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Chronique   

Combichrist – CMBCRST


Le bulldozer norvégien revient user les routes impétueuses du metal indus de ses frappes assourdissantes ! A coups de guitares sursaturées et de sonorités techno jubilatoires, Andy LaPlegua et son équipe délivrent un album d’une étourdissante violence, aux contours redoutables et merveilleusement théâtraux. Un véritable régal, en somme, pour les afficionados du genre, qui sauront se délecter de cette nouvelle fournée de titres aussi percussifs qu’enragés. « Children Of Violence », premier morceau d’une série de quatorze petites bombes, annonce d’entrée de jeu la couleur : le voyage sera agité, dansant et hypnotique. S’ensuivent – dans le désordre et de façon strictement non exhaustive – « Not My Enemy » et ses échos monstrueusement robotiques, le très Ministry « D For Demonic », l’inquiétant « Sonic Witch », le martial « Heads Off » ou encore le particulièrement détonnant « Modern Demon » et ses allures de destructeur massif de dancefloor.

Pour leur dixième album studio, les autoproclamés « parrains du metal industriel » restent fidèles à la recette qui a fait leur succès, mêlant beats electro-dance frénétiques, voix criardes et menaçantes, paroles crues et volontairement provocatrices et enfin riffs lourds et précis (introduits il y a une dizaine d’années dans la formule Aggrotech initiale). Le tout sur une toile de fond toujours très visuelle et appliquée (mention spéciale au vidéoclip de « Planet Doom » et à son brillant hommage aux films d’horreur chéris par Andy). Le quinté gagnant en somme d’une teuf sacrément réussie, un « exorcisme à la Combichrist » pour reprendre les termes du groupe, dont même les plus récalcitrants auront du mal à se remettre. Alors que le combo scandinave (americano-scandinave aujourd’hui pour être précis) soufflait l’an passé ses vingt bougies, il reste fort à parier que la suite s’annonce au moins aussi réjouissante que le parcours passé de ces Vikings, définitivement remontés.

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Black Country Communion – V


Black Country Communion n’est pas un supergroupe comme les autres, l’aventure ayant débuté il y a déjà quinze ans, en 2009. Hughes & Co sont de retour sept ans après leur dernier album avec V, leur cinquième opus, plus mature que jamais : talent de composition indéniable, production vintage millimétrée par leur ami de longue date Kevin Shirley, forte cohésion, paroles profondes (challenges de la vie, conscience de soi et éveil spirituel…) sur des mélodies convaincantes, mélange habile de blues et de hard rock avec des racines britanniques et américaines issues des plus grands noms dans le style des années 70 et 80.

« Stay Free », le premier single, est un parfait exemple de ce nouveau chapitre. Ce titre puissant est un mélange de l’esprit de légendes comme AC/DC et Led Zeppelin. Les fabuleuses vocalises hypersensibles de Glenn Hughes (« Restless » et son côté à la « Babe, I’m Gonna Leave You »), ses tonalités bluesy et soul, ses lignes de basse funk rock, la touche guitaristique sophistiquée de Joe Bonamassa (« The Open Road » et ses rythmiques soul), le rythme battant et groovy de Jason Bonham (« Letting Go »), et les envolées mélodiques, délicates, complexes de Derek Sherinian avec ses claviers (« Love And Faith », « Too Far Gone ») optimisent ce nouvel épisode de Black Country Communion. On retrouve cette empreinte melodic rock caractéristique de Glenn Hughes sur « Skyway », avec des éléments rappelant son travail au sein des Dead Daisies ou de ses autres projets musicaux. Il y a aussi du « Kashmir » dans « Love And Faith » ; Bonham y rend d’ailleurs un parfait hommage à son père. Bonamassa, en guitar hero blues absolu, pose des notes simples et efficaces sur ses solos tout au long de l’album, et distille un son rock old school avec un volume poussé à onze sur ses amplis. V nous invite à un voyage spirituel et musical. Authentique, sincère, il reflète une expérience artistique partagée, sous-tendue par une vaste expertise de quatre fantastiques musiciens.

