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CR De Festival    Live Report   

Hellfest 2018 : fil rouge de la journée du samedi 23 juin


2018 ne déroge pas à la règle : une fois de plus, le staff de Radio Metal débarque en grande pompe au Hellfest Open Air armé de ses rangers, sa crème solaire et une bonne dose d’endurance pour vous faire vivre en direct ce rendez-vous incontournable pour tous les fans de metal de France et d’ailleurs. Black, death, thrash, hardcore, hard, prog, doom, sludge, folk, fusion… La recette du festival est comme à son habitude des plus variées et ajustée aux goûts de toutes et tous. De Judas Priest à Neurosis en passant par Marilyn Manson ou encore Watain, notre équipe va tout faire pour vous retranscrire au mieux les faits marquants de ces dizaines de concerts et l’ambiance qui règne à Clisson Rock City.

Comme nous avons pu le faire ces dernières années, vous allez pouvoir suivre le festival en direct via ce fil rouge qui sera fréquemment mis à jour de l’ouverture des hostilités vers 10h30 jusqu’à la fin des derniers concerts vers 2h du matin. Si les dieux de la 4G s’avèrent cléments et nous laissent faire notre travail, vous trouverez la majorité des informations sur le site donc, mais vous pourrez également suivre les festivités sur notre galerie Instagram, notre compte Twitter et notre page Facebook. N’hésitez d’ailleurs pas à recharger fréquemment nos différentes plateformes afin de ne rien louper ! Enfin, sachez que ce fil rouge sera enrichi dès notre retour afin de corriger les éventuelles imprécisions et rajouter quelques détails plus ou moins croustillants.

Vous trouverez ici le compte-rendu de la journée du vendredi. Bonne lecture !

Il ne sera pas dit que les metalleux ne sont pas matinaux…

10h25 : Alors que le Hellfest ouvre ses portes pour la deuxième journée, le public s’installe doucement devant la Mainstage pour Redemption, les gagnants du tremplin Voice Of Hell (à ne pas confondre avec le groupe de prog américain), qui sont acclamés dès leur arrivée sur scène. Le groupe joue un heavy pas forcément novateur mais qui fonctionne et fait bouger la tête du public, et c’est Rod, 10 ans (!) qui mène le rythme effréné de cette performance à la batterie. De bon matin, c’est déjà le temps du headbanging, des premiers circle pits, et même d’un wall of death qui suit une reprise très bien exécutée de Blondie.

10h50 : Il est 10h30, les festivaliers doivent se remettre de deux choses : la fatigue de la veille, et la mort de Vinnie Paul. Hexecutor est parti pour réveiller tout ça. Ce groupe de Rennes est depuis 2011 sur une montée de popularité fulgurante. Devenu le favori des amateurs de thrash, il frappe dans le old school à tous les niveaux. Hexecutor nous fait entendre toutes les vieilles demos de groupes de thrash de la fin des années 70. Même dans l’habillage, tout y est : les vieux jeans découpés, les clous, et évidemment, pas de t-shirt ! Le son est sale, on ne trouve absolument rien de moderne chez ce groupe, et c’est d’ailleurs ce qui fait son succès : tout cela est parfaitement exécuté. Une véritable capsule vers le passé. Des solos à chaque morceau, une voix éraillée, des poussées de chant aigu, des passages mid-tempo après chaque moment de violence, le guitariste qui se roule par terre à la Angus Young, tout est là. Certains titres, comme « La Sorcière Du Marais », peuvent sembler terriblement cliché, mais peu ont fait mieux en thrash en France ces dernières années… Le jeu scénique du groupe est irréprochable et la foule qui crie en cœur sur les morceaux serait presque émouvante ! Le public finit même par ouvrir le pit histoire de commencer la journée de manière idéale.

10h59 : Black Rainbows réveille une demi-Valley où les petits yeux sont encore nombreux. Heureusement, les compos stoner du groupe sont suffisamment mélodiques et entraînantes pour éviter de prolonger la léthargie matinale. Mention mandale à « Grindstone » qui dose pile poil ce qu’il faut entre effets psychés et riffs plombés. Un chouette réveil à l’italienne.

11h19 : Pendant ce temps-là, la Warzone est la scène parfaite pour retrouver un frontman gesticulant comme un rappeur. Le groupe new yorkais de hardcore Incendiary bondit autant que les quelques personnes dans la foule qui créent déjà des nuages de poussières. Un son rythmé et marqué accompagne un chant à la limite du parlé. La prestation était attendue et rameute beaucoup de festivaliers de bon matin, qu’ils restent assis ou qu’ils se lèvent pour encourager le groupe.

Pensées Nocturnes, black metal carnavalesque

11h34 : Dix ans d’existence, cinq albums, mais pourtant cela ne fait que deux ans que les Parisiens de Pensées Nocturnes jouent en live. Bienvenue au carnaval du black metal où se mêlent musique et grotesque. Les musiciens au corpse paint délavés ressemblent à des clowns ratés d’un monde passé – un genre d’Avatar version morts vivants. Mais il n’y a pas qu’avec ses vêtements sales, déchirés et crasseux que Pensées Nocturnes se démarque : musicalement, le groupe créé un hybride de black metal et de sonorités traditionnelles dignes de fêtes de village. Quand le chanteur ne growl pas, il sort sa plus belle voix d’opéra, puis se munit de son mégaphone, de son trombone (encore un point commun avec Avatar…), de son harmonica ou de son mélodica. De même, le claviériste, avec sa mise triste, sort son accordéon et entame un morceau de fanfare. Le résultat forme une ambiance dérangeante, mais qu’on ne s’y trompe pas, Pensées Nocturnes interpelle et devraient se faire une place de choix dans black metal français à l’avenir. Il ne s’agit pas de se laisser rebuter par les solos dissonants et mal accordés : on a du neuf sous la main, il faut en profiter, et se laisser embarquer dans la folie et la véritable débauche musicale de Pensées Nocturnes.

11h44 : Breed Machine arrive sur scène devant un parterre un peu dégarni après la claque prise pour Redemption. Ils peineront un peu à faire bouger les metalheads au début de leur show. Un possible problème de balance au départ n’aide pas mais le son s’améliore vite et la fosse se met à bouger un peu. Les choses finissent pas s’accélérer un peu plus et on assistera à quelques circle pits qui commencent à puiser dans les calories ingurgités au petit déjeuner un peu plus tôt. Le tout se finira par un wall of death avant de laisser la place à Black Bomb A sur la Mainstage 2.

