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Y a pas que l'metal dans la vie   

Ils vous recommandent… série 6


Peut-être que certains vont apprendre quelque chose, mais il n’y a pas que le metal dans la vie. Si, si, on vous assure ! Il existe tout un monde là-dehors rempli d’œuvres émouvantes, enrichissantes ou tout simplement divertissantes, dans la musique au sens large, mais aussi dans le monde du cinéma, de la littérature ou du jeu vidéo. Voilà pourquoi, histoire de s’aérer l’esprit, nous demandons aux artistes de partager avec nous leurs recommandations hors metal. L’occasion de découvrir des œuvres qui les ont inspirés, fascinés, accompagnés, ou qui les ont aidés à se construire, à construire leur vision du monde ou de leur art ou, tout simplement, qu’ils aiment et souhaitent partager. Car finalement, au-delà de la découverte pour soi, savoir ce que nos artistes préférés écoutent, lisent, regardent ou jouent en dehors de leur domaine de prédilection, c’est aussi les comprendre un peu mieux eux-mêmes.

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Chronique   

Enter Shikari – Lose Your Self


Enter Shikari fonctionne à l’instinct. Né d’une certaine forme de « chaos maîtrisé », le groupe se démarque depuis ses débuts en abordant sa carrière hors des sentiers battus. Il expérimente, fusionne et évolue constamment, quitte à bousculer son public – le mésestimé The Spark, qui le voyait s’engouffrer vers des terrains plus pop. Avec Lose Your Self, le combo prouve une nouvelle fois qu’il se moque des stratégies conventionnelles et dévoile son disque sans aucune annonce préalable.

Le quatuor anglais a pensé son album comme un voyage à travers les méandres de son « mindset » du moment. L’ensemble affiche une certaine progressivité et se boucle par le labyrinthique morceau « Spaceship Earth », segmenté en trois actes distincts. L’approche de l’écriture se veut à ce titre plus sombre et tiraillée que d’ordinaire, Enter Shikari offrant presque un disque miroir à son prédécesseur. Les Anglais restent fidèles à leur vision foutraque de la musique, greffant à leur fil rouge post-hardcore les infrabasses décapantes et autres sonorités électronicores qui ont fait leur marque de fabrique. Mais l’ambiance n’est plus tellement à l’insouciance. Lose Your Self se profile même comme une certaine forme de descente, un bad trip survenu brutalement alors que la fête se poursuit inlassablement au loin. Un moment d’abandon entre deux mondes, choc brutal entre rêve et réalité. L’esprit vrille et dérive inexorablement hors d’une forme agréable de trance au profit d’une mélancolie pernicieuse, puissante et hypnotique – les vocaux de Rou Reynolds sont souvent doux-amers. Les morceaux partent littéralement dans tous les sens mais le disque est pourtant d’une fluidité confondante. Il achemine lentement, via quelques détours aliénants (l’assommant « The Flick Of A Switch I. »), sur le pas d’une porte ouverte vers l’espoir. Le message est clair et jamais nihiliste : Enter Shikari a beau jouer avec des aspirations plus noires ou multiplier les sons insolites, il reste ce magicien des grosses machines et beats qui réveillent les corps et éteignent les inhibitions. Let’s dance.

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Interview    Radio Metal   

Quand Le Metal Fait Résonner La Chine : plongée dans une scène énigmatique et contrastée


quand le metal fait resonner la chine livre metal chinoisLorsqu’elle émergeait dans les années 70 en Occident, la scène metal se revendiquait clairement d’une contre-culture. Aujourd’hui, malgré une exposition médiatique qui peut parfois paraître faible aux yeux de ses adeptes, cette expression peut sembler bien galvaudée. Tout du moins en ce qui concerne l’Occident. Mais qu’en est-il d’un pays comme la Chine, bien éloignée de notre culture ? Comment le metal peut-il être une réelle source d’opposition, ou tout du moins de réflexion, face à un régime qui nous paraît autoritaire et cloisonné ? Ces questions, parmi d’autres, ont fait l’objet d’un travail d’enquête du docteur en anthropologie William Spok, qui publie ses travaux à destination de la communauté à travers le livre Quand Le Metal Fait Résonner La Chine. Durant neuf mois, l’auteur s’est intéressé de très près à cette scène chinoise, encore énigmatique. Une scène qui, selon lui, révèle des tensions esthétiques, politiques et culturelles encore invisibles en Occident…

