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Chronique   

The Dead Daisies – Light ’Em Up


Light ’Em Up, septième album studio de The Dead Daisies, entérine le grand retour de John Corabi au sein de la formation. La recette est élémentaire et se résume à du classic hard rock comme ils savent si bien le faire. Dans ce disque produit par le célèbre compositeur-producteur Marti Frederiksen à Nashville, les ingrédients artistiques sont au nombre de trois : énergie rentre-dedans, headbanging et euphorie. Le gang de David Lowy, guitariste et fondateur du groupe, avec ses deux premiers singles, l’éponyme et « I’m Gonna Ride », envoie deux hymnes que n’auraient pas renieré les frères Young. Corabi explique le second ainsi : « Il est axé sur le fait de laisser ses soucis et son stress quotidien derrière soi, de monter sur sa Harley et de la faire monter en puissance. » Un tranquillisant naturel, en somme !

« Times Are Changing » est du pur Dead Daisies. On y retrouve la signature caractéristique d’Aldrich en matière de riff et un refrain on ne peut plus accrocheur. « My Way And The Highway » possède une touche seventies avec des voix doublées et heavy à la Mötley Crüe époque Corabi, justement. La section rythmique impulsée par la paire Devin-Clufetos couplée aux talents des guitaristes est redoutablement rock’ n roll sur « I Wanna Be Your Bitch » – chanson qui relate l’histoire du chanteur avec une femme somptueuse et ensorcelante. Aldrich amène sa touche époque Whitesnake sur « Take My Soul » : les mélanges électriques et acoustiques y ont ce soupçon zeppelinien sur un refrain aussi délicieux que planant. Le chanteur brille particulièrement sur ce titre, tout comme sur le mid-tempo lourd « Back To Zero » et « Take A Long Line » (une reprise de The Angels qui tenait à cœur à Lowy, l’Australien de la bande) grâce aux modulations de son registre vocal bluesy chaud et rocailleux. Avec Light ‘Em Up, les Dead Daisies remplissent leur mission : allumer l’auditeur par la maturité de leur hard rock sans concession. Du bonheur en toute simplicité.

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Wintersun – Time II


Wintersun ou la folie des grandeurs. C’est d’ailleurs à cause de celle-ci qu’il aura fallu huit ans au très attendu Time I pour voir le jour, et sa suite, pas moins de douze. Entre-temps, pour faire patienter les fans, le groupe a mis dans les bacs The Forest Seasons en 2017. La raison d’un tel délai ? Un vertige face à l’ampleur de la tâche, plus importante que ne l’avait prévu le cerveau créatif Jari Mäenpää, ainsi que les contraintes financières. Cela a beau l’avoir mené à une dépression, il n’a pas lâché l’affaire.

L’introduction aux allures cinématographique – de quatre minutes, tout de même – nous emmène d’emblée dans des paysages aux sonorités asiatiques. Tout indique qu’il faudra s’attendre à voyager et à s’en prendre plein les oreilles. Ça ne manque pas, le premier gros morceau, après quelques notes acoustiques, ne tarde pas à faire blaster les enceintes. Batterie et guitares ne s’économisent pas jusqu’à un solo de Teemu Mäntysaari qui fait comprendre pourquoi Dave Mustaine a jeté son dévolu sur lui. Jari s’applique à livrer tout son savoir-faire vocal, évoluant souvent à la frontière entre le poignant et le boursouflé. Evidemment, les arrangements, mi-orchestraux, mi-synthétiques (pas de véritable orchestre et, malheureusement, ça s’entend, sans être non plus gênant) sont omniprésents ; les envolées néoclassiques aussi. On finit les dix minutes de « The Way Of Fire » éreinté par tant d’informations. Wintersun a tout de même eu la bonne idée de renforcer les contrastes. « Ominous Clouds » permet ainsi de souffler à mi-chemin. Tout comme le dernier tiers atmosphérique de la bien nommée « Storm » qui suit un véritable ouragan speed death symphonique et permet de transitionner naturellement vers les colorations pastel printanières et japonisantes de « Silver Leaves ». Si on devait donner une définition du mot « épique » en matière de metal, cet album devrait être mentionné comme exemple de paroxysme. Le revers de la médaille est que tout ceci sonne excessif (certains diraient prétentieux) et parfois un peu fouillis. Et dire que Wintersun est déjà en train de plancher sur pas moins de quatre nouveaux albums annoncés comme étant tout aussi ambitieux, si ce n’est plus…

