La trilogie Opvs Noir atteint désormais sa conclusion. Un dernier chapitre qui agit presque comme un long épilogue, étirant ses émotions jusqu’à leur point de rupture. L’inquiétante introduction de « Kill The Lights » donne immédiatement le ton : minimaliste dans ses couplets, le morceau laisse Chris Harms guider l’ensemble vers un refrain simple mais redoutablement efficace. Une entrée en matière maîtrisée, bientôt bousculée par « I Hate People » (feat. Wednesday 13 qui ne boude pas son plaisir de répéter ces mots), dont l’énergie aussi abrasive qu’entraînante flirte allègrement avec l’aggrotech de Combichrist. Plus loin, « La Vie Est Hell » développe ses tonalités mélancoliques, enrichies par la présence de Hannes Braun. Chanté en partie en français et inspiré de Baudelaire, le titre s’impose comme l’un des moments les plus habités et profonds du disque. Si l’album semble parfois moins frontal, moins tubesque que ses prédécesseurs, il n’en reste pas moins riche en nuances. En attestent les teintes délicieusement eighties de l’entêtant « Square One », les influences black sympho de « My Funeral » ou les fluctuations d’intensité de « Take Me Far Away ». La production, impeccable, met en valeur cinq nouvelles collaborations soigneusement réparties, chacune apportant une couleur distincte sans jamais rompre l’unité de l’ensemble.
S’il laisse paradoxalement échapper une lumière – certes blafarde –, Opvs Noir Vol. 3 n’abandonne pas le fil rouge thématique : solitude, finitude, désillusion amoureuse. La notion de fin est plus que largement abordée, et c’est finalement le rôle de ce dernier volet. Les screams du Lord, plus rares, laissent place à une interprétation plus posée, presque apaisée. Comme si était atteinte une forme d’acceptation, celle de sa part d’ombre. Vient alors « The Days Of Our Lives », issue solennelle aux allures de berceuse suspendue. Plus qu’une simple outro, celle-ci ouvre une dernière porte, donnant à cette trilogie un point de chute, un vrai final. Moins immédiat, peut-être moins percutant, ce troisième volume n’en demeure pas moins essentiel : une sortie de scène élégante pour une œuvre qui aura su, jusqu’au bout, maintenir son emprise.
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