À travers son ouvrage, William Spok souhaite analyser la manière dont le metal s’est constitué en Chine depuis les groupes pionniers comme Tang Dynasty. L’auteur explore, au fil de ces 440 pages, les tensions entre héritages musicaux, mondialisation, folklorisation, identités nationales et formes de contestation culturelle. À l’occasion de la sortie de Quand Le Metal Fait Résonner La Chine chez les Éditions des Flammes Noires, nous discuterons metal chinois avec celui qui est également connu comme le créateur de Scholomance Webzine. William Spok sera en direct dans notre émission des récits du metal sombre, Repas de Corbeaux, ce lundi soir.

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Interview   

La légende d’Angus McSix


Le hero metal. Un nom qui en dit long et pourtant, on n’est qu’au début de l’histoire. Bienvenue dans le monde farfelu d’Angus McSix. Lui, à la base, c’est un héros, dans une armure dorée rutilante, dont le marteau a perdu sa gloire et qui est revenu plus fort et meilleur qu’avant en mettant la main sur sa nouvelle arme : Sixcalibur. Mais alors que tout semblait lui sourire, lors d’une soirée trop arrosée Angus s’est fait rattraper par sa destinée : l’Archdémon Seebulon a réussi à le rendre captif et à lui faire perdre toute mémoire. Pris au piège, Angus McSix use donc de sa dernière carte : l’appel à un ami. Entre donc en scène Adam McSix, frère d’Angus, qui va partir à sa recherche lors d’un périple plein de rencontres et de rebondissements.

Thomas Winkler, le chanteur initial, a décidé de se mettre en retrait du groupe pourtant récemment formé afin de s’occuper de sa famille. Il a donc passé le relais à Samuel Nyman qui reprend en vol une aventure trop belle pour s’arrêter au premier obstacle. Doté d’un fort potentiel, le lore d’Angus McSix se pare de compagnons de route et d’invités de choix, l’ensemble étant finement géré par Sebastian « Seeb » Levermann d’Orden Ogan, alias Seebulon, qui en tire soigneusement les ficelles. C’est naturellement avec ce protagoniste que nous nous sommes entretenus, pour essayer de comprendre ce passage de flambeau si finement joué, l’univers comique et déjanté du groupe en lui-même et la place et le rôle de chacun au sein de cette troupe qui n’a pas encore révélé toutes ses surprises. Alors sortons les popcorns pour assister au blockbuster du siècle.

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Live Report   

Novelists : aux portes de la quatrième dimension


Novelists se fend d’un troisième passage par la cité des ducs de Bretagne depuis l’arrivée de sa chanteuse Camille Contreras. Et force est de constater qu’en un peu plus de deux ans, leur aura s’est considérablement élargie. Prévue entre les murs du Ferrailleur, la date a été rapidement déplacée dans l’enceinte du Stéréolux. Une salle qui fait près de trois fois la capacité du club initialement réservé – soit 1200 places – et dans laquelle les cinq musiciens se sont presque produits à guichets fermés. Une belle réussite, à l’image de la Cigale de Paris qui affichait un sold-out mérité le soir précédent. Désormais solidement installé sur la scène metalcore européenne, Novelists poursuit son ascension spectaculaire. Après avoir multiplié les apparitions en festivals et sillonné la France pour le warm-up Hellfest, il s’offre avec cette nouvelle tournée française de véritables spectacles de tête d’affiche. Sans revoir en profondeur sa set-list, le groupe peut désormais voir plus grand, long et spectaculaire.

Programmée par l’association locale N-Syndicate, la soirée affichait par ailleurs deux très gros arguments avec la présence de T.S.S. ainsi que l’un des premiers concerts des Allemands frappadingues de ViaNova sur le sol français. Un sans-faute de A à Z.