11h52 : … Et c’est devant une large foule qu’arrivent les-dits Black Bomb A, manifestement très attendus. Dès la première chanson, tout le monde est à bloc, et la fosse a la bougeotte ! Les chanteurs sont toujours aussi énergiques et le batteur, malgré les années, maîtrise toujours autant son instrument. L’ambiance est au rendez-vous : dès la deuxième chanson s’ouvre le premier wall of death suivi d’un gros circle pit qui nous repousse à une bonne vingtaine de mètres des barrières… Au fur et à mesure du set, le son s’améliore et l’atmosphère est de plus en plus électrique : pour lancer le célèbre « Mary » (que tout le monde reprendra en chœur), les chanteurs prennent une bonne minute pour séparer la foule et lancer un wall of death gigantesque qui marquera sans doute l’histoire du festival. De quoi attendre leur prochain album avec encore plus d’impatience !

3, 2, 1…

12h22 : Il y a quelque chose de rassurant à voir des amplis Orange de bon matin, surtout quand on sait qu’ils seront ensuite utilisés par Monolord. Le groupe n’est actif que depuis 2013 et pourtant avec leurs trois albums, les Suédois ont déjà fait la première partie de Black Label Society et se sont fait une place de choix chez les fans de stoner. Et pour cause : la voix résonne d’échos et les riffs sont hypnotisants, quand bien même ils se répètent sur tout le morceau. La lenteur et la force de frappe des musiciens font de Monolord un groupe incontournable de la scène. Un trio de choc qui remplit la Valley de bon matin, et remplit les fans – dont certains connaissent manifestement des passages par cœur ! – d’admiration. Un très beau moment de stoner qu’on est prêts à revivre dès que l’occasion se présentera.

12h43 : « Hellfest ! C’est un honneur pour nous d’être ici, car pour nous, le metal et le hardcore, c’est plus que de la musique. C’est le dernier bastion contre la bêtise humaine ! J’emmerde le racisme, j’emmerde le sexisme ! » Voilà comment nous parle le chanteur de Get The Shot, le doigt bien haut comme toute la Warzone. Et cela juste avant de se jeter dans la foule pour en sentir l’énergie. Car ici on n’est pas au Hellfest, on est dans la Warzone : on dit bonjour au bâtiment plein de rouille, et surtout aux tornades de poussière que soulève le public sur le passage des groupes. Une zone de chaos dans laquelle s’enchaînent les circle pits. Les Québecois de Get The Shot sont donc bavards, et tout le mérite en revient au chanteur, qui se donne à 200 %. Si les musiciens participent aux chœurs, ils restent finalement assez discrets, c’est donc lui qui va demander au public de frapper du poing.

12h47 : L’arrivée en scène de Hantaoma est très attendue par le public de la Temple qui reprend en chœur les lyrics entêtants du groupe français. Le frontman emploie ce chant clair, parfois lyrique, caractéristique d’un appel aux frères d’armes, et déclenche au passage une marée de poings levés. Une basse et une batterie bien lourdes et rapides qui s’associent parfaitement aux changements de ton du chanteur, prenant une nuance plus thrash. Des mélodies aiguës aux tendances folk à la guitare mettent en avant le côté traditionnel du groupe, accentué par l’entrée en scène d’instruments beaucoup plus atypiques.

12h52 : C’est un concert de heavy en bonne et due forme que nous proposent les anglais de Savage Messiah sur la Mainstage. Soli de guitare et gros riffs sont au rendez-vous. Le moins que l’on puisse dire, c’est que leurs compos sont efficaces et les harmonies vocales bien travaillées. Le public un peu clairsemé au départ se densifie rapidement au fil des chansons, semblant apprécier leur énergie et leur bonne humeur. Un groupe que l’on sent né pour composer des hymnes, une belle entrée en matière pour les amateurs de heavy.

13h30 : Sur la Mainstage 2, le public du Hellfest a eu droit à un show très intense et dynamique de la part d’Eskimo Callboy. On a vu le duo de chanteurs à fond, avec une pêche incroyable. Le bassiste assure, le batteur fait bien son taff et les guitaristes sont parfois un peu en retrait mais quand même présents. Le public n’hésite pas à participer à la performance : à la photo « finish », les musiciens ont fait s’asseoir tout le monde pour après conclure ensuite avec une danse. Une belle surprise.

Par cette chaleur, il est important de bien s’hydrater…

13h33 : Demilich sont de sacrées légendes. Et un sacré groupe également ! Ces Finlandais n’ont sorti qu’un seul album en 1993, et depuis, le groupe ne fait que se séparer pour se remettre ensemble ensuite. Et puis en 2014, ça y est, le groupe semble enfin stable et peut enfin venir nous présenter ses titres sur scène, un death metal chaotique mais également très technique. On démarre le set un peu déçus à cause d’un son très raw et chaotique lui aussi ; on ne distingue rien et l’ensemble paraît encore plus brouillon que sur album. Mais dès le deuxième morceau, le problème est résolu, et on retrouve la voix caverneuse que l’on aime tant et ce death qui change régulièrement de tempo. Le chanteur semble heureux d’être là et admet la situation étrange dans laquelle se trouve le groupe. En plus de titres de leur album Nespithe, ils interprètent des demos dotées de titres comme « And The Slimy Flying Creatures Reproduce In Your Brains » (sic). Même si le public est venu par curiosité plus qu’autre chose, c’est une vraie pépite rare que le Hellfest nous propose, et on espère que le public répondra présent en septembre prochain au Backstage à Paris.

14h03 : Knocked Loose débarque dans une Warzone bien remplie : cinq musiciens ultra énergiques que la foule va s’échiner à suivre, comme prise de folie collective ! La cloche de la ride résonne et nous plonge dans des abysses avec un accordage bas et profond. Pas d’hésitation : le but de la musique des Américains, c’est le headbang, et le public répond avec enthousiasme.

