ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

Long Distance Calling : le cauchemar instrumental


Long Distance Calling a un rêve : faire la BO d’un film. Sauf que, pour le moment, l’occasion ne s’est pas présentée. Qu’à cela ne tienne, ils feront leur propre film. C’est exactement ce qui s’est passé avec The Phantom Void, un disque énigmatique, qui explore les notions de cauchemar, de boucles sans fin, de perte de contrôle, etc. De quoi provoquer l’angoisse comme un bon classique de John Carpenter, influence assumée, mais aussi présenter une bonne base pour une mise en image, comme ils l’ont fait en prenant trois des titres de l’album et en les transformant en court-métrage. Habitué des concepts instrumentaux, Long Distance Calling est passé maître dans l’art de l’éloquence sans user de voix, ou presque.

Après avoir échangé avec le bassiste Jan Hoffmann pour la sortie de Eraser, nous nous sommes tournés cette fois-ci vers son compère batteur Janosch Rathmer – celui qui déteste Tool et adore le travail en studio, tout l’inverse de Jan. Il nous explique ainsi toute la genèse de cet album d’épouvante et les éléments thématiques sur lesquels il repose. L’occasion également d’aborder la question du live, puisque The Phantom Void succède au Live At Lichtburg paru en décembre dernier, et de revenir sur les débuts du groupe qui fête tout juste ses vingt ans.

Lire l’interview…



Chronique   

Dionysiaque – La Tourbe Des Rêves


Si Diogonos, le premier album de Dionysiaque, avait des allures de manifeste voire de profession de foi avec son thème mythologique éminemment dionysiaque (évidemment) et son doom à la fois tradi et atypique, avec La Tourbe Des Rêves, son deuxième opus, le groupe fait fructifier ces bases chthoniennes. C’est que malgré ces sorties récentes, Dionysiaque existe depuis déjà 2014, et est composé de musiciens qui n’en sont pas à leur coup d’essai (ils ont déjà peaufiné leur art dans Résistance, Proudhon, Sacrifizer et bien d’autres). Sur La Tourbe Des Rêves, qui sort comme son prédécesseur sur I, Voidhanger Records, le label idéal pour l’approche ouverte et irrévérencieuse des Strasbourgeois, ils montrent avec encore plus d’assurance de quoi ils sont capables…

Et Dionysiaque, on le découvre rapidement à l’écoute du disque, est capable de beaucoup. Dès « Aaron », le groupe fait le grand écart entre début purement doom propulsé par un riff imparable et tonalité black à la fin du morceau, avec montée en pression et cris gutturaux. L’approche est brute et naturelle – l’album a été enregistré live sur quelques jours –, paradoxalement fraîche pour un disque aussi fièrement « vieux metal », qui pioche allègrement dans les classiques du doom (« Accabadora » et son intro sabbathesque) voire du heavy (« La vierge noire ») tout en s’autorisant toutes les incartades, changements de rythmes et d’humeurs, échappées presque folk (« Hate Fruit ») et envolées lyriques. Hédoniste – les musiciens, des truculents solos de guitare aux passages qui mettent la basse en lumière, se font manifestement plaisir et c’est contagieux –, à la fois réfléchie et foutraque, la musique de Dionysiaque mérite bien l’adjectif d’« unorthodox » que le groupe revendique depuis ses débuts. Il en va de même du chant, un bariton un peu déglingué théâtral et protéiforme, et de la façon d’aborder les thématiques choisies par le groupe, cette fois-ci plus ouvertement politiques, mais souvent de manière oblique : aux commentaires, Dionysiaque préfère les hommages à des figures et des événements choisis (Aaron Bushnell, Germaine Berton, la Commune), et aux slogans la narration. Doom quand il s’approprie des thématiques punk, punk quand il s’attaque aux classiques du doom, Dionysiaque n’est jamais où on l’attend : une gageure dans un style souvent ankylosé, et une manière pour les Strasbourgeois d’affirmer leur singularité.