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Dagoba – Different Breed


Après avoir fêté ses vingt-cinq ans de carrière avec By Night en 2022, Dagoba revient en force. De retour chez Verycords avec qui il avait produit Post Mortem Nihil Est (2013) et Tales Of The Black Dawn (2015), les Marseillais dévoilent Different Breed, sorti tout droit d’une introspection personnelle et empreint d’une volonté de bien faire.

Different Breed aborde un thème marquant : la fin d’une ère en écho à une renaissance. Un fil conducteur renforcé symboliquement par des titres liés à la mythologie ou à l’astrologie. L’introduction « Genes15 » l’illustre bien en confrontant des pleurs d’enfant à un scream surpuissant. « Arrival Of The Dead » enchaîne : couplets en forme de faux calme, groove, tremolo black metal, sonorités indus, break mélodique… Toute la panoplie y passe. Que le fade out du titre ne nous trompe pas : Dagoba fait preuve de violence à chaque instant, qu’elle soit manifeste ou sous-jacente à la mélancolie. La double pédale appuyée de Théo Gendron rappelle les diverses influences du groupe. L’élocution claire de Shawter et l’alternance de ses chants laissent entrevoir un parallèle entre les deux faces d’une seule et même personne. On retrouve cette dualité au travers des pistes instrumentales, l’une au milieu, permettant de souffler avant de repartir dans la brutalité, et la seconde sous le titre d’« Alpha » – bel oxymore pour un titre de conclusion –, une composition presque orchestrale, telle la bande originale d’un générique de film.

Après avoir arrosé les réseaux de phrases clamant que cet album les amènera où ils doivent être, et toujours dans un souci de rassembler, Dagoba présente une sorte de synthèse de sa personnalité, entre bestialité et humanité. Si Different Breed offre peu de surprises, avec des sensations de déjà entendu, et c’est peut-être là son principal défaut, tous les marqueurs sont présents pour rassembler les fans du groupe et les amateurs à la fois de mélodie et de gros son moderne.

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Houle – Ciel Cendre Et Misère Noire


Alors que noircissent les nuages et que le vent se lève sur la côte, Houle présente son premier album Ciel Cendre Et Misère Noire, une œuvre imprégnée d’embruns iodés. Dès l’introduction un chant de marin – en français – arrosé de sonorités océaniques plonge immédiatement l’auditeur dans l’univers du groupe de black metal côtier. « La Danse Du Rocher » prend la suite avec un riff accrocheur et un cri strident de la chanteuse Adsagona. Tout au long de l’écoute, des variations de tempo avec des ponts lents et chantés – presque contés – en voix claire dynamisent un ensemble, autrement, parfois un peu redondant, tandis que des instrumentales planantes viennent conclure les chansons, tel le calme après la tempête.

Les titres s’enchaînent de façon fluide, appuyés de paroles sur le thème d’une vie en mer difficile et sombre, aussi bien pour les marins que pour ceux qui les attendent sur terre. L’interlude « Et Puis Le Silence », aux sons sous-marins ambiants qui ne sont pas sans rappeler la bande originale du film Le Grand Bleu, contribue aux respirations d’une œuvre travaillée. Les chœurs de matelots sont de retour sur du « Sel, Sang Et Gerçures » et contrastent avec le scream aigu imparfait, sauvage, à l’ancienne. Le voyage se termine avec la technique « Née Des Embruns » : c’est crescendo que les rythmes se succèdent, passant d’un début semblable à une ballade, à des blast beats appuyés sur fond de guitares mélodiques. Des cris et lamentations se font entendre, ainsi qu’une accalmie quasi onirique, de quoi harmoniser cette pièce épique de douze minutes. Bien qu’encore à leurs débuts, les Français sont déterminés à apporter leur pierre à l’édifice d’une scène pourtant majoritairement scandinave à travers un concept audacieux et original. Un album aussi saisissant qu’une vague venant nous fouetter le visage, ne laissant aucun doute sur le futur prometteur de Houle.