14h07 : Pour sa première au Hellfest, Jessica93 a retenu les faveurs d’une Valley quasi pleine. A seulement deux, le groupe arrive à proposer une musique épaisse et entêtante, Geoffroy Laporte alternant basse, guitare, et usant fréquemment de ses pédales pour étoffer le tout. Si les compositions s’avèrent franchement classes, les zicos eux, jouent la carte de la simplicité et de l’autorisation, chose ô combien cool à regarder. Il faut dire qu’avec des morceaux tels que « Anticafard2000 » et « RIP In Peace », Laporte n’a jamais caché son amour pour l’absurde. À découvrir si ce n’est pas déjà fait.

14h19 : Un batteur avec le visage recouvert d’une substance noire qui porte une chemise recouverte de sang : pas de doute, il s’agit bien des étoiles montantes du black islandais de Misþyrming. Le reste des membres du groupe (pour la plupart jouant aussi dans Naðra) s’avance ensuite sur scène dotés du même accoutrement pour lâcher des morceaux intenses, sombres et violents, ainsi qu’un mini solo de batterie spectaculaire. Une présence scénique fantastique grâce à leur énergie et aux regards de défi lancés au public – public qui restera tout au long de la performance complètement captivé par le combo.

14h27 : L7 ne fait (toujours) pas dans la dentelle ! Originellement programmées dimanche, leur créneau a été échangé avec celui d’In This Moment, que les festivaliers verront donc demain. La batteuse Demetra Plakas s’étant cassé un bras, elle est remplacée par JoDee Locks que certains prendront pour une femme à barbe… Si les Californiennes nous joueront le traditionnel « Fuel My Fire » et clôtureront le concert par « Prentend We’re Dead » et « Shitlist », elles nous font savoir qu’elles sont bien de retour et décidées à s’incruster dans le paysage du hard rock une nouvelle fois. C’est avec le titre « I Came Back To Bitch » qu’elles proclament leur retour en faisant savoir qu’à l’heure actuelle il y a des choses à redire. D’ailleurs un certain Donald se fera alpaguer – on vous laissera deviner lequel. Un bon concert pour une digestion tout en chaleur sous le soleil qui écrase la fosse de la Mainstage.

15h04 : Ambiance vacances chez Psykup avec une arrivée sur scène en chemise légère sur fond de « Surfin USA » des Beach Boys. Mais ça, c’est le calme avant le chaos, car qui connaît la musique des Toulousains sait parfaitement que la formation du sud enchaîne facilement moments jazzy, riffs de basse entraînants et screams ou guitares saturées. Le groupe en profite tout de même pour nous glisser un mot sur le DVD live qu’ils viennent de sortir et qui est disponible au festival (l’avant-première du DVD ayant eu lieu au Grand Rex, à Paris). Il a le mérite d’avoir démarré en bas, et c’est pour cette raison et en hommage aux personnes dans la même situation, qui impriment leurs propres tracts, les distribuent elles-mêmes, etc., qu’il jouera « Do It Yourself ». On retrouve dans la musique des Toulousains du black, du death, du rock progressif, du jazz, du metalcore… Bref, c’est un peu du n’importe quoi, mais les fans adorent : les circle pits se forment, ça slamme, et la folie culmine avec un gigantesque wall of death, avant que le groupe fasse une photo finale avec le public pendant que le morceau « Surfin’ Bird » de The Trashmen se fait entendre.

Rise Of The Northstar harangue la foule

15h29 : C’est l’heure du Genkidama sur la Mainstage. Rise Of The Northstar revient pour la deuxième fois au Hellfest et peut compter sur une fanbase encore plus conséquente. Et le moins que l’on puisse dire, ce que ce n’est pas la moins motivée… La fosse réagit au quart de tour aux invectives de Vithia, désormais doté d’une flamboyante teinture blonde et un masque, qui déclenche jumps et circle pits à l’envie. Le reste du gang n’est pas en reste et dégage toujours cette identité et cette impression d’unité très marquée. « Sound of Wolves », « What The Fuck », « Again And Again »… La mini setlist en béton armé marave à chaque morceau. Un show over 9000.

15h30 : 1000mods fait bouger la Valley avec leur stoner au groove puissant. Venant tout droit d’un petit village grec, ils proposent un son caniculaire parfaitement de circonstance. Le public headbangue à cœur joie, les musiciens étant parvenus à faire monter la sauce tout au long de leur set.

15h54 : Le public de la Warzone se lâche totalement à l’arrivée du groupe américain Turnstile. Les membres eux mêmes se lâchent complètement en sautant et dansant partout. Partout. Même dans le public. Le chanteur s’élance dans la foule et commence à slammer sur les fans avant de retourner sur scène faire quelques pas de danse – mais pas avant que la sécurité ait essayé de l’en empêcher, le prenant pour un slammeur parmi tant d’autres ! Un solo de basse bien groovy encourage le public à faire de même. Un son groovy donc, mixé à l’énergie du punk et à son côté anarchique car décidément, la sécurité peine à retenir le chanteur de se mêler à la foule toutes les cinq minutes…

Jun-His d’Oranssi Pazuzu donne de la voix

16h01 : La musique d’Oranssi Pazuzu n’est pas pour toutes les oreilles. Les Finlandais sont en effet depuis plusieurs années une curiosité musicale dont on n’a toujours pas percé le mystère. Le groupe nous propose un black metal d’avant-garde psychédélique réservé aux amateurs d’expérimentations musicales. Les pédales aux pieds des musiciens sont nombreuses et les accords de guitare sont transformés pour créer un univers hypnotisant qui nous ferait presque somnoler. Oranssi Pazuzu agit comme une bête aux centaines de bras qui essaierait de nous attraper pour mieux nous tenir et nous garder devant elle. Et ce n’est pas le niveau sonore qui va nous sauver car même devant le bar de la scène, le groupe atteint les 107 décibels ! S’il reste optimal de voir les Finlandais en salle pour une meilleure ambiance et apprécier mieux les effets de lumières, on reste toujours admiratif devant tant de maîtrise.

