ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Chronique   

The Dead Daisies – Lookin‘ For Trouble


Après le retour en grande pompe de John Corabi sur Light ‘Em Up, The Dead Daisies plonge au cœur des racines du rock : le blues. Né lors des sessions d’enregistrement et de jams durant l’album précédent, Lookin’ For Trouble s’est rapidement transformé en un vibrant hommage. Enregistré dans le mythique Fame Studios de Muscle Shoals, en Alabama, berceau du son sudiste, on y retrouve dix classiques du genre. Muddy Waters, Freddy King, B.B. King, John Lee Hooker, Robert Johnson, etc., tous y passent ou presque.

Chacune des reprises possède une couleur à la fois respectueuse et renouvelée du titre d’origine. Certains arrangements surprennent, comme sur « Black Betty », harmonica à l’appui, ou un « Walking The Dog » bodybuildé. Même « Crossroads » se démarque, via l’utilisation du bottleneck, de la version électrique popularisée par Cream. Loin de chercher à flatter les puristes, les musiciens se font plaisir et ne se contentent pas de réinterpréter ces standards, ils se les réapproprient, leur insufflant une énergie brute, dense et viscérale. L’esprit des pionniers rencontre la puissance du hard moderne. Le point d’ancrage est la voix rauque de John Corabi, taillée pour exprimer les émotions intrinsèques au blues. Son grain chaleureux se mêle aux riffs incisifs et groovy de Doug Aldrich pour naviguer habilement entre rugosité et finesse, à l’image d’un « The Thrill Is Gone » sensuel et habité. La production, au son volontairement live, met en avant une spontanéité non feinte. S’il ne prétend pas réinventer la roue, Lookin’ For Trouble est bien plus qu’un simple exercice de style ou une pause entre deux disques originaux : il s’inscrit comme une variation de fond, révélant une autre facette de The Dead Daisies et offrant une célébration vivace et généreuse du blues.

Ecouter des extraits…



Chronique   

The Haunted – Songs Of Last Resort


Mené à tour de rôle par deux chanteurs aux voix éloignées – Peter Dolving puis Marco Aro, qui poursuit à ce jour son second mandat –, The Haunted aura énormément expérimenté entre 2003 et 2012. Une orientation à laquelle les Suédois mettent un terme avec Exit Wounds, qui s’accompagne d’un important remaniement de line-up. Le départ de Dolving y est dommageable sur le plan créatif, mais le retour d’Aro permet un recentrage sur un thrash basique et proche des origines. Sans dévier de cette ligne de conduite récente, le quintet livre avec Songs Of Last Resort un disque plus efficace que ses deux prédécesseurs.

The Haunted est-il légitime dans le paysage actuel ? Si le tournant très aventureux pris sous l’ère Dolving, surtout avec Unseen (2011), conférait au combo une personnalité forte, la résurrection d’At The Gates en 2010 rend la question pertinente. Le batteur Adrian Erlandsson et le songwriter / bassiste Jonas Björler officient dans les deux formations, dont les travaux sont désormais proches. Difficile dans cette optique de se démarquer. Les musiciens de The Haunted en sont conscients, eux qui ont rendu la présence du projet plus rare. Les gars écrivent lorsque le besoin s’en fait ressentir, sans impératif commercial. Et Songs Of Last Resort déborde de cette nécessité de déverser avec hargne et surtout urgence son propos. Le disque est une réaction épidermique et vindicative à la situation du monde : Aro & co. regagnent quelques galons perdus en couchant sur bandes un pur manifeste de thrash mélodique viscéral, captivant et bien ficelé. L’ensemble est mené tambour battant mais se révèle moins bas du front qu’un Strength In Numbers (2017). The Haunted s’autorise bon nombre de variations dans les tempos et profite enfin pleinement de l’intégration de son soliste Ola Englund, qui se montre extrêmement inspiré. Précis et direct, ce dixième album parvient à conserver son intensité sur la longueur. Un disque à l’ancienne, sans bidouillages ni chant clair, mais enregistré avec cœur et colère.

Ecouter des extraits…



Chronique   

Patrick Rondat – Escape From Shadows


Après seize longues années de silence discographique, Patrick Rondat est enfin de retour ! Reflétant par son titre une période difficile de sa vie, Escape From Shadows s’inscrit dans une continuité : plutôt que de chercher à bouleverser son univers, le six-cordiste français a pris le parti d’affiner et de faire évoluer son art avec une subtilité qui lui est propre, mêlant technique et émotion de façon équilibrée, et déroulant un hard/heavy instrumental à haute teneur progressive, flirtant sans vergogne avec le jazz rock et le néoclassique.

