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Interview   

The Melvins : une araignée au plafond


En quarante ans de carrière et presque autant d’albums, les incomparables Melvins ont eu le temps de tisser leur toile, une sorte de sludge aussi reconnaissable qu’inventif qui a influencé une foule de sous-genres et de musiciens depuis la fin des années 1980. Est-ce que leur tête pensante, Buzz Osborne, avec son style inimitable, ses déclarations fantasques, et sa créativité et sa productivité débordantes, n’aurait pas un peu une araignée au plafond, d’ailleurs ? On ne sait pas trop, mais en tout cas, deux ans après Bad Mood Rising, c’est un cœur de tarentule que le trio propose à son public, créature composite bricolée par Osborne à partir d’une collaboration entre le batteur du groupe et Roy Mayorga de Ministry.

De quoi évidemment piquer notre curiosité et nous donner envie de demander au principal intéressé de revenir sur la genèse atypique de ce Tarantula Heart qui ne l’est pas moins. Avec l’enthousiasme lapidaire qu’on lui connaît, le musicien en a profité pour évoquer ce qu’il apprécie dans la musique des autres, dans la sienne, et les nombreux chantiers qui l’attendent pour les mois qui arrivent…

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Dååth ne trompe personne


Les fans n’y croyaient plus. Les autres l’avaient oublié. Le groupe de death metal progressivo-orchestral Dååth s’était mis en pause en 2011, pas forcément du choix de son leader, le guitariste Eyal Levil. Depuis, c’était le silence radio. Jusqu’en 2022 où le groupe redonna signe de vie, avec la promesse de nouvelles musiques, mais ce n’est qu’en 2023 que les premiers sons font surface et en 2024 qu’un nouvel album, The Deceivers, sort enfin dans les bacs. On y découvre un nouveau line-up international, avec quelques noms familiers des amateurs du genre, à l’instar du guitariste Rafael Trujillo découvert dans Obscura puis Obsidious et du batteur Krimh (Septicflesh), et un Dååth aux ambitions revues à la hausse – ou plus conformes à celles qu’a toujours eues Eyal.

C’est justement avec ce dernier que nous nous sommes longtemps entretenus pour évoquer ce retour inespéré d’une formation rafraîchie. Nous parlons donc line-up, conception musicale, état d’esprit centré sur la communication et la coopération, acceptation de la critique, influence des musiques de films et de jeux vidéo, mais aussi production metal, Eyal ayant fondé il y a quelques années Unstoppable Recording Machine (URM), une école en ligne pour les producteurs de rock et de metal.

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Aldebert : enfance, audace et rock n’ roll


Les fans de metal sont partout, même dans les cours de récré ! Ce ne sont ni les parents ni les profs qui vont nous contredire. Alors rien de plus logique que d’aller à la rencontre d’Helldebert, jumeau maléfique de l’artiste auteur-compositeur-interprète Aldebert, pour parler de son nouvel album Enfantillages 666 sorti en avril dernier.

Pour ce nouveau chapitre, Guillaume Aldebert a fait le choix d’une esthétique cent pour cent rock/metal et aborde à travers ses textes une multitude de thèmes, de la société contemporaine aux sujets plus légers et tout ça, en très bonne compagnie ! De Max Cavalera à Serj Tankian en passant par Johan Hegg et autres pointures de la scène metal française, l’artiste a su bien s’entourer et créer un album qui devrait toucher un vaste public. De la scène du Hellfest Kids aux Olympia en passant par Boston, on revient ensemble sur le parcours des Enfantillages 666 et sur la place de la musique metal dans le quotidien de l’artiste.

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Savage Lands : quand le metal sauve des arbres


Ce n’est pas un secret, la musique metal a une réalité politique. Nombreux sont les artistes engagés dans des causes sociales et environnementales. Ils mettent à profit leur notoriété pour sensibiliser, montrer, faire connaître des initiatives ou s’investir directement dans des causes qui leur semblent justes. Parfois, ils en viennent à créer leur propre engagement, c’est notamment le cas de Sylvain Demercastel (Artsonic) et Dirk Verbeuren (Megadeth) avec la naissance en 2021 de l’organisation non gouvernementale Savage Lands dont l’un des principaux objectifs est de préserver la nature « simplement » en la laissant tranquille.

Ils se sont donné pour missions de financer des opérations de reboisement en partenariat avec des ONG locales spécialisées, d’acheter des terres pour les préserver et aussi de produire de la musique parce que c’est « ce qu'[ils] savent faire ». Leur engagement, leur notoriété ont un impact positif pour faciliter le financement des différentes opérations portées par Savage Lands. Ces artistes reconnus, à travers les clips, les concerts et les partenariats dans lesquels ils se sont inscrits, deviennent porte-voix de la forêt et source d’inspiration pour d’autres initiatives. Nous en parlons avec l’un de ses cofondateurs : Sylvain Demercastel. Bienvenue dans The Army Of The Trees !

