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Seth – La France Des Maudits


C’est un jour peu commun, le 14 juillet, que la formation française a choisi pour dévoiler sa septième œuvre, La France Des Maudits. Assez rapidement, on constate que celle-ci s’inscrit dans la continuité de La Morsure Du Christ, qui établissait un retour aux sources du black metal, avec une identité musicale très atmosphérique. Les morceaux sont, cette fois-ci, saupoudrés d’ambiances quasi années 80 au moyen de claviers travaillés et de ponts à base de guitares claires habilement introduits. L’ensemble s’adresse aux maudits, ces personnes qui récupèreront le pouvoir après avoir été rejetées en parias. C’est d’ailleurs ce qu’exprime avec force « Et Que Vive Le Diable ! » au travers de son texte libérateur poussant à l’acceptation de son soi intérieur. Les titres chantés en français avec une certaine intensité dans la diction narrative font écho à l’hommage que le chanteur Saint Vincent a souhaité porter à Baudelaire (la phrase « tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or » dans la prenante « Paris Des Maléfices »). Nouveauté à l’écoute : « Dans Mon Cœur Un Poignard », la seule chanson de la sorte depuis 1998, aux riffs et tempo lents qui viennent appuyer cette sensation de ralenti dans l’émotion et ancrer la force du propos. La présence d’une instrumentale, « Marianne », au milieu vient conforter cette impression de technicité et de travail maîtrisé ressentie tout au long de l’écoute.

Avec cet album fort en symbolique, Seth nous emporte dans une phase plus épique de sa discographie. La France Des Maudits se présente comme une sorte d’évangile du black metal, puisant dans la symbolique de la Révolution française et contant la suite de l’album de 2021. La sulfureuse formation présente ainsi un tableau qui se dresse sur les cendres de Notre-Dame et incarnerait cette nouvelle ère qui succède à la chute (supposée) de l’Eglise catholique. Un album qui dispose de bons atouts pour se placer parmi les classiques du genre, tout en offrant une facilité d’écoute qu’apprécieront les nouveaux venus.

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Blues Pills – Birthday


Si la Suède n’a pas à rougir de la richesse de sa scène nationale – et Blues Pills ne déroge pas à la règle –, il conviendra néanmoins d’admettre que la bande d’Elin Larsson et Zack Anderson marche davantage dans les pas pop et colorés d’un Abba que dans ceux plus heavy metal d’un Sabaton ou Arch Enemy. Mais qu’importe la filiation après tout, pourvu que la qualité soit au rendez-vous. Entre guitares grasses et bluesy et refrains forts et lumineux, les Suédois continuent de déployer leurs énergies furieusement vintages, quoiqu’actualisées – notamment grâce à un son aussi clair qu’organique –, à travers ce quatrième album à la très fière allure. Et ce n’est pas des titres tels que la solaire et réjouissante « What Has This Life Done To You », les frénétiques et revigorantes « Don’t You Love It », « Bad Choice », « Holding Me Back » ou encore « Birthday », qui donne son titre à l’album, qui viendront attester du contraire.

Définitivement résolus à s’affranchir des attentes parfois trop contraignantes d’un public fidèle mais exigeant, nos « pilules de blues » (mouais…) ont pris la liberté de faire ce qu’ils avaient envie de faire, accouchant alors d’un délicieux compromis entre le charme du rétro et l’audace de la modernité (les effets sur la voix du groovy « Piggyback Ride »). Quand le early Black Sabbath rencontre le coquet lyrisme de Kate Bush sur fond de bucolisme americano-scandinave, l’auditeur n’a alors d’autre choix que de se laisser porter par la fraîcheur de ces nouveaux titres et leurs accroches entêtantes, à déguster sous toutes ses formes ! Nul doute que la magie opérera encore de façon redoutable sur scène, à l’instar de leur dernier passage au Hellfest en juin dernier (le groupe avait alors rejoint la programmation à la dernière minute, en remplacement de Heart). Le blues-rock psyché semble encore avoir de beaux jours ensoleillés devant lui !

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Ghost – Rite Here, Rite Now


Album live ou bande originale de long métrage (paru en juin dernier dans les cinémas mondiaux), Rite Here, Rite Now est les deux à la fois. Enregistré lors de concerts à guichets fermés du Re-Imperatour à Los Angeles les 11 et 12 septembre 2023, il est avant tout le témoignage de la montée phénoménale d’un groupe qui fait désormais partie des hautes sphères du rock et du metal.