Auréolés d’une production claire et puissante mais pas écrasante, les morceaux se construisent au travers de structures à tiroirs dans lesquelles riffs et mélodies s’enchaînent avec fluidité. Accompagné de ses fidèles complices — Patrice Guers à la basse, Dirk Bruinenberg à la batterie et Manu Martin aux claviers —, le maestro tisse un univers riche en textures, plutôt dense mais jamais pompeux (« Fear And Guilt » et « From Nowhere » qui dépassent les huit minutes et sur lesquels plane parfois le spectre de Dream Theater). Ne s’enfermant pas dans une approche unique, le disque oscille entre passages planants et envolées plus nerveuses, entre compositions originales et hommages à la musique classique – en témoigne la reprise plutôt libre du prélude de Fritz Kreisler (« Prelude And Allegro »). « Now We’re Home », porté par la voix chaude de Gaëlle Buswel – une première –, apporte une touche inattendue et renforce l’aspect narratif et émotionnel de l’ensemble. Sans tomber dans la démonstration technique gratuite, Escape From Shadows profite de dynamiques variées et d’arrangements soignés, avec une place prépondérante laissée aux claviers. Le guitariste privilégie une musique investie, à la fois accessible aux néophytes et exigeante. Son jeu, bien que virtuose, reste toujours au service d’une écriture cohérente et profonde. Patrick Rondat confirme son statut de pilier du paysage instrumental, capable d’allier héritage progressif et d’autres horizons avec élégance. Il offre ainsi un album racé en forme d’invitation vers un voyage musical aussi intense que maîtrisé.

Ecouter des extraits…



Chronique   

The Birthday Massacre – Pathways


The Birthday Massacre conserve son rythme de croisière. En plus de vingt ans de carrière, le groupe canadien n’a jamais bayé aux corneilles et livre avec Pathways son dixième album, le tout sans vraiment dévier d’une ligne directrice arrêtée dès leurs premiers travaux. S’il ne vient pas redéfinir les codes propres au groupe, ce nouvel opus affiche un retour au premier plan des riffs lourds et des sonorités industrielles.

Les Canadiens ont construit un univers fantasmagorique extrêmement travaillé, liant leur approche de la musique à une dimension visuelle à la Tim Burton. The Birthday Massacre fait parfois dans l’excès de rimmel et de kitsch, mais a su imposer sa personnalité. Pathways reste inscrit dans la veine goth-rock aux enluminures dark / synthwave qui a fait le succès du groupe : les Canadiens y conservent leur touche 80’s en plaçant les claviers en exergue dans le mix, profitant pleinement du retour en grâce de ces sonorités rétro dans les tendances du moment. Pour autant, The Birthday Massacre ne se limite pas à jouer sur la nostalgie et a toujours su contrebalancer la surabondance de mélodies popisantes par une vraie aisance dans les dynamiques. Alors que leurs deux précédents opus laissaient les habillages électroniques et les influences dream-pop gagner du terrain, Pathways revient pour sa part à une formule plus proche des débuts. Leur musique est plus que jamais un jeu de contrastes entre clarté et obscurité, refrains un brin sirupeux et atmosphères inquiétantes. Les guitares reprennent occasionnellement le pouvoir, imposant quelques explosions agressives plus franches, et la chanteuse Chibi ressort même des cartons ses lignes vocales susurrées et saturées (« Whisper », « Faces »). Le groupe ne prend pas de risques à proprement parler : la formule est easy-listening et accrocheuse, centrée sur les mélodies et les chorus virevoltants. En réinjectant un soupçon plus relevé d’électricité noire, The Birthday Massacre rend cependant son tour de train fantôme plus grisant, hypnotique… Et forcément séduisant.

Ecouter des extraits…



Chronique   

Witchcraft – IDAG


Magnus Pelander est un homme discret. Tête pensante de Witchcraft, ce dernier avait pris son public à contre-pied avec Black Metal (2020, Nuclear Blast), un disque intimiste et entièrement acoustique, avant de disparaître des radars pendant de longues années. C’est dans une configuration de trio qu’il marque son retour avec IDAG, un recueil de morceaux qui renouent avec le doom psychédélique originel.

