ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

Mass Hysteria : furieux sous pression


Dix albums et trente ans de « furia ». Même s’ils cherchent toujours « le bien-être et la paix » auxquels ils aspiraient en sortant leur premier album en 1997 et qu’il a pu y avoir des coups de mou, les Mass Hysteria tiennent le coup et continuent à monter la pente sur laquelle ils se sont engagés depuis – au moins – L’Armée Des Ombres. Après la tournée historique du Gros 4, le combo parisien, qui mêle les genres de façon toujours aussi unique, a choisi de marquer le coup avec Tenace, un album de pas moins de quatorze morceaux qu’ils ont décidé de dévoiler en deux parties. Au premier chapitre, particulièrement sombre et dramatique, qui sort fin mai répondra un second, plus lumineux, à l’automne.

Attendez-vous, musicalement, à du gros riff, mais aussi à des expérimentations surprenantes, et sur le plan des textes, à des mots plus enragés que jamais sur le monde, la société, la politique, mais pas seulement : Mass Hysteria est aussi là pour galvaniser, tenir le coup, être tenace, en somme. Nous avons discuté de tout ça, deux heures durant, avec le guitariste, compositeur et tenant de la « vision » Yann Heurtaux et celui qui jongle avec les mots et les sentiments Mouss Kelai.

Lire l’interview…



Chronique   

Ruïm – Black Royal Spiritism – I. O Sino Da Igreja


Si Ruïm n’est pas (encore) un nom familier, celui de sa tête pensante en revanche est bien connu des fans de black metal, puisqu’il s’agit de Rune « Blasphemer » Eriksen, dont la longueur du CV – Mayhem, Aura Noir, Twilight of the Gods, et plus récemment Vltimas – en fait l’une des pointures de la scène norvégienne. Seul aux commandes cette fois-ci et accompagné du batteur français César Vesvre, il a depuis 2020 conçu toute une trilogie intitulée Black Royal Spiritism, dont l’album I. O Sino Da Igreja est le premier volet. Ambitieux, sombre et ésotérique, il aura suffi d’un seul riff pour que le projet soit signé par Peaceville…

Comme l’annonçait le premier extrait de l’album, « The Triumph (Of Night & Fire) », la patte Blasphemer est immédiatement reconnaissable. Les riffs sont redoutables et lourds de menace, certes, mais l’atmosphère n’est pas négligée pour autant, bien au contraire : elle se déploie sur des titres entiers, tantôt furieuse, tantôt pleine de révérence, épousant les imprécations et les hurlements du guitariste. Dans le fond comme dans la forme, Black Royal Spiritism I. O Sino Da Igreja est à la fois canonique, singulier et syncrétique ; la spiritualité revendiquée du musicien – une version « de la main gauche » de l’umbanda brésilienne qui mêle spiritisme, rites afro-brésiliens et christianisme – y semble paradoxalement familière avec ses invocations et son côté sombre, et les nuances de la musique épousent son côté composite. Il y a quelque chose du retour aux sources chez Ruïm, une manière de boucler la boucle comme le suggère « Evig Dissonans », qui évoque en norvégien les débuts du musicien, mais pas d’anachronisme ici : de l’eau a coulé sous les ponts depuis Wolf’s Lair Abyss, et après vingt-cinq ans d’une carrière exemplaire, Blasphemer n’a plus rien à prouver, et peut se permettre un album mature et personnel où son expérience a toute la place de briller.

Ecouter un extrait…



Interview   

Ne Obliviscaris : entre exil et survie


Dévoilant fièrement son quatrième album avec Exul, Ne Obliviscaris semble poursuivre une voie qui lui a été toute tracée, à la conquête de nouveaux fans sur le globe. Onze ans après le premier album Portal Of I, la formation australienne – ou franco-italo-australienne devrait-on dire aujourd’hui – continue de séduire avec son metal extrême progressif qui mène une danse mélancolique avec ses guitares, son violon et sa dualité de chant clair/growl qui dessinent les contours de l’identité du groupe. Mais derrière cette illusion de parcours sans trop d’embûches, la vérité est bien plus complexe et ce quatrième album a failli ne pas voir le jour. Rattrapé par le contexte de pandémie, la réalité sociale et une industrie de la musique parfois cruelle, Ne Obliviscaris ne sort pas indemne des épreuves des dernières années et c’est aussi ce qui peut expliquer les couleurs plus sombres de cet opus.

Le guitariste et compositeur originaire de Bordeaux Benjamin Baret raconte sans langue de bois les difficultés qu’un groupe avec une notoriété comme celle de Ne Obliviscaris peut connaître, évoquant les déceptions et l’amertume à l’égard des différents interlocuteurs rencontrés depuis ses débuts dans le groupe en 2009. Loin de n’y voir que du noir dans cette expérience, il évoque aussi comment le projet a pu tourner quasi uniquement grâce aux fans qui ont soutenu la formation en y participant directement. Il revient également sur sa rencontre avec les membres fondateurs lors de son exil personnel en Australie et sur ce que le pays lui a rapporté, tout en évoquant aussi son rapport à la France et plus globalement à l’Europe. Naturellement, il revient avec nous sur l’écriture et la composition d’Exul et des thématiques que le lettré Xen développe dans ce nouveau disque.

