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Hellfest 2025 : fil rouge de la journée du vendredi 20 juin 2025


hellfest 2025 vendredi 20 juin

Nous poursuivons notre expédition au Hellfest 2025, sous une chaleur écrasante qui nous rappelle l’épisode caniculaire de 2022… Avec nos plumes et micros humidifiés par notre transpiration (classe), nous essayons de vous faire vivre l’événement avec nous. Le Hellfest 2025 propose de mettre en avant les musiciennes et frontwomen pour ce vendredi. Des incontournables Within Temptation à Epica, en passant par Kittie, Furies, Burning Witches ou Spiritbox, la programmation reste très éclectique malgré sa thématique assumée. Évidemment, l’ouverture rock avec Muse en tête d’affiche est aussi très remarquée. Les amateurs de folk mystique ou festif, avec des riffs saturés ou des instruments traditionnels, sont également gracieusement servis sous la Temple ou en Mainstage. Notre fil rouge de cette journée spéciale se découvre ci-dessous.

Suivez l’édition 2025 du Hellfest avec notre fil rouge au jour le jour : jeudi 19 juin, vendredi 20 juin, samedi 21 juin et dimanche 22 juin.

02h20 : SEX PISTOLS & FRANK CARTER / Warzone

Ils n’ont sorti qu’un album, et pourtant, ils se sont érigés en figure de proue du mouvement punk. La perte tragique de leur bassiste, Sid Vicious, aura amené les Sex Pistols à disparaître des radars. Mais depuis 2024, les membres originels — Steve Jones, Glen Matlock et Paul Cook — ont rempilé pour une nouvelle série de concerts, avec un passage au Hellfest obligatoire. Seul Johnny Rotten manque à l’appel. Visiblement, ils ne se sont toujours pas rabibochés avec leur ancien camarade… À la place, les Sex Pistols se refont une jeunesse avec Frank Carter. Si les papys punk n’ont plus leur fougue d’antan, ce dernier apporte une nouvelle énergie à la bande. Et il ne recule devant rien pour garder l’esprit punk vivant et le public en haleine ! Le loustic est même descendu dans la foule de la Warzone et a demandé à ce que le plus gros circle pit soit formé autour de lui pendant qu’il chantait. Considéré à raison comme l’un des meilleurs frontmen de la scène punk contemporaine, il était aussi visiblement le meilleur choix pour compléter la mythique formation, avec une voix faite pour enchaîner les titres de Never Mind the Bollocks. Seule chanson qui lui a fait défaut : la fameuse reprise de « My Way », chantée à l’époque par Sid Vicious. Il manquait ce grain de folie si caractéristique du personnage qu’était Vicious… Hormis cela, tout le concert s’est résumé en un véritable retour dans le temps. Direction le fond d’un club londonien de la fin des années 70, qui sent la bière et la sueur. Et c’est ça qu’on aime !

02h15 : HEILUNG / Mainstage 2

heilung hellfest 2025

Le collectif de folk expérimental revient au Hellfest, cette fois-ci à la bonne place : en Mainstage. Nous avons couvert à plusieurs reprises la formation, mais ce concert a quelque chose de particulier : il s’agit de l’une de ses dernières performances avant un moment. En effet, en novembre dernier, le groupe annonçait qu’il se mettrait en pause après un cycle de tournée intensif. Pour les fans du groupe, le rendez-vous était immanquable. De plus, les écrans géants des Mainstages permettent vraiment de vivre une expérience unique. Entre ciné-concert et comédie musicale, Heilung s’efforce de déployer une proposition forte. Loin de faire du dark folk une compétition sportive, Heilung pousse beaucoup plus loin l’effort que Wardruna, qui a délivré les premiers pas de danse dans le style quelques années auparavant. De la danse, des rituels, des costumes très classes, et des chorégraphes grimés en vikings qui prennent leur rôle très au sérieux, sont au rendez-vous. Par ailleurs, soulignons l’excellent travail de l’équipe pour la captation vidéo. Ils ont réussi à saisir des expressions, des éléments de costumes, du maquillage, des mimiques que nous n’aurions pas pu apercevoir lors d’un concert classique. Nous pouvons sans doute penser que quelque chose sera fait de cette captation vidéo : le spectacle est savamment calculé, interprété avec brio. Alors même si l’histoire racontée nous semble quelque peu cryptique, impossible de ne pas se prendre au jeu et de se laisser emmener par leur univers. Heilung propose bien plus qu’une expérience musicale ; nous serions même tentés de dire que, finalement, celle-ci n’est même pas la plus importante. Les percussions riches rendent l’expérience plus vivante et aussi archaïque (si l’on oublie qu’on voit le modèle des micros). Les propulser en clôture de cette journée du vendredi était pertinent, surtout après la vaste offre de folk en tout genre que nous avons eue notamment sous la Temple.

02h05 : IN EXTREMO / Temple

Pour conclure ce vendredi, les Allemands d’In Extremo plongent la Temple dans cette ambiance de fête de village dont ils ont le secret. Si Heilung vampirise sans doute une bonne partie du public, la bande de Michael Rhein ne compte pas faire dans le minimum syndical. Après tout, ils connaissent bien le Hellfest : leur dernier passage date de 2022. C’est donc devant un public d’une taille respectable qu’In Extremo célèbre cette fin de soirée. Et les Allemands présents parmi les spectateurs se chargent vite de montrer au reste des festivaliers comment on fait la fête outre-Rhin. Le tout se termine sous des confettis et devant une masse de spectateurs bien joyeuses. Après Trollfest et Wind Rose, In Extremo achève cette programmation folk festive en toute beauté et rappelle qui sont les pionniers du genre.

01h10 : HERMANO / Valley

Un Hellfest sans John Garcia, c’est comme une pizza sans supplément merguez : ça n’a aucun intérêt (pardon ?!). On ne compte plus le nombre de déclinaisons avec lesquelles le musicien est venu au Hellfest pour nous délivrer du bon gros stoner. Le leader de Unida, Slo Burn, et évidemment de Kyuss, débarque avec ses copains de Hermano pour une date exclusive. Hermano ne s’était toutefois pas produit au Hellfest depuis 2016. La force du groupe ? Il n’a que des tubes potentiels pour les amateurs de stoner. Hermano, ça envoie du riff, ça fait secouer les têtes, et c’est absolument redoutable. Le guitariste Dave Angstrom, qui nous a accueillis avec un « Hello motherfuckers ! » – y compris en milieu de set, sorti de nulle part – a l’air lui aussi très en forme. Quand on voit leur visage de près, plissant bien leurs traits, les zicos d’Hermano savent qu’ils envoient du son bien lourd, comme on veut en avoir dans la mouille en se rendant sur cette scène. Bien plus nombreux que pour leur dernier passage, les spectateurs qui ont préféré Hermano à Muse sont ravis. Le son de la Valley était encore une fois excellent, et nous avons hâte de revoir Garcia très prochainement par chez nous.