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Chronique   

Lord Of The Lost – Opvs Noir Vol. 3


La trilogie Opvs Noir atteint désormais sa conclusion. Un dernier chapitre qui agit presque comme un long épilogue, étirant ses émotions jusqu’à leur point de rupture. L’inquiétante introduction de « Kill The Lights » donne immédiatement le ton : minimaliste dans ses couplets, le morceau laisse Chris Harms guider l’ensemble vers un refrain simple mais redoutablement efficace. Une entrée en matière maîtrisée, bientôt bousculée par « I Hate People » (feat. Wednesday 13 qui ne boude pas son plaisir de répéter ces mots), dont l’énergie aussi abrasive qu’entraînante flirte allègrement avec l’aggrotech de Combichrist. Plus loin, « La Vie Est Hell » développe ses tonalités mélancoliques, enrichies par la présence de Hannes Braun. Chanté en partie en français et inspiré de Baudelaire, le titre s’impose comme l’un des moments les plus habités et profonds du disque. Si l’album semble parfois moins frontal, moins tubesque que ses prédécesseurs, il n’en reste pas moins riche en nuances. En attestent les teintes délicieusement eighties de l’entêtant « Square One », les influences black sympho de « My Funeral » ou les fluctuations d’intensité de « Take Me Far Away ». La production, impeccable, met en valeur cinq nouvelles collaborations soigneusement réparties, chacune apportant une couleur distincte sans jamais rompre l’unité de l’ensemble.

S’il laisse paradoxalement échapper une lumière – certes blafarde –, Opvs Noir Vol. 3 n’abandonne pas le fil rouge thématique : solitude, finitude, désillusion amoureuse. La notion de fin est plus que largement abordée, et c’est finalement le rôle de ce dernier volet. Les screams du Lord, plus rares, laissent place à une interprétation plus posée, presque apaisée. Comme si était atteinte une forme d’acceptation, celle de sa part d’ombre. Vient alors « The Days Of Our Lives », issue solennelle aux allures de berceuse suspendue. Plus qu’une simple outro, celle-ci ouvre une dernière porte, donnant à cette trilogie un point de chute, un vrai final. Moins immédiat, peut-être moins percutant, ce troisième volume n’en demeure pas moins essentiel : une sortie de scène élégante pour une œuvre qui aura su, jusqu’au bout, maintenir son emprise.

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Interview   

Opus Live : indépendance et éthique


À l’heure où le metal moderne connaît une véritable montée en puissance — salles pleines, tournées internationales, visibilité élargie — certains acteurs contribuent à structurer cette dynamique. Opus Live en fait partie. Créée par Anthony Chambon, l’entité s’est rapidement imposée comme un partenaire clé pour des groupes en développement sur ces esthétiques. Sa ligne est claire : travailler dans la durée pour construire aux côtés des artistes des trajectoires solides, capables de franchir les différentes étapes de croissance. Des noms comme Landmvrks, Rise Of The Northstar, Resolve ou Revnoir illustrent aujourd’hui cette évolution, mais leur réussite repose avant tout sur leur musique, leur travail et leur impact sur scène. Le rôle d’Opus Live s’inscrit en soutien : structurer, ouvrir des perspectives, créer les conditions pour que ces projets puissent se déployer pleinement.

Au fil des années, l’activité s’est élargie autour de production de concerts, programmation de salles comme le Backstage BTM, organisation du Slam Dunk France, développement éditorial avec Opus Rise. Une diversification pensée pour renforcer les possibilités offertes aux artistes et stabiliser un modèle indépendant. Anthony Chambon revient ici sur son parcours, sur la réalité de son métier entre risque, stratégie et intuition et sur les enjeux d’une scène en pleine évolution.

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Live Report   

WE Metal Fest : démonstration de force de la scène française


Le WE Metal Fest continue de s’imposer comme l’un des rendez-vous émergents les plus prometteurs. Pour sa troisième édition, le festival affiche complet avec une programmation particulièrement ambitieuse, mêlant figures installées et nouveaux visages en pleine ascension. Porté par une volonté claire de défendre la scène hexagonale, l’événement confirme son identité : un festival à taille humaine, mais avec des standards de production et une exigence artistique qui n’ont rien à envier à des formats plus installés.