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Nile – The Underworld Awaits Us All


Il aura mis le temps, mais cinq ans après Vile Nilotic Rites, Karl Sanders rouvre enfin la porte des Enfers. Il faut dire qu’entre-temps, il aura pris un peu de repos avec Saurian Apocalypse, le troisième volet de sa série solo. De quoi le ressourcer et lui redonner soif de brutalité. Et en la matière, avec The Underworld Awaits Us All, on est servi ! En témoigne l’ouverture pachydermique de « Stelae Of Vulture » sur un tapis de roulements de batterie foudroyants qui prépare à la déferlante à venir. L’atmosphère devient vite irrespirable, comme si on était pris dans une tempête de sable : difficile d’y voir clair dans ce tourbillon de blasts beats et de dissonances, tout juste quelques éclaircies permettent de reprendre ses esprits et d’entrevoir le chemin. C’est déjà groggy qu’on entame la suite. Celle-ci sera pourtant sans pitié : « Chapter For Not Being Hung Upside Down » et « To Strike With Secret Fang » enchaînent les tabassages en règle et nous mettent KO sans qu’on ait bien compris ce qui s’est passé.

C’est à un Nile brut de décoffrage qu’on a à faire. Le groupe prend le contrepied d’une scène extrême dont l’hubris n’a de cesse d’enfler à coups d’orchestrations toujours plus envahissantes. Ici rien de tel, en dehors d’un interlude acoustique faisant office de douce parenthèse. Les riffs sont présentés dans leur plus simple appareil et se suffisent à eux-mêmes, à l’image de « Naqada II Enter The Golden Age » qui prend des allures de festival. La technicité déployée en est que plus ostensible et impressionnante. Tout juste a-t-il a été fait appel à des chanteuses de RnB et de gospel pour quelques chœurs. Ça peut ne pas paraître grand-chose, mais ce simple élément non seulement appuie l’imaginaire égyptien, mais apporte aussi ponctuellement fraicheur et exotisme. Il en va de même des trois derniers titres, dont l’instrumental « Lament For The Destruction Of Time », qui prennent un peu plus le temps de poser les ambiances. C’est certain, il faut aimer se perdre dans des tombeaux labyrinthiques, quitte à s’écorcher dans les passages les plus étroits, mais tant qu’on y est préparé, l’expédition en vaut la peine.

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Zeal & Ardor – Greif


Fort d’une popularité médiatique depuis ses débuts, Zeal & Ardor reste un ovni de la scène metal du fait de ses origines et de ses mélanges de styles originaux mais fonctionnels. Friand d’évolution et de nouveauté, Manuel Gagneux a pris la décision de faire participer ses musiciens live à l’enregistrement studio, afin d’« élargir la palette de couleurs avec laquelle [ils peuvent] peindre ». S’ajoutent à cela les premières chansons à trois voix de Zeal & Ardor, et c’est ainsi que la formation présente Greif, un album varié, aux inspirations issues de la culture et des traditions de la Suisse, pays d’origine des membres du groupe.

Lors de l’écoute des quatorze titres, plusieurs influences ressortent : celle de Tool dans « Kilonova » ou de Queens Of The Stone Age dans la groovy « Sugarcoat » sont clairement identifiables. Bien que les fameuses sonorités issues des spirituals afro-américains soient moins présentes – à l’exception de l’expéditive « 369 » – et que l’album ait quelque peu perdu de ses saveurs black metal au profit de teintes nettement plus rock alternatives, la notion de contraste sur l’ensemble reste évidente, amenant son lot de surprises et évitant la redondance. Une chanson telle que « Clawing Out », dont l’agressivité s’installe progressivement, saura même rappeler les origines extrêmes du projet (bien qu’en définitive, on soit ici plus proche du nu metal). Plus que jamais, l’album peut être qualifié d’hybride, à l’image de la formation et du griffon prenant place durant le Vogel Gryff, tradition de Bâle ayant inspiré le titre de l’album. L’œuvre se clôt sur la planante « To My Ilk », une ode de fin à cette œuvre passée par toutes les émotions et dont l’interprétation parolière se veut libre pour chacun. Greif entame un nouveau chapitre dans l’évolution constante qu’est Zeal & Ardor. Si la colère semble être derrière eux, les musiciens proposent ici une œuvre qualitative et travaillée avec une nouvelle approche de groupe prometteuse, tant en studio qu’en live.