00h45 : MUSE / Mainstage 1

muse hellfest 2025

Le Hellfest prône l’ouverture depuis quelques éditions. Pour autant, la légitimité de Muse sur cette édition 2025 est remise en cause par bon nombre de festivaliers depuis l’annonce de l’affiche. C’est pourtant une véritable marée humaine qui stagne devant la Mainstage 1 afin de voir le trio anglais. Il fallait se positionner tôt pour espérer distinguer un bout de la veste à paillettes de Matt Bellamy, qui débarque avec une guitare 12 cordes pour les besoins du tout nouveau titre « Unravelling », disponible depuis seulement quelques heures sur les plateformes. Si le morceau intègre quelques parties virtuoses, ses longs couplets mâtinés d’électro ne semblent pas rassurer le public quant à la teneur de ce qui l’attend. Muse avance depuis ses débuts des choix artistiques forts, une personnalité marquée et une certaine versatilité dans son écriture. Sa singularité, son attrait pour la grandiloquence jusqu’à l’excès, et son imprévisibilité – Simulation Theory, en 2018 – ont fait sa renommée. Il semblerait donc vain d’espérer un show « spécial Hellfest » uniquement articulé autour de morceaux qui rentrent dans une certaine forme de cadre. Muse est un très grand groupe de rock, et va livrer un très grand concert de rock. C’est tout à l’honneur des Anglais, qui ne se travestissent à aucun moment, mais optent malgré tout pour quelques surprises au cours de leur prestation.

Muse déroule un spectacle XXL, dans une démesure totale de la mise en scène. Le son de basse de Christopher Wolstenholme est particulièrement poussé dans le mix, ce qui permet d’apprécier sa technicité et son sens du groove légendaire. Muse balaie astucieusement son impressionnante discographie et délivre un set à l’image de ses disques : tantôt heavy, parfois inutilement démonstratif, mais surtout extrêmement contrasté. Les morceaux plus rock voire expérimentaux y ont bien évidemment leur place – « Won’t Stand Down », « Kill or Be Killed » –, tout comme les synthétiseurs et autres bidouillages électroniques rétro voire kitsch. Si les quelques riffs de Gojira, Slipknot ou Rage Against The Machine relèvent plus de clins d’œil amusants, c’est surtout en opérant un tournant en milieu de set via un retour massif sur les albums Origin of Symmetry et Black Holes and Revelations que le groupe surprend. Le long et épique « Citizen Erased », exécuté dans le prolongement du hit « New Born », est d’une fabuleuse intensité. « Supermassive Black Hole » et plus encore le conclusif « Knights of Cydonia » finissent de convaincre définitivement. Muse a-t-il sa place sur une affiche du Hellfest ? Il devrait tout simplement l’avoir sur n’importe quel festival de musique.

00h00 : WIND ROSE / Temple

Mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, l’histoire que je vais vous conter-là divise les cœurs au sein de Radio Metal (sans aucun argument réel, soyons bien d’accord), mais il est de mon devoir de rétablir la vérité. Pour commencer, la Temple est tout simplement bondée, malgré le running order faux-pas que fut de programmer Wind Rose en même temps que Muse. Dans la foule, c’est une immersion en plein cœur des Mines de la Moria, puisque nous sommes entourés de marteaux, haches et piolets en plastique, le public metal étant un public renseigné avant tout. Francesco Cavalieri, au chant, monte sur scène, acclamé par le public, présentant un brushing parfait — détail étonnant, vu l’humidité torride de la tente.

Que dire, que dire… tous les titres de nos nains favoris sont des tubes à live, et le flot de slammeurs continu aura fait pâlir la sécurité plus d’une fois. « Il existe une seule chose meilleure que les nains : un dragon-nain ! » — et le public renvoie la sauce de plus belle. Certes, on peut s’entendre sur le fait que le fond des paroles n’est pas aussi pointu et sophistiqué que ce qui se produit actuellement sur la Mainstage, mais l’ambiance, mes amis ! Ça saute, ça chante, ça slamme, ça danse ! Les musiciens semblent ravis, et nous le sommes aussi. L’évidente — que dis-je, la tant attendue — « Diggy Diggy Hole » est entamée, et c’est ainsi que les deux neurones restants dans nos têtes se sont fait la malle à tout jamais. Il paraît même que, de l’extérieur de la tente, la festivité du concert délivré aurait fait fuir les plus cyniques d’entre nous. Voilà comment achever une belle soirée : avec des chants sortis tout droit des entrailles de la Terre, et une armée de nains pour les gouverner tous.

23h45 : EXODUS / Altar

À la question « Mais honnêtement, à quoi s’attendre d’autre d’un concert de thrash ? » posée précédemment, sachez donc que l’on peut, par exemple, s’attendre à une petite dinguerie signée Exodus. Les gars s’étaient déjà fait remarquer à une époque bien lointaine, où l’on ne parlait pas encore du Covid et où un chanteur à la grosse tignasse tenait encore le mic. C’est-à-dire en 2018. Depuis, exit Steve Souza, et welcome back Rob FUCKING Dukes. Intro sur « We Will Rock You » de Queen, mais comprenez plutôt « on va vous marcher dessus ». Les joyeusetés démarrent alors par « Bonded By Blood », histoire de bien rappeler à l’auditoire qu’on n’est pas là pour enfiler des perles. Gary Holt est chaud bouillant pour son retour au Hellfest, cette fois dans sa formation d’origine, courant d’un bout à l’autre de la scène et se lâchant allègrement niveau headbang.

