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Chronique Focus   

The Pretty Reckless – Death By Rock And Roll


The Pretty Reckless aurait pu tout arrêter s’il ne vivait pas pleinement selon sa philosophie : le rock’n’roll, jusqu’à la mort. La bande emmenée par la frontwoman Taylor Momsen a connu un succès retentissant, avec Going To Hell (2014) suivi de Who You Selling For (2016). De quoi arpenter les plus grandes scènes aux côtés de Soundgarden, jusqu’au drame de 2017, le décès de Chris Cornell. Une disparition qui marque profondément le groupe en raison de leur proximité, malheureusement suivie de la mort de leur ami et producteur de longue date Kato Khandwala. The Pretty Reckless s’est trouvé brutalement interrompu en pleine ascension, car bouleversé et en proie à une dépression conjuguée à la toxicomanie, obligé de faire preuve de résilience, de cure par l’écriture pour reprendre le dessus. Death By Rock N’Roll illustre ce désir intangible de vivre selon ses propres termes et d’y mettre fin comme on l’entend. Une intransigeance qui permet de tenir bon sans ployer.

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The Ruins Of Beverast – The Thule Grimoires


Pas question de se reposer sur ses lauriers pour le prolifique Alexander von Meilenwald : depuis la sortie du dernier album de son projet The Ruins Of Beverast en 2017, il a travaillé sur deux splits (avec les Irlandais de Mourning Beloveth et les Islandais d’Almyrkvi – deux premières incursions vers des îles du Nord, on va y revenir) sortis en 2020 et sur son sixième opus, The Thule Grimoires. Difficile de savoir à quoi s’attendre avec le multi-instrumentiste : si en plus de quinze ans de carrière, il a défini un style unique, reconnaissable à la première écoute, qui mêle l’agressivité et les atmosphères occultes du black metal, la bestialité du death et ce que le doom a de plus épique dans de longues chansons tentaculaires, il le pousse à chaque album dans des directions différentes. En effet, passé trois premiers albums plus franchement black – après tout, c’est dans Nagelfar que Meilenwald a fait ses classes –, Blood Vault (2013) plongeait l’auditeur dans l’esprit tourmenté des chasseurs de sorcières, et Exuvia (2017) dans un rituel sombre et chamanique. Avec un titre tel que The Thule Grimoires, on s’attend à des tonalités païennes et des paysages glacés, mais l’un des premiers extraits du disque, « Anchoress In Furs », prend complètement à rebours l’auditeur avec ses vocalises féminines orientalisantes…

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Cult Of Luna – The Raging River


The Raging River augure une nouvelle ère pour Cult Of Luna. Les Suédois arpentent les studios et les routes depuis plus de vingt ans, devenus l’une des figures de proue d’un genre apparenté au post-core, avec toutes les imprécisions et le fouillis que le terme recoupe. Leur nouvel EP correspond à la naissance de leur propre label nommé Red Creek, un moyen d’entretenir un lien plus direct avec leur audience. Red Creek est à envisager comme un « collectif » permettant à la fois à Cult Of Luna et à d’autres formations de s’épanouir dans un cadre propice à toute vision artistique, sans contrainte. Une petite révolution de l’environnement de travail pour instaurer de la continuité artistique.

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Michael Schenker Group – Immortal


Cinquante ans de bons et loyaux services. C’est ce dont peut se targuer Michael Schenker devenu l’un des guitaristes les plus influents de sa génération, source d’inspiration pour Kirk Hammett, Dave Mustaine, Dimebag Darrell ou encore Slash. L’ancien guitariste de Scorpions et UFO a amorcé sa carrière solo il y a une quarantaine d’années en créant le Michael Schenker Group, son terrain d’expression privilégié. Le retour de ce patronyme marque justement son cinquantième anniversaire en tant que musicien, treize ans après In The Midst Of Beauty (2008). Michael Schenker profite de l’élan créé par la réception de Resurrection (2018) et Revelation (2019) parus sous l’appellation Michael Schenker Fest pour revigorer son premier projet en employant une formule similaire. Immortal se présente ainsi comme une déclaration : celle d’un artiste qui refuse de vieillir.

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Transatlantic – The Absolute Universe


Il faut s’accrocher. Ceux qui suivent les pérégrinations de Transatlantic savent que le super-groupe composé de Neal Morse, Roine Stolt, Pete Trewavas et Mike Portnoy fait fi de toute restriction, y compris dans la manière de présenter sa musique. Transatlantic se veut le groupe progressif par excellence, que ce soit par son orientation musicale débridée ou son agencement. Premier coup d’audace : The Whirlwind (2009) présentait une seule chanson de 77 minutes. Rien qui ne tient cependant la comparaison avec leur dernière création en date, une œuvre gargantuesque et insolite intitulée The Absolute Universe: Forevermore. Une véritable orgie sonore, fantasme absolu de tout amateur du genre.

