Structuré autour d’un équilibre entre plusieurs identités, Dust In Mind opère aujourd’hui une transformation bien plus profonde qu’un simple virage musical. Avec HCNO, le groupe se reconfigure autour de son point d’origine : son fondateur reprend lui-même le chant principal. Un basculement loin d’être anecdotique, parce que la voix est le premier point d’entrée, ce changement redéfinit la perception du projet — plus direct, plus exposé, presque plus vulnérable.
Ce repositionnement ne se limite pas à une question de timbre. Il influe sur toute la construction de l’album. Pensé comme un parcours continu, HCNO suit une trajectoire émotionnelle précise, où chaque morceau s’inscrit dans une progression. Une logique de récit qui colle avec cette prise de parole plus personnelle, comme si le projet revenait à sa source pour mieux se redéployer. Derrière cette évolution, le collectif reste pourtant central : l’identité se construit toujours dans l’échange, l’ajustement, la recherche d’équilibre. Cette mutation se prolonge naturellement dans le live. Loin d’un simple enchaînement de titres, le groupe travaille son set comme une expérience globale, avec une narration, des respirations, une montée en tension pensée pour être vécue d’un bloc. Une manière de traduire sur scène cette idée centrale du disque : trouver sa place, puis la partager. Dans cet entretien, Damien Dausch revient sur ce changement de rôle, sur la manière dont cette nouvelle voix a redéfini leur écriture, et sur la construction d’un projet désormais pensé comme un tout, du studio à la scène.
« Le problème est que le confort peut devenir une prison. À un moment, nous nous sommes demandé : ‘Est-ce qu’on est encore en train de créer librement, ou est-ce qu’on est en train d’entretenir une formule ?' »
Radio Metal : Revenons au début. Dust In Mind, c’est 2013 ?
Damien Dausch (chant & guitare) : Oui, le projet démarre en 2013. À la base, c’était une initiative personnelle qui s’est progressivement transformée en véritable groupe. Jennifer nous rejoint officiellement en 2014, au moment où les premiers concerts se mettent en place. À partir de là, tout s’enchaîne assez vite : Never Look Back en 2015, puis Oblivion, From Ashes To Flames, et enfin CTRL en 2021. Chaque album a marqué une étape, que ce soit en termes de maturité, de production ou d’exposition. Nous avons construit une identité forte, reconnaissable, mais avec le recul, nous nous sommes aussi rendu compte que cette identité devenait progressivement un cadre très défini. Nous avons opéré un changement assez drastique avec le nouvel album, mais ça se passe bien parce que nous ne prétendons pas. Nous faisons vraiment quelque chose que nous ressentons au plus profond de nous. Ça ne veut pas dire que ce n’était pas le cas avant, mais nous sommes vraiment en accord. C’est très naturel.
À quel moment avez-vous senti que quelque chose devait changer ?
Ce n’est pas arrivé du jour au lendemain. C’est plus insidieux que ça. À force de faire quatre albums dans une direction cohérente, tu crées naturellement des automatismes. Tu sais ce qui fonctionne, tu sais ce que le public attend, tu sais comment structurer un morceau pour qu’il « ressemble » à ton groupe. Le problème est que ce confort peut devenir une prison. Nous composions presque en anticipant certaines contraintes : comment laisser la place au chant, comment structurer les parties, comment rester fidèle à ce que les gens identifient comme « notre son ». Ce n’était pas conscient, mais c’était là. À un moment, nous nous sommes demandé : « Est-ce qu’on est encore en train de créer librement, ou est-ce qu’on est en train d’entretenir une formule ? »
Le départ du chant féminin a marqué une rupture forte en soi. Comment l’expliques-tu ?
Il faut être clair : ce n’est pas un rejet du chant féminin. Ce n’est pas une question de genre, ni de capacité, ni de valeur. C’est une question de dynamique artistique. Avec cette configuration, nous avions développé une façon d’écrire et d’orchestrer très spécifique. Avec le temps, cette logique est devenue presque systématique. Nous écrivions en tenant compte de paramètres fixes. Quand les premières démos dans la nouvelle formule sont arrivées, nous avons ressenti quelque chose de différent. Plus instinctif, plus frontal, plus spontané. Il n’y avait plus ce filtre mental. C’était brut, direct. À ce moment-là, nous avons compris que nous avions besoin de repartir d’une page blanche. Pas pour effacer le passé, mais pour relancer la machine créative.