Ecouter des extraits…



Live Report   

Le futur s’écrit au Backstage


Ce genre de soirée rappelle aussi pourquoi les petites salles restent essentielles dans l’écosystème des musiques extrêmes. Voir des groupes internationaux venir retourner une salle de quelques centaines de personnes, gérer eux-mêmes une partie de leur matériel, démonter la scène après leur set ou passer directement au merch pour discuter avec le public, ça dit énormément de ce qu’est encore cette scène aujourd’hui : beaucoup de travail, énormément de sacrifices, des tournées éprouvantes, mais aussi une proximité rare entre artistes et fans. Et forcément, il y a quelque chose d’assez grisant à assister à ce type d’affiche dans une salle comme le Backstage BTM, géré par Opus Live. Une sensation d’être peut-être en train de voir certains des futurs grands noms du metal moderne avant qu’ils ne passent réellement un cap.

Lundi soir, la salle parisienne accueillait ainsi un plateau particulièrement dense avec Headwreck, Greyhaven, Knosis et surtout la première tête d’affiche parisienne de Paledusk dans une salle totalement sold out.

Lire la suite…



Interview   

Green Carnation : plongée intérieure


Après The Shores Of Melancholia, premier volet de la trilogie A Dark Poem, Green Carnation nous invite à plonger dans les profondeurs intimes de Sanguis. Véritable voyage intérieur, qui revêt des contours musicaux plus calmes voire doom, il voit le bassiste-parolier Stein Roger Sordal se livrer sur sa vie, ses inquiétudes et ses pensées personnelles avec une sincérité touchante, presque déstabilisante, comme lorsqu’il évoque sa relation avec son père. Et c’est cette sincérité qui donne à l’œuvre toute sa densité émotionnelle, avec l’interprétation toujours aussi juste de Kjetil Nordhus, qui va jusqu’à s’essayer pour la première fois au chant extrême, et Sordal lui-même sur un titre. La vulnérabilité comme vertu cardinale de l’art.

Après nos échanges sur la première partie, nous nous étions donné rendez-vous pour poursuivre les discussions avec la sortie de la seconde. Les deux musiciens au cœur de cet ambitieux projet ont une nouvelle fois pris le temps de rentrer dans les méandres de leur créativité, mais aussi de développer les sources thématiques plus personnelles de Sanguis, où il est notamment beaucoup question de famille. En attendant la suite avec A Dark Poem Part III dans quelques mois…

Lire l’interview…



Interview    Radio Metal   

Malhkebre : guerre au nouveau monde aseptisé


MALHKEBRE Berzerk interview

Dès les premières minutes de B.A.M.N., troisième album de Malhkebre, le ton est donné. Dans une prose aux allures de déclaration solennelle, le porte-voix Berzerk déclare la guerre à la médiocrité, à la pensée unique et à un nouveau monde aseptisé. Une posture martiale renforcée par l’illustration de Valnoir en guise de pochette, représentant une arme hybride entre mégaphone et mitrailleuse, frappée d’un sticker à l’effigie du groupe. En réalité, le seul véritable adversaire de Malhkebre semble être le metal extrême contemporain et ce qu’il implique : des œuvres surproduites, une agressivité sonore noyée dans un surplus de mélodie et une irrévérence qui s’efface peu à peu. Tout ce que semble fuir la formation toulousaine. Ce nouvel album ne s’y trompe pas, avec un black metal puisant directement son inspiration dans les années 90. Il en reprend aussi certains excès : des postures revendicatives omniprésentes, la volonté de préserver un héritage musical et une fidélité absolue au satanisme.

Ce rôle de messager incarné par Malhkebre, s’il était pris au premier degré, pourrait paraître grotesque. Replacé dans sa démarche artistique, il apparaît surtout comme une ode au patrimoine de la scène underground française. La participation de Meyhnach de Mütiilation donne d’ailleurs quelques indices sur cette nostalgie assumée d’une époque révolue. Malhkebre s’inscrit ainsi dans la continuité d’une manière de penser le black metal qui peine aujourd’hui à survivre et s’adresse avant tout aux initiés qui n’ont jamais tourné la page. Propriétaire du label Battlesk’rs Productions, qui continue de défendre cette scène, Berzerk n’a pas perdu la foi. Le chanteur de Malhkebre viendra défendre sa vision de la musique et ce nouvel opus en présentant ses intentions et ses messages, en direct sur l’antenne de Radio Metal.

