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Chronique   

Sumac & Moor Mother – The Film


Ah, l’expérimentation ! Un jeu d’équilibriste : déconstruire ce qu’on pensait savoir de la musique tout en veillant à ce que le résultat reste considérable comme tel. L’activiste-poétesse Moor Mother et la bande à Aaron Turner ont compris qu’en la matière, l’union fait la force. Moor Mother, c’est une voix qui accapare l’attention. Des effets et échos nous assaillent comme si on perdait la raison. The Film apparaît comme un acte de survie, une fuite dans une foule dense qui, cruelle par son indifférence ou son ignorance, nous entrave. La prosodie n’adhère complètement aux standards ni du hip-hop ni du spoken word. Répétitions et variations graduelles forment un discours en spirale dont les hésitations font partie intégrante. Moor Mother égrène les mots, enchaîne les « punchlines ». Le spectre du Lulu de Metallica et Lou Reed rôde ; The Film décontenance toutefois moins, eu égard à son terreau avant-gardiste. Moor Mother proposait des harangues similaires sur le free jazz d’Irreversible Entanglements, qui apparaît aujourd’hui comme « fun » par comparaison.

Entre improvisation et drone, de grandes portions se passent de notions rythmiques évidentes, et quand un rythme se décide à sortir de la grotte, il est pachydermique. Le sludge de Sumac, avec ses growls marécageux, y contribue. La batterie s’agite tel un fauve contre les barreaux d’une cage. The Film retient d’autant plus l’attention par ses silences menaçants et quelques passages aériens. Le découpage surprend : « Scene 2: The Run » évoque ces pastilles multicolores qui gèrent quarante étapes du lavage de vaisselle. « Scene 5: Breathing Fire » se lâche momentanément, produisant une sorte de néo-post-metal, et fait regretter que ça n’ait pas été l’approche centrale – mais cela aurait été trop « facile ». Il n’y a en The Film rien d’excessivement délibéré pour le rendre inclassable, mais rien non plus qui aide à le cataloguer. Certains voudront creuser à n’en plus finir ; d’autres lâcheront au bout de trente secondes : imposée à un quidam cueilli dans la rue, « Camera » passerait pour un supplice.

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News Express   

SUMAC dévoile la nouvelle chanson « Scene 4 »


Le groupe de sludge américain SUMAC sortira un album collaboratif avec la poétesse américaine Moor Mother, intitulé The Film, le 25 avril 2025 via Thtill Jockey. En savoir plus …



Interview   

Sumac : soigner par la création


On ne présente plus Aaron Turner, pape du post-metal depuis la création, en 1997, du groupe Isis, pionnier qui aura donné parmi ses plus belles œuvres au genre. C’est avec le trio Sumac qu’il poursuit depuis 2014 son exploration d’un univers singulier, pouvant paraître abstrait (à l’image des pochettes d’album), à la fois voyage intérieur et quête de résonance avec le réel.

« Incarner la profondeur de l’expérience humaine, cherchant à refléter l’endurance de l’humanité face aux ‘défis mortels et spirituels’, qui, d’un autre côté, confèrent une plus grande capacité de compréhension, d’empathie et d’amour. » C’est par ces mots que le groupe décrit The Healer, cinquième album paru l’an dernier. Et c’est pour évoquer celui-ci et plus généralement les rouages artistiques qui font de Sumac une entité aussi à part que nous avons saisi l’occasion d’échanger avec Turner – qui se prépare par ailleurs à sortir en avril prochain un album collaboratif avec la poétesse américaine Moor Mother.

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News Express   

SUMAC : les détails du nouvel album collaboratif The Film ; chanson « Scene 1 » en écoute


Le groupe de sludge américain SUMAC sortira un album collaboratif avec la poétesse américaine Moor Mother, intitulé The Film, le 25 avril 2025 via Thtill Jockey. En savoir plus …



Chronique   

Sumac – The Healer



Quatre pistes, soixante-seize minutes. Cet aspect suffirait à donner des sueurs froides à certains. Tâchons de les rassurer : ce n’est pas une fin mais bien un moyen. Un moyen d’explorer expansions et compressions, dégradations et reconstruction, incarnant pour Sumac (trio comprenant le chanteur-guitariste du regretté Isis et le bassiste de Russian Circles) notre capacité à nous renforcer après les affronts.

