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Interview    Radio Metal   

Möhrkvlth : chants et mémoires de Bretagne


Möhrkvlth groupe black metal

Les poésies et les mythes des régions natives des musiciens du black metal ont toujours été inspirants. En Norvège, les amateurs pensent instinctivement au sognametal de Windir. Dans nos régions françaises, des artistes explorent les poésies occitanes qui contemplent les volcans avec Aorlhac. Depuis les années 90, le groupe culte breton Belenos traverse les âges, poussant même le bouchon jusqu’à chanter dans sa langue régionale. C’est aussi en Bretagne, dans le Finistère, que le groupe de black metal Möhrkvlth a été créé en 2014 pour perpétuer cette tradition. Möhrkvlth sortira en mai son deuxième album, Gwenojennoù An Ankounac’h, également porté par des textes en breton. Les paroles tournent autour de la guerre, des horreurs du passé, des populations rurales, des thèmes sacrés et des paysages mystiques. Le disque rend également honneur à la poétesse bretonne Añjela Duval.

Depuis ses débuts, l’entité Möhrkvlth a connu quelques changements de line-up. Seul son fondateur Grégory Person est resté à bord du navire. Il nous parlera de l’essence conceptuelle et traditionaliste de son projet sur notre antenne. Il sera accompagné du chanteur Mathieu Losq-Le Bars et du bassiste Florian Le Borgne. Les musiciens évoqueront les coulisses de la composition et de l’écriture de ces six titres atmosphériques et mélodiques. Pour parfaire notre excursion bretonne avec Möhrkvlth, en accord avec Antiq Records et le groupe lui-même, une chanson inédite de Gwenojennoù An Ankounac’h sera diffusée dans le cadre de cet entretien. L’émission Repas de Corbeaux prend place sur les ondes de Radio Metal à partir de 20h30, comme tous les lundis soir.

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Interview   

At The Gates : l’âme immortelle de Tomas Lindberg


Göteborg, 1988. Tomas Lindberg, seize ans, fonde Grotesque. Quelques mois plus tard, il rencontre les jumeaux Björler à un arrêt de bus. At The Gates voit le jour en 1990. Toute une scène qui changera la face du metal est née. Voilà l’héritage que Tompa a laissé derrière lui le 16 septembre 2025, emporté par un cancer. Mélomane, gentleman, philosophe, déconneur, Lindberg était tout ça à la fois et bien plus encore. Il manquera à beaucoup, ça ne fait aucun doute, mais avec l’élégance qui le caractérise, il n’est pas parti sans un cadeau d’adieu : The Ghost Of A Future Dead, ultime album au titre évocateur, qui fait froid dans le dos quand on sait que c’est le frontman lui-même qui l’a choisi en pleine conscience de sa situation et de l’issue probable.

On ne remerciera jamais assez Anders et Jonas Björler d’avoir pris le temps de nous parler à l’approche de la sortie du disque. On ne peut qu’imaginer à quel point l’exercice de l’interview doit être éprouvant dans ces circonstances. Pourtant ils s’y sont prêtés avec bon cœur pour raconter la vie de leur regretté compère – ses derniers jours comme leur première rencontre –, et évoquer ce huitième album d’At The Gates, qui restera vraisemblablement le dernier.

En attendant que Jonas arrive, nous bavardons un peu de manière informelle avec Anders, qui avait réintégré le groupe en 2022. Voyant la collection de CD et vinyles derrière son interlocuteur, il se prête à une confidence : « Je me suis débarrassé de tout il y a quinze ans : CD, vinyles, VHS, laser discs, DVD, Blu-ray, livres. Je ne possède plus rien. C’est assez étrange, mais c’est aussi libérateur de ne plus avoir de morceaux de plastique. J’étais un collectionneur trop obsessionnel, j’avais des problèmes avec ça. Je ne pouvais plus vraiment le supporter. Ça allait trop loin, donc il fallait que je me sépare de tout. Ça m’a fait du bien. En tout cas pour la musique, je trouve que le streaming est une très bonne chose. Presque tout est disponible. » Son frère arrive. L’interview peut vraiment commencer.

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Chronique   

Look Outside Your Window – Look Outside Your Window


Il n’y a aucun secret dans le fait qu’un album finalisé ne demeure pas dans les archives de ses créateurs. L’œuvre peut certes être bloquée en raison de conflits internes – le Aggression Continuum de Fear Factory –, mais rarement parce qu’elle est trop géniale pour le grand public. Enregistré pendant les sessions de All Hope Is Gone, quatrième opus des furieux masqués de Des Moines, Look Outside Your Window a longtemps nourri les théories les plus fumeuses. Il n’est au final ni un disque de Slipknot, ni un grand album tout court.