16h46 : Ovni dans la Valley. HO99O9 (à prononcer Horror) débarque avec ses beats plombés ultra malsains et un slam direct dans la fosse. Et le combo américain en déroute plus d’un. Fusion de punk hardcore et de hip-hop, la musique du groupe peut aller assez loin dans la déstabilisation auditive. Tantôt l’accroche est immédiate, tantôt il faut prendre le temps de capter ce qu’il se passe réellement sur scène. Peut-être que le public de la Warzone aurait encore plus adhéré aux compos, il n’empêche le parterre qui s’est un peu déplumé en route a réservé un accueil très enthousiaste aux zicos. Une sacrée surprise.

HO99O9 va vous mettre la tête à l’envers

16h47 : Powerflo, groupe mené par Sen Dog de Cypress Hill mais avec également Billy Graziadei de Biohazard ou l’ex-Fear Factory Christian Olde Wolbers, débarque comme des chiens enragés sur la scène de la Mainstage 2 avec leurs morceaux entraînants. Le chant de Sen Dog est rythmé, les paroles simplissimes pour une efficacité maximum. C’est en tout cas suffisant pour le public qui pogote sous un soleil brûlant face à un groupe en forme et souriant qui prend le temps de présenter ses musiciens avant de laisser le public continuer à se défouler.

17h04 : Akercocke est un groupe de death progressif anglais qui nous fait rêver en studio. En ce qui concerne la prestation live, si l’aspect technique n’est pas au point, cela passe moins bien, et hélas, c’est bien ce qui se produit : même si le chanteur est souriant et ravi d’être de retour au Hellfest, le son des guitares est loin de nous convaincre et manque cruellement de puissance. Cela ne semble pas gêner le claviériste du groupe qui passe le concert à imiter les gestes du batteurs plus qu’à réellement jouer. On se demande par ailleurs l’utilité de son micro tant sa voix est en retrait par rapport au reste… Le public est assez clairsemé et ne semble pas être dans le mood, même si quelques fans sont présents, et que par habitude, les pits s’ouvrent généreusement. On attend de recroiser la route du groupe avec un meilleur son, et d’ici là, on va aller se réécouter l’album Renaissance In Extremis…

17h21 : Sur la Mainstage, Tremonti joue très propre, chante avec beaucoup de puissance. Au programme du gros riff heavy rock taillé pour le live et soulever les foules, sans oublier des hits tels que « Another Heart » ou « Wish You Well ». Le public est déchaîné. Mark Tremonti en profite pour orchestrer un grand wall of death, et les refrains comme les solos accrocheurs du groupe conquièrent sans peine la fosse archi-pleine des Mainstages.

Tremonti sous le soleil

17h37 : Le public se presse sous la Temple pour tenter d’apercevoir Heilung. Les plus chanceux y parviennent, les autres s’amassent dehors devant l’écran géant pour assister à la cérémonie. Une cérémonie puisque les membres commencent en se réunissant en cercle et en récitant des paroles ressemblant à des incantations. Les tambours s’emballent, signe d’une éventuelle accélération de rythme… qui n’arrive pas vraiment. Des guerriers arrivent sur scène en plus des membres déguisés notamment avec des os. Les tambours sont les composants principaux de la musique et le chant se résume à des incantations parlées. Une petite partie du public quitte la tente par manque de patience. Peu à peu, le rythme s’accélère, devenant plus oppressant, faisant monter la pression. On peut supposer que l’ambiance instaurée fonctionnerait mieux en pleine nuit…

17h48 : Pas de chichi pour Jonathan Davis qui débarque sur scène devant un back drop blanc orné d’un sobre JD stylisé. Mais le frontman se montre en grande forme, très proche de son public, et enchaîne les mélodies accrocheuses. Ça groove sérieusement avec une belle contrebasse pour les basses fréquences et un batteur survolté qui n’est autre que son camarade de Korn Ray Luzier. Pour autant, aucune chanson du fameux groupe de nu metal ne sera jouée. Le public headbangue avec enthousiasme, manifestement très heureux de retrouver l’artiste, presque en transe sur le son de guitare electro, les rythmes de caisses claire et le violon électrique de ce side project à l’identité propre, flirtant parfois avec la world music grâce à des sonorités orientales. Sur le tube « What It Is », le refrain est repris avec enthousiasme par le public. De quoi lui laisser des souvenirs pleins d’émotions !

17h53 : La vie moderne c’est la guerre, « Les politiques ne parlent pas pour nous ! » Que d’engagement politique dans cette Warzone décidément ! Modern Life Is War, qui jouait à Paris hier, propose une musique bien plus écrite et mid-tempo que le reste de l’affiche, relativement « calme » et lente pour du hardcore punk. C’est pour cette raison peut-être que le public semble moins agité que d’habitude, même s’il s’énervera un peu plus en fin de set quand le chanteur se jettera dans la foule et se permettra une reprise du classique « I Wanna Be Your Dog » des Stooges… Pour autant, on ne sait finalement pas s’il a apprécié venir puisque c’est sur un sobre « On a fini » qu’il quittera la foule.

Pensée pour tous ceux qui se sont retrouvés derrière cette personne lors d’un concert

18h32 : Ambiance écrasante à l’Altar où le rouleau compresseur Memoriam (composé d’anciens membres de Bolt Thrower) fait tranquillement mais sûrement son œuvre. Dans la fosse, le public savoure son mets sans trop s’exciter. Au vu du faible nombre de mains levées à la question « Qui a acheté notre dernier album ? », il faut croire qu’une bonne partie de l’assemblée est plus là par curiosité que par fanatisme. Mais cela n’empêche pas les Anglais d’empiler leurs pavés de gros death old school bien gras. L’ambiance montera tout de même en puissance au fur et à mesure du set jusqu’au dernier morceau.