Dès le début de l’intro, « Imperium », puis l’explosion qui retentit en début de « Kaisarion », on sent le public en effervescence. On est directement propulsé au beau milieu des près de dix-huit mille places que compte le Kia Forum, face à un spectacle plus grand que nature. Le public, justement, ne se contient pas et chante tout au long aux côtés des Ghoulettes et d’un maître de cérémonie en forme olympique. Pas besoin de l’image : l’énergie transparaît rien que dans le son et le film prend vie dans notre tête. Ghost fait ce qu’il sait faire de mieux : enchaîner tubes et entraîner à coup de riffs tantôt efficaces, tantôt plus techniques, assurés par les Ghouls dans une variété de tempos et de styles – la setlist montre que le côté touche-à-tout de Tobias Forge est une force, empêchant tout ennui de s’installer. « Rats », « Cirice », « Dance Macabre », l’instrumentale « Miasma » avec son fameux solo de saxophone, et même la reprise « If You Have Ghosts » en version acoustique au violoncelle, piano et vocalises lyriques (avec un discours solennel sur la vie en prime), tout y passe… ou pas vraiment, en fait : le choix a été fait de centrer la sélection autour des deux derniers albums et d’omettre les deux premiers (certains de leurs morceaux ont pourtant été joués). Une manière de créer un complément à Ceremony And Devotion ? C’est « Square Hammer » qui clôt les festivités, avec les paroles « Right here, right now » en écho au titre. Reste un bonus : la chanson studio « The Future Is A Foreign Land » aux sonorités très vintage et présentée comme écrite en 1969 par Papa Nihil lui-même. Un générique de fin certes sympathique, mais plus anecdotique.

Pas exactement un best of live, Rite Here, Rite Now est avant tout une immersion complète dans ce qu’est Ghost aujourd’hui, c’est-à-dire une grosse machine bien huilée. On en prend plein les oreilles. Le talent de Forge nous saute à la figure. Son succès devient une évidence. Même si certains continueront à regretter une époque où les shows étaient plus modestes, à taille plus humaine, plus « occultes » et moins « grand public »…

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Powerwolf – Wake Up The Wicked


L’an dernier, Powerwolf célébrait ses vingt ans de carrière et depuis 2013, il n’y a pas une année durant laquelle la formation n’a rien sorti. Cet été, le groupe continue sur cette lancée, en présentant Wake Up The Wicked, album pour lequel il est resté assez mystérieux et a dévoilé peu de détails. Peut-être parce que, maintenant, on sait à quoi s’attendre ?

Ce n’est pas nouveau, Powerwolf aime s’inspirer d’histoires et de mythes autour de loups-garous et de la religion, et cette nouvelle œuvre suit fidèlement sa lignée à cet égard. Musicalement, le quintet a su garder son style immédiatement identifiable, tout en poussant certaines limites et en poursuivant la démarche des deux précédents opus, qui consistait à injecter juste ce qu’il faut de variété – un peu mais pas trop. C’est ainsi que « Heretic Hunters », avec son côté folk celtique, « Thunderpriest » qui flirte avec les codes du speed metal scandinave ou les chœurs d’enfants de « We Don’t Wanna Be No Saints » apportent un brin de surprise à l’écoute. Le disque prend surtout la forme d’un récit mélodieux, et ce dès l’entame « Bless’ Em With The Blade » et avec des chansons aux refrains entêtants et fédérateurs, à l’image du single « 1589 », qui regroupent de manière romanesque les codes de la formation : la voix théâtrale d’Attila, un Falk Maria Schlegel qui appuie l’effet épique des titres via son jeu d’orgue intense et, évidemment, un duo guitaristique, assuré par les « frères » Greywolf, efficace quoique parfois un peu noyé dans l’opulence des arrangements. Notons que les femmes trouvent aussi leur place dans le récit, avec « Joan Of Arc » et « Kyrie Klitorem » (sorte de réponse à « Resurrection By Erection ») qui manient habilement le jeu entre péché et bon chrétien.

