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Interview   

Extreme : le jeu sacré


Être fan d’Extreme est aujourd’hui une affaire de patience. Si le groupe a connu une belle lancée dans la première moitié des années 90, avec notamment deux disques majeurs – Pornograffitti (1990) et III Sides To Every Story (1992) –, le temps s’est largement dilaté à partir de 1995. Pas moins de quinze années séparent Saudades De Rock (2008) et le nouvel album Six qui voit enfin le jour. La bonne nouvelle, c’est que le résultat est au rendez-vous avec tout ce qu’on aime chez Extreme : un disque éclectique, proposant à la fois du hard rock groovy et catchy, et de belles surprises. Extreme impressionne par son alchimie. Gary Cherone est plus en voix que jamais et Nuno Bettencourt… fait du Nuno. Il suffit de voir le buzz généré rien que par le solo du single « Rise » !

Ce n’est pas exagéré si nous disons que Six a tout de l’événement hard rock de l’année. Pour en parler, il fallait bien une interview conséquente. C’est donc avec Gary et Nuno que nous discutons de ce sixième disque et de sa diversité, mais aussi de jeu de guitare enflammé, du début des années 90, de célébrité, de « pilule rouge » et de « pilule bleue », de Van Halen (le groupe dans lequel Gary a fait un passage et le guitariste que Nuno admire), de Rihanna… Les sujets sont légion et l’échange passionnant.

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Chronique   

Arkona – Kob’


Depuis Yav, Arkona n’en finit plus d’éliminer de sa musique les éléments les plus évidemment folk, pour suivre un chemin plus personnel et ardu. Khram confirmait cette direction et Kob’ condamne tout retour en arrière. Le groupe est définitivement entré dans l’âge adulte, marqué par la fin de l’innocence, des mélodies légères, des accordéons dansants et des tournures simplistes. Ce nouvel album s’enfonce dans un territoire de plus en plus sombre, sur lequel l’emprise du black metal est désormais totale. L’album, dont le titre signifie « sort », plonge dans la matière occulte du passé dont l’humanité s’est détachée. Il est parcouru de murmures, de voix grinçantes ou de rires possédés, Masha démultipliant ses capacités vocales. De plus en plus, les compositions s’étendent, se stratifient, empruntent au prog ses détours.

Ainsi « Ydi », la plus longue de l’album, offre un passionnant périple au fil duquel s’exprime de multiples façons une sauvagerie primaire, crûment belle (chant écorché, solo de guitare sonnant comme le cri d’un rapace, déferlement de black fielleux) en dialogue avec une omniprésente sacralité (voix caverneuse et riffs tournoyant tel un mantra, chœur au style liturgique). La virulence générale ne signifie pas l’abandon de l’aspect mélodique. Dans le morceau éponyme, celui-ci canalise de sa puissance solennelle la chevauchée fantastique des riffs et des abois d’outre-tombe de Masha et s’insinue sous la forme de sa voix claire hiératique. La dimension atmosphérique est également plus travaillée, quitte à délaisser l’organique. En témoignent le premier morceau ambient, les nappes électroniques de « Kob’ » et l’introduction synthétique d’« Ugasaya ». Moins ostentatoirement folk, la musique d’Arkona n’en demeure pas moins construite autour d’un cœur païen qu’elle laisse même entendre d’autant plus fortement qu’elle se fait plus viscérale.

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Interview   

Immortal : seul face à Blashyrkh


À la fin, il ne peut en rester qu’un. Après le départ fracassant d’Abbath en 2015, c’était au tour du batteur Horgh d’entrer en conflit juridique avec Demonaz autour des droits sur le nom d’Immortal et de mettre les voiles. Harald Nævdal, de son vrai nom, se retrouve alors bien seul dans les contrées enneigées de Blashyrkh… Seul, vraiment ? Pas exactement : il a su convaincre et fédérer les fans autour de lui grâce à Northern Chaos Gods, neuvième album de la formation et son premier en tant que frontman. La montagne était haute à gravir, mais habitué des reliefs escarpés, Demonaz ne s’était pas démonté. Il a relevé le défi et su finalement retrouver les hauts sommets immortels.

C’est donc fort de ce succès, galvanisé par la validation des fans les plus fidèles, qu’il s’est attelé à un nouvel album. War Against All – un titre évocateur –, présentant toute la panoplie du parfait Immortal – de l’agressivité, du groove, de la mélodie, de l’épique, et même un instrumental – est là pour confirmer, voire un peu plus. Nous discutons de tout ceci avec celui qui « n’abandonne jamais ce qu’il a commencé ». On parle de sa ténacité, de solitude, de nature, d’inspirations et, évidemment, d’odes au royaume de Blashyrkh.

