Un album peut en cacher un autre. I Just Want To Be A Sound, paru en mai dernier, avait surpris, voire déstabilisé par ses prises de liberté, sorte d’aboutissement des expérimentations opérées ces dernières années, redéfinissant le son de Kadavar, où plutôt l’emmenant vers de nouvelles sphères. A peine six mois plus tard, K.A.D.A.V.A.R., lui, fait une inattendue volte-face. Titré par l’acronyme de Kids Abandoning Destiny Among Vanity And Ruin, il en est le négatif ou le complément – le yang du yin. Une forme de retour au bercail après un long voyage. C’est le Kadavar qui, insouciant, se roule sans complexe dans la fuzz et la graisse. Mais qu’on ne s’y trompe pas, le parcours effectué depuis l’autre disque éponyme, celui de 2012, est loin d’être effacé d’un revers de main. L’expérience acquise est palpable, notamment sur le travail du son ; simplement, celui-ci est orienté autrement. En particulier, si Jascha Kreft, quatrième membre intégré en 2023, était mis à profit pour développer les atmosphères et enrichir les couches sonores, cette fois, il contribue à épaissir le potage, à le rendre plus puissant, plus granuleux.
« Lie » pose d’emblée les bases en forme d’hommage au « Iron Man » de Black Sabbath, avec sa grosse caisse appuyée et cette guitare lugubre qui râcle les tympans, comme tout droit sortie des cachots d’Electric Wizard. Puis c’est l’envolée psychédélique avec le plus enjoué « Heartache » – un aspect accentué plus loin dans les vapeurs embrumées de « The Children ». Kadavar conserve sa liberté et son ambition de varier les décors ; la légèreté pop de « Stick It » fait d’ailleurs le lien avec l’album précédent. Si les nuances sont nombreuses, K.A.D.A.V.A.R. est crasseux, apocalyptique même dans sa tonalité générale. Et pour cause, là où I Just Want To Be A Sound était plus porté sur les conflits intérieurs, son successeur se veut le reflet d’un monde en perdition. En témoigne le final composé de deux titres qui en forment presque un seul. « K.A.D.A.V.A.R. » assène un coup de massue, quasi black metal par instants, avant la mise sur orbite de « Total Annihilation ». Un décollage dans la fureur et les flammes, suivi d’une transe en apesanteur, pour finir fracassé dans la ceinture de Kuiper. On comprend que ce « retour aux racines » n’est qu’un mirage, que quelque chose s’est passé : Kadavar a brisé ses chaînes, s’est offert une deuxième naissance et flotte désormais dans un vaste cosmos créatif. L’avenir des Berlinois est imprévisible, et c’est bien ce qui le rend si excitant.





























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Kadavar – K.A.D.A.V.A.R.