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Chronique Focus   

The Otolith – Folium Limina


Mai 2019. Une déflagration allait laisser un cratère béant dans le cœur de nombreux amateurs de doom. Après treize ans de bons et loyaux services, SubRosa, projet singulier aux racines folk et païennes porteuses de rameaux expérimentaux, déclarait entamer « une pause d’une durée indéterminée ». Officiellement un simple hiatus, mais difficile de ne pas y voir une disparition pure et dure. On pourrait parler d’éclatement, tant les projets parallèles fleurirent – projets qui comptaient d’ailleurs parmi les raisons de la mise en retrait de la formation. En rétrospective, le live acoustique sorti en fin de règne avait des allures de chant d’adieu. Parmi les rejetons de cette fragmentation, on trouve Teleprom, plus axé électronique, ou Insect Ark, qui avait absorbé le batteur Andy Patterson, créant un doom plus psychédélique et purement instrumental. The Otolith est le plus gros de ces fragments, fort de quatre membres de l’école SubRosa. Le communiqué de trêve avait, les concernant, teasé un album « plus lourd qu’un plein camion de briques de plomb ». Ce groupe a dorénavant un nom, l’album en question est devant nous, et il est temps de voir si la métaphore était méritée.

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Interview   

Malemort gagne ses lettres de noblesse


Xavier, le chanteur de Malemort, nous avait parlé en 2018 pour défendre l’excellent album Ball-Trap. Ce second album avait alors été encensé par la presse metal et leur avait permis entre autres de jouer sur la mainstage du Hellfest. L’attente pour un nouvel album était donc forte. Malemort allait-il nous proposer un album du même niveau, voire – soyons fous – encore meilleur ? Après une certaine attente, c’est donc avec joie et excitation que nous avons accueilli l’annonce d’une campagne de crowdfunding pour appuyer la sortie de ce Château-Chimères à venir. A la réception de cette nouvelle galette, force est de constater que le groupe a monté d’un cran tous les curseurs : il s’est attelé à l’écriture d’un ambitieux album concept. Il a réussi à se renouveler tout en gardant son style inimitable et, surtout, il nous propose des chansons toujours aussi jouissives qui restent longtemps en tête.

Xavier nous parle dans cette interview des difficultés et des doutes que connaît tout groupe en croissance, du travail acharné que représente la réalisation d’un tel album pour un groupe indépendant. Il revient également en détail sur le concept de l’album – le château d’Herbouville et sa riche histoire musicale et humaine –, ses projets futurs pour le groupe, et tant d’autres sujets.

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Chronique Focus   

Coldworld – Isolation


C’est depuis l’Allemagne que Georg Börner (souvent désigné à travers un mystérieux « G.B. ») compose sans en démordre, depuis une quinzaine d’années, des œuvres de black atmosphérique soufflant le froid mais non dépourvues de chaleur interne, sous le nom de projet ColdWorld. Si on évoque parfois des accointances entre ce one-man band et des grands noms comme Paysage D’Hiver, son approche reste plutôt singulière, même si la finalité ultime, d’un point de vue émotionnel, s’apparente à celle de ces autres entités. Composé en grande partie durant les périodes de confinements, Isolation est la fidèle représentation de ce que Georg a alors pu ressentir. Certains morceaux avaient été distillés au cours de la pandémie, mais l’éventualité d’un album complet de cet acabit n’était alors pas directement évoquée. Les albums de ColdWorld, d’ailleurs, se font plutôt rares, cette sortie ne représentant que le troisième, au sein d’une constellation d’EP et autres splits.

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Interview   

Obsidious : nouvelles perspectives


Avril 2020, coup de tonnerre chez Obscura : le guitariste Rafael Trujillo, le bassiste Linus Klausenitzer et le batteur Sebastian Lanser quittent simultanément le groupe. Si Obscura annoncera très rapidement avoir reconstitué son line-up avec d’anciennes connaissances, les trois musiciens ont poursuivi leur route ensemble et mettent en ligne un an après le premier clip de leur nouvelle formation Obsidious. Forcément, avec le déluge de notes introductif du single et morceau éponyme du nouvel album Iconic, la parenté avec leur précédente formation est immédiate, mais très vite, on se rend compte qu’ils ont profité de ce nouveau départ pour élargir leurs horizons, notamment sur le plan vocal avec le très polyvalent Javi Perera qui va du chant clair power metal au growl death metal, en passant par toutes les nuances intermédiaires.