Ici, tout est fluide. Deux scènes complémentaires — une grande salle et un club — qui permettent d’enchaîner les concerts sans temps mort, tout en variant les ambiances. À cela s’ajoutent des espaces extérieurs, des stands de merch, des activités et tout ce qu’il faut pour que le public puisse respirer, se poser sur l’herbe, circuler sans jamais subir de saturation. Mais surtout, ce sont de vraies salles de spectacle avec une belle qualité sonore, des lumières et une structuration calibrées pour le live. Et ça change tout. Le WE Metal Fest coche toutes les cases d’un événement appelé à s’installer durablement.

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Chronique   

Levels – This Will Make You Feel Again


Levels veut provoquer des sensations. L’intention est noble, voire nécessaire lorsque l’on parvient à un certain niveau de professionnalisme dans son expression artistique. Lorsqu’elle s’aventure vers des horizons plus exigeants que ceux du « simple divertissement », la musique peut se muer en expérience épidermique voire cérébrale. S’il affiche clairement ses objectifs, ce premier album des Américains n’est pas pour autant vraiment déroutant. Il s’inscrit même dans une certaine tendance visant à synthétiser des influences variées au service d’un metalcore mainstream mais émotionnellement riche.

La description du groupe établie par Discogs est sans équivoque : cyber / industrial metal « boy band » from Arkansas. Levels assume de fait pleinement ses enluminures ultra-popisantes. Leur travail use et abuse de tous les ressorts relatifs à la musique populaire, déborde d’accroches catchy et s’avère extrêmement produit. Le groupe pousse, avec ce premier album, la méthode Bring Me The Horizon dans ses ultimes retranchements. Le chant est majoritairement assuré en clean et virevolte sans aucune limite vers des hauteurs stratosphériques, appuyé par des rasades massives de bidouillages électroniques qui n’hésitent jamais à prendre le pas sur les guitares. Levels s’amuse presque avec les limites de l’acceptable en ce qui concerne le metal, registre qu’il abandonne sans vergogne le temps de quelques mesures drum’n’bass, dance ou autres – « Blue Heaven » ouvre d’ailleurs le disque sur un énorme drop technoïde. Il conserve cependant un ancrage rock par la puissance de sa formule. Malgré des circonvolutions et courbettes ici et là, leur son parvient à conserver une étonnante cohérence. Bien que possiblement irritant de prime abord, This Will Make You Feel Again témoigne d’un travail aussi conséquent que millimétré. L’enchevêtrement des sons relève d’une vraie science de l’équilibre, les Américains n’étant parallèlement pas avares en riffs maousses et en screams massifs. Levels pense gros, efficace et percutant. Mais il ne sonne certainement pas faux.

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Interview    Radio Metal   

Skaphos : mysticisme et plongée dans les abysses


skaphos interview the descent

Bien que Skaphos nous propose de descendre profondément dans les abysses, les Lyonnais semblent plutôt sur une pente ascendante. À peine un an après la sortie du troisième album Cult Of Uzura, le quatuor revient déjà sur le devant de la scène avec une nouvelle sortie. D’une certaine manière, Skaphos acte définitivement une nouvelle ère, déjà amorcée par le disque de 2025. The Descent propose en effet quatre titres de Bathyscaphe (2020) et Thooï (2020), retravaillés et réenregistrés. Pour autant, la maturité musicale des compositions revisitées fait de The Descent un disque allant au-delà de la simple compilation. En s’éloignant du blackened death metal originel, ce quatrième album marque une évolution notable. Il y ajoute l’ésotérisme occulte de son prédécesseur et s’inscrit davantage dans sa continuité que comme un hommage à ses débuts, pourtant récents.

Après seulement quelques années d’existence, la mutation du monstre Skaphos est remarquable. Cette évolution a aussi bien attiré l’attention du label français emblématique Les Acteurs de l’Ombre que celle des programmateurs des scènes extrêmes du Hellfest. Sa fascination pour les abysses et ses références lovecraftiennes sont naturellement des sujets qu’il nous plaira d’aborder avec le groupe. Ayant également découvert Skaphos à ses débuts sur scène en terres lyonnaises, son évolution musicale sera aussi au cœur de notre échange. À quelques jours de la sortie officielle de The Descent, Stéphan Petitjan et Jérémy Tronyo de Skaphos seront en direct sur Radio Metal. Les musiciens répondront à nos questions dans notre émission hebdomadaire Repas de Corbeaux.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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