Pas de doute, Wake Up The Wicked s’écoute avec plaisir et fait voyager avec un sentiment d’héroïsme divertissant voire drolatique à travers des aventures historiques et religieuses. Powerwolf reste dans ses clous. Les réflexes artistiques, source de redondance, pourraient lasser ; heureusement, un effort a été fait pour apporter quelques éléments rafraîchissants et ne pas (trop) tomber dans la redite. Dans tous les cas, le groupe n’a pas encore perdu la main quand il s’agit de façonner des hits heavy metal prêts à être scandés en live !

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Deep Purple – =1


Avec le récent départ de l’un de ses membres phares pendant près de trente ans (Steve Morse himself), Deep Purple s’est vu rentrer dans une nouvelle ère, la neuvième de son existence, baptisée comme le veut la tradition « Mark IX ». L’occasion pour les vétérans hard rockeurs d’annoncer leur vingt-troisième album studio, sobrement intitulé =1. Un titre qui, selon le groupe, « symbolise l’idée que dans un monde de plus en plus complexe, tout finit par se simplifier en une essence unique et unifiée. Tout est égal à un. » Bon, admettons. Crise de spiritualité aiguë ou petite liberté mathématique ? Force est quoi qu’il en soit d’admettre que le pourpre en a encore sous la pédale.

Pour son premier opus avec Simon McBride à la six-cordes, le combo Paice, Gillan, Glover & Airey frappe fort et régale d’une série d’hymnes hard, mêlant grosses guitares et nappes de synthétiseurs à des refrains diablement mélodiques ; une recette efficiente en somme et reconnaissable entre mille. Citons, à titre d’exemples, le titre d’ouverture « Show me », terrain de combat épique entre un McBride et un Airey survoltés, les virulents et frénétiques – selon les standards actuels du groupe, évidemment – « A Bit On The Side », « Now You’re Talking » et « Portable Door » avec leurs soli des plus réjouissants, l’allure redoutable et solaire d’un « Pictures Of You » ou enfin les élans plus progressifs de l’ultime « Bleeding Obvious »… Entre l’énergie, la virtuosité et la passion somme toute intacte : le contrat semble définitivement respecté ! Alors oui, évidemment, on est et on reste loin des grandes heures du groupe et de ses énormes standards, devenus cultes. Après tout, qui peut s’enorgueillir d’avoir réussi à (réellement) reproduire voire dépasser ses exploits passés, quand la barre a d’emblée été mise si haut, et ce plus de cinquante ans après ? Mais hors de question, finalement, de détrôner « Highway Star », « Child In Time » ou même « Smoke On The Water » et c’est tant mieux. Elles sont déjà parfaites et il serait obscène de (vouloir) faire mieux.

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Pallbearer – Mind Burns Alive


Les Américains de Pallbearer ont fait du chemin depuis Sorrow and Extinction, sorti en 2012. Si le doom traditionnel dans la droite lignée de Warning voire Candlemass de leurs débuts irrigue toute leur discographie, il s’est au fil du temps étoffé, allégé et enrichi d’indie (un peu) et de rock progressif à la Rush (beaucoup). Après un Heartless très progressif justement, le groupe était revenu avec Forgotten Days à une formule plus dense : avec Mind Burns Alive, son cinquième opus, Pallbearer s’appuie sur la solidité et la variété de ses acquis pour s’aventurer plus avant…

Et c’est largement hors du doom et même du metal que s’étendent les territoires explorés par les musiciens au long de ce nouvel album, du délicat « Where The Light Fades » à l’élégant solo de saxophone d’« Endless Place ». Autour de montées en intensité portées par des guitares vrombissantes et mélancoliques, exercice dans lequel le groupe est passé maître et où sa patte est immédiatement reconnaissable, les morceaux se déploient en clair-obscur, entre fragilité et débordements d’émotion, souvent dans un même mouvement d’élévation. La production apporte clarté et naturel à l’ensemble et fait la part belle à la voix de Brett Campbell, vulnérable et touchante, parti pris qui met en valeur tout ce que l’album a d’emo (« Daybreak »), d’indie à la Low (« Signals »), ce petit quelque chose années 1990 qui rappelle le parcours de groupes comme Paradise Lost ou Anathema, ces pionniers de la transmutation de la lourdeur sonore en gravité émotionnelle, et qui pourrait bien laisser sur leur faim ceux qui étaient attachés à la puissance et à la dimension des riffs des premiers efforts de Pallbearer. « Je crois que la vraie ‘heaviness’ vient du poids émotionnel, et parfois le matraquage brutal n’est pas la meilleure manière de transmettre une émotion », explique en effet Campbell : Mind Burns Alive est la défense et l’illustration de ce principe par des musiciens à la sensibilité assumée et en pleine possession de leurs moyens.