La technique et la virtuosité sont donc au rendez-vous à tous les niveaux, mais pas que, puisque pour Linus et Javi, avec qui nous avons échangé, celles-ci ne sont que des outils et doivent servir la musique. Nous discutons donc de tout ceci avec eux, de la formation d’Obsidious à leur vision de « l’évolution moderne du metal progressif et technique », en passant par les thématiques relevant de l’humain inspirées par l’expérience du chanteur dans son métier d’infirmier dans divers services hospitaliers.

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Chronique Focus   

Wheel – Rumination


Depuis sa formation en 2019, Wheel a peu perdu de temps : sa discographie compte déjà deux EP et deux albums et alors que la sortie de son deuxième album, Resident Human, ne remonte qu’au début de l’année dernière, il offre déjà trois nouveaux morceaux sous la forme de l’EP Rumination. Une sortie dont l’objectif principal est de marquer d’un geste créatif le nouveau et prometteur chapitre qui s’ouvre pour le groupe avec sa récente signature avec le label InsideOut Music, écurie majeure en matière de metal et rock progressifs. Comme une suite logique à l’évolution que constituait Resident Human, les choses s’enchaînent positivement pour les Anglo-Finlandais. Avec ce contrat, ils franchissent un pas et l’entérinent avec cet EP. Alors qu’ils viennent de clore leur première tournée nord-américaine en première partie d’Apocalyptica et Leprous, Rumination vient également réamorcer l’intérêt du public à la veille de la grande tournée européenne qu’ils effectueront en 2023.

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Interview   

The Melvins : l’humeur au beau fixe


Il y a les artistes maudits, ceux qui créent dans l’angoisse, qui doutent, ou dont les groupes se déchirent, et puis il y a Buzz Osborne. Tout semble en effet sourire au leader iconique des Melvins. En pas loin de quarante années de carrière, les Américains ont imposé leur style avec panache, influençant des générations entières de musiciens au passage, de Nirvana à Boris en passant par Faith No More, Sleep, Neurosis, Tool et bien d’autres. Aussi légendaire que sa coupe de cheveux, la productivité de Buzz, qui lui a valu de sortir pas loin de quarante albums avec les seuls Melvins – il a aussi travaillé en solo et avec d’autres projets comme Fantômas – n’a pas été inhibée par la pandémie qui a ébranlé le monde entier ces dernières années, bien au contraire. Bad Mood Rising, sorti il y a quelques mois, fait en effet suite à Working With God ainsi que le double album (quadruple en vinyle) acoustique Five Legged Dog sorti tous les deux en 2021.

Autant dire qu’il y a matière à conversation, mais ce qui se dégage de cette discussion avec le musicien, c’est son enthousiasme et son énergie débordants. Confiant dans le futur du groupe et le talent de ses camarades, fier du chemin accompli et volontiers fantasque, il évoque ces derniers disques, certes, mais surtout sa plus grande fierté – son mariage –, ou encore… Napoléon. De quoi revisiter une longue carrière unique, et rassurer les fans : la source ne semble pas près de se tarir.

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Chronique Focus   

Drudkh – All Belong To The Night


Chaque style possède ses groupes emblématiques, et une sortie de Drudkh fait toujours frissonner le petit monde du black metal atmosphérique, tout comme les amateurs de sonorités païennes. Avec pour porte-drapeau le guitariste Roman Saenko, ces Ukrainiens nous servent depuis une vingtaine d’années des riffs hypnotiques dressant des portraits truffés de références historiques et poétiques. Si les noms des membres sont aujourd’hui connus, leur refus persistant de donner le moindre concert (et ne parlons même pas des interviews) préserve l’aura de mystère qui les entoure. Encore en Ukraine, le groupe a pu, malgré le conflit qui fait rage, dévoiler ce nouvel album, avec le soutien de la section « Underground Activists » de Season Of Mist. Trois quarts d’heure, découpés en quatre titres ; la routine pour cette formation. Non que Drudkh ne puisse se passer de longs morceaux pour nous transporter dans leur monde : quelques notes et une poignée de secondes suffisent généralement pour que les premiers effets se fassent ressentir.