18h44 : « Je ne savais même pas qu’ils étaient français ! » Désolé pour la jeune fille qui a sorti cela durant le concert et qui n’était clairement pas prête pour Pleymo… Du metal alternatif, avec des riffs énervés appuyés par des passages au chant hip hop. « Tous ensemble pour que le sol tremble ! » « Ce soir, on joue la bagarre ! » Voilà comment Pleymo nous accueille. Rejetons français de la vague neo metal des années 90, ça fait un moment (dix ans !) qu’ils ne nous avaient pas donné de nouvelles. Mais depuis quelques temps, le groupe fait son comeback et va même s’offrir le luxe de jouer à guichet fermé à Olympia. Ils correspondent parfaitement à cette journée, entre Jonathan Davis, le chanteur de Korn, et Limp Bizkit un peu plus tard. Pas mal de monde va sans doute se prendre un coup de vieux aujourd’hui… Justement, comme allusion à Korn, l’un des chanteurs demande au public de headbanger comme Jonathan Davis le fait (« des coups de marteau avec la tête pour enfoncer des pieux » (sic )). Le groupe pioche principalement dans ses trois premiers albums, les plus neo metal donc les plus « violents » de leur carrière. Seuls deux morceaux plus mélodiques sont joués, dont « Rock », qui passent bien au milieu de « Nawak », « Blöhm » et consorts. Puis plus tard, sur le morceau « Tank », un grand wall of death se formera, semblable à celui de Dagoba il y a quelques années, créant deux pits devant cette Mainstage. Les musiciens sont heureux de ce moment et remercient avec profusion le Hellfest, ses bénévoles et ses techniciens. Avec son câble de micro aux couleurs de la France, Pleymo nous rappelle que la scène nationale n’a rien à envier aux autres. Un show simple, puissant et convivial, comme un retour en arrière à l’époque Team Nowhere.

19h46 : Comme en témoigne la foule amassée devant la Temple, Arkona était très attendu. C’est en costume et autour de leur crâne central qu’ils arrivent. La chanteuse semble en transe, alternant voix caverneuse et voix claire, tout ça les cheveux au vent. Le public s’agite de plus en plus à chaque morceau, que ce soit en faisant des circle pits, en tapant des mains ou en hurlant… Et les slammer se succèdent. Le groupe russe soigne autant son apparence que sa musique. Les instruments traditionnels qu’ils utilisent sonnent magnifiquement bien. Le final est très dansant et met la foule d’accord dans une salve d’applaudissements.

19h00 : Dälek arrive sur scène devant une petite foule l’attendant. Un son de guitare saturée est utilisé en bruit de fond tandis qu’un beat rythme le tout. Le hip hop est représenté au Hellfest par ce groupe mixant les sons saturés du metal et un chant parlé et calme différent de celui du hardcore. À noter, la présence de Mathieu van de Kerckhove d’Amenra sur scène aux côtés des Américains.

Le Hellfest dans la joie et la bonne humeur

19h57 : Est-ce autorisé d’enchaîner sur « One With The Underdogs » et « Stick Tight » après avoir utilisé « High Hopes » de Pink Floyd en intro ? Sans doute pas, mais Terror a apparemment décidé que si. Alors à cet homme en t-shirt Amon Amarth disant que ça va beaucoup pogoter et à cet autre, en t-shirt Alestorm, qui repart le genou en sang, nous disons : adieu. Car ces enfants de Los Angeles ne rigolent absolument pas et sont prêts à retourner la Warzone comme il faut. Le hardcore a ses règles et les non-habitués vont regretter d’avoir fait le déplacement, surtout quand le pit s’ouvrira sur eux à coup de crowdkill. Durant 45 minutes de set (au lieu de l’heure prévue), Terror ne laissera pas un moment de répit. Toujours des bras en l’air, toujours un circle pit en cours, et toujours des coups qui s’échangent. Rendez-vous le 1er août au Petit Bain à Paris pour faire couler la péniche.

20h37 : Après avoir envoyé un morceau qui a été le prémisse d’une vague de violence dans la foule expulsant tous les slammers, Maurizio Iacono, le chanteur québécois de Kataklysm, s’exprime en français afin d’exiger un circle pit du public, qui s’exécute avec plaisir. Par ailleurs, il dédie le morceau « Wall Outside Of Us » à un très cher ami décédé hier. Les mouvements de foule ne s’arrêteront à aucun moment durant tout le concert.

20h38 : Les équipes de sécurité vont avoir du travail sous la Valley. Le foin du sol vole, les slammeurs sont nombreux, le sol se fait labourer, les circle pits s’enchaînent, et pourtant c’est gras ce que l’on entend. Pas de doute, l’immense (il doit bien mesure deux mètres) Ben Ward – dont vous pouvez lire notre interview ici – débarque avec Orange Goblin. Le groupe est venu défendre son tout récent The Wolf Bites Back, un album de grande qualité dont on entendra quelques titres, dont « Sons Of Salem ». « Merci d’être venus nous voir au plus grand festival du monde entier ! » En effet, le groupe semble ravi d’être là et le public le lui rend bien. On aura rarement vu la Valley autant bouger, habituée qu’elle est au riffs lourds et lents. Pour une heure, tout s’est accéléré histoire de dérouiller les membres des habitués.

21h34 : Bullet For My Valentine a franchi quelques étapes depuis ses débuts. On les sent confiants et très à l’aise pendant l’heure qui leur est impartie sur la Mainstage. Le poids des années sans doute, mais peut-être aussi grâce à la présence de leur nouveau batteur, officialisée il n’y a pas si longtemps. Il a permis au groupe de passer un vrai cap en terme de puissance et d’assise rythmique, et ce n’est pas son solo de batterie qui nous fera dire le contraire. Même si cela peut sembler dispensable sur un set plutôt court, il faut avouer qu’il fait très bien le job. Bullet est là pour nous présenter son nouvel album, Gravity, qui sort vendredi prochain. Trois morceaux en sont joués et ils passent bien en live, étant plus calibrés chanson et moins techniques. Pour le reste, on a droit à de nombreux tubes du groupe : « 4 Words », « Scream Aim Fire », « Waking The Demon »… Le chanteur nous indique qu’on est le meilleur public depuis trois semaines qu’ils écument les festivals. On a le droit de le croire… ou pas ! En tout cas, Bullet For My Valentine a une importante fanbase en France vu la foule massée devant la scène, et le show délivré devrait permettre aisément de continuer en ce sens.