Léger hic : il connaîtra tôt dans le concert un souci technique avec sa guitare, voyant ainsi le groupe terminer le second morceau « War Is My Shepherd » avec une seule gratte. Tout est vite réglé, et ça repart de plus belle pour le titre suivant, annoncé comme tel par le frontman : « This pit is fucking awesome, but I wanna see a FABULOUS DISASTEEEEEER. » Et boum, l’intensité de la fosse monte d’un cran, déjà qu’il n’avait pas fallu longtemps pour que ça devienne un joli bordel. Le public est ultra réceptif, et on observe même des circle pits sur la gauche de la régie. Arrive ensuite « Deathamphetamine » et ses huit minutes de matraquage en règle, suivi d’un « Prescribing Horror » qui fait redescendre le cardio sans pour autant épargner nos cervicales. Impossible de faire l’impasse sur « A Lesson In Violence » ou encore « The Toxic Waltz », où l’on verra Prika de Nervosa venir faire quelques backs au micro. Tout ceci est très bon enfant, et malgré le tabassage distribué par les Ricains sous l’Altar, on voit des sourires de partout parmi les spectateurs. Ce retour d’Exodus sur le sol clissonnais nous fait dire, une fois de plus, que le Big 4 of Thrash mériterait d’être un Big 5, voire même un Big 6 (coucou Testament), avec obligatoirement Exodus dedans.

23h00 : PENTAGRAM / Valley

Soyons honnêtes un instant : si la Valley est bien remplie à la tombée de la nuit, c’est à 30% parce qu’il y a de sacrés amateurs de doom, et à 70% pour voir les mimiques improbables de Bobby Liebling. Si vous aimez les deux, alors vous serez très bien servis. Pentagram est un groupe légendaire du style, pour les bonnes comme pour les mauvaises raisons. Ce soir, les novices saisiront sûrement les bonnes. Le son est excellent, massif, et les riffs sont puissants. Il faut souligner qu’avec une carrière un peu en dents de scie, Pentagram revient à son point culminant avec l’excellent Lightning In A Bottle, sorti en janvier. Le groupe a choisi d’interpréter cinq titres d’un disque qui pourrait bien être l’un des albums doom de l’année. Forcément, la sauce prend avec le nouveau line-up, composé de musiciens qui s’exécutent à la perfection.

Passons maintenant au deuxième aspect : Robert Harold Liebling est une véritable attraction. Le fait qu’il soit devenu viral sur Internet avec ses yeux globuleux est sans doute une bonne chose, car de nombreux internautes intrigués découvrent l’univers fascinant du groupe. Entre ses petits mouvements de danse improbables, ses expressions déjantées et l’impression que l’homme est complètement en décalage avec notre espèce, Bobby fait le show. Évidemment, on se demande parfois si les riffs doomesques de Pentagram ne lui font pas remonter quelques substances dans le sang. L’impression que nous avons, c’est qu’il ne semble pas jouer. Il est réellement comme ça, complètement cinglé. Est-ce malsain d’applaudir un homme en plein délire ? Certainement. Mais nous ne pouvons pas faire autrement que de le faire avec force, au vu de la performance du soir !

22h30 : : Un spectateur, devant Pentagram : « La vache, il a la patate Hugues Aufray. »

21h45 : WITHIN TEMPTATION / Mainstage 2

21h40 : LES GARÇONS BOUCHERS / Mainstage 1

Les Garçons Bouchers au Hellfest, c’est avant tout une joyeuse bande de vieux copains qui ne sont pas là pour pleurer la mort, mais plutôt pour célébrer la vie. L’idée derrière tout ça, c’est une tournée baptisée « Tchao François », en l’honneur du cultissime François Hadji-Lazaro, disparu en février 2023. Un « Bonsoir, c’est les Garçons Bouchers ! Merci pour François d’être venus ! » est hurlé dans un micro alors que la Warzone commence sérieusement à afficher complet. Dès le départ, l’ambiance est donnée : ce soir, c’est la fête, et les cuivres présents sur scène vont plus qu’y contribuer. Pierrot Sapu sera notre maître de cérémonie, gratifiant le public de nombreuses jigues et autres pas de danse divers et variés au fil du spectacle. « Ce concert, cette tournée, c’est un hommage à François, qui prônait le droit à la différence », et bam, « Le Rap des Garçons Bouchers » est entamé.

Certes, certaines chansons ont quelque peu mal vieilli, mais le fond reste le même. Il faut quand même s’accorder à dire que la formation faisait partie des groupes piliers du rock français dans les années 80. (Et oui, il existe même une boucherie à Bordeaux portant un nom fortement inspiré du groupe !) La technologie faisant son œuvre, une vidéo passe sur les écrans géants avec plein d’images de Pigalle, accompagnées de sa voix sur bande, histoire que – même si l’on en doute – le public non initié puisse reconnaître le grain si particulier du bonhomme. Pierrot reprend ensuite le micro. Et bien que son chant soit un peu plat, la fosse se déchaîne — et ça fait plaisir à voir. Oui, messieurs les cinquante/soixantenaires, nous vous voyons prendre plaisir à reprendre en chœur des chansons parlant de Beaujolais ou encore de bière. Et vous avez bien raison : l’occasion s’y prête parfaitement. Après une petite reprise de « Rien de rien » de notre chère Piaf, on nous balance en pleine tronche le mantra suivant, qui saura, on l’espère, en faire réfléchir plus d’un : « Prenez le temps de vivre votre vie au lieu de vous occuper des autres ! » L’hommage vivant se clôturera par la géniale « Dans la salle du bar-tabac de la rue des Martyrs ». Et nous quittons la Warzone certains que, de là-haut, un bonhomme chauve amoureux de la musique affiche un sourire satisfait en voyant l’héritage qu’il a laissé derrière lui.

21h11 : THE HU / Mainstage 1

Alerte, les Mongols sont de retour ! L’une des plus grandes erreurs récentes du Hellfest fut d’avoir programmé The Hu à la Temple, sous-estimant l’intérêt que le groupe suscitait auprès des festivaliers. Erreur avouée et corrigée, en les ramenant en Mainstage à la tombée de la nuit. Loin d’être là en conquérants, la troupe mongole suit plutôt l’un des préceptes de L’Art de la Guerre : recruter parmi les armées locales. C’est une véritable marée humaine qui les attend, et, au signal, les slammeurs se jettent des lignes arrière à l’assaut du front. Les musiciens nous gratifient d’une petite reprise, à leur sauce, de « The Trooper » d’Iron Maiden, du plus bel effet dans cette nouvelle rencontre entre Est et Ouest. La petite anecdote qui fait rire : certains des membres d’Apocalyptica suivaient le concert depuis les hauteurs des backstages, et on se demande ce qu’ils ont pu penser de ces Orientaux qui jouent sur moins de cordes, mais avec plus de succès. Après une heure, la bataille est gagnée pour les deux camps, dans une alliance durable forgée dans le metal. Hu !