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Fleshgod Apocalypse – Opera


Opera est pratiquement ce qu’on peut appeler un miracle. A la suite d’une chute de trente mètres lors d’une séance d’escalade en montagne, Francesco Paoli a littéralement frôlé la mort en 2021. Se réveillant à l’hôpital, subissant une série d’opérations, le chanteur, ex-batteur, ex-guitariste, désormais bassiste de Fleshgod Apocalypse a passé plusieurs mois sans savoir s’il pourrait un jour rejouer de la musique. Une angoisse immense, des questions existentielles, des démons qui se réveillent… Paoli a fait ce qu’aurait sans doute fait tout artiste : exprimer ses tourments. Opera, sixième album des Italiens en référence à l’art lyrique né à Florence, en est le résultat thérapeutique.

Si Fleshgod Apocalypse a toujours joué sur sa fibre théâtrale, exubérante, dramatique, grandiloquente, celle-ci prend cette fois une nouvelle dimension. « Ode To Art (De’ Sepolcri) » introduit l’œuvre dans un crescendo opératique, avec la cantatrice Veronica Bordacchini (qui reprend aussi le rôle du chant clair rock du démissionnaire bassiste Paolo Rossi) en vedette, avant que le groupe ne lâche les chevaux sur « I Can Never Die » : orchestrations dignes d’un blockbuster, chœurs d’opéra, piano virevoltant, batterie qui malmène l’auditeur… Tout cela serait vite indigeste voire suffocant si Fleshgod Apocalypse, dans toute sa démesure, n’avait pas créé une certaine synergie entre les éléments et pris soin de varier les intensités. « Pendulum » s’offre des instants de basse mise à nu. « Matricide 8. 21 » alterne entre accalmies et élancées entraînantes. « Till Death Do Us Part » ralentit considérablement le tempo pour donner une ampleur solennelle à ses mélodies. Surtout, c’est le frontman qui impressionne par sa prestation habitée, jusqu’à laisser échapper des respirations, comme celle pleine de détresse à la fin de « Bloodclock », avant qu’il ne lâche un ultime « fuck ! ». Il ne faut pas chercher de la sobriété dans Opera, mais Fleshgod Apocalypse réussit son pari d’honorer ses racines en livrant sa catharsis et en concrétisant pleinement l’appellation « opera metal » qui lui colle à la peau depuis ses débuts. « Les meilleures histoires naissent toujours de la douleur », déclarait Paoli. Opera en est la démonstration.

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Oh Hiroshima – All Things Shining


Oh Hiroshima, même après quinze ans, reste avant tout un duo fraternel, composé de Jakob et Oskar Hemström. Le départ du bassiste, peu avant la sortie de Myriad, a été perçu comme une invitation à défier un énième territoire. Les frères ne se privent toutefois pas de bras extérieurs, à commencer par deux membres de Cult Of Luna : le claviériste Kristian Karlsson (déjà présent sur Myriad) et l’infatigable producteur Magnus Lindberg.

All Things Shining aborde la quête de sens inhérente à l’existence humaine. Le constat est fait qu’il semble aujourd’hui plus difficile de s’émerveiller devant le monde, à plus forte raison lorsqu’on porte le bagage des années. « Deluge » se frotte à la sempiternelle question du bien et du mal, sous l’angle de Pär Lagerkvist, prix Nobel de littérature – un titre qui tend vers une troublante insécurité, et montre que l’album n’est pas fait que de coton. La voix, qui dispose d’un large espace, se détache souvent des canons du post-rock, avec une langueur stoner qui contraste avec les aspects plus massifs. « Swans In A Field » meurt dans l’œuf (phénomène assez symptomatique d’All Things Shining), tandis que d’autres chansons dévoilent leurs cartes un peu vite. Les formats concis réussissent heureusement mieux à des pièces maîtresses, comme le titre d’ouverture. All Things Shining surprend peu, du moins une fois qu’on a pu sonder son atmosphère globale. Il n’en reste pas moins un disque assez fouillé, tirant parti d’un mix précautionneux et évitant de lambiner en terrain connu.