Ce virage pouvait vous coûter une partie de votre public. Ça ne vous a pas freinés ?
Nous savions que ce serait un risque. Quand tu changes autant d’éléments – line-up, voix, direction musicale –, tu ne peux pas espérer que tout le monde suive aveuglément. Oui, nous avons perdu une partie du public qui était très attachée à l’ancienne formule, mais c’est le jeu. Un groupe qui évolue ne peut pas plaire à tout le monde en permanence. Ce qui nous importait le plus, c’était de retrouver une forme d’enthousiasme créatif. Aujourd’hui, nous nous sentons stimulés. Nous avons l’impression d’avoir à nouveau une autoroute devant nous. Ça se ressent dans la musique. Les chiffres montrent d’ailleurs que l’équilibre se maintient. Nous ne nous sommes pas effondrés. Au contraire, on voit même une progression depuis les premiers singles. Ça prouve que l’authenticité finit toujours par toucher.
Est-ce que vous vous êtes, à un moment, posé la question de changer le nom du groupe ?
La réponse est assez simple, parce que la source du projet, son créateur, c’est moi. J’ai lancé l’idée en 2013, donc ça remonte déjà. La racine et la colonne vertébrale du groupe restent les mêmes : j’amène les bases. Après, sans les autres, rien de solide ne peut exister. C’est une question de synergie. C’est un peu comme dans Friends : chaque personnalité compte, et c’est l’ensemble qui fonctionne. Tout seul, ça ne marche pas. Même si quelqu’un plante la graine, sans le collectif pour la développer, il ne se passe rien. Reste que, malgré tout, la source n’a jamais changé. Musicalement, la voix peut donner l’impression d’un virage important, parce que c’est ce qu’on entend en premier, mais si on se concentre sur la musique elle-même, il y a toujours les mêmes racines, ce côté un peu organique, ces textures, même dans les registres plus graves. Donc non, nous n’avons pas envisagé de changer de nom.
« Nous aimions cette idée de potentiel contenu, de réaction déclenchée par l’interaction. C’est exactement ce que nous recherchons sur scène : une réaction chimique entre nous et le public. Nous envoyons une énergie, elle nous revient amplifiée. »
Les textes ont-ils évolué en parallèle ?
Oui, énormément. Sur les albums précédents, nous abordions parfois des thématiques plus globales, sociétales. Là, nous nous sommes recentrés sur l’humain. Nous parlons d’émotions, de fragilité, de vécu. Ce ne sont pas des textes légers, mais ils sont universels. Tout le monde traverse des phases de doute, de tension, de remise en question. Nous voulions quelque chose de sincère, presque instinctif. Pas un concept intellectualisé, mais une expression brute de ce que nous ressentons. L’idée, c’est que chacun puisse s’approprier les morceaux.
Pourquoi avoir choisi le titre HCNO ?
HCNO, c’est la formule de l’acide fulminique. Une molécule instable, explosive lorsqu’elle est combinée avec certains autres composants. Ça peut faire quelque chose d’extrêmement brutal : tu peux anéantir la planète, suivant les dosages – je vulgarise. Nous aimions cette idée de potentiel contenu, de réaction déclenchée par l’interaction. C’est exactement ce que nous recherchons sur scène : une réaction chimique entre nous et le public. Nous envoyons une énergie, elle nous revient amplifiée. C’est une boucle. L’album est construit autour de cette notion d’échange. Nous parlons d’action-réaction, d’alchimie, de synergie. C’est presque scientifique dans la symbolique, mais profondément humain dans le fond.
Le morceau « Downfall » ressort particulièrement. Ta voix est très mise en avant, avec une instrumentation minimale. Comment ce titre s’est-il construit ?