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Mr. Big – Ten


Mr. Big a marqué les années 90 de son empreinte. Alors que le grunge était légion, Eric Martin, Paul Gilbert, Billy Sheehan et le regretté Pat Torpey ont porté l’étendard de la résistance en continuant à produire leur hard rock mélodique. En 2023, après trente-cinq ans de carrière, le quatuor se lance dans The Big Finish Tour, sillonnant les routes du monde pour une tournée finale. Mais il ne pouvait partir sans un dernier cadeau aux fans de longue date. C’est dans ce contexte qu’a été créé ce dixième album. Également bâti comme un dernier hommage à leur défunt batteur, il met cette fois-ci en avant – après l’intérim de Matt Star – les talents du progueux Nick D’Virgilio derrière les fûts. Les quatre musiciens ont donné toute leur énergie afin de rallumer une dernière fois ensemble la flamme qui brûle dans leurs cœurs de rockeurs.

Si la production est claire et impeccable, Ten risque d’en laisser certains sur leur faim : Mr. Big fait du Mr. Big, sans surprise, sans coup d’éclat. D’autres, les plus fidèles, prendront tout de même plaisir à retrouver ce bon gros rock originel, avec ce petit grain de folie dans le jeu émanant d’une virtuosité à peine dissimulée, qui a fait la renommée du groupe. « Right Outta Here » est sans doute le titre le plus parlant, avec son intro psyché orientalisante et une rythmique malicieuse servie à la sauce Gilbert. S’enchaînent un « Good Luck Trying » très jazzy, presque swing, « Sunday Morning Kinda Girl » chaleureux et sautillant, « Courageous » et « Up On You » au groove bluesy appuyé ; sans oublier la ballade « The Frame », qui rappelle toute la sensibilité musicale du quatuor, à défaut de rester en tête à la manière d’un « To Be With You ». Des chansons telles que « I Am You » et « As Good As It Gets », plus modernes et légères, prennent quant à elles des directions plus pop que rock. Mr. Big n’a peut-être pas ressorti la machine à tubes pour ce dernier disque, mais il consolera sans peine les fans grâce à la bonne humeur qu’il véhicule.

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Uncle Acid & The Deadbeats – Nell’ Ora Blu


Parmi la nuée de groupes retro 70s qui ont émergé autour de 2010, les Anglais d’Uncle Acid & The Deadbeats se sont immédiatement démarqués en parvenant comme personne à tenir la ligne de crête entre anachronisme revendiqué et distance post-moderne avec leur musique à la fois révérencieuse et pleine de pastiches et de clins d’œil. Truffés de riffs vintage, d’atmosphères psychédéliques et surtout de mélodies imparables, chacun de leurs albums, du désormais classique Bloodlust au plus récent Wasteland, déclinait avec ingéniosité, un sens de l’ambiance presque cinématographique et pas mal de malice un passé à la fois invoqué, copié et fantasmé. Avec son sixième opus, Nell’ Ora Blu, le groupe nous mène de cet environnement bien connu à des territoires inexplorés…

Car on est bien en peine de classer cet album atypique et ambitieux, qui tient autant du film audio que de l’album concept voire de la tentative de nécromancie d’une époque révolue : avec son format plus proche du cinéma que du rock (une bonne heure et quart, intrigue écrite pour l’occasion, dialogues et titres en italien), il pourra décontenancer ceux qui aiment Uncle Acid pour son sens de l’accroche. En revanche, les amateurs de leur univers seront servis : hommage affiché aux giallos et autres films policiers italiens des années 1970, il incorpore aux échos de Black Sabbath ou de The Doors habituels une infinité d’allusions à Ennio Morricone, Goblin ou Stelvio Cipriani. Kevin Starrs, la tête pensante du groupe, tisse au fil du disque un canevas de passages narratifs (interprétés par un casting de stars de l’époque dont l’inoubliable Edwige Fenech), musiques d’ambiance et véritables chansons qui s’enchaînent avec une fluidité bluffante. Au-delà du plaisir de connivence, qui peut rappeler celui de films récents comme ceux d’Hélène Cattet et Bruno Forzani, Nell’ Ora Blu est l’aboutissement logique de la démarche du groupe : comme l’heure bleue de son titre, c’est un moment liminal, unique et plein de charme où nostalgie et créativité se nourrissent mutuellement au lieu de s’épuiser.