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Apocalyptica : l’appel de Metallica


Apocalyptica est une curiosité dans le monde du metal. En 1996, quatre violoncellistes finalndais sortent Plays Metallica By Four Cellos, reprenant huit titres du célèbre groupe de metal de San Francisco. Exercice inédit à l’époque, qui séduit rapidement par l’énergie et l’attitude foncièrement metal des musiciens de la Sibellius Academy d’Helsinki. Force est de constater qu’après toutes ces années, Apocalyptica reste à part, dans un créneau qui n’appartient qu’à lui seul. S’ils ont poursuivi un temps sur des reprises metal au violoncelle, ils ont très vite ouvert leur concept, fait évoluer leur démarche, expérimenté, etc. En témoigne, vingt-huit ans plus tard, Plays Metallica Vol. 2, avec lequel le désormais trio revient à ses premiers amours, l’expérience en plus. Car même si l’on est de nouveau confronté à un disque de reprises, la philosophie et le résultat s’avèrent très différents. Pas question de se contenter de jouer du Metallica…

C’est Eicca Toppinen qui nous explique ci-après leur démarche, comment ils ont réussi à s’approprier et remodeler ces neuf titres, et à faire intervenir ni plus ni moins que Rob Trujillo et James Hetfield, ou à réutiliser une piste de basse de Cliff Burton. Un entretien en forme d’allers-retours entre 1996 et 2024, dans lequel Eicca revient sur sa passion pour Metallica, mais nous donne également les clés pour mieux comprendre le phénomène Apocalyptica.

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Evergrey et la paix intérieure


Il y a quelque chose d’étrange à interviewer un musicien qui défend l’album d’un groupe… qu’il vient de quitter. Mais le cas du batteur Jonas Ekdahl est un petit peu à part, puisque la motivation pour sa décision était d’arrêter de tourner pour pouvoir se consacrer à sa passion première : la composition et la production. C’était d’ailleurs là une grande partie de son rôle au sein d’Evergrey, rôle qu’il devrait conserver à l’avenir. Il ne s’éloigne donc pas totalement du groupe, en conservant sa place dans le processus créatif. Et puis, il a clairement à cœur de défendre Theories Of Emptiness, comme il nous l’expliquait : « C’est important, vu que Tom et moi avons produit l’album et que j’ai été très impliqué dans la composition. C’est naturel pour moi de faire des interviews, et j’ai envie de les faire ! C’est important pour moi de maintenir un esprit positif malgré mon annonce, car nous avons un superbe album qui sort et je n’ai pas envie qu’il soit affecté négativement, et il y a plein de belles choses qui arrivent ! »

Etrange, donc, mais finalement pas moins intéressant, car les circonstances donnent une lumière particulière à nos échanges. Il évoque bien entendu sa décision, mais aussi le nouveau disque qui a vu, pour la première fois, le bassiste Johan Niemann prendre les devants en matière d’apport d’idées, tout cela grâce à un échange de bons procédés entre lui et le désormais ex-batteur. Il nous en apprend également un peu plus sur lui – fan de pop, de Max Martin et de l’Atlético Madrid – et son rapport à la musique d’Evergrey et aux thématiques de son acolyte et ami Tom S. Englund.

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Sidilarsen : les enfants de la rage


Dans une période sombre, difficile d’y voir bien clair… Avec son précédent disque On Va Tous Crever, Sidilarsen basculait vers une musique plus noire, en raison d’une conjoncture plus difficile aussi, avec un fond volontairement plus pessimiste que tous ses précédents travaux. Mais depuis 2019, les guerres éclatent et se rapprochent, les divisions se multiplient et la désinformation prospère… Difficile pour Sidilarsen de montrer un visage plus serein. Pourtant, le groupe qui célèbre ses vingt-sept ans d’existence en appelle à la lumière (pas celle de votre smartphone), comme pour incarner une forme de résistance pour affronter le monde qui nous entoure. Que La Lumière Soit conservera le ton de son prédécesseur, mais ne souhaite pas pour autant en être sa suite directe. Une chose est certaine, plus que jamais, Sidilarsen veut fédérer.

Nouveau line-up, actualités, écologie et force de la jeunesse… Les sujets à évoquer ne manquaient pas pour notre entretien avec le guitariste-chanteur Benjamin Bury qui nous en dit plus sur cette lumière qui cherche à nous éclairer. Pour l’exercice de l’interview, le musicien, connu aussi sous le pseudo de Viber, est ce qu’on appelle un « bon client », dans le sens où il laisse la réflexion faire son bout de chemin, une idée en entraînant une autre assez naturellement. Comme s’il réfléchissait à haute voix donc, Viber a pris le temps de nous parler longuement de ce nouvel opus mais surtout de ces « enfants de la rage », un nom qu’ils se sont attribué à leurs débuts.