21h43 : Ice motherfuckin’ T Bitch est de retour au Hellfest avec Body Count. Après son dernier passage à la Warzone qui en avait frustré plus d’un, la scène étant très difficile d’accès à l’époque, cette fois-ci, c’est sur la Mainstage qu’il se produit. Et un public nombreux est déjà là, comme prévu. Rapidement, Ice-T fait les présentations où l’on découvre son nouveau surnom. Il est accompagné de son fils en support vocal et d’Ernie-C, le seul autre membre d’origine du groupe. Le rap metal de Body Count permet au public de s’en donner à cœur joie. Les morceaux des années 90 et ceux plus récents sont bien répartis et se complètent à merveille. Le hit « Cop Killer » conclut le show, mais les festivaliers devront se passer de « Born Dead ». Les membres de Powerflo sont venus les rejoindre sur scène pour « Cop Killer », ainsi qu’une petite fille de deux ans de l’entourage du groupe, qui a participé elle aussi à la fête en venant marcher et danser sur scène !

Le logo orange de Madball vient d’apparaître et le public de la Warzone commence instantanément à bouger. « Le hardcore vous connaissez ? Notre musique vient de la rue ! De New York ! » crie son chanteur. Sa voix est vraiment mise en avant et ses cris résonnent tout autour de la Warzone. Notre homme s’approche de son public et descend dans la fosse pour saluer ses fans. Leur musique tirant sur le punk provoque de sacrés mouvements dans la fosse. Le chanteur et le batteur s’amusent même à teaser le public en s’arrêtant complètement au milieu d’un morceau. Lors de ce set de Madball, c’est l’énergie et la bonne humeur qui priment. Le groupe maintient une ambiance conviviale du début à la fin en communiquant beaucoup avec la foule.

Après quelques concerts, les festivaliers sont toujours très frais

21h48 : Ivar Bjørnson, Grutle Kjellson et leur Enslaved sont de sacrées légendes. Le nom du groupe a une place de choix dans le cœur des fans de black metal, et ce même si le groupe a au fil des années pris un virage progressif20 pour peaufiner encore plus son identité musicale. Avec quatorze albums à son actif, difficile de trouver la set-list parfaite, mais il faut prendre Enslaved pour ce que c’est, c’est-à-dire un habile mélange de black très brut et de passages plus calmes (avec le chant clair du nouveau claviériste Håkon Vinje). Les morceaux d’Enslaved sont longs, variés, puissants, magiques et jamais ennuyeux : un vrai tour de force musical. Après avoir fait un point météo sur son pays, Ivar Bjørnson lancera le titre « One Thousand Years Of Rains » (ce qui ferait du bien à ce festival). Et plus amusant : Grutle Kjellson demandera au public de chanter la Marseillaise ! Immédiatement, le Hellfest s’exécute et entonne un beau chant patriotique, juste avant que le groupe nous joue « Sacred Horse ». Le moment d’émotion est surtout sur le dernier morceau, car Cato Bekkevold à la batterie, membre du groupe depuis quinze ans, joue ici son dernier show avec Enslaved (décidément, c’est un jour funeste pour les batteurs). Le Hellfest lui réserve donc une salve d’applaudissements mérités, témoignant d’un respect éternel pour l’homme derrière les fûts de l’un des plus grands groupes de black metal sur qui l’on puisse compter. C’est donc avec « Allfáðr Oðinn » et « Isa » que tout se finit. Le concert d’Enslaved était un moment à vivre absolument sous la Temple.

22h28 : Deftones entre directement dans le vif du sujet avec « My Own Summer (Shove It) » et propose un set qui aura des airs de best-of. On peut notamment citer « Head Up », « Around The Fur », « Digital Bath », « Change (In The House Of Flies) », « Nosebleed » et « 7 Words » – entre autres. Même si l’on sait depuis longtemps que les performances vocales de Chino Moreno ne sont pas toujours à inscrire dans les annales, on peut souligner que ce soir, survolté comme il est, il ne décevra pas ses fans venus voir le groupe en très grand nombre. Le pari est donc réussi pour Deftones qui nous fera une prestation prenante malgré quelques petits soucis techniques qui ne viendront entacher ni la bonne humeur du groupe ni celle des spectateurs. Ils sont heureux d’être là et nous le montrent en nous offrant même un final en duo avec Ice-T qui remontra sur scène pour tenir compagnie à la bande de Sacramento !

22h47 : Une intro sur des battements de cœur déclenche des applaudissement en rythme : c’est au tour des Finlandais de Children Of Bodom de monter sur scène. Proposant des tubes à la chaîne (« Are You Dead Yet », « In Your Face », « Angels Don’t Kill », « Hate Me », « Downfall »), on n’est pas pour autant devant la setlist de rêve pour le groupe. Sans s’attarder sur ce détail, ce qui gâche la performance c’est, en plus d’un public assez pénible, des problèmes de son : les guitares et les claviers sont complètement noyés parmi la batterie et la basse. Ce qui est bien dommage pour un groupe dont la principale attraction a toujours été le jeu de guitare et surtout les solos d’Alexi Laiho. Sa voix est de même très en retrait dans le mix, et la performance du leader légendaire du groupe en pâti. Malgré tout, il est touchant que le bassiste s’essaie à quelques mots de français pour remercier le public, le féliciter, et annoncer « Hate Crew Deathroll ». Mais ça ne sauve pas tout.

Quand le sage montre la lune, l’idiot, euh… On ne sait plus trop

23h02 : Vent de folie sur la Valley avec Dead Cross ! Si l’album vous avait semblé barré, attendez de le voir en live… En véritable chien fou, Mike Patton cabotine à outrance et fait sauter tous les garde-fous. La complicité avec ses comparses, qui sont également à fond, est palpable. La machine infernale Lombardo semble inarrêtable, Mike Crain transpire toute l’eau de son corps sur sa SG, Justin Pearson vibre avec sa basse… Tout le groupe semble en roue libre, et dans le bon sens du terme si cela existe. Patton fera par exemple monter un bambin de la fosse pour scander des « Undead » sur la reprise de Bauhaus « Bela Lugosi’s Dead » ou encore blaguera sur la présence de Johnny Depp au Hellfest. Bref, ce show ne présentera pas un temps mort et finira sur un microscopique medley de « Raining Blood » (Slayer) et « Epic » (Faith No More) qui donnera tellement, mais tellement envie d’en avoir plus. Un vent de folie qu’on vous dit. Et de génie, mieux reçu qu’au Download où le public, peu nombreux, était resté circonspect.