Régulièrement évoqué par Shawn « Clown » Crahan comme un disque audacieux proche des délires labyrinthiques d’un Radiohead, Look Outside Your Window se profile davantage comme une digression nocturne à Slipknot. Un album sur lequel des membres dissidents – Taylor, Root, Crahan et Wilson, dont l’apport est central – se laissent divaguer hors du carcan restrictif de l’hydre. La musique est spontanée, souvent déconstruite, les musiciens improvisant sans respect des schémas classiques ni même réel fil rouge. L’album est un quasi-suicide commercial et se veut résolument avare en accroches (« Dirge », titre sans queue ni tête). Il dissone, déraille, impose des motifs répétitifs jusqu’à l’aliénation. Root et Crahan privilégient les ambiances planantes, presque neurasthéniques, et optent pour des choix de production bruts résolument radicaux. Ils expurgent complètement leur écriture de tous les riffs burinés ou plans de batterie techniques, laissant les samples glaçants de Wilson s’insinuer dans tous les recoins. Seul Taylor, exclusivement en chant clair, se permet de placer sporadiquement des lignes mélodiques lancinantes qui raccrochent plus ou moins à la réalité. Le frontman s’amuse avec les effets et les résonances, voire s’abandonne parfois complètement (le très bon « Moth », « Is Real », en collaboration avec Cristina Scabbia). Look Outside Your Window est une porte ouverte sur un état d’esprit partagé par quatre musiciens à une époque précise, une parenthèse expérimentale. Une curiosité intéressante mais dispensable.

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Interview   

Truckfighters : une question d’équilibre


On les avait presque oubliés, et pourtant, ils ne sont pas partis très longtemps. Ayant entamé une pause, soi-disant « très longue », en 2018, c’est finalement quelques mois plus tard qu’ils sont revenus pour une tournée en célébration de leur premier album Gravity X. Depuis, le groupe qui s’est résigné à rester officiellement en duo – Oskar Cedermalm alias Ozo, au chant et à la basse, et Niklas Källgren alias Dango, à la guitare –, avec un batteur de session, a pris un rythme de croisière confortable en matière de dates, mais n’avait plus investi de studios pour produire de la musique ensemble depuis l’album V en 2016.

C’est enfin chose faite, dix ans plus tard, avec la sortie de Masterflow. Et quel plaisir de retrouver ce pionnier de seconde vague stoner, ses riffs de folie, ses mélodies délicieusement entêtantes, sa si jolie fuzz, mais aussi ses écarts de conduite et sa vaste palette d’inspiration qui le rend si atypique ! C’est un Dango très décontracté, philosophe même, autant dans son regard sur la vie et le groupe que sur la notion de « masterflow » qui sert de titre à leur nouveau recueil musical, que nous avons retrouvé pour répondre à nos questions. Nous sommes remontés avec lui jusqu’à peu près là où nous nous étions arrêtés la dernière fois, c’est-à-dire avant la pause, pour retracer le parcours du groupe depuis et comprendre où ils en sont aujourd’hui, avec un détour vers les origines d’une des formations essentielles de la scène.

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Chronique   

Einar Solberg – Vox Occulta


Le divorce stylistique amiable entre Leprous et le projet solo de son frontman est acté. Sur 16, Einar était, de son propre aveu, à la recherche de sa signature ; avec Vox Occulta vient l’heure de la focalisation : pousser le bouchon dans une direction spécifique. Sur l’impressionnante liste du personnel (le Norwegian Radio Orchestra, à lui seul, comporte près de soixante musiciens), on constate la quasi-absence d’autres voix. Qu’à cela ne tienne : Einar, seul comme un grand, varie le ton. Loin de toujours « péter une durite » ou être dans une douceur extrême, il adopte occasionnellement un ton plus neutre (« Medulla »). À l’inverse, on rencontre des « solos vocaux » aux lignes abstraites et dégondées. Les touches de growl se cantonnent aux apogées de titres (pour changer des aigus tout aussi inhumains) plutôt que de servir de base, mais « Liberatio » prouve que même un chant clair peut faire montre de brutalité.

Einar n’a jamais caché son amour pour la musique classique, et concilie ici cet attrait avec celui pour la musique de film. Qu’on ne se représente cependant pas Vox Occulta comme une fiction : c’est un portrait du présent, du réel, de l’artiste et du monde, qui se garde bien d’occulter un quelconque défaut. Le cinéma fait appel à un imaginaire collectif bien ancré, pour le meilleur comme le pire : difficile de ne pas voir débarquer des pirates (totalement hors sujet !) sur la chanson-titre. Les guitares, bourdonnantes, tranchent volontiers avec l’orchestre. Le premier tiers de « Grex » rend ce titre fleuve proprement dévastateur sur le plan émotionnel. « Anima Lucis », de son côté, apparaît comme l’accomplissement de ce qui avait été tenté sur Malina de Leprous. Einar assure qu’il s’agit là d’un projet à long terme, qui bénéficiera de toute la patience et détermination due à une telle entreprise. La différence entre 16 et Vox Occulta rend d’autant plus intéressants les allers-retours entre les deux, chacun illuminant des facettes de son frère. Et il y a fort à parier que leur successeur ne sera un clone ni de l’un ni de l’autre.