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Dark Tranquillity – Endtime Signals


Tout change pour que rien ne change. En moins de dix ans le pionnier du death metal mélodique made in Göteborg a vu son line-up totalement bouleversé, en particulier avec les départs des fondateurs et compositeurs Niklas Sundin, Martin Henriksson et plus récemment Anders Jivarp. Il y avait là de quoi déstabiliser le plus solide des rocs, mais Dark Tranquillity ne frémit pas : « Même pas mal ! » Moment (2020) qui voyait l’intégration de deux nouveaux guitaristes (dont un, Christopher Amott, est également parti depuis) avait déjà presque surpris… en ne surprenant pas. Rassurance était le mot d’ordre et, disons-le d’emblée, Endtime Signals prend le même chemin.

« Shivers And Voids » ouvre les hostilités sur un archétype, avec sa mélancolie qui côtoie la rage, pour reprendre les termes auxquels le groupe est attaché. « Unforgivable » enchaîne et passe la seconde, renvoyant plusieurs décennies en arrière : cela faisait longtemps que Dark Tranquillity n’avait pas sonné aussi abrasif, si ce n’est pour un refrain qui ralentit subitement la cadence et crée une dynamique salvatrice. En réalité, tout au long des douze titres, le groupe s’efforce de couvrir sa palette complète : riffs allant du mid-tempo heavy aux accélérations thrash, growl vindicatif, claviers et chant clair gothiques, et même une ballade orchestrale, « One Of Us Is Gone », en guise d’hommage émouvant à l’ancien membre Fredrik Johansson décédé il y a un peu plus de deux ans. Le cahier des charges est scrupuleusement respecté. La feuille de route est on ne peut plus familière… trop familière, à l’instar des mélodies, caractéristiques, jolies, mais qui peinent à réellement se démarquer. Dark Tranquillity a ici tout du bon élève de sa classe qui fait tout ce qu’on lui demande et finit par lasser. Il a su prouver, malgré les chamboulements, qu’il maîtrisait encore parfaitement son art. Il est maintenant temps qu’il se dépasse, quitte à se (re)mettre peut-être un peu plus en danger.

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Hippotraktor – Stasis


Hippotraktor, brièvement instrumental, a incorporé en 2021, pour son premier album complet Meridian, deux voix pour le prix d’une. Stasis fait dans la continuité : le même personnage, confronté pour la première fois à d’autres individus, découvre les versants positifs comme négatifs de sa propre espèce. Là où Stasis dénote, c’est en narrant les faits à travers un regard lancé vers le passé – en marche arrière.

Difficile de ne pas jouer au jeu des différences avec Psychonaut. Pourtant, seul le chanteur Stefan de Graef œuvre des deux côtés de la barrière, et il n’est pas officiellement la tête pensante d’Hippotraktor. Distinction évidente : le groove, et une rythmique qui a horreur de la routine. Le djent prend majoritairement le pas sur le post-metal, mais les polyrythmies se gardent de nous désarçonner. Le groupe ne fait d’ailleurs pas que rouler en char d’assaut : sur presque chaque titre, de fragiles ponts ne sauraient accommoder un tel engin. L’album s’achève même sur une quasi-ballade démarrant comme un spin-off du diptyque « Wings For Marie » de Tool. Les growls ont un côté choral qui accroît leur impact. Ils se détachent avantageusement, et s’opposent sans vergogne au chant clair. Il serait peine perdue de tenter de prédire les lignes de ce dernier, qui déjoue les clichés et se livre à sa propre part de dévastation. « Echoes », bien que second en lice, a de bout en bout l’intensité d’une fin d’album. « The Indifferent Human Eye » s’attaque également à des montagnes et s’en donne les moyens. On mesure vite le chemin parcouru : Meridian, certes épique, était moins rigoureux dans l’exécution de ses ambitions. Stasis proposerait-il cependant « trop d’une bonne chose » ? On finit par ne plus être si surpris ; on s’habitue à cette « grandeur à tout prix ». La chanson-titre débarquera néanmoins à point nommé avec un lot de nouveautés.