Écouter l’émission…



Chronique   

Long Distance Calling – The Phantom Void


Quoi de mieux qu’un album pour fêter le vingtième anniversaire de Long Distance Calling ? The Phantom Void succède ainsi à Eraser (2022), et se présente comme un concept aussi bien musical que visuel, avec une série cohérente de clips. Annoncé comme certes court mais « intense et percutant », avec notamment une écriture directe, ce Phantom Void se pare de noir. Sa narration erre entre chien et loup, faite de cauchemars récurrents et de boucles dont on ne s’extirpe jamais. Une ration de groove matérialise ces aléas temporels, et une voix étrange (qui aurait sa place chez White Ward) rompt occasionnellement avec le tout-instrumental pour distiller des sortes de menaces voilées au creux de notre oreille. Au-delà de la sensation de menace persistante et indéchiffrable (sans parler des scènes façon « poursuite », comme avec « Nocturnal »), l’album convainc occasionnellement l’auditeur d’accorder sa confiance : sur « A Secret Place », on se sent enfin accompagné. Quelques interventions de piano – comme une outro reprenant un thème – présentent également un caractère apaisant. Les percussions, émotionnellement polyvalentes, méritent elles aussi une mention.

Long Distance Calling montre sa maîtrise ; les membres avancent consciemment, délibérément. Un même morceau peut comporter des passages plutôt convenus et de belles trouvailles. Au fond, le résultat ressemble à assez peu de projets de rock instrumental. Le morceau-titre, entre ses complaintes et ses enchaînements de courbes, se laisserait même volontiers remixer en darkwave un peu grasse. The Phantom Void peut se laisser oublier, mais pas nécessairement par carence. Tel un fauteuil massant, il effectue son travail en tâche de fond, autonome ; il supporte par ailleurs bien l’écoute en boucle. Quelques répétitions prévisibles finissent hélas par vider certains titres d’une part de leur substance. Pas de quoi ternir le tableau global, cependant : la cohésion et la vision l’emportent largement.

Ecouter des extraits…



Interview   

Highway : soleil sur l’autoroute du rock


Highway est enfin de retour avec Last Call For Rock’n’roll. Damned ! Faut-il interpréter cela comme leur dernière tentative d’avoir les faveurs du Dieu du rock ? Il n’en est rien ! Highway démarre avec enthousiasme une nouvelle ère avec quelques changements de musiciens, et surtout une liberté musicale encore plus affirmée. Le groupe propose un large tour d’horizon de ce que peut et doit être le rock : énergique, décomplexé et fun.

Au final, dans ce titre, il faut plutôt y voir un fort degré d’autodérision qui les caractérise, et une réflexion sur « les crises que l’on peut traverser lors de choix de vie significatifs ». Comme quoi il n’est pas obligatoire de jouer les vilains rockers pour proposer une musique de qualité et entraînante, qui donne la banane et fait headbanguer. Et en ces temps moroses, ça fait grand plaisir ! Avec ce nouvel album, Highway compte bien botter quelques derrières, mais avec le sourire !

Lire l’interview…



Chronique   

Sevendust – One


Sevendust joue la carte de la force tranquille. Le combo originaire d’Atlanta n’a jamais fait de remous ou connu de crise interne, si ce n’est le départ temporaire de son guitariste fondateur Clint Lowery – remplacé le temps de deux disques par Sonny Mayo. Il traverse les époques sans faiblir et signe avec One un quinzième album fidèle à une formule instaurée dans les nineties. L’ensemble est efficace mais manque d’un grain de folie pour se démarquer.