21h00 : EPICA / Mainstage 2

hellfest epica 2025

20h50 : CRIPPLED BLACK PHOENIX / Valley

Les groupes de la Valley se divisent en deux catégories : ceux qui prennent des substances récréatives et ceux qui consomment des anxiolytiques. Crippled Black Phoenix fait sans doute partie de la deuxième catégorie. Le collectif de sept musiciens mené par le multi-instrumentiste Justin Greaves se produit pour la seconde fois au Hellfest. Introspective, mélancolique, mais aussi parfois entraînante, la musique de CBP est versatile, le groupe oscillant entre rock, post-rock et musique expérimentale. Le public est assez studieux, se prenant vite au jeu de se faire envoûter par les différents tableaux que nous propose la formation ce soir. Sa force est aussi de proposer une interprétation qui se distingue du studio, ne reposant ainsi pas sur une musique calquée sur sa version originale, mais en l’agrémentant de quelques petites nuances qui rendent l’expérience différente pour les adeptes. Belinda Kordic donne un côté plus doux, mais aussi plus triste à « Lost » de l’exceptionnel Ellengæst de 2020. Par ailleurs, le rôle de cette dernière peut parfois interroger. Elle ne chante finalement qu’assez peu, mais sa seule présence et ses quelques mouvements de danse appuient l’atmosphère très évasive que le groupe veut apporter.

Naturellement, derrière son art immersif, les musiciens ne cachent pas leur engagement. Le drapeau de l’Écosse croisé avec celui de la Palestine est tout aussi explicite que le « Fight fascism, free Palestine! » en guise de mot de conclusion, ou que le t-shirt de Belinda qui porte un message pour la protection des animaux. Alors les festivaliers qui auront horreur des messages politiques seront sans doute très contrariés. Heureusement, ils pourront aller boire un bon pichet devant Trollfest ou The Hu juste après. Concernant Crippled Black Phoenix, qui présente ici son premier concert de 2025, nous espérons qu’ils auront le goût de se produire davantage par chez nous.

20h45 : SOWULO / Temple

Comme les organisateurs du Hellfest en ont pris l’habitude depuis quelques éditions, la Temple se veut thématique selon les journées, avec en ce vendredi une sélection d’artistes variés dans la veine folk/pagan. Sowulo célèbre ainsi sa première venue à Clisson sous la forme d’un collectif de sept musiciens : deux percussionnistes, une violoniste, une harpiste, une joueuse de corne traditionnelle (difficile de la qualifier autrement), une chanteuse, tous réunis autour de Faber Horbach, tête pensante du projet, autant vocaliste que joueur d’instruments folk traditionnels. Nous ne sommes pas ici sur quelque chose de très dansant, même si les têtes dodelinent facilement en rythme. On s’imagine plutôt propulsé dans un univers à la Skyrim, ce qui semble être une comparaison assez juste.

Bien qu’aucune intervention ne soit faite entre les morceaux, on lit clairement sur les visages des musiciens un plaisir non dissimulé. Comme un instant suspendu, la chanteuse entre en communion avec le public, portée par des vocalises cristallines qui ne sont pas sans rappeler celles d’une certaine Amalie Bruun. Faber prend finalement la parole pour annoncer très sobrement l’exécution de « Āsteorfan », un titre inédit encore jamais joué en live et dont la sortie est prévue pour mardi prochain. Un petit cadeau que l’on accepte bien volontiers. En fin de concert, le frontman se montre plus expansif, cherchant à canaliser l’énergie de l’audience. Après ce qui semblait être le dernier morceau, il demande au public s’il en veut une de plus, à la seule condition que tout le monde se mette à danser pour cette ultime offrande. La foule répondra positivement, offrant une belle ovation à la troupe, qui peut repartir pleinement satisfaite de son baptême à la Temple.

20h40 : THE REAL MCKENZIES / Warzone

Dans la grande famille du celtic punk, nous avions eu les punks classieux hier (Street Dogs), les traditionalistes ce matin (Mike McColgan and the Bomb Squad), et désormais, c’est la forme la plus évoluée qui se pointe sur la Warzone, à savoir les piliers de bar crasseux de The Real McKenzies. Le gang aviné, toujours là pour prouver qu’un kilt ne se porte que façon commando, débarque sur une Warzone prête à s’amuser, aidée par une concurrence pas fun sur les autres scènes. Le groupe, qu’on croirait sponsorisé par United Colors of Benetton, chacun des membres arborant un kilt de couleur différente, attaque directement avec une chanson à boire. Bon, c’est ce qui compose la moitié du répertoire du style, donc statistiquement, on n’est pas étonné.

Ce qui surprend un peu plus, c’est que la Warzone est surblindée, au point qu’il est quasi impossible de circuler par endroits. Ça promet pour les Sex Pistols dans quelques heures… Clairement, peu de personnes dans le public semblent connaître les chansons du groupe ou même arriver à comprendre un traître mot de l’anglais châtié du chanteur, mais peu importe : la fosse est en effervescence, même entre les morceaux, les slams démarrent depuis le bar qui surplombe la scène, et la bière coule à flots. Voilà qui promet une soirée bouillante de ce côté du Hellfest.

20h00 : THE CULT / Mainstage 1

Avec The Cult, les amateurs de sensations extrêmes n’auront pas été servis. Si Ian Astbury fait toujours preuve d’un grand charisme et d’une certaine classe, avec son bandana visé sur la tête, et que musicalement, ça assure avec de bons riffs bien placés, niveau show, on reste sur quelque chose d’assez mou. Le répertoire est pourtant de qualité, la setlist mêlant hit hard rock (« Wild Flower », « Fire Woman », « Love Removal Machine ») à des morceaux plus ambiancés ou « soft » (le magnifique « Rain ») pas forcément adaptés au contexte d’une mainstage ensoleillée dans un festival de musiques extrêmes. Avec une tranche d’âge dans le public qui avoisine les cinquante, voire les soixante ans, difficile de faire bouger du monde (et parce que le style ne s’y prête pas toujours). On retiendra juste le vaillant gaillard qui aura enchaîné les pompes dans l’herbe, malgré la chaleur étouffante. C’est peut-être ça, l’effet The Cult, finalement.