11h35 : Limp Bizkit est déroutant, fascinant. Côté pile, on a Fred Durst et sa communication très froide, blasée, se montrant peiné par la disparition de Vinnie Paul ; beaucoup de passages avec des reprises, dont le break de « Master Of Puppets », le riff de « Holy Wars », « Killing In The Name » en entier, « Smell Like Teen Spirit », puis des références à ses nombreux « amis », dont le bassiste de Rage Against The Machine qui ne veut pas qu’il joue son morceau, ce qui lui vaudra un « Fuck You » (« Nous jouons cette chanson parce que le bassiste de Rage Against The Machine nous a dit de ne pas le faire ! »), et surtout Corey Taylor qui aura droit à sa dédicace quand Fred et Wes Borland iront à la barrière pour le premier, et carrément dans le public pour le second. Côté face, que des tubes qui font jumper en un clin d’oeil la foule jusqu’à l’autre Mainstage, puisés pour la majorité dans leurs deux premiers albums. La communication avec le public est à l’honneur, et fera même décrocher un sourire au chanteur. Le clou du spectacle sera quand Wes Borland, maquillé de noir et de blanc, jouera un long moment dans le public avant d’être ramené en crowd surfing. Définitivement un moment spécial pour un concert réussi, unique, semblable à aucun autre, et bien meilleur que leur dernière prestation au Hellfest…

23h24 : Entendu devant la Temple où se produit actuellement Watain : « Ah, c’est ça Watain ? » « Non, non, ils échangé, ça c’est Enslaved le truc super bourrin ! »

23h43 : Juste avant qu’Avenged Sevenfold monte sur scène, les écrans géants de la Mainstage nous demandent de respecter une minute de silence en l’honneur de Vinnie Paul décédé aujourd’hui. Après cela, les images du batteur s’enchaînent, en compagnie de celles de son regretté frère, Dimebag Darell, et pas loin de Lemmy. Tout cela sur fond du célébrissime « Walk ». Un bel hommage pour un grand homme.

00h01 : À cette heure tardive, la Warzone est toujours animée et ce n’est pas le punk hardcore de Cro-Mags qui va faire retomber l’ambiance. après plus de trente ans de carrière, ils ont toujours une pêche d’enfer, ce qui tombe à point nommé vu le lieu où on se trouve. Les titres s’enchaînent plus ou moins rageusement. Bloodclot, le chanteur, nous parle lien social, politique, relation à autrui – thèmes chers aux punks – et ses propos illustrent très bien les morceaux. Derrière cette musique qui pourrait être jugée brutale, c’est un superbe moment de convivialité qui se déroule dans le no-man’s land du Hellfest.

Watain met le feu

00h06 : Sous la Temple, une torche apparaît et semble se mouvoir seule sur scène. Tenue par Erik Danielsson, le leader de Watain, celle-ci lui permet d’embraser les tridents qui font partie d’un immense décor composé entre autres de croix renversées et d’effets lumineux. Les Suédois ont une présence scénique fabuleuse face à la foule. Ils alternent entre moments solennels lents ponctués de silence et moments intenses et rapides, avec un Danielsson possédé, jouant parfois comme à un jeu de séduction avec le feu, jusqu’à y mettre la main. Cette intensité submerge le public qui se prend des enchaînements à coup de double pédales. Les légendes du black suédois assurent le show jusqu’au bout puis éteignent leurs feux, marquant ainsi la fin de leur prestation.

12h53 : Pendant qu’Avenged Sevenfold ramène beaucoup de monde en adolescence, sous l’Altar, Nile nous emmène plus loin encore, en Égypte antique. Toujours pas de nouvel album depuis What Should Not Be Unearthed en 2015 pour les Américains de Greenville. Mais le son de Nile suffit à nous terrasser d’entrée, tellement fort que le groupe subira par la suite pas mal de difficultés techniques : même si Neurosis et Avenged Sevenfold font beaucoup de bruit, Nile est spécialiste en la matière. Une leçon de brutalité et de technicité, avec un son parfait pour l’occasion, ce qui en rendrait jaloux plus d’un (n’est-ce pas Children Of Bodom…) Derrière les fûts, l’incroyable George Kollias abat un travail avec une maestria qui ferait rougir tout batteur, tandis que le père du projet, Karl Sanders, se tient derrière le micro. Sur de nombreux morceaux, le bassiste Brad Parris fait montre d’un coffre monstrueux. « Kafir ! », « Ramses Bringer Of War », « Defiling The Gates Of Ishtar », « In The Name Of Amun », autant de titres nous appelant vers les pyramides et la destruction. Le titre « The Fiends Who Come To Steal The Magick Of The Deceased » sera même dédié à Vinnie Paul, et « Black Seed Of Vengeance » clôturera le show. Des morceaux qui se renouvellent à chaque fois, une diversité musicale à toute épreuve, vitesse, lourdeur, force : toute la brutalité est poussée à 200 %. Nile n’est pas là pour plaisanter ni être tendre. Cela s’entend, et cela se sent. Un véritable exutoire en cette fin de journée qui fait oublier les slammeurs qu’on se prend en plein visage. Pour reprendre le groupe tous en chœur : « There is no God ! »

Le repos du guerrier

1h01 : C’est donc à Neurosis que revient l’honneur de clôturer ce samedi à la Valley. Les Américains, plongés dans des lumières bleu roi, ouvrent les hostilités avec « Given To The Rising » et « End Of The Harvest » devant un parterre bien rempli mais pas non plus bondé, Avenged Sevenfold oblige… Petit à petit, l’univers des Américains imprègne la fosse, « A Shadow Memory », « Burn »… Les musiciens ont beau être relativement statiques, la prestance est bien là, figée dans le mur de son qui enveloppe tout le chapiteau. Le claviériste finira presque à terre, pris dans la passion de son jeu.« Reach » et « Through Silver in Blood » concluent en force (et en toms) le set et la journée sur un festival d’expérimentation musicales en tout genres.

2h07 : Les metalheads auront bientôt épuisé leurs dernières ressources dans la fosse de la Warzone. Jamey Jasta et sa bande vont asséner le coup de grâce pour ce soir! Les pogos vont de bon train et des circle pits naissent, meurent puis renaissent tout au long de ce concert. Les morceaux s’égrènent sans que Hatebreed ne manque de rappeler à quel point ils aiment jouer au Hellfest. Mais ce soir, malgré l’énergie et la bonne humeur, c’est le cœur lourd suite au décès de Vinnie Paul qu’ils jouent. Un hommage lui sera rendu. On aura droit à l’incontournable « Destroy Everything » qui sera un peu entaché comme le reste de la prestation par un son beaucoup trop bruyant qui rendra le tout un peu trop agressif pour les oreilles. Dommage.