Lire l’interview…



Live Report   

Ghost reste impérial


La tension monte chez les adeptes de messe metallique : le pape du metal est annoncé en terres lyonnaises ce lundi 22 mai. C’est par la France que Ghost choisit de démarrer sa nouvelle tournée audacieusement nommée Re-imperatour, si toutefois l’Imperatour n’avait pas suffi à imposer la domination des Suédois sur le monde. Au moins les choses sont annoncées : on va pouvoir à nouveau goûter aux joies de ce dernier opus, même si, revers de la médaille, on s’attend peut-être un peu trop à ce qu’on va entendre. Toutefois, le petit dernier, Phantomime, EP de reprises allant d’Iron Maiden à Tina Turner (souple dans le grand écart le Papa…), peut apporter son lot de pépites et de surprises dans cette soirée. On a en tout cas hâte de voir comment ces reprises passeront l’épreuve du live aux côtés des hits du groupe.

Deuxième date de cette tournée, après Rouen la veille, et avant six nouvelles dates qui verront le groupe faire deux fois le tour de France (!). Prends ça Pogačar. Ce soir, c’est à la Halle Tony Garnier que le groupe pose ses valises pleines de costumes, de lumières ou de confettis pour donner ce que tout le monde attend : deux petites heures de concert plein et intense.

Lire l’interview…



Interview   

Inherits The Void : ascension imminente


Jeune groupe lancé en 2020, Inherits The Void résonne dans le microcosme de la scène black metal underground. Ce one-man band a forcément quelques atouts pour séduire, côtoyant notamment l’influence des mastodontes de la scène extrême mélodique suédoise avec les indémodables Dissection ou encore Sacramentum. Même si on décèle une certaine volonté de retrouver la flamme d’antan, le Français ne se mure pas uniquement dans un sentiment nostalgique puisqu’il associe aussi subtilement sa musique à une production plus moderne et massive en s’inspirant de ce qui se fait de mieux chez nous sur ce terrain, en citant notamment Regarde Les Hommes Tomber. Ce ne sont pas évidemment pas seulement ses influences qui nous permettent de mettre une piécette sur la future portée du projet qui nous semble assez prometteur, mais bien la solidité du deuxième album The Impending Fall Of The Stars qui est à mettre dans les bonnes oreilles des amateurs de la scène extrême et mélodique, autant chez les acharnés des années 90 que ceux qui ont plus d’affinités avec la nouvelle vague…

Déjà signé chez Avantgarde Music pour qui le compositeur Antoine Scholtès a une grande admiration, le musicien a de bonnes raisons de rêver loin à en croire les bonnes chroniques qui ont couvert la sortie du deuxième opus en début d’année. Cependant, se frayer un chemin à l’heure où les bons albums sont facilement noyés avec le flux constant de sorties – et surtout dans la sphère du black metal – est loin d’être évident. Mais pour l’heure Inherits The Void avance étape par étape, et si le premier album Monolith Of Light avait déjà titillé l’oreille du (mal)saint patron de Radio Metal à sa sortie en 2021, le deuxième a convaincu l’équipe de discuter avec la tête pensante du groupe pour connaître son parcours, ses ambitions et l’idée globale derrière cette formation.

Lire l’interview…



Chronique Focus   

Einar Solberg – 16


Parfois accusé d’accaparer l’attention dans les compositions récentes de Leprous, malgré le talent indéniable des autres membres du groupe, Einar Solberg fait partie de ces artistes hyperactifs pour qui le besoin d’une soupape solo s’est fait ressentir. Le pas est maintenant franchi avec 16, album dans lequel même les plus aigris ne pourront légitimement lui reprocher de mettre sa voix unique en avant. Thématiquement, le disque (« le plus proche qu’il ait été d’écrire un album conceptuel ») retrace le parcours effectué par le chanteur de ses seize à dix-neuf ans. Une période riche en transformations, durant laquelle il a réalisé que la vie n’était pas un long fleuve tranquille mais était aussi faite de belles rencontres et découvertes. 16 a aussi des airs de fête entre amis et proches : il a été conçu comme une collection de collaborations, jusqu’à la composition, avec en ligne de mire le fait de s’amuser avant tout. Entraîné par son élan, l’artiste a fini par y laisser bien plus que le budget initialement alloué (le titre final en témoignera plutôt bien), vagabondant de studio en studio comme de pays en pays.