19h00 : LEFTÖVER CRACK / Warzone

Légendes de l’anarcho-punk ayant inspiré un nombre incalculable de groupes partout dans le monde — dont un des plus connus, mais pas chez nous, est sans doute Guerilla Poubelle —, il est presque étonnant de retrouver Leftover Crack, tant le groupe s’est fait extrêmement rare de ce côté de l’Atlantique. Leftover Crack, c’est vraiment la ligue des super-héros de l’absurde : entre Stza, le salaryman en plein burnout, la chanteuse-fée complètement destroy, le bassiste et sa moustache de cowboy, les guitaristes ennemis avec, d’un côté, le fêtard invétéré, de l’autre, le gamin au visage d’innocence. On est donc ravi de retrouver en concert ce qui fait la marque de fabrique des squatters new-yorkais : la voix éraillée reconnaissable entre mille de Stza, la voix féminine goguenarde et haut perchée, le rythme frénétique des morceaux, les expérimentations bizarres au synthé, les pointes de vitesse indécentes des morceaux de ska — dont une très bienvenue reprise des Choking Victim… Rien ne viendra entacher ces retrouvailles ensoleillées : ni l’indifférence polie quand le groupe parle du sort des migrants, ni l’aspect clairsemé de la Warzone, pas même l’imprécision chronique de ces saletés de punks. Ceux qui y étaient ont kiffé, et c’est l’essentiel.

18h45 : ÅRABROT / Valley

Je travaille sur le Hellfest pour Radio Metal depuis trois éditions, et honnêtement, je fais du bon travail. Mais quand le chef m’envoie rédiger des live reports de trucs qui ne sont pas de mon domaine, j’ai envie de démissionner. Me voici sur la Valley (alors que je déteste le stoner) et devant Årabrot, dont je n’ai jamais entendu parler. Un spectacle nommé « Rite of Dionysus »… comme le dieu du vin et de la fête ? Pourtant, entre le décor avec des ampoules bon marché qui dessinent une croix celtique et les déguisements blanc immaculé et rose pastel des musiciens, on croit plutôt voir un couple de télévangélistes venu soutirer du pognon aux plus naïfs. Alors, le stoner à la fois psychédélique et puissant d’Årabrot se démarque un peu de ce qui passe d’habitude, mais rien à faire, je n’aime pas. Le public semble apprécier, lui, même si la Valley n’est pas très remplie. Avec un peu de chance, il y a bien un des spectateurs qui voudra bien écrire le reportage à ma place.

Contre-avis du coordonnateur éditorial : Les amateurs de hardcore et de punk n’ont décidément aucun goût et sont incapables d’apprécier la musique dès qu’il y a un peu de sensibilité et de Poésie. On leur propose un spectacle avec de la danse, des décors, une véritable personnalité, une richesse musicale qui ne se contente pas du simple rock ou du stoner. Un concept. Mais eux, ils attendent impatiemment de voir les testicules des musiciens de The Real McKenzies. Décidément, c’est la dernière édition pour certains membres du staff… Årabrot, c’était très chouette. Pour les personnes qui ont du Goût.

18h40 : DOPETHRONE / Valley

18h35 : 3 INCHES OF BLOOD / Altar

C’est le grand retour du combo canadien sur lequel plus personne ne misait quoi que ce soit… En effet, après sa séparation, le groupe a pris la (bonne) décision de se reformer en 2023 pour jouer son premier live en 2024, après dix ans d’absence. Il monte ici sur scène sur la très peu connue « If You Want Blood (You’ve Got It) ». Dès le départ, gros contraste : le guitariste Justin Hagberg lance des screams puissants et écorchés, tandis que la voix claire de Cam Pipes s’entend à peine. Dommage, car ses pointes aiguës semblent plus que propres (le problème sera réglé quelques chansons plus tard). Groupe et public interagissent beaucoup, et l’on retiendra que « Attack! » sera le nom de code lançant les circle pits.

3IOB bombarde la foule à coups de titres alternant entre thrash, speed ou encore heavy appuyé. Groupe mature oblige, un petit solo de batterie est suivi par une présentation rapide des membres du groupe, avec des prises de parole appuyées par l’énergie musclée de Justin Hagberg, qui pourrait porter le show à lui tout seul sans difficulté. Le groupe étant canadien, Cam Pipes se lance dans un : « Si vous connaissez la chanson, chantez avec vous ! ». Arf, oui, vous avez bien lu… Dommage pour le français écorché, mais c’était bien tenté quand même ! Ah oui, la chanson en question, c’est Deadly Sinners, qui fut évidemment accompagnée d’un circle pit bien énervé. On pensait que ce concert ne nous prendrait que 3 inches de sang, mais il s’avère que l’expérience relevait plus d’un don de plaquettes que d’une simple piqûre de routine. Pas mal !

18h32 – Drame : Un spectateur a été aperçu avec un tatouage de la chanson « Buvez du cul » de Lofofora. Oui, un tatouage.

18h30 : SPIRITBOX / Mainstage 2

spiritbox hellfest 2025

Rien n’est jamais totalement exemplaire, mais lorsque l’on aime le metalcore, Spiritbox est probablement ce qui se fait de mieux. En une heure de set, les Canadiens ont confirmé leur statut de « next big thing ». Y compris en alignant les discours un peu téléphonés relatifs aux grosses têtes d’affiche, qualifiant le public de « légendaire », « incroyable » et autres superlatifs. Mais il est clair que Spiritbox est devenu une incroyable machine de guerre, huilée à la perfection et désormais parfaitement complète, suite à l’arrivée de l’excellent bassiste Josh Gilbert – qui a fui le navire en perdition As I Lay Dying, un choix judicieux. Artistiquement, le quartet porte haut ses choix : reprenant la colorimétrie de leur dernier album Tsunami Sea, les retransmissions sur écrans géants se font en noir et blanc, ou triturées via une tonne de filtres étranges, raccords aux derniers clips vidéos. Spiritbox a ses exigences, mais elles contribuent à l’immersion proposée. Car leur musique emporte ailleurs, dans un univers sombre et hypnotique. Un moment suspendu, hors de la fournaise de Clisson. Tsunami Sea étant pensé comme un voyage musical, il n’est pas illogique que les musiciens se concentrent majoritairement sur leurs travaux les plus récents.