L’histoire ne commence pas avec ce morceau. Ce qui est intéressant, c’est que les titres ont été composés dans l’ordre. Les quatre premiers morceaux de l’album sont nés comme ça, naturellement, et ça a ensuite structuré toute l’histoire que nous racontons. Nous décrivions simplement un parcours, avec ses hauts et ses bas. Une trajectoire de vie. Quand j’ai commencé à poser ma voix sur « My Way », après énormément de tests, tout le monde m’a dit d’essayer moi-même de chanter. Je l’ai fait, et le résultat a surpris tout le monde. Nous nous sommes dit : « Pourquoi on n’a pas fait ça avant ? C’est ça qu’il faut faire. » À partir de là, nous avons trouvé quelque chose qui nous correspondait. « My Way » reste un morceau particulier, avec une vraie charge émotionnelle. J’ai essayé d’y mettre tout ce que j’avais, sans filtre. Ensuite, j’ai continué dans cette direction, en explorant. C’est essentiel d’explorer, de ne pas se fixer de limites, d’apporter des couleurs différentes à ce qu’on fait. Peut-être que je ne mettrais pas de salsa dans un morceau aujourd’hui… mais demain, pourquoi pas. L’idée est de rester ouvert.
« Downfall », lui, est un morceau à part. Rien que le titre annonce la couleur : c’est une vraie descente, un moment très sombre. Quand je l’ai écrit, ça coulait de source. J’ai laissé sortir ce qui devait sortir. Ensuite, le groupe intervient : on échange, on ajuste, on enlève, on garde l’essentiel. Nous construisons ensemble jusqu’à ce que tout fasse sens. Comme le morceau est très lourd émotionnellement – c’est la fin, tu es au bout, il n’y a plus rien –, il ne fallait pas le surcharger musicalement. L’approche minimaliste s’est imposée d’elle-même. Le côté plus pop ou certaines sonorités viennent simplement de notre envie d’explorer, et dans ce contexte précis, ça fonctionnait.
Qu’as-tu ressenti en entendant ta voix pour la première fois ?
Le vrai déclic s’est produit sur « My Way ». Je n’ai pas compris ce qui se passait. Quand je l’ai enregistré, je me suis demandé pourquoi ça sonnait comme ça. Ça m’a surpris moi-même. Je n’avais jamais fait ça avant. J’avais testé des choses, mais sans vraiment m’exprimer. Avant, j’étais dans un rôle de backing, donc assez limité. Ce n’était pas fait pour que je prenne cette place-là. Du coup, explorer quelque chose que je ne connaissais pas du tout a été un choc. Je me suis dit : laisse faire, teste, fais ce que tu veux, et ça a fonctionné. Ce qui est drôle, c’est que les autres autour de moi le savaient déjà depuis longtemps. Même des partenaires avec qui je travaille me disaient : « Pourquoi tu ne le fais pas ? » Quand je m’y suis mis, j’ai pris énormément de plaisir. Je ne savais même pas que ça pouvait m’en procurer autant. C’est devenu un terrain d’exploration immense. Ensuite, sur les autres morceaux comme « Downfall », j’avais envie d’aller plus loin, de tester des choses, de vraiment m’exprimer. Je me suis dit : « Pourquoi tu n’essaies pas de faire un truc étrange ? » En fait, ça collait naturellement avec le thème. Les sonorités venaient avec les paroles, avec ce que je ressentais au moment de l’écriture. Ça se fait tout seul. Je pense que quand tu es sincère, ça se produit. Bien sûr, il y a de l’expérience, nous savons construire des morceaux, mais il faut laisser les choses venir. Le plus important est de ne pas se mettre de limites. Dès que tu commences à te dire « il faudrait faire comme ça pour que ça plaise », tu te bloques. Il faut juste faire les choses. Si ça plaît, tant mieux. Sinon, ce n’est pas grave.
« Pour trouver sa place, il faut se remettre en question. Ce n’est pas les autres le problème, c’est souvent soi-même. Il faut accepter de se regarder en face, de déconstruire certaines choses, puis de se reconstruire. »
Quelle est l’histoire derrière l’album ?