Les gars de Sevendust sont des bosseurs acharnés. Peu de groupes de leur génération peuvent se targuer d’afficher une discographie aussi conséquente et solide. Un investissement que la formation double d’un comportement exemplaire. Il n’y a chez Sevendust aucune frasque ou problématique d’addiction envahissante. Les Américains sont les artisans acharnés d’un gros rock mainstream taillé pour les stades, et gardent leur ligne de conduite sans en dévier. Ils s’autorisent certes quelques variations – les récents albums sont légèrement plus heavy –, mais les bases ont été posées avec les jalons que sont Home et Animosity. Doit-on pour autant reprocher à Sevendust son sérieux et son assiduité ? Le rock dans son expression originelle doit certes laisser transparaître une certaine urgence, une capacité à jouer avec les aspérités. Sevendust a depuis longtemps fait le choix d’assumer son âge et sa sagesse. L’écriture est classique, mais le savoir-faire transpire. One est un pur disque de rock alternatif à l’américaine bardé de gimmicks accrocheurs. L’ensemble est suffisamment concis pour ne pas lasser, et reste porté par le timbre chaleureux et extrêmement ample d’un Lajon Witherspoon virtuose en matière de refrains catchy. Le frontman affiche une aisance intacte à injecter la dimension émotionnelle nécessaire, trouvant dans les événements d’actualité une source d’inspiration intarissable (le hit « Unbreakable »). Sevendust conserve son équilibre, sa puissance sans véritablement se montrer agressif. On pourra cependant lui trouver un aspect un peu lisse, One ne proposant, sans surprise, rien de bien nouveau.

Ecouter des extraits…



Interview   

Sevendust : appel à l’unité


Véritable pilier du metal alternatif américain depuis le milieu des années 90, Sevendust fait partie de ces groupes qui ont traversé les époques sans jamais perdre leur identité. Souvent associé à la vague post-grunge, Sevendust n’a jamais su s’imposer en Europe. Le groupe d’Atlanta a néanmoins traversé les décennies sans véritable révolution stylistique, fidèle à un ADN fait de riffs lourds, de groove et d’intensité émotionnelle. Sevendust n’avait plus véritablement foulé les scènes françaises depuis plus de quinze ans, c’est au Zénith en première partie d’Alter Bridge qu’il a pu renouer avec son public français. Un retour progressif, presque discret, qui tranche avec la longévité du groupe mais témoigne aussi d’une volonté de conquérir le Vieux Continent.

Avec One, son quinzième album, la formation continue d’affiner ce qu’elle maîtrise depuis toujours : une musique directe, émotionnelle, portée par la voix toujours habitée de Lajon Witherspoon. Un disque qui s’inscrit dans la continuité, tout en portant en filigrane les thématiques qui traversent aujourd’hui le groupe : unité, résilience et regard sur un monde fracturé. C’est dans ce contexte de retour et de repositionnement que nous avons échangé avec Lajon Witherspoon. Une discussion sans filtre, entre lucidité sur leur parcours, attachement aux valeurs du quintet et envie intacte de (re)trouver leur place, notamment en Europe.

Lire l’interview…



Live Report   

Machine Head : Le mouvement perpétuel


« An Evening With Machine Head », une promesse que les Parisiens n’ont pas prise à la légère ; en effet l’Olympia affiche complet pour ce samedi soir qui s’annonce fiévreux à souhait. Assez logique, Machine Head reste un acteur majeur du metal avec tout de même dans les trente années d’activité et une dizaine d’albums studio dont le récent Unatøned sorti en avril 2025, preuve que la bande de Robb Flynn est toujours vivante.

Albums studio qui seront tous invités ce soir, il faut dire qu’en près de trois heures, il y a du temps pour s’amuser. Trois heures ? Oui, vous lisez bien, c’est en effet la promesse de cette soirée. Généreux, n’est-ce pas ? A l’approche des soixante ans, Robb semble avoir totalement confiance dans ses capacités. Trop confiant, le chanteur ? Allons voir cela tout de suite. « Bohemian Rhapsody » qui ravissait l’audience jusqu’à présent arrive à sa fin.

Lire la suite…



  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
    previous arrow
    next arrow
     
  • 1/3