Black Metal pouvait résonner comme une épitaphe. Celle d’un homme qui se retrouve seul et a fait le tour de la question. Une invitation dans une intimité désormais apaisée, ultime ballade conclusive occasionnellement poignante mais parfois redondante. Accompagné de nouveaux acolytes, le musicien semble renaître. IDAG est un pur manifeste de compositions marquées au fer rouge par le son lourd et cradingue du heavy des 70’s, Black Sabbath en tête de liste. Pelander y fait état d’une inspiration flamboyante ainsi que d’un feeling certain. Le disque est cependant moins accessible et produit que la doublette Legend / Nucleus. Il reste ici un souhait marqué de poser sur bandes des moments intimes, folk et dépouillés, sur lesquels l’artiste s’exprime en toute simplicité – « Gläntan (Längtan) » ou encore « Christmas ». Witchcraft rebranche cependant parallèlement les amplis et laisse jaillir sans restriction une saturation grasse au service de compositions lourdes, puissantes et définitivement doom. IDAG passe en revue les différents visages de Witchcraft pour en proposer une synthèse soignée, profitant au passage d’un enregistrement rude et plus enfumé que par le passé pour imposer une ambiance prenante. Pelander fait preuve sur cet album d’une authenticité de tous les instants, qu’il s’agisse des morceaux les plus crus, dominés par un chant presque chevrotant, ou des embardées dynamiques et hallucinatoires. Le groove de la basse claque, les parties de guitare lead sont déroulées harmonieusement et les larsens s’invitent de-ci de-là. Un album à l’ancienne, qui replace Witchcraft dans son univers.

Ecouter des extraits…



Chronique   

Kadavar – I Just Want To Be A Sound


Changement de look, membre supplémentaire, disparition du logo, pochette ultra colorée… A croire qu’on a affaire à un autre groupe, homonyme du trio berlinois. Mais ceux qui le suivent devraient commencer à le savoir, Kadavar n’a jamais tellement aimé la stagnation, et c’est précisément tout ce que n’est pas I Just Want To Be A Sound : pas deux des dix chansons qui le composent ne se ressemblent. Ceux qui ont été pris de frayeur à l’écoute de la pop sucrée et radieuse du titre éponyme et premier single dévoilé feraient bien de ranger leurs craintes et idées reçues au placard, sait-on jamais, ils pourraient être agréablement surpris.

Que ce soit l’ajout de synthétiseurs à partir de Rough Time (2017), l’expérience live des Cosmic Riders Of The Black Sun (2019), l’album de pandémie The Isolation Tapes (2020) ou celui collaboratif avec Elder (Eldovar, 2021), tout mène à ce nouvel album où le groupe assume pleinement ses désirs d’ouverture, tout en conservant sa patte organique, cette fuzz rock caractéristique et ses sonorités psyché. Kadavar ne se trahit pas, au contraire, il suit son instinct là où il veut bien l’emmener, flânant d’inspiration en inspiration, s’essayant à différents processus pour différents résultats. Le voyage produit est pittoresque et bigarré, mais étonnamment cohérent. On se laisse porter par la gravité accrocheuse d’« Hysteria » (qui ne partage pas seulement son titre avec Muse), les percussions tribales sautillantes de « Regeneration » ou la délicatesse de « Let Me Be A Shadow » dont le refrain résonne dans notre tête jusqu’à l’ivresse. C’est même un drap d’onirisme que revêt le vaporeux « Sunday Morning », nous rendant quasi groggy jusqu’à sa montée en puissance, sorte de rampe de lancement pour le rock n’ roll punky de « Scar On My Guitar ». On pense au trip hop d’Unkle sur « Strange Thoughts », aux Beatles sur « Truth », à Pink Floyd sur « Star », et un peu tout en même temps sur l’inclassable « Until The End » qui clôt le disque sur un roulement de batterie tapageur. Le travail créatif est autant dans la richesse sonore que dans la composition, manifestation de l’ajout du quatrième membre, Jascha Kreft, aux claviers et à la guitare, et de Christoph « Lupus » Lindemann qui module plus que jamais sa voix. I Just Want To Be A Sound est le reflet de la vie, ou tout du moins celle du désormais quatuor : changeant et aspirant à la liberté. Fascinant.