L’album raconte l’histoire d’une personne. C’est personnifié pour que chacun puisse s’y retrouver. C’est quelqu’un qui cherche sa place. Pour trouver sa place, il faut se remettre en question. Ce n’est pas les autres le problème, c’est souvent soi-même. Il faut accepter de se regarder en face, de déconstruire certaines choses, puis de se reconstruire. C’est un processus assez délicat, qui demande de l’expérience. Ce n’est pas quelque chose qu’on fait à quinze ans. Avec le temps, on prend du recul, on accepte certaines erreurs. L’album suit ce cheminement : des hauts, des bas, des moments difficiles où tu dois affronter des choses qui ne sont pas agréables. Ça demande énormément d’énergie personnelle. C’est même un processus assez égoïste, parce que tu dois te concentrer sur toi. Mais une fois que tu trouves ta place, il y a une forme de sérénité. Tu es en paix avec toi-même. Tu sais où tu es, qui tu es, et tu l’acceptes. A partir de là, tu peux redonner de l’énergie aux autres. Tant que tu n’as pas atteint cet état, tu n’as rien à offrir, parce que tu es déjà en train de tout consommer intérieurement. L’idée, c’est vraiment ce cycle : trouver sa place, puis redistribuer cette énergie. C’est un échange permanent. Cet album n’est que le début. HCNO est le premier chapitre d’un ensemble plus large. Tout est lié, et ça va se développer sur la suite. Au fond, c’est une grande histoire. Et c’est une histoire dans laquelle tout le monde peut se reconnaître.
À quel moment avez-vous compris qu’il y avait une direction globale à suivre ?
Nous avons commencé à comprendre ce qui se passait au bout du quatrième morceau. Nous nous sommes dit : « En fait, il faut simplement suivre ça et raconter ce qui est en train de se produire. » Nous avons continué dans cette direction : les morceaux — même les singles — sont sortis dans l’ordre, parce que ça raconte une histoire. Si tu mélanges tout, ça n’a plus de sens. Nous avons trouvé un axe, mais sans tout planifier. Nous ne nous sommes jamais dit qu’il allait se passer telle chose à tel moment. Nous avons laissé faire. Nous connaissons une direction globale, mais pas le chemin précis. Le parcours, c’est justement les albums. Les quatre premiers morceaux nous ont permis de comprendre où nous en étions, ce que nous racontions, pourquoi nous le faisions. Ensuite, nous avons assumé et nous avons essayé de métaphoriser ça au mieux. Cet échange d’énergie est essentiel, et il se retranscrit aussi sur scène avec le public. Si tu n’es pas sincère, si tu n’as pas d’énergie à donner, tu ne peux rien recevoir en retour. Tout repose là-dessus.
Est-ce qu’il y a un morceau qui a été plus difficile à écrire que les autres ?
Oui et non. Ils sont tous compliqués à leur manière. Je parle pour moi, mais écrire, c’est forcément difficile. Tu dois mettre des mots sur ce que tu ressens, et ce n’est pas toujours agréable, surtout quand ça traverse des phases très basses. Certains moments ne sont pas plaisants à écrire. Mais c’est justement ça qui donne du sens. Le fait de passer par là, c’est ce qui nourrit le morceau. Sur le moment, c’est dur, mais c’est aussi pour ça que ça devient évident une fois terminé. C’est paradoxal. Au final, ce n’est pas grave de souffrir un peu dans le processus. C’est même l’intérêt de faire de la musique : retranscrire quelque chose de vrai. Donc tout est difficile, mais en même temps tout devient simple dès que tu acceptes ce que tu es en train de faire.
Vous produisez toujours tout en interne. C’est un choix stratégique ?
C’est à la fois un choix et une chance. Nous avons les compétences pour le faire, donc nous en profitons. La composition part souvent d’une base solide, puis nous travaillons collectivement pour affiner chaque détail. Chacun apporte sa sensibilité. La production finale est réalisée en interne. Les clips aussi. Ça nous permet de garder une cohérence globale, visuelle et sonore. Nous ne déléguons pas notre vision. Cette autonomie nous permet d’aller au bout des idées, même les plus ambitieuses. Nous ne dépendons pas d’un regard extérieur pour valider notre direction.
Comment abordez-vous la transposition de cet album en live ?
Le 16 mai, nous faisons notre release party à La Laiterie, une salle emblématique qui vient d’être rénovée. Le timing est assez symbolique : eux sont en renouveau, et nous aussi. Nous travaillons sur le live depuis longtemps. Nous avons monté d’un cran. Lumières, mise en scène, dynamique scénique… Tout a été repensé pour correspondre à cette nouvelle ère. Pour nous, si tu racontes une histoire sur un album mais que tu n’es pas capable de la retranscrire sur scène, ça n’a pas de sens. Nous avons déjà fait plusieurs résidences, et à chaque étape, nous construisons le spectacle : comment raconter ça, comment organiser les morceaux, comment faire évoluer l’ensemble. Nous voulons que le concert soit une expérience immersive. Quand le public arrive, il entre dans quelque chose qui dure une heure, avec une vraie narration, des montées, des descentes. Nous ne voulons pas juste enchaîner des morceaux avec des lumières. Nous voulons créer quelque chose, raconter une histoire, intégrer des entractes, des interactions avec le public.