Instrumentalement comme vocalement, on atteint une certaine forme d’excellence, même si l’on devine quelques aides sur le chant de Courtney LaPlante. Le chant clair est magnifique, parfaitement appuyé par les backing vocals judicieux et justes de Gilbert. Les screams sont terrassants : il suffit d’écouter le magistral « Holy Roller », qui fusionne riffs élastiques et refrain à s’en déboîter les cervicales, pour en être définitivement convaincu. L’ambiance vire uniquement au rouge sang à l’occasion de « Sew Me Up », un autre moment marquant, histoire de s’inscrire dans la thématique de l’EP dont le morceau est extrait. « Soft Spine » et « No Loss, No Love » ne laissent aucun répit, avant que « Ride The Wave » n’instaure ses sonorités lancinantes et renversantes. Un moment d’accalmie de courte durée, la fin du titre capturant sa proie dans une apocalypse de décibels. « Cellar Door » ferme la marche dans une noirceur captivante. Une expérience éreintante et grandiose.

17h55 – Drame : Toujours sur Dopethrone, un spectateur a été aperçu arborant un t-shirt de Pascal Praud.

17h52 : ROYAL REPUBLIC / Mainstage 1

17h50 – Drame : Tabarnak, le batteur de Dopethrone a cassé sa caisse claire dès le début.

17h20 : NERVOSA / Altar

Avant même la première note, l’Altar comble fait savoir que les musiciens de Nervosa sont attendues ; et ensuite, c’est un déluge de riffs sur un autre déluge de riffs, avec option headbang. Après avoir assuré le Warm Up Tour en compagnie de Novelists, les Brésiliennes finissent en beauté par un passage très attendu sous le chapiteau rempli de l’Altar, en ce vendredi dédié au thrash, mais aussi aux artistes féminines. Les quatre musiciennes déroulent assez aisément sans jamais baisser le curseur, et c’est là un peu le souci. Le set n’a pas ses pics d’intensité, ses moments clés où le public va pouvoir s’en donner à cœur joie. Non, ça envoie du début à la fin sans la moindre accalmie, du BPM en veux-tu en voilà, et au bout de 20 minutes, il faut dire que musicalement on commence déjà à se lasser un peu, la chaleur étouffante n’aidant absolument pas. Seul gros point noir : cette sensation désagréable d’être coincé dans une bulle d’air suffocant. Cela aurait été une bonne raison de les faire jouer en Mainstage : là-bas, au moins, il y a des tuyaux pour arroser ! (Et en plus, ça pourra faire râler ceux qui campent en attendant Muse depuis 11h du matin.) Mais honnêtement, à quoi s’attendre d’autre pour un concert de thrash ? On ne leur enlèvera pas leur capacité à animer la fosse, ni leur énergie sur scène, très caractéristique des groupes brésiliens qui démontrent toujours une certaine passion dans le milieu. Alors pour cela, bravo mesdames, car sur ce point, vous mettez la branlée à un bon paquet de groupes 100 % masculins.

16h50 : KITTIE / Mainstage 2

kittie hellfest 2025

Qu’il semble loin le temps où des post-adolescentes en baggys exorcisaient leurs frustrations sur l’album Spit, et accessoirement en rotation lourde sur MTV2. Kittie a connu des changements de line-up à répétition, et la bassiste Trish Doan est décédée en 2017, un événement tragique qui aura contribué à la mise en sommeil du projet. Rejoint par Ivy Jenkins – présente entre 2007 et 2012 –, le combo canadien a retrouvé sa fougue avec le récent Fire, son premier album depuis 13 ans. Et clairement, les filles ne sont pas revenues pour faire les choses à moitié. C’est avec une férocité débordante et animale qu’elles attaquent les hostilités sur un « Fire » buriné à l’extrême. Les sœurs Landers – chant-guitare et batterie – ainsi que leurs deux acolytes conjuguent le néo-metal à la sauce brutale. Les riffs sont lourds, velus, et cognent sévèrement. L’ensemble suinte par tous les pores un esprit des années 2000 assez irrésistible, et ce jusque dans une technicité parfois chancelante. Les solos de gratte ne sont pas toujours parfaits, les vocaux clairs parfois à côté de la plaque – « Eyes Wide Open », outch –, mais Kittie propose un ride dans le passé en mode rouleau-compresseur. « Spit », « Oracle », « Brackish » : les titres s’enchaînent à la vitesse de l’éclair. Ça joue fort, plié en deux et avec le cœur. La musique n’est certes pas subtile pour un sou, mais quelle efficacité !

16h00 : LUC ARBOGAST / Temple

Trois quarts d’heure en mode pause médiévale à la Temple, avec le passage de Luc Arbogast, qui s’est fait un nom grâce à sa participation au télécrochet The Voice, il y a déjà quelques années. Loin de n’être qu’un énième représentant de la frange pipeau-drakkar (toujours très populaire au Hellfest, admettez-le), l’artiste a son propre univers, dans lequel il nous entraîne de sa voix unique. Le musicien sait aussi faire participer la foule en faisant chanter les hommes et les femmes. Même si le résultat est quelque peu laborieux côté spectateur, cette petite parenthèse a l’avantage de créer un petit moment de communion. Luc Arbogast nous promet aussi une chanson que nous allons sans doute tous reconnaître, avant de nous gratifier d’une version épico-folk du générique de Game of Thrones. Pour rajouter un peu à sa légitimité à jouer dans un festival metal, la troupe de Luc est complétée par Necurat, vocaliste de la formation de blackened death française Bliss Of Flesh. Le growl du chanteur se conjugue parfaitement à la voix solennelle de Luc Arbogast. Au vu du retour du public, la foule de la Temple a eu l’air d’apprécier ce petit voyage dans l’Histoire.

15h50 : SANDRIDER / Valley

Tout est dans le nom : trois quarts d’heure d’une traversée dans le désert, sous un soleil de plomb, et sans l’aide providentielle de la Sacro-Sainte Lance à Eau, s’il vous plaît. Il fallait être prêt physiquement pour aller se pointer à la Valley pour ce concert de Sandrider. Alors, traversée du désert, certes, mais lancée à pleine balle à bord d’une putain de Mustang Mach 1 de 68 ! Oui, c’est un peu le ressenti à l’écoute du stoner balancé par les Américains, saupoudré d’une très légère influence venant de Mastodon. Formant un trio, la formation est une belle illustration du « on fait au plus simple pour aller au plus efficace », et ça marche.

