Près de soixante ans après sa formation, Deep Purple continue d’avancer avec une constance (presque) déconcertante. Là où tant de légendes du hard rock se contentent désormais d’entretenir leur patrimoine à coups de tournées nostalgiques, les Britanniques persistent à écrire, enregistrer et surtout proposer de véritables albums studio. SPLAT!, vingt-quatrième réalisation d’une carrière hors norme, confirme l’élan enclenchée ces dernières années. Ce deuxième opus du Mark IX avec le benjamin Simon McBride à la guitare s’inscrit d’ailleurs dans une forme de continuité particulièrement solide. Pas de révolution dans la formule, mais une alchimie encore un peu plus affinée entre hard rock classique, groove organique et sens aigu de la mélodie. Une nouvelle fois épaulé par Bob Ezrin à la production – fidèle au poste depuis Now What?! en 2013 –, le quintet bénéficie d’un son ample, clair et remarquablement dynamique. Plus encore que sur =1, l’équilibre entre guitare et claviers, véritable fil conducteur du disque avec un Don Airey particulièrement inspiré (« My New Movie », « Sacred Land » ou « Splat! »), est mis en relief.
Si « Arrogant Boy », « Diablo » et « The Rider » entament les hostilités avec une efficacité certaine, c’est surtout la cohérence d’ensemble qui est valorisée. Loin de chercher à empiler artificiellement les temps forts, SPLAT! privilégie une approche resserrée et plutôt homogène portée par la vitalité typique de Deep Purple, ponctuée de nuances atmosphériques comme sur « The Beating Of Wings » ou « Guilt Trippin’ », dont la construction sinueuse et les arrangements travaillés rappellent que le groupe n’a rien perdu de son goût pour les compositions riches en relief. Simon McBride confirme ici sa parfaite intégration : son jeu est fluide, incisif et particulièrement expressif sans jamais trahir l’univers historique de la formation. Derrière le micro, Ian Gillan continue de porter l’ensemble avec un charisme intact. Certes, l’homme ne possède plus toute l’amplitude vocale de ses fougueuses années, mais son phrasé et son sens de l’interprétation compensent largement le poids des années. Sans chercher à réinventer son langage, Deep Purple signe un album à la fois énergique et remarquablement cohérent. La preuve qu’à ce stade de sa carrière, le groupe n’avance ni par routine ni par nostalgie, mais bien avec une envie de continuer à faire vivre son héritage au présent. Les vétérans n’ont pas dit leur dernier mot !







































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