« Ce n’est pas grave de souffrir un peu dans le processus. C’est même l’intérêt de faire de la musique : retranscrire quelque chose de vrai. »
Nous avons aussi une équipe essentielle autour de nous. Augustin s’occupe de la création visuelle et scénique, Loïs du son — et sans le son, il n’y a rien — et Ella sur scène, qui apporte énormément. Nous construisons tout ensemble. C’est ce travail collectif qui donne du sens au projet. Le but est vraiment de retranscrire le message de l’album en live : retrouver sa place, puis la partager. Aujourd’hui, nous avons trouvé la nôtre, donc maintenant nous voulons la diffuser, échanger avec les gens. Nous espérons que le public va se retrouver là-dedans, peut-être s’approprier le message. L’idée, c’est quelque chose de positif, de sincère, de bienveillant. Nous nous mettons une vraie pression pour être à la hauteur.
Est-ce que vous prévoyez d’intégrer des paroles ou du texte à l’écran pendant la tournée ?
Non, nous n’avons pas d’écran. Nous n’avons pas encore les moyens pour ça. C’est quelque chose que nous aimerions faire plus tard, ce sera une prochaine étape. En revanche, sur la lumière, nous y allons à fond. Nous sommes assez fous là-dessus.
On sent que l’aspect visuel est très important chez vous. C’est un élément central ?
Oui, nous avons énormément travaillé cet aspect. Comme nous le disons depuis le début, nous racontons une histoire globale, mais découpée en chapitres. Chaque morceau est un chapitre. Chaque chapitre a sa propre émotion, donc tu ne peux pas lui donner la même identité visuelle que les autres. Nous avons essayé de mettre chaque morceau en valeur individuellement. Aujourd’hui, la musique se consomme beaucoup de manière fragmentée. Plutôt que de le subir, nous avons essayé d’en faire quelque chose de positif, en donnant du sens à chaque élément, même dans ce mode de consommation.
Et l’objet physique dans tout ça ? Est-ce que ça reste important pour vous ?
Oui, complètement. L’album est déjà en précommande et nous préparons des coffrets assez spéciaux. Il y a des surprises qui vont arriver juste après la sortie, et probablement une série très limitée plus tard, avec des éditions numérotées, quelque chose d’assez unique. L’idée est d’offrir une expérience, un objet qui marque un moment. Ça va aussi se prolonger sur scène. L’album ne dure pas une heure, mais notre show, lui, fait une heure. Il y aura des morceaux exclusifs, que tu ne peux entendre qu’en live. Ça permet d’enrichir l’histoire, de la compléter avec d’autres éléments. Nous sommes vraiment dans cette logique : venir nous voir, c’est vivre quelque chose. Et la prochaine fois, ce sera peut-être différent.
Vous avez annoncé ne plus jouer les anciens morceaux. C’est définitif ?
Oui. Les anciens titres appartiennent à une époque précise, à une formation précise. Les adapter aujourd’hui les dénaturerait. Nous préférons laisser le passé tel qu’il est et assumer pleinement la nouvelle direction. C’est une question de cohérence.
Que préparez-vous après la sortie ?
2026 ne sera pas une année de tournée intensive. Nous voulons poser les bases solidement, continuer à produire et préparer la suite intelligemment. HCNO fait partie d’un projet plus large. Ce n’est pas un coup isolé. Nous construisons sur le moyen terme. Nous voulons quelque chose de cohérent, de durable. En tout cas, merci à ceux qui nous suivent depuis le début. Merci à ceux qui nous découvrent. A ceux qui hésitent : écoutez sans a priori. Nous n’avons jamais été aussi alignés artistiquement. Ça, pour nous, c’est le plus important.
Interview réalisée en visio et face à face les 3 mars et 9 avril 2026 par Nicolas Keshvary & Marion Dupont.
Retranscription : Nicolas Keshvary & Marion Dupont.
Photos : Tiny Gigie.
Site officiel de Dust In Mind : www.sepultura.com.br.
Acheter l’album HCNO.

