Entre rythmiques effrénées et grooves bien catchy, le guitariste/chanteur Jon Weisnewski vient caler quelques leads sans tomber inutilement dans des solos ennuyeux. Ce dernier nous avouera d’ailleurs que le groupe a fait le trajet jusqu’en France précisément pour cette date, et qu’ils reprennent le chemin des States après. Chapeau. S’ensuit un petit « Fuck Trump » placé bien discretos. Chapeau 2. Les enchaînements entre les titres sont parfois un poil laborieux, mais les trois compères tiennent le rythme. Le bassiste assure les backing vocals et même le chant en solo le temps d’un titre. Quand arrive la fin du set sur le morceau « Corpse » et sa petite interlude à la guitare, le chanteur lancera un « I don’t wanna go home, I just wanna stay here » avec un grand sourire. Un bon concert, dans la pure tradition du stoner : on ne pouvait pas être plus en accord avec la Valley que ça !

15h45 : THE WARNING / Mainstage 1

the warning hellfest 2025

15h35 : BURNING WITCHES / Altar

Burning Witches : encore un point d’interrogation sur cette programmation décidément bien éclectique. Burning Witches fait partie des groupes 100 % féminins qui n’ont pas eu les honneurs des Mainstages. Le groupe y aurait pu avoir sa place, le groupe officiant dans un registre heavy/thrash à l’ancienne. Au moins, on ne pourra pas leur reprocher de manquer d’énergie, car elles se défoulent devant un Altar relativement bien peuplé. Les mauvaises langues diront que c’est parce que les gens cherchent à s’abriter du soleil… Espérons que celles et ceux qui avaient réellement cette intention ont pu faire une belle découverte.

15h25 : FUTURE PALACE / Mainstage 2

Future Palace connaît une entrée en matière laborieuse. Le set démarrait pourtant sous les meilleurs auspices avec un « Malphas » bien calibré, avant que le groupe ne rencontre quelques difficultés techniques. Dès « Uncontrolled », les samples et la basse, enregistrée sur bandes, passent littéralement au-dessus de la voix de Maria Lessing. Le rendu en devient malheureusement très brouillon, le guitariste Manuel Kohlert quittant la scène dès la fin du morceau. La chanteuse exécute malgré tout la composition suivante, « Defeating Gravity », seule sur le devant de scène. Il en résulte un rendu assez étrange, sans guitares mais avec en contrepartie une plus grande sensibilité. Tout rentre finalement dans l’ordre dès le morceau suivant. Majoritairement articulée autour du dernier album en date, la setlist aligne une petite série de pépites metalcore mainstream avec une parfaite fluidité. Maria prend le temps d’évoquer le sujet du harcèlement et des abus, qui donne corps à « The Echoes of Disparity » – prends ça dans les dents, Till Lindemann – avant de lancer le titre, dont le phrasé rapcore agressif dynamite les couplets. Les trois morceaux suivants laissent place aux circle pits et à un wall of death raisonnable mais pas ridicule, avant un « Paradise » de conclusion – l’un des seuls titres rescapés de l’album Run – particulièrement personnel pour la frontwoman, celle-ci prenant le temps d’évoquer ses troubles personnels afin d’encourager le public à ne jamais abandonner ses objectifs. Future Palace rattrape avec brio les difficultés rencontrées au début du concert. Il pourrait cependant s’avérer intéressant pour le groupe d’intégrer un véritable bassiste, d’autant plus que les Allemands occupent peu d’espace sur la grande Mainstage 2.

15h00 – 🎙️ Podcast : Interview avec WIZARD MUST DIE.


14h04 : LAST TRAIN / Mainstage 1

La présence de Last Train cette année témoigne de la volonté tendancieuse du Hellfest à s’étendre au-delà des musiques extrêmes en général, pour proposer des affiches plus rock mettant aussi en avant la jeune scène française, à l’image d’un Lysistrata en 2022. Last Train est passé de jeune espoir à valeur sûre du rock en France en une petite dizaine d’années, ce qui en fait un groupe expérimenté malgré la bouille juvénile de ses membres. C’est avec le visage fermé et dans une configuration de scène resserrée que les Alsaciens débarquent sur scène, attaquant par un « Home » compact et martial. Visiblement rassuré par la réponse positive du public de la Mainstage, aussi bien en termes de chaleur que de nombre de spectateurs, le quatuor semble se détendre, harangue la foule, et invite même à dandiner du croupion sur quelques fulgurances rock’n’roll apparaissant au milieu de leur grunge mélodique / post-rock tendu.

L’heure tourne et, bien qu’ils soient plaisants, les morceaux sont longs et font qu’on arrive rapidement vers la fin du concert. Le groupe s’en aperçoit et fait grimper le niveau de l’intensité en proposant un putain de brasier instrumental composé d’un festival de riffs plus efficaces les uns que les autres, dont celui de « Hotdog » de Limp Bizkit, au plus grand plaisir de l’assistance. Last Train, plus habitué aux salles qu’aux immenses open air, compense par une maîtrise totale de son sujet, une stupéfiante adaptabilité et une authenticité certaine. Le concert finit en apothéose avec « The Big Picture », laissant les membres du quatuor et certains spectateurs les yeux pleins d’une émotion non feinte.

13h54 : THE NIGHT ETERNAL / Altar

Mais quelle énergie, bon dieu ! Voilà une remarque qui s’appliquera à l’ensemble du concert. Il est étonnant de voir du heavy sous l’Altar, mais finalement, les sonorités occultes, presque doomesques, de The Night Eternal se prêtent bien au jeu de la tente (et on ne va pas se mentir, on est bien à l’ombre !). Que dire, que dire… Finalement, c’est presque trop propre tout ça ! Le son est bon, le jeu est bon, et le chanteur charismatique fait plus que le job, headbangant à pleine balle ses dreadlocks. Le public, bien que clairsemé, est réactif. Si c’est là l’avenir du heavy, c’est un grand oui.

13h30 : AMIRA ELFEKY / Mainstage 2

amira elfeky hellfest 2025

13h00 : VOWWS / Mainstage 1

La MS1 du vendredi a l’air réservée à des groupes à part. D’ailleurs, c’est qui Vowws ? Un duo basé à Los Angeles qui joue dans la catégorie post-punk / deathpop. Le concert est malheureusement terni par des coupures de son à répétition, courtes mais fréquentes. Il n’empêche que les chansons passent crème en cette matinée, même si on aurait préféré les voir à la Temple dimanche.

15h00 – 🎙️ Podcast : Interview avec FURIES.