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Interview    Radio Metal   

Pilori : condamné à faner


pilori sans adieu greg radio metalAvec un nom percutant et un propos musical tout aussi tranchant, Pilori est du genre incisif. Depuis dix ans, le groupe parcourt la scène DIY. Le combo originaire de Rouen connaît bien les caves suintantes où il vient cracher son venin. Après plus de cent cinquante concerts, il présente son troisième album Sans Adieu. Toujours à la croisée de musiques hostiles — crust, blackened death metal, grindcore et chaotic hardcore — ce nouvel opus marque un cap, presque malgré lui. Sans Adieu ne cherche pas à propulser Pilori sur les grandes scènes. Ce n’est pas sa place. Le groupe vise plutôt à faire résonner sa colère froide chez celles et ceux qui lui prêteront une oreille attentive. Avec ses textes en français, son approche extrême et son énergie brute, Pilori se montre encore plus frontal qu’auparavant. Ce disque prolonge le fil de ses prédécesseurs. Il rappelle, sans détour, que la vie est éphémère et que la mort reste inéluctable.

Depuis ses débuts, Pilori avance par le bouche-à-oreille et les petites salles. Le groupe s’offre d’ailleurs un bel été avec des passages au Sylak et au Motocultor. L’occasion pour le quatuor de défendre Sans Adieu, un album marqué par le deuil et la perte d’êtres chers. Nous faisons connaissance avec le chanteur Greg. Il reviendra sur le projet et sur ce disque fraîchement publié chez Frozen Records. Le musicien sera en direct sur Radio Metal, dans l’émission Repas de Corbeaux.

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Interview   

Threat Signal : reconnexion essentielle avec le monde


Pat Kavanagh est le moteur créatif discret et robuste de Threat Signal. Recruté à la sortie du premier album Under Reprisal, le bassiste a rapidement pris les rênes de l’écriture, constituant avec le chanteur Jon Howard et le guitariste Travis Montgomery le noyau dur d’un groupe qui aura connu une multitude de remaniements de personnel. En hiatus depuis près d’une dizaine d’années, la formation canadienne marque avec Revelations, son cinquième album, un réveil sombre et fracassant. Un retour certes mûrement réfléchi sur le plan artistique mais avant tout guidé par un irrépressible besoin de jouer ensemble et d’écrire de la musique efficace.

Il suffit d’une question pour constater à quel point la passion habite le musicien. N’hésitant pas à sacrifier sa pause déjeuner pour un entretien de près de cinquante minutes, Kavanagh aborde avec sincérité les choix qu’il a dû effectuer au cours des dernières années afin d’être présent auprès de sa famille, son rapport presque addictif à l’écriture ainsi que les difficultés qui se présentent après dix ans d’absence. S’il se questionne sur les méthodes qui sont désormais à adopter pour permettre à Threat Signal d’exister dans un monde qui a profondément muté, l’écoute de Revelations ne laisse aucune place au doute. Le groupe est plus que jamais à sa place et en phase avec les tendances du moment. Lui qui a très tôt exploré des horizons metalcore / thrashcore et expérimenté les apports électroniques livre en dix morceaux le parfait manifeste de metal moderne.

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Chronique   

At The Gates – The Ghost Of A Future Dead


At The Gates renferme avec The Ghost Of A Future Dead le livre d’une histoire passionnante. Groupe précurseur, il aura posé les bases de tout un pan du metal sans jamais hésiter à les bousculer. The Nightmare Of Being s’imposait à ce titre en audacieux et magistral tour de passe-passe. Sans renier les racines et l’héritage, At The Gates y avait davantage à cœur de s’affranchir partiellement des codes du genre que de les appliquer avec droiture. Cet album testamentaire s’inscrit pour sa part plus volontiers dans une certaine ligne « traditionnelle ».

Les étoiles s’étaient réalignées avec le retour du guitariste Anders Björler. Tomas Lindberg laissera malheureusement ses comparses orphelins de sa présence magnétique quelques années plus tard. Conscient sur la fin du processus d’une mortalité devenue dangereusement proche, le chanteur aura malgré tout veillé aux moindres détails d’un huitième album aujourd’hui érigé en symbole de courage et de résilience. Lindberg en a enregistré le chant sans fard, les dernières lignes vocales ayant été posées sur bandes à quelques jours d’une opération d’envergure. L’ensemble exhale de fait l’urgence, la rage autant que la noirceur. The Ghost Of A Future Dead est le témoignage d’un homme au crépuscule de sa vie, reconnecté à l’essentiel. Il incarne le mélodeath dans sa forme la plus pure, sincère et féroce (le percutant single « The Fever Mask »). Les frères Björler construisent des structures propices et directes, referment la porte aux expérimentations prog et recentrent la formule sur l’efficacité des riffs. The Ghost Of A Future Dead reste malgré tout un disque extrêmement dense et finement travaillé. Les compositions sont rapides, agressives, sans concessions. Le combo ne fait que de rares écarts de côté, comme s’il y avait un besoin viscéral de revenir aux fondamentaux, à la source même. Si les reliefs et les embardées hors cadre de l’album précédent peuvent occasionnellement diviser, cet ultime opus en forme d’instantané brut est une épitaphe vibrante. Gloire à At The Gates.