Ecouter des extraits…



Chronique   

Novelists – CODA


Engagé dans un processus d’évolution dont les prémices semblaient tout juste esquissées avec l’album Déjà Vu, Novelists a malheureusement été confronté au départ de son récent chanteur Tobias Rische. En intégrant la chanteuse Camille Contreras, le groupe parisien joue la carte audacieuse de poursuivre encore plus franchement sa mue vers des horizons plus mélodiques. Sans renier ses racines, Novelists propose avec CODA la quintessence de son approche artistique, équilibre délicat entre technicité et profondeur émotionnelle.

Novelists a muté. Si la musique du groupe est aujourd’hui très différente de leurs travaux initiaux, le parcours est logique et cohérent. CODA est sans conteste leur œuvre la plus accessible. Camille Contreras ne cherche à aucun moment à se glisser dans la peau de ses prédécesseurs, mais emmène au contraire la formation vers des terrains nouveaux. Son chant sait occasionnellement se montrer explosif et virulent, voire rugueux. Mais cette dernière aime à jouer avec son impressionnante polyvalence, n’hésitant jamais à insuffler des influences résolument pop pour habiller les contrastes taillés avec finesse par les guitaristes Florestan Durand / Pierre Danel. Novelists fait preuve d’un sens de la mélodie désormais prégnant, sans renier ses aspirations progressives. CODA est à ce titre un véritable travail d’orfèvrerie instrumentale. Novelists ne s’épanche jamais dans la complexité démonstrative, la virtuosité des superpositions et enchaînements de guitares s’intégrant harmonieusement à des structures lisibles, intenses et poignantes. L’écriture est riche mais respire, le disque abandonnant partiellement la noirceur que l’on a pu connaître pour s’aventurer vers des envolées plus nostalgiques. CODA est un voyage captivant, quasi cinématographique, ponctué d’ambiances soignées et de retournements inattendus – le morceau djent « Maldición De La Bruja » sur lequel Camille chante en espagnol. En visant au-delà de son registre initial, Novelists prouve qu’il est aujourd’hui bien plus qu’un groupe de metalcore. Exceptionnel.

Ecouter des extraits…



Chronique   

Behemoth – The Shit Ov God


Après plus de trente ans de carrière, le sacro-saint cornu polonais continue de provoquer et de s’en délecter. Preuve en est avec The Shit Ov God, un album sans compromis qui plonge dans l’humanité, la divinité et la rébellion. « The Shadow Elite » balance dès les premières notes un blackened death plus noir encore qu’un café matinal, permettant d’accrocher comme il se doit le cœur et l’oreille de l’auditeur corrompu. Les chansons sont liées par une énergie brute et un mur d’instrumentation massif… que le scream rauque de Nergal n’éprouve aucun mal à percer. L’atmosphère est oppressante, digne d’un conte horrifique. Les mots doux « Eat my flesh, drink my blood, I am the shit of god » sont scandés avec amertume par le leader pour introduire le titre éponyme, bien plus percutant dans le contexte de l’album qu’en single, et font écho à une brutalité libératrice, cathartique. Inferno, solidement installé derrière ses fûts, mène la charge, précis et implacable, allant jusqu’à s’approprier certains passages. Les lignes de basse d’Orion ajoutent de la profondeur à l’ensemble, sachant se mettre en retrait lorsqu’il le faut.

L’album, bien que court, dilate le temps et est une expérience en soi. Des titres tels que « Lvciferaeon » et « To Drown The Svn In Wine » entremêlent riffs abrasifs de guitares torturées et tempos changeants, mais tandis qu’un échange de solos mélodiques vient ponctuer la fournaise du premier, des influences littéraires, à coups d’extraits de Walt Whitman, se glissent dans le second, renforçant l’idée de clair-obscur poétique. « Avgvr (The Dread Vvltvre) » incarne le rôle de clôture avec l’effet d’un « O Father O Satan O Sun! » sur The Satanist – en plus corrosif –, un cachet d’épouvante conféré par des voix féminines et un surprenant fade-out acoustique final. The Shit Ov God est un concentré de puissance, d’agression et de réflexion, où le groupe ne fait aucune concession. Un album sans grande subtilité, mais d’une efficacité redoutable. Behemoth enfonce le clou là où ça fait mal.