14h04 : LAST TRAIN / Mainstage 1

12h50 : BELORE / Temple

Bienvenue dans le doux monde du Temple fantastique, dans lequel votre imagination vous transporte vers des contrées verdoyantes et surtout, fraîches. Belore, projet d’Aleevok (bassiste de Darkenhöld), n’est pas sans rappeler Cân Bardd ou encore Saor ; à savoir du black atmosphérique comme on l’aime. L’alternance du chant screamé et des chœurs masculins est du plus bel effet et saura faire couler cette petite goutte de sueur que votre front retenait tant bien que mal depuis quelques minutes. Que ce soit via les ponts épiques ou encore les soli de flûte pas piqués des hannetons, l’immersion est totale, le travail est bien fait. Le set se passe et fait l’effet d’une bouffée d’air frais sous l’air cuisant qui entoure le public, plus qu’ardent et demandeur du travail de la formation. Il est midi passé et les morceaux sont plutôt lents, mais nous racontent tous une histoire. La fin du set arrive alors et resteront en mémoire les sourires imposants des musiciens, visiblement heureux de la communion effectuée. Belore confirme avec cette prestation son ascension au sein de cette scène black atmo folk, solaire et florissante !

12h10 : CHARLOTTE WESSELS / Mainstage 2

charlotte wessels hellfest 2025

Il s’en est passé, du temps, depuis que la belle Charlotte s’est émancipée de Delain. Avec trois albums à son actif, sa place sur la MS2 – dédiée aujourd’hui aux frontwomen – est bien méritée. La Néerlandaise a de quoi satisfaire le public, encore peu nombreux, sans doute à cause d’un soleil agressif. La chanteuse fait montre à la fois de ses talents vocaux et de son charisme presque maternel, dégageant une aura de sympathie non feinte. Elle s’inquiétera d’ailleurs que ses fans présents pensent à prendre soin d’eux, à commencer par l’hydratation. Bref, avec un sourire sincère et communicatif, Charlotte Wessels a réussi son premier concert au Hellfest post-Delain.

12h00 : CACHEMIRE / Mainstage 1

Cachemire fait une entrée solennelle pour ce show matinal devant une foule déjà bien compacte. Nouveau line-up, nouvelle scénographie – un énorme triangle blanc lumineux est disposé devant la batterie – : les Nantais sont déjà plongés dans la tournée de leur prochain album Suffit juste d’une seconde, qui sortira au mois d’octobre prochain. Le désormais quintette va d’ailleurs en dévoiler plusieurs extraits, entremêlés avec des compositions qui ont fait leurs preuves sur scène. Sans prendre le temps de respirer, Cachemire déballe son rock incendiaire aux accents punk comme si leur vie en dépendait, avec une énergie furibonde et une envie communicante. Leur musique balance et groove efficacement, les musiciens prenant visiblement un pied monumental malgré l’horaire de programmation. Chez Cachemire, les hommes sont habillés en robe blanche et la nouvelle guitariste Alice Animal arbore un ensemble short-veste, histoire de renverser les codes. Au-delà de l’aspect vestimentaire, l’apport de cette dernière est indéniable dans la dynamique des morceaux, qui gagnent en ampleur et en puissance. Le groupe s’autorise une pause plus mid-tempo en milieu de set avec le tout neuf « Pied au plancher », avant que Fred Bastard et sa bande ne lancent un wall of death plutôt impressionnant au vu de l’horaire et concluent avec l’hymne « Moi être Roi ». Ce dernier exprime son étonnement : « on savait que nous jouions à 11 h, mais on pensait se produire devant 2 personnes ». Vous étiez loin du compte.

11h40 : 37° d’attendu aujourd’hui au Hellfest. Pensez à vous hydrater sans modération !

hellfest 2025 meteo

11h33 : SUN / Mainstage 2

L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. En pleine ascension, Sun assure un réveil en douceur avec sa « brutal pop » sur la Mainstage 2. La chanteuse-guitariste franco-allemande délivre un rock metal alternatif pêchu à souhait et bardé de refrains efficaces. Nettement plus énervée qu’une Avril Lavigne, cette dernière n’hésite pas à disposer de-ci de-là de multiples hurlements bestiaux pour épicer sa sauce heavy-popisante et contraster son chant clair angélique. L’artiste est accompagnée d’un bassiste et d’un batteur, une formule trio qui rend cependant l’exécution un brin statique. Ses riffs simples et tranchés, relativement proches du metalcore, ainsi que les gros breakdowns qui fleurissent à foison, se savourent cependant sans déplaisir. Sun précise qu’elle est autant influencée dans son écriture par Beyoncé que par Morbid Angel, et clôture en invitant un public de curieux déjà important à pousser son plus beau hurlement, « histoire de se mettre en voix pour la journée ». Une agréable petite découverte matinale.

10h00 : Journée 2 : here we go ! Nous sommes tous à la bourre, sauf Benoit. Son secret ? No dodo.

Retrouvez également notre couverture du Hellfest 2025 sur les réseaux sociaux de Radio Metal : Facebook, Instagram et TikTok.

Rédacteur en chef : Jean-Florian Garel
Rédaction : Mathilde Beylacq, Aurélie Cordonnier, Benoît Disdier, Mickey Guevara, Arnaud Phay & Wolflord
Photographes : Nicolas Gricourt & Sylvain Leobon



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  • Je suis pas journaliste mais je vous partage avec plaisir mon ressenti sur Arabrot, groupe que je suis de près depuis que je les ai découverts en 2019 et donc j’ai adoré la prestation :
    Après un concert remarqué en 2019, Arabrot est de retour sur la Valley. Le noise rock de la dernière fois a laissé place à un stoner gothique, avec l’intégration permanente de Karin Park, chanteuse / claviériste, artiste pop rock reconnue en Suède et épouse du leader Kjetil. Le set du trio est axé sur le dernier album Norvegian Gothic, avec quelques singles issus du prochain album à venir cette année, notamment The Satantango qui verra 6 danseuses tout de blanc vêtues sur scène chorégraphier la musique, et qui reviendront sur le très bon « We Want Blood ». Karin Park est survoltée, et vient meme slammer dans le public. Le concert s’achèvera sur une image orgiaque avec le retour des danseuses autour d’une table remplie de mets et de bouteilles de muscadet dans un délire total. Un des concerts les plus marquants de cette édition.

  • Mr Claude dit :

    Super photo de la batteuse de Nervosa Mr Gricourt:
    Quel sourire, et quel instant fixé !
    Profitez bien de la fête \ ,,/

  • Imminence + Ne Obliviscaris @ Salle Pleyel
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