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Tribulation – Where The Gloom Becomes Sound


Depuis une quinzaine d’années, Tribulation fait figure de bouffée d’air frais dans une scène suédoise toujours prolifique : après un album de death metal 90s’ très réussi mais aussi très orthodoxe, The Horror, le quatuor avait en effet quitté les routes balisées pour des expérimentations progressives, sombres et luxuriantes (The Formulas Of Death), puis plus franchement gothiques avec The Children Of The Night, qui les a propulsés sur le devant de la scène, et Down Below. C’est là que nous avions quitté le groupe en 2018, en plein plongeon vers les profondeurs, et un Grammy et quelques tournées plus tard, c’est là que nous le retrouvons. En effet, le titre de son cinquième opus, Where The Gloom Becomes Sound, est une citation d’« Hades Pluton » de Sopor Aeternus : « Down, further down, where the gloom becomes sound » [« Bas, encore plus bas, où la morosité devient son »]… Y a-t-il plus gothique que citer un hommage d’Anna-Varney Cantodea à feu Rozz Williams de Christian Death et à « Night Of The Vampire » de Roky Erickson ? Sans doute pas. Ajoutez à ça la Sibylle de l’artiste symboliste Fernand Khnopff en pochette, et le décor est planté avant même que vous ayez entendu les premières notes du disque…

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Soen – Imperial


Imperial était déjà presque intégralement composé avant que la pandémie ne survienne. Presque une « aubaine » pour Soen, profitant d’un calendrier libéré pour passer une douzaine d’heures quotidiennes à peaufiner les détails de son dernier opus. Imperial s’est réalisé sous le sceau de la continuité, ce malgré le départ du bassiste Stefan Stenberg remplacé par Oleksii Kobel. Peu d’incidence sur les compositions, étant donné que Martin Lopez écrit l’essentiel des morceaux et des parties avant l’enregistrement. Imperial réemploie le guitariste Cody Ford arrivé au terme de la composition du prédécesseur Lotus (2019), une première depuis Tellurian (2014). Le dessein d’Imperial est limpide : il est toujours le terrain d’expression de choix de Martin Lopez et Joel Ekelöf, en quête permanente de la plus grande fluidité possible.

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Steven Wilson – The Future Bites


Comment continuer à s’exprimer musicalement en fuyant la redite ? C’est littéralement l’obsession de Steven Wilson. C’est aussi ce qui déstabilise ses auditeurs, parfois peu enclins à délaisser les terres du rock progressif comme l’a fait l’ex-frontman de Porcupine Tree. To The Bone (2017) était l’occasion pour le sieur Wilson de témoigner de son affection jamais cachée pour la musique pop, parfois audacieusement avec le dansant « Permanating » aux antipodes de l’univers plus sombre de Porcupine Tree et de ses premières œuvres sous son propre nom. C’est bien simple : le metal ou le rock ne conviennent plus à l’artiste. D’où ce désintérêt pour la guitare en tant qu’instrument fondamental de l’architecture musicale. Il faut puiser du côté de la musique électronique, de ce goût pour le groove, le funk… To The Bone se perçoit ainsi comme une transition nécessaire pour Steven Wilson, le gain de confiance crucial pour assumer ces affects et embrasser pleinement une pop électro expérimentale via The Future Bites.

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Asphyx – Necroceros


« Qu’est-ce qu’un Necroceros ? » Martin van Drunen se délecte déjà des futures interrogations des fidèles d’Asphyx. Comme à l’accoutumée, l’un des groupes néerlandais les plus influents de la scène death prône la balance des extrêmes. Depuis 1987, Asphyx pratique un death metal jouant sur les intensités, naviguant du riff le plus tranchant à la plage doom gargantuesque. Le groupe a prouvé son intérêt renouvelé pour le genre depuis sa reformation en 2007 et profite désormais d’un line-up stable, dans la continuité d’Incoming Death (2016). Necroceros est le dixième opus du groupe, nourri par les préoccupations engendrées par la pandémie. De quoi haïr un peu plus la race humaine et annoncer son déclin irrémédiable. En somme, un terreau fertile pour Asphyx.

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The Dead Daisies – Holy Ground


« L’âge d’or du rock n’roll ». Une idée qui devient de plus en plus abstraite avec le temps, avec le vieillissement et la disparition inévitable de la plupart de ses représentants. Il y a pourtant des formations qui entretiennent le savoir-faire d’une époque prospère où le genre régnait en maître, sans pour autant sonner daté ou passéiste, à l’instar du collectif The Dead Daisies. La formation emmenée par le guitariste David Lowy est célèbre pour ses rotations de line up à laquelle n’échappe pas Holy Ground, le dernier effort en date. Le chanteur John Corabi et le bassiste Marco Mendoza sont retournés à leurs projets solos, remplacés par la seule légende Glenn Hugues. The Dead Daisies est désormais un quatuor. Et il n’a peut-être jamais été aussi fringant.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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