill » introduit des cuivres pour « densifier » le tout. Le sens de la mesure. NPIII a d’ailleurs trouvé de nouveaux alliés en la présence de Chris Broderick (In Flames), Ben Ellis (Scar Symmetry), Brian Hopp (Cephalic Carnage) et Scott Carstairs (Fallujah) qui viennent placer quelques monologues. Derrière son approche facétieuse de la musique, NPIII réussit à cerner les forces de l’instrumental. Les seules logorrhées techniques ne suffisent pas, les accroches mélodiques pleuvent même si elles s’enchaînent à une vitesse de Shinkansen. Surtout, malgré les milliers de pistes que chaque composition comprend, la basse retrouve des lettres de noblesse. NPIII aura au moins sauvé le destin des bassistes virtuoses en herbe.

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Johnny The Boy – You


Le dernier album de Crippled Black Phoenix se terminait avec son bonus track dans une effusion d’agressivité chaotique qui semblait incongrue au regard des autres morceaux tout en cristallisant leur rage sous-jacente. Mais « No Regrets » était plus que cela : il était une balle perdue de Johnny The Boy, entité furieuse en gestation depuis plusieurs années. La saine colère qui coule dans les veines de CBP, en filigrane de ses belles mélodies, de ses tendances aériennes entre post-rock et rock progressif, de ses tournures vocales pop et de ses nuances gothiques, éclate ici sans retenue telle une explosion de shrapnel, en un « gloom core » volontiers bâtard, un black metal grumeleux, empâté de sludge rugueux et hérissé d’échardes punkisantes.

Pour l’occasion, le duo central de CBP, Belinda Kordic et Justin Greaves, est accompagné de Matt Crawford qui déverse ses lignes de basse comme du napalm. La première dévoile une autre facette de son chant, lacérant l’oreille de ses vitupérations sanguines. Les morceaux se succèdent comme autant de munitions et les textes sont souvent aussi directs qu’agressifs mais ils ne visent pas tous des cibles à détruire, le propos étant toujours nourri de convictions altruistes. Les guitares abrasives de Justin Greaves se lestent parfois d’une gravité doom (« Endlessly Senseless ») mais la solennité qui affleure est vite rattrapée par un état d’esprit grunge évitant soigneusement toute perfection. Le plus complexe « Crossings » renoue, au-delà de son étouffante noirceur liminaire, avec la quête de hauteurs et les échappées psyché typiques de CBP, aussitôt renvoyées à l’urgence de l’instant par le black’n’roll expéditif de « Druh ». Non contents de sortir un superbe album tous les deux ans avec CBP, B. Kordic et J. Greaves opèrent un pas de côté aussi surprenant que réussi, qui s’inscrit finalement dans le prolongement naturel de leur tempérament révolté.

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Greta Van Fleet – Starcatcher


Starcatcher est le troisième opus de Greta Van Fleet, formation plébiscitée pour les uns et controversée pour ceux qui rechignent à se replonger dans les années 70 version 2020. Le groupe a décidé de « raconter des histoires pour créer un univers ». Et l’enchâsser dans celui de Led Zeppelin. Quoi qu’on en dise, Greta Van Fleet reste dans la droite lignée de ses ancêtres : l’opus reprend certaines des atmosphères « cosmiques » développées par les légendaires Britanniques. Rien de plus normal d’en revenir à ses idoles lorsque la philosophie de l’opus est de retrouver un « son garage » du bon vieux temps : l’année 2012.

Si les distorsions de « Fate Of The Faithful » ont effectivement un aspect brut, le garage n’a pas les mêmes murs pour tous. Greta Van Fleet veut de l’authenticité mais la jurisprudence St Anger (2003) existe. La production respecte l’ADN du groupe et la profusion d’arrangements apparaît de manière limpide. Le quatuor privilégie les développements aériens pour coller à sa vision de l’horizon nocturne étoilé, réintroduisant le groove à des moments bien sentis tels que le pont à l’harmonica de « The Falling Sky ». Il y a quelques écarts par rapport à la formule originale, à l’instar des éléments funk de « The Indigo Streak ». En dehors du rock n’ roll endiablé de « Runaway Blues » et malgré des pics d’intensité (le final de « The Archer », le refrain haut perché de « The Falling Sky »), Greta Van Fleet prend son temps et lève le pied, à l’image de la ballade folk-rock « Farewell For Now » aux structures plus complexes qui conclut l’ensemble. Starcatcher ne fera pas taire les critiques. Parler d’inspiration – comme c’est le cas pour de nombreux groupes – est trop léger. Ceci étant, l’album se dégage au moins du « autant écouter Led Zeppelin » pour prendre l’apparence d’une friandise parfaitement exécutée au goût de nostalgie.

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SUP – Octa


L’entité à deux têtes qu’est SUP/Supuration n’a cette fois pas attendu onze ans pour réactiver la première, porteuse de son cerveau le plus gothique. Plus homogène mais non moins étouffant que Dissymmetry, sorti en 2019, Octa tisse ses ambiances tourmentées à travers les contrastes caractérisant la musique du groupe, dont on retrouve le style typique mêlant agressivité et lourdeur death à une mélodicité et une froideur héritées de la new wave et du metal gothique. On retrouve également ses thèmes SF familiers, marqués par la notion d’enfermement. Octa signifie « huit », comme le huitième album de SUP, comme les huit titres qui le composent, mais surtout comme le nom d’un lieu carcéral futuriste, dans lequel les détenus sont emprisonnés par leurs cerveaux connectés les uns aux autres. Nul moyen d’échapper à cette prison mentale faite des rêves de chacun.