Les entrailles de la Terre nous appellent ; le son est tellurique, à l’image du puissant mastic qu’est sa basse primordiale. Une batterie tumultueuse orne des pans drone doom à la Boris. Les titres refusent de mourir ; on assiste au désespoir d’une bête chassée, capable d’enchaîner un genre de funeral doom, des arpèges pensifs venant s’abîmer dans une masse aqueuse, ou des fulgurances expérimentales. Le growl jaillit des tripes et du cœur ; une poignée de plaintes aiguës évoquent un coyote qui aurait épuisé son énergie pour s’extirper des enfers. Tout n’est pas noir : des accords cachent un filin de lumière, et des pirouettes mélodiques surgissent. Sumac s’invente aussi une sorte de blues : « The Stone’s Turn » présente une section intimiste dont une transe free jazz finit par s’emparer. De tempétueux solos se délitent jusqu’au bruit blanc ; guitare et basse se débattent tels des avions valsant vers le sol, mêlant adversité et mansuétude. Il y a chez Sumac une technicité qui fleurit dans l’étrangeté, des modes de jeu atypiques se déclinant à chaque mouvement. Des virages de The Healer feront hausser le sourcil, mais c’est sa manière de célébrer notre existence à tous.

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News Express   

SUMAC : les détails du nouvel album The Healer ; chanson « Yellow Dawn » en écoute


Le groupe de post-metal SUMAC sortira son nouvel album, intitulé The Healer, le 21 juin 2024 via Thrill Jockey Records. En savoir plus …



Interview   

Sumac et son message de vie


Résolument affranchi de toutes les conventions en matière de structure musicale, Sumac livre avec May You Be Held l’album le plus risqué et radical de sa discographie actuelle. Car si l’ADN sonore massif et implacable du trio américain demeure, force est de constater que Aaron Turner explore plus profondément les méandres de l’improvisation et des mouvements bruitistes spontanés qui avaient seulement été sporadiquement évoqués auparavant. Il en résulte un album particulièrement exigeant pour l’auditeur. Exigeant car il implique d’abandonner ses attentes, ses repères, et de se livrer à une forme d’« écoute aveugle » exclusivement focalisée sur l’instant, sans présumer de la suite.

L’ancien membre d’Isis nous partage ainsi sa mise en perspective et son ressenti vis-à-vis d’un album « déconstruit », plus proche de la réalité de la vie et qui fait particulièrement écho au contexte international contemporain, la musique lui servant d’outil pour se comprendre, se guider dans le monde et se guérir.

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Chronique Focus   

Sumac – May You Be Held


Sumac est peut-être l’un des groupes les plus extrêmes de la scène actuelle. Pas nécessairement par la violence de sa musique, mais son parti pris. Le trio est l’expression instinctive de son créateur Aaron Turner, bien connu des amateurs d’Isis. Sumac n’a pas conservé énormément de choses de la dernière période d’Isis, bien loin des plages mélodiques lumineuses et des moments de grâce. Sumac est froid, austère, inhospitalier et difficilement abordable. Depuis The Deal (2015), Aaron Turner, Nick Yacyshyn et Brian Cook (Russian Circles) ne cessent d’appuyer les traits les plus expérimentaux de la formule, quitte à décontenancer à l’instar du live au Hellfest 2019 qui en a fait fuir plus d’un lorsqu’il en exaltait d’autres. May You Be Held est aujourd’hui l’aboutissement d’un rapport à la musique primale, loin des conventions qui nous rassurent. Il ne s’écoute pas pour le plaisir, il veut nous étreindre à sa manière.

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News Express   

SUMAC dévoile la nouvelle chanson « May You Be Held »


SUMAC sortira son nouvel album, intitulé May You Be Held, le 18 septembre 2020 via Thrill Jockey Records/Daymare Recordings. En savoir plus …



News Express   

SUMAC : les détails du nouvel album May You Be Held


SUMAC sortira son nouvel album, intitulé May You Be Held, le 18 septembre 2020 via Thrill Jockey Records/Daymare Recordings. En savoir plus …



  • Imminence + Ne Obliviscaris @ Salle Pleyel
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