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Apocalyptica – Plays Metallica Vol. 2


C’est en 1996, à peine diplômés de l’Académie Sibelius d’Helsinki, que les membres d’Apocalyptica ont été propulsés sur la scène internationale avec leur premier album, Plays Metallica By Four Cellos. Le concept était simple mais inédit : jouer des titres phares du répertoire de leur idole, Metallica, au violoncelle. En 2024, les Finlandais bouclent la boucle avec la sortie de Plays Metallica Vol. 2. Un retour aux sources dans les apparences, mais l’expérience acquise au cours des années et l’envie d’innover ne trompent pas. Ici neuf morceaux emblématiques de la riche discographie des Mets sont revisités.

Le premier single dévoilé, « The Four Horsemen », avec la participation du bassiste Robert Trujillo, voit sa partie centrale transformée, lui apportant grâce et délicatesse. L’épique et majestueux The Call Of Ktulu (qui intègre la piste de basse d’époque signée Cliff Burton) ne perd rien de sa puissance, tout en amplifiant sa beauté mélodique et sa dimension dramatique, en presque sept minutes et demie de divertissement. La ballade The Unforgiven II est aussi sincère, mélancolique et consistante dans sa version classique que dans sa forme originale. Sans parler de morceaux plus brutaux et frappants, comme « St. Anger » (sur lequel, non sans un brin d’humour, les violoncellistes font un clin d’œil à la fameuse caisse claire sans timbre) ou « Holier Than Thou » (avec une intégration d’« Enter Sandman » à la fin) qui semblent étonnamment plus détaillés, fluides et profonds dans leurs adaptations classiques. Le plus surprenant reste cette nouvelle interprétation de « One », aux allures de BO de film, avec un James Hetfield invité à narrer d’une voix grave et inquiétante son texte. Un choix artistique aussi « audacieux » que la collaboration de Metallica avec Lou Reed sur Lulu – à voir s’il prêtera autant à controverse…

Hommage vibrant à l’un des plus grands groupes de metal de tous les temps, chaque morceau est remanié – plus encore que réinterprété – avec l’intensité et la virtuosité uniques d’Apocalyptica. Nul doute que ce disque emmènera les fans de Metallica vers une balade envoûtante à travers la magie des violoncelles. Il offre, au passage, un nouveau regard sur des chansons restées intemporelles et un mariage subtil entre musique classique et thrash metal.

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Evergrey – Theories Of Emptiness


Les Suédois d’Evergrey, avec leur savant mélange de power metal, de progressif et de gothique, sont loin d’avoir perdu la main malgré le palier des trente ans de carrière franchi. Le groupe maintient la cadence des sorties avec son quatorzième opus, Theories Of Emptiness, un album contrasté, entre riffs lourds et passages plus atmosphériques. L’ouverture explosive de « Falling From The Sun » et le refrain accrocheur d’un « Misfortune » aux rythmiques plombées donnent le ton. D’entrée de jeu, on sent que dynamisme et puissance vont en être les maîtres mots. Des moments d’accalmie viennent toutefois enrichir le propos, telle la ballade « Ghost Of My Hero », tandis que « Say » offre une approche plus accessible. Tom Englund livre, comme à son habitude, une performance vocale puissante, chaude et connectée émotionnellement. Les arrangements profonds ajoutent à l’harmonie du disque, à l’image des chœurs galvanisants de « One Heart » auxquels ont été conviés des fans.

Les fans d’Evergrey, justement, se retrouveront en terrain conquis : Theories Of Emptiness s’inscrit dans la droite lignée de son prédécesseur, A Heartless Portrait. Ce qui fait sa force – la constance dans la qualité de composition comme de production – peut aussi faire sa faiblesse – beaucoup de riffs et de mélodies sonnent très familiers. Les seuls réels « écarts » dans une recette rodée viennent de « Cold Dreams », avec la participation de Jonas Renkse (Katatonia) qui nous gratifie notamment d’un de ses plus beaux growls, et de l’outro éthérée éponyme dans laquelle un piano et une basse fretless accompagnent une voix juvénile récitant un texte sur les vertus du « vide ». Reste que l’équilibre entre la grandiloquence et la sensibilité à fleur de peau propre à la formation est minutieusement maîtrisé. La passion dont les cinq membres font preuve pour leur musique est palpable et transcende les enceintes.