2h30 : Ça campait depuis bien longtemps sous la Temple pour le show tant attendu de Dimmu Borgir. Cela fait quatre ans que le groupe n’avait pas joué live après une apparition au Hellfest de 2012, alors après un concert au Canada, le groupe vient en Europe pour le Hellfest. Leur entrée fracassante est ovationnée par toute la foule. La nostalgie est bien présente cette nuit, et beaucoup veulent rattraper le temps perdu à ne les avoir jamais vu. Évidemment, certains titres du nouvel album sont joués, tel que « The Unveilling » qui ouvre le concert suivi de « Interdimensional Summit. » Le show est haut en couleur et tout est fait pour donner au groupe la meilleure image possible : lumières somptueuses, grands effets de fumées et et même jets de flammes. Les musiciens (Daray, Gerlioz, Victor Brandt (bassiste de Firespawn / Entombed A.D), Shagrath, Silenoz, Galder) sont impressionnants sur scène avec leurs grands manteaux noirs cloutés. De tout cela se dégage une classe indéniable. On aurait aimé entendre des titres d’un album comme Stormblast par exemple, mais impossible de se plaindre quand le show se fini sur « Progenies Of The Great Apocalypse » et « Mourning Palace »… Ce retour est une grande réussite et les musiciens sont franchement applaudis. Si vous ne les croisez pas en festival, ne vous en fait pas : Dimmu Borgir est bien de retour et des dates devraient bientôt être annoncées. Les Parisiens peuvent déjà prendre leur billet pour une affiche incontournable en décembre : Kreator et Dimmu Borgir, accompagnés de Hatebreed et Bloodbath.

2h56 : C’est Parkway Drive qui a l’honneur de clôturer les Mainstages ce soir. Direct ça envoie sévère et le public est à fond, encore plein d’énergie. Les morceaux metalcore du groupe mettent tout le monde d’accord, ça jumpe, ça chante. Le groupe a un gros show visuel avec beaucoup de feu et même une batterie qui fait des tours comme une horloge sur la fin du set. Le chanteur a l’air plus que surpris de l’accueil qui leur est réservé mais c’est mérité. Ce groupe australien a vraiment l’étoffe d’un futur grand avec son metalcore qui alterne bien puissance et mélodies. Bref, la soirée se termine par une belle réussite.

Un concert en forme de feu d’artifice

3h19 : Après l’hommage à Vinnie Paul, le show d’Avenged Sevenfold démarre fort. On se dit qu’on va passer un super moment et que le groupe va en profiter pour justifier son statut de tête d’affiche. Les éléments visuel sont très sympas et mettent en valeur les morceau dont le titre introductif de « The Stage ». Ensuite, « Hail To The King » est dédié lui aussi à Vinnie Paul, avec en fond de scène un immense roi en squelette en 3D qui n’est pas sans rappeler les scénographies d’Iron Maiden. Le groupe investit directement l’avancée pour être proche du public. « So Far Away » est précédé d’une interview de The Rev, ancien batteur du groupe décédé en 2009. Et puis rapidement on se dit que M. Shadows n’a pas l’air en forme vocalement (l’émotion peut-être ?), ce qu’il confirme avant « Nightmare » en disant très honnêtement que sa voix est cassée après trois shows consécutifs et qu’il ne pourra pas la chanter. Il demande alors si quelqu’un du public peut le faire et un gars est choisi. Chose rare : cet invité ne se démonte et fait preuve d’assurance. Vocalement, il s’en sort avec les honneurs et a dû prendre son pied. On en profite pour apprendre qu’il y a un prompteur sur scène. Après cela, M. Shadows finit tant bien que mal en demandant souvent au public de le suppléer. Il s’excuse avec profusion, mais après tout c’est humain, c’est live ! On peut être un peu déçu cela dit, et l’ambiance retombe progressivement, malgré quelques feux d’artifice. Au début du set, il avait rappelé que leur première partie d’Iron Maiden il y a quelques années n’avait pas marqué le public français mais qu’ils étaient heureux d’avoir eu une deuxième chance leur permettant cette tête d’affiche au Hellfest. Malheureusement pour M. Shadows et pour nous, il en faudra une troisième pour confirmer son statut de grand groupe.



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  • La petite sur scène avec ice-t est sa fille de deux ans 😉
    D’ailleurs c’est abusé de laisser une petite de cet age sans protections auditives se faire éclater les tympans à 2 mètres de la batterie…

    Et sinon pas de dédicace à Corey Taylor mais un agacement de Fred à son demi frère Cory Durst qui doit gerer la lumière et qui laissair West dans le noir au milieu de la foule 😉

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  • « Sans s’attarder sur ce détail, ce qui gâche la performance c’est, en plus d’un public assez pénible, des problèmes de son : les guitares et les claviers sont complètement noyés parmi la batterie et la basse. Ce qui est bien dommage pour un groupe dont la principale attraction a toujours été le jeu de guitare et surtout les solos d’Alexi Laiho. Malgré tout le talent qu’on peut lui reconnaître, il est dommage que tout cela soit gâché par un problème technique. Sa voix est de même très en retrait dans le mix, et la performance du leader légendaire du groupe en pâti. »

    Euh, les concerts de CoB sont un scandale depuis des années, pas à cause du son mais à cause de l’incapacité de Laiho à jouer correctement les superbes lignes qu’il a écrites.

    Soit ça a changé, soit la personne qui a écrit ça ne les a pas vus depuis plus de 15 ans au moins.

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    El gringo

    Haha tu résumes bien la situation 🙂

    El gringo

    Immense déception la première et dernière fois que je les ai vus.

  • J ai le sentiment que la programmation du samedi est moins alléchante que celle de vendredi ..et que dimanche est le must du week avec de groupes mythiques:choix délibéré ou pur hazard.?!..à moins que cela vient de mes choix musicaux tout simplement..

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