Lire la suite…



Galerie Photos   

Metallica @ Stade de France, Saint-Denis, France – 17/05/2023




Interview   

Arjen Lucassen’s Supersonic Revolution : les années 70 au goût du jour


Certes, on connaît surtout Arjen Lucassen pour son space opera prog Ayreon ainsi que le plus metal Star One, mais le Néerlandais n’est jamais à court d’idées pour de nouveaux projets. Une nouvelle preuve est faite avec Supersonic Revolution et son premier album Golden Age Of Music. Plus qu’un projet, il s’agit là d’un véritable groupe monté… en vingt minutes pour répondre à une commande de reprise pour la compilation d’un magazine. Une genèse improbable mais signe d’une alchimie qui s’est imposée d’elle-même et d’un groupe « passion ». Et de passion il est effectivement question dans un album dont le concept est ni plus ni moins les années 70, celles qui ont embrasé l’imagination d’Arjen et qui lui ont donné envie de lui-même prendre une guitare et de monter sur scène, comme ses idoles. Mais attention, pas de « revival » ici, mais une modernisation de ce qu’étaient les années 70, à la sauce Lucassen et avec l’aide de musiciens qui ne les ont jamais connues.

Nous discutons de tout ceci avec le maestro qui, bien qu’étant relégué ici au poste de bassiste, reste le maître à penser du projet. Nous revenons évidemment sur cet âge d’or que représentent pour lui les années 70 et ses premiers pas dans la musique, en tant que musicien, mais aussi en tant que simple fan, toujours aussi fasciné par The Sweet, Alice Cooper, Rainbow, Deep Purple, David Bowie et consorts, sans pour autant complètement idéaliser cette époque.

Lire l’interview…



Chronique   

Elegant Weapons – Horns For A Halo


Un « supergroupe de plus ». Les mauvaises langues pourront aborder la formation d’Elegant Weapons ainsi, en accueillant avec un scepticisme presque feint leur première livraison intitulée Horns For A Halo. Le projet est porté par le guitariste de Judas Priest Richie Faulkner, qui revient de loin suite à un anévrisme aortique survenu en plein concert et une intervention chirurgicale à haut risque en septembre 2021. Il est assisté de Ronnie Romero au chant, Dave Rimmer à la basse et Christopher Williams à la batterie pour ce qui est du live. En ce qui concerne l’enregistrement de l’album, la basse a été l’œuvre de Rex Brown (Pantera) et c’est Scott Travis (Judas Priest) qui s’est placé derrière les fûts. Superband indeed.

La motivation de Richie Faulkner était d’avoir son « propre groupe » avec une identité sonore distincte de Judas Priest. Il ne faut que quelques secondes à « Bitter Pill » pour donner les premiers indices : Elegant Weapons donne dans le heavy-rock où les guitares sont dévouées au groove plutôt qu’aux frasques effrénées. L’introduction de « Dirty Pig » en est le symbole. La voix de Romero a la souplesse nécessaire pour épouser ce groove et Elegant Weapons se place plutôt comme une sorte d’hybride entre une inspiration Black Label Society (la ballade bluesy « Ghost Of You » renforce le parallèle) et les affects des musiciens pour le heavy traditionnel, à l’instar du rythme cavalier de « Do Or Die », du timbre aigu embrassé par Romero ou des cavalcades et phrasés de guitare de « Lights Out ». L’essence de ce Horns For A Halo reste néanmoins l’appétence pour les mélodies langoureuses et les rythmiques ancrées dans le sol, à l’image de la conclusion « White Horse ». Richie Faulkner donne effectivement un second souffle à sa carrière déjà immense en respectant son dessein : de l’inédit non, de l’élégance oui.

Ecouter des extraits…



Interview   

Ghost : fantômes du passé… et du présent


Pratiquement tout groupe commence en faisant des reprises. C’est à la fois une manière de se lancer quand on n’a pas encore de compo et de tester la cohésion entre musiciens, mais aussi de se former en entrant dans les entrailles de morceaux qui ont fait leurs preuves. La reprise n’en est pas pour autant l’apanage des novices, il suffit de voir le nombre de groupes professionnels qui se prêtent régulièrement à l’exercice, dont Ghost, qui en fait une tradition par le biais notamment d’EP entre les albums. Pour Tobias Forge, la reprise s’apparente à un retour aux sources, un lien avec ses années d’apprentissage, comme une boussole. C’est aussi un moyen pour son public de mieux comprendre sa fibre artistique et ses musiques originales.

Phantomime est le troisième EP de la sorte. L’occasion de discuter de tout ceci, de revenir sur quelques-uns de ses choix de chansons reprises et de son approche de l’exercice, mais aussi de son rapport aux deux mastodontes du metal – Iron Maiden et Metallica –, de pop music et de son affinité avec Def Leppard, le chanteur Joe Elliott ayant posé sa voix sur une nouvelle version de « Spillways »… Comme quoi, la reprise peut se décliner de plusieurs manières.

Lire l’interview…



  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
    previous arrow
    next arrow
     
  • 1/3