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Rhapsody Of Fire – Challenge The Wind


Fin en apothéose pour la saga de l’Empire Nephilim. Les amateurs de power metal symphonique ne seront pas dépaysés avec Challenge The Wind, bien au contraire, tant le leitmotiv est la puissance avant tout : des compositions homogènes, un riffing speed vigoureux comme à la grande époque et des arrangements symphoniques grandioses. Une toile sonore appuyée par la conviction voire l’emphase vocale de Giacomo Voli – jusqu’à user de vocalises abrasives proches du black metal sur le massif « Vanquished By Shadows ». Une synergie bien huilée qui transporte immédiatement l’auditeur dans l’univers héroïque de Rhapsody Of Fire. Evidemment, les performances instrumentales sont de haut niveau. Alex Staropoli, claviériste et leader du groupe, insuffle une grandeur épique à chaque morceau. Roberto De Micheli offre une performance musclée à la guitare, à quelques nuances près, tandis que Paolo Marchesich se fait explosif à la batterie.

L’album démarre d’ailleurs en trombe avec les trois premières chansons. Si on se laisse happer par l’enthousiasme des musiciens, un manque de variété se fait en revanche sentir : l’absence de ballades pourra décevoir les férus de romantisme, et le rythme effréné presque tout au long des dix titres en lassera d’autres (les fulgurants « Challenge The Wind », « The Bloody Pariah » et « Holy Downfall » vont jusqu’à dépasser les 190 bpm…). Seule la pièce homérique de seize minutes, qui explore une large palette d’émotions et d’atmosphères, et quelques écarts plus mid-tempo (« Kreel’s Magic Staff ») brisent légèrement la sensation d’uniformité. Challenge The Wind est un album ambitieux (c’est Rhapsody Of Fire après tout…), offrant son lot de mélodies à chanter en chœur le poing levé, mais qui s’adresse surtout aux fans avides d’adrénaline musicale ou à la recherche d’une expérience auditive intense sans temps mort, voire aux nostalgiques des débuts du groupe.

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Maudits – Précipice


Le trio Maudits peut compter sur des claviers et cordes de session pour éviter toute carence et mêler les influences, se gardant généralement de faire poindre cette sensation de « manque de chant » redoutée en terrain instrumental. Une brève collaboration ainsi que l’EP Angle Mort, plus orienté post-rock, ont laissé à Précipice le temps de s’affiner. Après l’oscillation entre cette incartade paisible et la noirceur des débuts, l’album se trouve empli d’ambivalence, de neutralité. Ce récit mi-allié mi-ennemi, ni rural ni urbain, traite des blessures accumulées dès la naissance, qui nous freinent et nous tirent vers le vide. Un rêve à la figure changeante, où des instants magiques procurent le sentiment d’avoir fait la paix avec les autres et soi-même. Certains titres cristallisent une grande variété d’émotions (« Précipice Part I »). On retrouve le côté intellectuel associé à la musique progressive, sans l’hermétisme avec lequel elle va parfois de pair. Les transitions coulent avec un naturel qui faisait occasionnellement défaut à Angle Mort, rendant le style du groupe plus tangible.

« Seizure » est solennel du fait d’aspirations doom, et on visitera d’humides caves (« Vielä Siellä ») dotées d’un singulier attrait. « Lights End » tend vers le folk acoustique, mais, coupé dans son élan, ne peut se libérer de sa condition d’interlude rembourré. Précipice sait se montrer troublant, avec des notes dissonantes et des trompe-l’œil rythmiques (« Séquelles »). En de nombreux points, une bifurcation black metal ne choquerait pas, tandis que d’autres présentent une orchestration épique couplée à une sensible retenue. Des passages trip-hop (percussions, samples, réverbération prononcée…) servent de linceul pour une myriade de détails étranges, d’où naissent parfois des aquarelles ambiantes (« Pretium Doloris »). Chaque morceau prend le temps de dérouler son intrigue, comme un polar (« Précipice Part II ») ; Maudits ne s’encombre d’aucune précipitation.