Ecouter des extraits…



Chronique   

Tetrarch – The Ugly Side Of Me


Tetrarch fait du néo-metal et l’assume. Alors que le genre a été éclipsé par le metalcore, le quartet d’Atlanta semble tout droit échappé des 90’s. Un constat d’autant plus surprenant que ce dernier jouait initialement sur un terrain proche de Trivium, avant d’accéder à une reconnaissance tardive avec Unstable (2021, Napalm Records), véritable lettre d’amour aux parrains du mouvement, Korn en tête de liste. La suite se sera fait attendre. Elle enfonce le clou avec brio.

Avec moins de trente-cinq minutes au compteur, The Ugly Side Of Me laisse peu de place au doute : Tetrarch reste sur les rails qu’il a posés avec ses précédents travaux. Le groupe reste dans un néo pur jus, assez formaté et accessible. Les codes sont repris avec rigueur, quitte à afficher quelques inévitables poncifs. Les grattes sont sous-accordées à l’extrême, les structures simples, et l’ensemble repose majoritairement sur la force des refrains. Il émane de ce troisième disque un certain mal-être post-adolescent, le quatuor jouant en permanence sur les ambiances torturées et la lourdeur de la production. Tetrarch ne révolutionne rien, et ce n’est finalement pas plus mal. On est ici dans une zone de confort, un espace rassurant où la nostalgie peut exploser librement. D’autant plus que The Ugly Side Of Me est extrêmement bien composé. Chaque morceau est un hit-single en puissance, habillé de lignes vocales mélodiques habiles ainsi que d’un irrésistible sens du groove. Les Ricains vont à l’essentiel, mais ne font pas pour autant du sur-place. L’écriture s’est affinée et témoigne d’une technicité plus franche que les locomotives d’antan. La guitariste Diamond Rowe aligne de nombreuses envolées leads courtes mais bien intégrées, et se risque même à prendre temporairement le chant principal sur le morceau « Never Again (Parasite) ». Tetrarch signe une petite perle d’efficacité et de dynamisme, qui pourra aussi bien convaincre les nouvelles générations en déroulant un son très catchy que les plus anciennes par son approche fidèle aux racines du néo.

Ecouter des extraits…

Chronique   

Annisokay – Abyss Part. II


La scène post-hardcore a vu éclore quelques groupes aux noms particulièrement ridicules. Annisokay – une référence au refrain du morceau « Smooth Criminal » de Jackson – s’inscrit dans cette vague de patronymes douteux, mais a toujours abordé sa musique avec sérieux, laissant les délires crabcore et les maquillages outranciers à d’autres. En résulte aujourd’hui une discographie solide, et ce malgré le changement délicat de l’un de ses chanteurs en 2019. Si l’arrivée de Rudi Schwarzer aux screams s’était soldée par la sortie rapide de l’album Aurora, les Allemands ont pris leur temps pour leur projet suivant, Abyss, décliné sous la forme de deux EP.

Abyss Part. II rassemble donc des morceaux écrits ces deux dernières années, titres sur lesquels le compositeur-guitariste-chanteur Christoph Wieczorek occupe une position désormais hégémonique. Unique rescapé du line-up originel, le musicien grappille à chaque sortie un peu plus d’espace de chant clair. Les mélodies léchées ont toujours fait partie de l’ADN du groupe, mais ce dernier n’hésite plus à expurger totalement certains passages de saturation. Les refrains atmosphériques et les bidouillages samplés gagnent du terrain – le mélancolique « Into The Gray » – pendant que les riffs restent tapis en arrière-plan, dans l’ombre. Ils finissent inévitablement par exploser, le quatuor évitant les digressions émo-popisantes trop hors sujet, contrairement à certains anciens travaux. Il accentue les contrastes de sa musique tout en imposant même avec cet EP une ligne plus noire et agressive que par le passé. Schwarzer fait preuve d’une viscéralité grandissante dans ses vocaux, expérimentant à l’occasion des lignes mi-rapcore mi-saturées qui renforcent l’atmosphère sombre des morceaux (le massif « Get Your Sh!t Together »). Annisokay n’a pas revu sa formule en profondeur : il reste dans une veine metalcore easy-listenning et ultra-mélodique. Ramassée sur un format court, cette nouvelle production des Allemands présente une intensité émotionnelle palpable et percutante.

Ecouter des extraits…

  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
    previous arrow
    next arrow
     
  • 1/3