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Orange Goblin – Science, Not Fiction


Le dixième album des Britanniques d’Orange Goblin s’est un peu fait attendre : depuis la fin des années 1990, le groupe nous avait habitués à ses fournées régulières de stoner abrasif, mais il leur aura fallu cette fois-ci six ans pour préparer Science, Not Fiction. Fort de près de trois décennies d’expérience, il a eu le temps de peaufiner sa formule – mélange d’agressivité et de rugosité metal, d’énergie punk, et de rock pour l’attitude et le côté accrocheur –, et si quelques changements ont pu se produire entre-temps (le recrutement d’un nouveau bassiste, Harry Armstrong, et une signature sur Peaceville où leur approche traditionnelle et rentre-dedans a toute la place de s’épanouir), Orange Goblin semble bien décidé à continuer à faire ce qu’il fait le mieux, et à conserver son statut de valeur sûre…

« Vous voulez du metal ? Vous aurez du metal ! » a annoncé Ben Ward, le chanteur du groupe, et on serait bien en peine de trouver un meilleur résumé de ce nouvel opus. Du metal, heavy et qui tache, Science, Not Fiction, en regorge, d’un « The Fire At The Centre Of The Earth Is Mine » explosif au groove d’« End Of Transmission », qui clôt le disque sur les mêmes bruits spacey qui l’ouvraient. Plus encore qu’à Corrosion Of Conformity, High On Fire ou Clutch, c’est tout simplement à Black Sabbath que l’on pense au fil de l’album, notamment lors du très rétro « False Hope Diet », rehaussé de la voix rocailleuse de Ward et de ses paroles agressives et malicieuses. Si le groupe se permet des incartades du côté du punk (« The Fury Of A Patient Man ») ou même de la BO de film d’horreur (l’intro de « Cemetary Rats »), pas question de se réinventer ou de s’éloigner de sa zone de confort, mais là n’est de toute façon pas le propos. Pour Orange Goblin, le metal n’est pas une fiction, un rôle qu’on se donne, une image flatteuse et dans le vent, mais quelque chose qu’on a dans le sang, une nature ou un équilibre particulier d’humeurs : bref, une science, dans laquelle, malgré quelques longueurs, ce dixième album prouve une fois de plus que les Britanniques sont passés maîtres.

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Hammerfall – Avenge The Fallen


Depuis qu’il est apparu sur la scène en 1997 avec son premier album, Glory To The Brave, le quintette suédois reste vénéré par beaucoup. N’allons pas non plus aussi loin que certains communiqués de presse qui les présentent comme les « sauveurs suédois du heavy metal », mais certainement que la ténacité et la passion indéfectible d’Oscar Dronjak et Jacim Cans – qui ont commencé lorsque le genre musical était « has been » – forcent le respect. Qu’on apprécie ou non ce power metal mélodique et tous les clichés qui vont avec, on ne peut qu’admirer la constance dont Hammerfall a fait preuve tout au long de sa carrière. Une constance qui est justement au cœur d’Avenge The Fallen. Dès la première piste éponyme, il se montre on ne peut plus réconfortant et coche toutes les cases : introduction faisant monter la tension, riff mid-tempo qui fait taper du pied, chœurs galvanisants, chant héroïque… Et ce n’est que la première d’une série de « bangers ».

Certes, Avenge The Fallen n’est pas subtil, mais il n’en est pas moins divertissant et sa production brille comme un rayon de soleil optimiste se reflétant sur le marteau de la mascotte Hector. Joacim Cans reste l’un des chanteurs les plus convaincants du genre, les guitares claquent et la section rythmique frappe avec la puissance d’un poing d’ogre – d’autant plus vrai sur « Time Immemorial », le final dramatique. Hammerfall se repose sur ses lauriers et joue la carte de la sécurité ; ses trois derniers albums auraient pu sortir dans n’importe quel ordre. Après tout ce temps, peut-on le leur reprocher ? Les fans se délecteront des gros refrains, du rouleau compresseur « The End Justifies », de la ballade grandiloquente « Hope Springs Eternal » et des thèmes d’inspiration fantastique sur la liberté, la sagesse des anciens, le combat contre le mal… Les autres trouveront tout ceci bien kitsch et passeront leur chemin. Comme d’habitude.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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