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Interview   

Dropkick Murphys : l’esprit du passé


Il faut parfois un genre d’accident pour que des artistes prennent le temps de faire un pas de côté dans leur carrière, pour se donner le droit de tenter autre chose, parce qu’après tout, on n’a qu’une vie, et qu’une discographie en forme de long fleuve tranquille, c’est un peu ennuyeux.

Pour les Dropkick Murphys, l’accident, c’est Al Barr, chanteur du groupe, qui s’est provisoirement mis en retrait pour s’occuper de sa mère souffrante. Ses comparses en ont profité pour faire un disque différent, qui leur trottait dans la tête depuis fort, fort longtemps. A l’intérieur, on trouve les textes de Woody Guthrie, un chanteur contestataire des années 1940-1950, sur de la musique originale en format acoustique. Les gars de Boston se sont lancés à fond dans le projet, avec pour obsession de rendre hommage à ce punk avant l’heure sans renier leur approche musicale. A l’occasion d’une visio entre deux dates de tournée, emmitouflé dans un épais manteau et coiffé d’un chapeau de trappeur molletonné, Ken Casey, chanteur du groupe et préposé aux interviews, nous invite dans l’univers de cet album hors norme.

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Live Report   

The Hu : la force du clan


Encore inconnu au bataillon il y a cinq ans, The Hu connaît depuis son premier album une ascension stratosphérique comme peu de groupes en vivront dans leur carrière. Avec plus d’une trentaine de dates en Europe cet automne dont trois en France, presque toutes sold-out, les Mongols démontrent que leur succès ne s’établit pas uniquement sur YouTube mais également dans les salles du monde entier. Retour sur leur concert lyonnais du 15 novembre.

Premier constat devant l’immense file d’attente se massant devant le Transbordeur sous une pluie battante, le public est sensiblement plus varié que pour un concert de folk-metal classique. Certes on reconnaît les habitués du genre mais on note une ambiance particulièrement bon enfant dans les rangs. A la croisée des styles, la formation d’Oulan-Bator arrive à attirer de la veste à patchs comme de la petite famille, preuve de son succès quand il s’agit de créer des ponts entre les genres. Si le DJ set faisant office de première-partie provoquera peu d’émoi, la salle remplie à bloc restera très courtoise à son égard en attendant les héros du jour.

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Interview   

Threshold : l’harmonie au centre


Threshold est un authentique groupe de metal progressif. Fondé en 1988, il n’y avait pas à ce moment-là de scène metal progressive à proprement parler, en dehors de quelques groupes qui commençaient à en définir les contours (Queensrÿche, Fates Warning, Crimson Glory, Majesty qui venait tout juste de se rebaptiser Dream Theater…). C’est donc par une simple envie de mélanger le son du heavy metal à la liberté du rock progressif des années 70 que Threshold a donné naissance à ses premiers morceaux qui formeront en 1993 l’album Wounded Land. Pratiquement trente ans plus tard, s’il a évidemment évolué pour affirmer son style et ses connaissances, Threshold est resté fidèle à sa ligne de conduite : un metal progressif où riff et mélodie sont les maîtres mots, accessible autant aux musiciens qu’aux non-musiciens, sans technicité/virtuosité inutile, toujours au service de la chanson.

Après le double album Legends Of The Shires qui aura vu le retour de Glynn Morgan au micro et marqué les esprits par la qualité de ses ingrédients malgré le copieux menu, voilà Threshold de retour avec Dividing Lines. Un album qui a le mérite de trouver un équilibre entre les deux facettes du groupe : la concision heavy et les longs développements prog. Nous en discutons ci-après avec le guitariste-compositeur Karl Groom qui revient avec nous sur le style Threshold, les débuts du groupe, la place de celui-ci dans la scène prog d’hier et d’aujourd’hui, et tant d’autres sujets.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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