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Blackrain : à la recherche de la lumière


Vingt ans après le premier album sans titre, Blackrain demeure un indéboulonnable du paysage hard rock hexagonal. C’est revigoré par du sang neuf que la formation haut-savoyarde d’origine revient avec Orphans Of The Light, premier disque de chansons originales avec Franky Costanza derrière les fûts, et passage de témoin entre le membre fondateur Max 2, qui s’en est allé vers d’autres horizons musicaux, et le nouveau six-cordiste-soliste Jerem G. C’est donc, à la fois, une nouvelle ère qui s’ouvre et une continuité de l’esprit qui les anime. Blackrain poursuit son travail d’ouverture, d’enrichissement de leur son, de dépassement de l’étiquette « glam/sleaze » qu’on veut, à leur grand dam, continuer à leur coller, et malgré une industrie qui, à l’époque des services de streaming, encourage l’inertie et l’homogénéité artistiques.

C’est avec le frontman Swan Hellion et celui qui a fait ses premiers pas dans le groupe, non pas en tant que guitariste, mais en incarnant le personnage de Summer Jesus, que nous nous sommes entretenus pour parler de tout ça. Et c’est avec un regard d’une rare honnêteté qu’ils nous ont répondu, faisant vite comprendre que c’est grâce à un fort sens de l’autocritique qu’ils connaissent une progression constante. C’est donc un large panel de sujets que nous avons abordé ensemble, des spécificités de l’album à la notion d’évasion face à ce que devient le monde, en passant par le rock au sens large et l’évolution des modes de consommation de la musique.

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Chronique   

Neurosis – An Undying Love For A Burning World


L’influence de Neurosis sur le metal et la musique actuelle en général n’est plus à démontrer : à la force du poignet, les Américains ont insufflé une nouvelle énergie qui a déferlé dans tous les recoins de la scène et propulsé le post-metal à ses sommets. Indéniable, elle est aussi inébranlable, malgré des albums tardifs un peu en demi-teinte, et une séparation intempestive d’avec leur membre historique Scott Kelly après la révélation de violences domestiques. De quoi laisser penser que le soleil avait décliné pour de bon pour ces pionniers, qu’on n’avait plus entendus depuis Fires Within Fires il y a dix ans. Mais coup de tonnerre : le 20 mars, avec la reverdie, Neurosis a brusquement dévoilé rien de moins qu’un nouvel album au titre-manifeste, An Undying Love For A Burning World – un amour immortel pour un monde en flammes.

C’est Aaron Turner (Sumac, Isis) qui a été choisi pour prendre le relais de Scott Kelly, et dès la première écoute, l’effet de ce sang neuf est évident : si Neurosis fait toujours du Neurosis, c’est un Neurosis galvanisé, à la colère, la douleur, l’intensité intactes, comme régénéré par cette pause et cette reconfiguration forcées. La brève introduction donne le ton (« We exist in isolation, so we suffer »), et laisse rapidement place au déferlement de riffs écrasants auquel on pouvait s’attendre de la part du groupe. La production, organique et qui laisse son mordant à chaque instrument, sert chaque facette du son de Neurosis, ses riffs assourdissants et ses imprévisibles mutations comme ses longs développements atmosphériques volontiers ponctués de sonorités synthétiques, au milieu de « Seething And Scattered » où il précède une montée en puissance spectaculaire ou au début d’un « Last Light » particulièrement tendu avec sa rythmique de cœur qui s’emballe par exemple. Sans temps mort, An Undying Love For A Burning World nous mène d’abîmes d’angoisse à des moments contemplatifs frôlant la révélation avec une vraie générosité – au niveau de la longueur, de l’attention portée aux détails ou du message – qui rend la musique de Neurosis plus cathartique que jamais. Même si le groupe n’a plus rien à prouver, même si ses membres – comme une quantité non négligeable de ses fans – sont désormais à des décennies de leurs tourments de jeunesse et même si le post-metal a perdu en singularité ce qu’il a gagné en exposition, cet opus qui sort dans un monde effectivement en flammes parvient à s’imposer comme nécessaire, voire franchement salvateur.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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