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Chronique   

Dieth – To Hell And Back


David Ellefson continue de flirter avec la « mort ». Si Dave Mustaine a décidé de se passer de ses services en 2021, le bassiste de renom a très vite trouvé d’autres compagnons avec le projet Ellfeson / Soto, The Lucid, Kings Of Thrash et sa dernière conquête macabre, Dieth. Dieth est un « power-trio » multiculturel qui voit David Ellefson être accompagné du Brésilien Guilherme Miranda (ex-Entombed A.D.) et du batteur polonais Michal Łysejko (ex-Decapitated), et accessoirement devenir frontman le temps de deux chansons. Il se présente par son premier opus To Hell And Back, qui amalgame le thrash et le death (et un peu plus) avec un penchant pour les coups de front bien sentis.

« To Hell And Back » résume plutôt bien l’approche du groupe : l’élégance des progressions acoustiques se fait littéralement déboîter par le timbre extrêmement agressif et velu de Guilherme. Le riffing reprend les orientations mélodiques grandiloquentes et malsaines propres au death. Les rythmiques varient, apportant de la dynamique et un certain sens du groove. Dieth veut s’envisager avant tout comme un exercice de puissance, que ce soit par la brutalité de « The Mark Of Cain », la douceur thrash de « Dead Inside » ou les mouvements de « Free Us All » qui aime perdre l’auditeur dans un tourbillon quasi progressif et des soli endiablés. Le trio joue sur les stéréotypes pour les dépasser. C’est justement ce qui lui permet des plages plus incongrues, à l’image de ce groove dans « Free Us All » avec une basse au premier plan, des touches grunge de « Heavy Is The Crown » ou de la ballade tout en sensibilité « Walk With Me Forever ». To Hell And Back présente une violence non dénuée de sophistication avec une férocité « à l’ancienne ». Du growl, des structures chiadées et un riffing de fossoyeur. De quoi renouer avec le dieu-bouc et ressortir le slim noir troué.

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Interview   

Dieth : mourir pour renaître


C’est ce qui s’appelle rebondir. Mai 2021, une vidéo privée à caractère sexuel fuite sur les réseaux sociaux, accompagnée d’accusations qui se révèleront rapidement fausses. David Ellefson se voit tout de même mettre à la porte de Megadeth – les parties de basses qu’il avait enregistrées pour le nouvel album seront mêmes remplacées par celles de Steve DiGiorgio. Une preuve de plus de la complexité historique de la relation entre Junior et le frontman Dave Mustaine, avec qui il a fondé le groupe en 1983. Depuis, loin de s’apitoyer sur son sort, Ellefson embrasse sa nouvelle vie et sa nouvelle liberté avec pas moins de quatre formations : The Lucid, Ellefson / Soto, Kings Of Thrash et Dieth. C’est certainement cette dernière qui interpellera le plus. S’unissant à l’ex-Entombed A.D. Guilherme Miranda au chant et à la guitare, et à l’ex-Decapitated Michał Łysejko à la batterie, on le découvre dans un tout nouveau registre, majoritairement death, mais avec des touches de groove, de prog et même de grunge, ainsi que prenant le micro sur deux chansons.

Féru de collaboration, Ellefson démontre avec Dieth être un musicien plein de ressources. Après tout, dans sa jeunesse, il a été saxophoniste dans un orchestre symphonique et bassiste dans un groupe de jazz… Nous abordons tout ceci avec lui à l’occasion de la sortie du premier album To Hell And Back. Loquace, sans fard et enthousiaste, le bassiste-chanteur nous parle de cette nouvelle aventure pour le moins prometteuse, de ses déboires avec son groupe historique, de sa jeunesse, de sa foi et bien plus encore.

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Chronique   

Extreme – Six


Suivre Extreme est une épreuve de patience. Depuis la création du groupe emmené par le virtuose de la six-cordes Nuno Bettencourt en 1985, ce dernier n’a réalisé « que » six opus. Treize années ont séparé Waiting For The Punchlines (1995) et Saudades de Rock (2008) et c’est au terme de quinze années d’attente que leur dernier effort, Six, voit le jour. Des durées qui s’expliquent en partie par l’emploi du temps des membres, la rançon inévitable lorsqu’on est guitariste pour Rihanna. Surtout, Extreme sait se faire désirer mais aussi surprendre. Il ne réalise jamais vraiment le même opus et met un point d’honneur à naviguer entre différents styles. Six ne fait pas exception à la règle et promet quelques grands écarts, avec en prime le rappel que la guitare peut encore faire rêver.