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Kissin’ Dynamite – Back With A Bang!


C’est en mars 2024 qu’Hannes Braun, arborant sa double casquette de chanteur et de producteur, a fait l’annonce du retour de Kissin’ Dynamite – bien que le groupe ne se soit jamais vraiment retiré de la scène, Not The End Of The Road étant sorti en 2022. En réalité, en présentant son huitième album, Back With A Bang!, la formation allemande a pour ambition de raviver la flamme du rock de stade dans sa forme la plus pure.

Concernant le thème explosif, tout y est : entre le titre de l’album, le bâton de dynamite sur la pochette et la chanson éponyme qui ouvre les hostilités, c’est une décharge d’énergie et de jovialité qui prend l’auditeur dès le début de l’écoute. L’écriture a manifestement amené les musiciens dans une introspection personnelle sur leur propre histoire, revenant sur les hauts et les bas d’un groupe formé au lycée et en qui personne ne croyait. Ce périple est raconté dans « Raise Your Glass », une chanson pleine de chaleur et de vivacité. Car leur idée est aussi de tirer du positif de leur expérience et de le partager. C’est ce qui transparaît immédiatement dans les refrains aussi joviaux et fédérateurs qu’entêtants de Back With A Bang!. L’ensemble fait preuve d’un grand dynamisme, avec des riffs simples mais puissants et des textes habilement choisis pour leur côté percutant. Le revers de la médaille est une certaine redondance qui peut lasser sur la longueur, malgré quelques variations de tempos. « My Monster » présente une nouveauté chez la formation : une rupture amenant vers un riff heavy propice au headbang et contribuant à une touche de modernité bienvenue. En contrepartie, « Queen Of The Night » ou « The Devil Is A Woman » démontrent que les marqueurs typiques du genre sont respectés, comme un bond dans les années 80, la production contemporaine en plus. L’ensemble se conclut par la ballade tonique « Not A Wise Man » qui pousse à la réflexion avec ses paroles pleines de remise en question.

Back With A Bang! n’est pas un album qui surprendra. Il est exactement ce que l’on attend d’une nouvelle sortie de Kissin’ Dynamite. On imagine facilement ces douze titres joués dans un stade, repris en chœur par un public électrique, à l’image du groupe qui souhaite faire perdurer le genre. Douze titres qui trouveront facilement leur place dans une playlist en vue de remonter le moral !

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Sumac – The Healer



Quatre pistes, soixante-seize minutes. Cet aspect suffirait à donner des sueurs froides à certains. Tâchons de les rassurer : ce n’est pas une fin mais bien un moyen. Un moyen d’explorer expansions et compressions, dégradations et reconstruction, incarnant pour Sumac (trio comprenant le chanteur-guitariste du regretté Isis et le bassiste de Russian Circles) notre capacité à nous renforcer après les affronts.

Les entrailles de la Terre nous appellent ; le son est tellurique, à l’image du puissant mastic qu’est sa basse primordiale. Une batterie tumultueuse orne des pans drone doom à la Boris. Les titres refusent de mourir ; on assiste au désespoir d’une bête chassée, capable d’enchaîner un genre de funeral doom, des arpèges pensifs venant s’abîmer dans une masse aqueuse, ou des fulgurances expérimentales. Le growl jaillit des tripes et du cœur ; une poignée de plaintes aiguës évoquent un coyote qui aurait épuisé son énergie pour s’extirper des enfers. Tout n’est pas noir : des accords cachent un filin de lumière, et des pirouettes mélodiques surgissent. Sumac s’invente aussi une sorte de blues : « The Stone’s Turn » présente une section intimiste dont une transe free jazz finit par s’emparer. De tempétueux solos se délitent jusqu’au bruit blanc ; guitare et basse se débattent tels des avions valsant vers le sol, mêlant adversité et mansuétude. Il y a chez Sumac une technicité qui fleurit dans l’étrangeté, des modes de jeu atypiques se déclinant à chaque mouvement. Des virages de The Healer feront hausser le sourcil, mais c’est sa manière de célébrer notre existence à tous.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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