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Black Sabbath : l’épopée de Tony Martin


Qu’on se le dise, le chanteur Tony Martin est une part substantielle de l’histoire de Black Sabbath, au même titre qu’Ozzy Osbourne et Ronnie James Dio. Cinq albums, de 1987 à 1995, comprenant leur lot de pépites. Certes la configuration de Black Sabbath était radicalement changée, mais une constante demeurait : Tony Iommi et ses riffs de damné, joliment complétés par la voix de Martin. Une période longtemps oubliée dans la pléthore de rééditions qui ont régulièrement vu le jour. Voilà qui est corrigé avec la sortie du coffret Anno Domini 1989-1995 regroupant les albums Headless Cross (1989), Tyr (1990), Cross Purposes (1994) et Forbidden (1995) – dans un tout nouveau mix signé Iommi lui-même – qui étaient devenus indisponibles avec le temps. A noter que The Eternal Idol (1987), qui avait fait l’objet d’une réédition en 2010, a été omis pour des questions de droit.

Voilà une belle opportunité pour nous de mettre en lumière cette période du Sabbat Noir à découvrir et redécouvrir. Nous nous sommes longuement entretenus avec Tony Martin, heureux de se voir réhabilité et sa contribution revalorisée, afin d’évoquer ce coffret et de revenir sur son histoire aux côtés du maître du riff, en en retraçant les grands marqueurs. Au programme : souvenirs, anecdotes et confessions.

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Benighted : la brutalité dans la peau


Et de dix ! Nouveau cap franchi avec ce dixième album symbolique pour la formation française Benighted qui s’est désormais forgé une place d’incontournable dans la scène death metal internationale après plus de vingt-cinq ans à parcourir le globe. Cette solide réputation, Benighted la doit évidemment à son sens du groove et du gruik, mais aussi à son aisance à piocher dans divers registres du metal extrême et du hardcore, tout en restant très fidèle à sa ligne directrice. Bien sûr, sa fascination et sa curiosité pour les troubles psychotiques qu’il romance à travers des histoires horrifiques constituent aussi un ingrédient indéniable de son identité. Ekbom perpétue naturellement la tradition musicale et conceptuelle de Benighted puisqu’il s’inspire du syndrome du même nom, connu également sous l’appellation de « syndrome de la mort » ou Delusional Parasitosis, caractérisé par la conviction d’avoir une peau infestée d’insectes ou de parasites. Mais une fois la recherche Google réalisée et le point de culture générale acquis, ne vous y trompez pas : la jeune protagoniste au centre de l’histoire racontée par Benighted ne souffre pas exactement du syndrome d’Ekbom…

Cette nouvelle histoire horrifique, qui se dessine comme un film pour l’auditeur qui se plonge dans Ekbom, conserve un principe fondamental des précédents disques : s’il est question ici de fiction et de maladies mentales, il n’est pas question de les caricaturer. Le chanteur Julien Truchan profitera d’ailleurs de notre discussion autour d’Ekbom pour insister sur le fait qu’il ne faut pas avoir peur des personnes souffrantes, puisqu’elles sont avant tout dangereuses pour elles-mêmes, incitant à prendre parfois des distances avec les images erronées qui pourraient être véhiculées autour des pathologies psychiatriques. Le sympathique frontman, qui nous en dit un peu plus sur la jeune femme au centre de cet album, revient également avec nous sur ce qui englobe musicalement ce nouvel opus, sur la recherche perpétuelle de nouvelles idées, sur les récents changements de configuration, mais aussi sur sa relation singulière au public ou encore sur la sportivité nécessaire pour faire partie de Benighted…

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Bloodorn : de sang et de passion


Bloodorn, c’est le nouveau projet du plus frenchy des guitar heroes : Nils Courbaron. Après avoir enchaîné les concerts et les albums avec différents groupes (Sirenia, T.A.N.K., Dropdead Chaos), le guitariste a eu envie de voler de ses propres ailes. Et non pas des ailes d’aigle de sang comme la fameuse technique de torture viking, qui consistait à inciser le dos d’un supplicié, à séparer les côtes de la colonne vertébrale, puis à les déployer comme les ailes d’un aigle, faisant ainsi sortir les poumons de la poitrine, et qui a donné son nom à son nouveau combo. Ici, le gore étant réservé uniquement à l’imagerie, il n’est question que de musique et de passion.

Nils Courbaron retourne à ses premiers amours, à savoir jouer un power metal épique et captivant, non sans mettre à profit toute son expérience acquise au fil des années, et bien sûr, avec une touche de brutalité, proche du death. Après tout, il faut bien faire honneur au nom du projet, n’est-ce pas ?

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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