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Galerie Photos   

Ghost @ Halle Tony Garnier, Lyon, France – 22/05/2023




Interview   

Motocultor 2023 : du changement dans la continuité ?


2023 est une année très importante pour le Motocultor. Créé en 2007, le festival passé par Theix et Saint-Nolff a déménagé à Carhaix sur le site des Vieilles Charrues. Réputé pour ses affiches de haute qualité mais souvent critiqué pour son organisation globale, le Motoc’ paraît être aujourd’hui à un tournant de son histoire. Yann Le Baraillec, son directeur de la programmation, se montre plutôt confiant par rapport à cette nouvelle édition.

Dans l’entretien ci-dessous, il revient sur les raisons du changement de terrain et donne des informations importantes sur la manière dont va se tenir l’édition 2023. Il nous a également paru intéressant de revenir avec lui sur la question de l’image du festival et sur son évolution à travers les années. Un échange sans langue de bois que nous vous invitons à découvrir dès maintenant.

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Chronique   

Scar Symmetry – The Singularity Phase II: Xenotaph


Après quelques années passées au sein du line-up live de Meshuggah, Per Nilsson a remobilisé ses troupes avec Scar Symmetry pour pouvoir achever la phase 2 de The Singularity, Xenotaph, quasiment neuf années après la première phase. Ce nouvel opus tombe à point nommé en plein débat sur l’intelligence artificielle, l’univers musical dystopique du groupe se développant justement autour de la néo-humanité. Dans cette époque où la technologie ne cesse de muter et d’évoluer, Scar Symmetry suit le mouvement, mais pour la bonne cause, puisque c’est bien sur la production que l’album se détache de ses prédécesseurs en franchissant un pas supplémentaire et en se montrant bien plus massif, alors que la densité mélodique est toujours de mise.

Les Suédois restent sur leurs fondamentaux et l’auditeur retrouve ainsi la dualité entre le chant clair de Lars Palmqvist, qui semble presque synthétique et évocateur de l’humanoïde du futur, et le growl monstrueux de Roberth Karlsson, plus organique par son aspect animal. La stylistique death metal maintient ainsi son efficacité et rappelle parfois sur sa rythmique les travaux d’Hypocrisy, notamment sur l’ouverture « Chrononautilus ». Mais le cœur même du combo, c’est évidemment les solos proches du mouvement néoclassique qui raviront tous les passionnés de guitare et s’enchaînent sans pudeur aucune. Scar Symmetry n’est de toute façon pas reconnu pour sa réserve en la matière : en abuserait-il à outrance ? L’enchaînement « Altergeist » et « Reichsfall » nous répond partiellement : la force du groupe est de garder cette juste dilution de guitare lead dans un magma mélodique savamment pesé et mesuré, qui permet justement d’éviter l’indigestion et de rester entraînant et immersif. Si un tube implacable comme « Limits To Infinity » de 2014 manque peut-être à l’appel pour marquer le coup, Scar Symmetry honore fidèlement son mélo-death-SF atypique avec cette suite.

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Live Report   

Hangman’s Chair : solitaires en symbiose


Ce samedi 6 mai, nous nous rendions au Noumatrouff à Muhlouse pour assister au concert des Parisiens d’Hangman’s Chair, tête d’affiche de la soirée. Après deux performances au Hellfest 2022 (dont une en compagnie de Regarde Les Hommes Tomber) et une longue tournée européenne aux côtés d’Igorrr, Amenra et Der Weg Einer Freiheit, le groupe ne s’octroie pas de répit pour continuer de soutenir A Loner, son remarquable dernier album (qui s’est hissé à la première place de notre Top 50 2022), et enchaîne sur quelques concerts en salle et quelques passages dans des festivals français.

Hangman’s Chair, plutôt habitué à jouer les premières parties, comme cela avait été le cas lors du Distorsion Tour, a su attirer amateurs et curieux et transporter le public dans son univers sombre. Mais avant eux, les locaux d’Unburnt avaient la tâche d’ouvrir le bal avec leur post-metal éthéré et parfois brutal.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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