Huit morceaux, huit cauchemars d’un de ces détenus : leur atmosphère est dense et enténébrée, pesante et viciée, mais balayée des faisceaux de clarté du chant mélodique et d’une section rythmique qui, basse en avant, dessine des sinuosités comme autant d’échappées rêvées. « Pseudopodic Phantasm », d’abord bloc de riffs massifs, de chant guttural et de tempo battant, glisse vers des sons électroniques et un rythme robotique inquiétants avant des envolées vocales portant l’écho d’une liberté impossible. Trompeurs, les rythmes entraînants de « Not Icarus », très cold wave, et de « Queen Quintessence » sont ceux d’un esprit entravé qui se débat. Nœud central de l’album, « The Lights Of Eden » appesantit son death jusqu’au doom pour l’animer ensuite d’émotions fulgurantes sous la forme de lignes de chant et de guitare lead poignantes. Il concentre tout le talent de SUP à créer une puissante tension avant de la dénouer dans une grandiloquence désespérée.

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Khanate – To Be Cruel


Quatorze ans après Clean Hands Go Foul, sorti alors que le groupe avait déjà splitté, rien ne laissait imaginer le retour de Khanate. Devenu entre-temps légende du drone doom ultra-noir, il semblait que ce véritable Léviathan avait disparu pour de bon dans les ténèbres qu’il avait invoquées au long de ses trois albums – et plus prosaïquement que les musiciens impliqués avaient décidé de poursuivre leurs expérimentations ailleurs, dans Gnaw par exemple pour le chanteur Alan Dubin, et dans Sunn O))) évidemment pour le guitariste Stephen O’Malley. La sortie soudaine de To Be Cruel avait donc de quoi prendre tout le monde par surprise…

Mais en réalité, le groupe préparait son retour depuis 2017 : si la pandémie de Covid-19 a ralenti les choses, c’est aussi qu’il a voulu prendre son temps, peaufiner ses compositions. Les improvisations et le DIY de ses premiers albums ont laissé place à une démarche plus délibérée, pour un résultat aux dimensions similaires : To Be Cruel, ce sont trois titres d’environ vingt minutes qui se déplient (très) lentement, au fil de riffs qui s’étirent à l’infini, de ponctuations percussives, d’un foisonnement de sons difficiles à situer, et évidemment de beaucoup de feedback, toile de fond aride et inhospitalière pour les hurlements torturés de Dubin. Véritable plongée dans les abysses, To Be Cruel n’est pas une partie de plaisir. Alors que les vétérans de Swans nous offraient il y a quelques années To Be Kind (« Être gentil »), Khanate persiste et signe avec un album qui joue avec les nerfs et la patience des auditeurs, à la frontière entre inhumanité et au contraire humanité la plus profonde (l’album s’ouvre sur ce qui ressemble à des bruissements de souffles), à l’image de son sanglant artwork signé Karl Lemieux de Godspeed You! Black Emperor. À ceux qui ne jetteront pas l’éponge, To Be Cruel révélera des nuances insoupçonnées de noirceur, et une incomparable exploration des limites.

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The Acacia Strain – Failure Will Follow


Annoncés coup sur coup, Step Into The Light et Failure Will Follow arborent tous deux l’esthétique typique de The Acacia Strain (nihilisme croisé avec une contemplation de la nature), mais présentent des faces très différentes du groupe. Failure Will Follow, bien que plus long que son frère, ne comporte que trois pistes. Face à un tel triptyque, deux craintes surgissent : « Quid des structures des compositions ? » et « Pourvu que ça ne sonne pas juste comme de l’Acacia classique passé au ralenti ! » Défis relevés dans l’ensemble, principalement grâce au penchant atmosphérique qui préexistait en The Acacia Strain.

On assiste à une suite de tableaux, chaque morceau s’armant de son propre fil rouge. Les habitués ne trouveront pas Failure Will Follow aussi « glauque » qu’annoncé : des samples, claviers ou guitares solitaires y fournissent l’oxygène vital, de même qu’une intervention féminine spectrale (signée iRis.EXE) sur « Pillar Of Salt », intercalée entre les passages marqués au fer rouge par Dylan Walker (Full Of Hell). Le rapport de force est plus souple ; le chant prend parfois de la distance, et la hiérarchie sonore se trouve alors aplanie. Les riffs sont bien de la partie, si sourds soient-ils ; les guitares tombent comme des couperets plutôt que de nous hacher menu. « Bog Walker » se démarque par sa longue introduction fuzzée, ses riffs stoner et des voix atypiques, tandis que « Basin Of Vows » s’agrémentera peu à peu d’éléments horrifiques. On perçoit sur Failure Will Follow le plaisir éprouvé par les membres, libres de s’étendre dans des directions nouvelles. Reste la question inévitable : ces deux courts disques auraient-ils pu être rassemblés ? Peut-être visent-ils des publics suffisamment différents pour justifier cette scission. Quoi qu’il en soit, ils offriront d’intéressantes dynamiques en concert.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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