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Merrimack – Of Grace And Gravity


Incontournable de la scène parisienne, Merrimack s’est discrètement mais sûrement imposé comme une valeur sûre du black metal français. Mené depuis 1994 par le guitariste Perversifier, seul membre d’origine du groupe, il est toujours resté fidèle à la même ligne directrice, traditionnelle, sans compromis et sophistiquée. C’est avec un sixième album que Merrimack a décidé de fêter ses trente ans : Of Grace And Gravity, avec son titre qui rappelle celui d’Of Entropy And Life Denial, l’une de ses plus grandes réussites, célèbre les acquis du groupe avec une vitalité renouvelée.

Sept ans après le léché Omegaphilia, Of Grace And Gravity prend en effet à la gorge d’entrée de jeu avec un « Sulphurean Synods » à l’ouverture particulièrement agressive. La production musclée met en valeur une batterie tempétueuse et organique ainsi que le dynamisme des compositions, qui, à l’image de « Sublunar Despondency », passent en quelques minutes du tabassage en règle à l’intermède méditatif. Ambitieux, méticuleusement agencés, les morceaux déploient de complexes intrications de guitares d’où émergent des motifs qui hantent (« Dead And Distant Clamors ») ou accrochent (au milieu d’« Under The Aimless Spheres ») et des atmosphères sombres, hiératiques, qui évoquent comme souvent avec Merrimack une certaine scène suédoise (Ofermod, Funeral Mist, Watain des débuts). Of Grace And Gravity est une allusion à La pesanteur et à la grâce de la philosophe et mystique Simone Weil, traduite et inversée : c’est bien cette dualité entre agressivité plombante et moments d’élévation que décline cet album, et sur un véritable moment de grâce qu’il s’achève avec le long instrumental « Embalmer’s Wine », déchiré sur sa fin par de longs hurlements écorchés. Sobrement orthodoxe, Merrimack prouve une fois de plus et avec le savoir-faire qu’on lui connaît qu’il est un groupe sur lequel on peut compter.

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Wheel – Charismatic Leaders


Les comparaisons avec Tool, c’est évidemment flatteur, mais cette appellation s’apparente aux noyers sous lesquels les plantes peinent à pousser. Certains, comme Soen (autre rapprochement plausible pour Wheel), s’évertuent à décoller cette étiquette de leurs basques et à prouver qu’ils arpentent une voie qui leur est propre. Wheel, de même, en dehors de quelques bribes (l’introduction de « Disciple »), prend fréquemment le large. La première évidence sur Charismatic Leaders, plus « metal » que ses prédécesseurs, est la lourdeur, jugée nécessaire pour aborder des sujets de manière plus « consciente ». Fredrik Thordendal (Meshuggah) a en outre été accueilli au sein du personnel technique. La piste introductive est un cratère par lequel jaillit le trop-plein de colère du groupe. Ce titre, qui s’attaque aux empires médiatiques, permet au disque de trouver son rythme de croisière, entre cette débauche initiale et le relatif calme d’antan. Tout au long de l’album, les sources d’emprise psychique délétère continueront d’ailleurs à en prendre pour leur grade.

La voix fait honneur aux mélodies qui font la fierté du groupe. Grondante ou presque charmeuse (l’entame de « Porcelain »), elle peut occuper un volume très variable. Charismatic Leaders alterne des survols ordonnés et paisibles – nous montrant depuis le ciel les soucis évoqués – et des plongées en rase-mottes où chaque seconde apporte un nouveau frisson. La longueur de certains titres est adroitement négociée à coups d’idées qui tombent à pic, malgré quelques solos un peu hasardeux. « Saboteur », truffé de riffs pachydermiques, évoque un kaiju irrité par un ongle incarné et déboulant dans une mégapole, tandis que « The Freeze », dernier titre plus raffiné, demande davantage d’attention mais gratifie en proportion. De quoi satisfaire un peu tout le monde, sans jamais cesser de se montrer percutant.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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