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Chronique   

Avatarium – Between You, God, The Devil And The Dead


Avatarium est un projet bien singulier dans un créneau doom qui l’est tout autant. Le groupe hérite simultanément du sens du riff de son fondateur et ancien membre Leif Edling (Candlemass), de l’éducation classique du guitariste Marcus Jidell et de la sensibilité jazzy de la chanteuse Jennie-Ann Smith. Le couple leader incarne désormais à lui seul les deux pôles émotionnels autour desquels gravite son art, la force et la délicatesse – pas toujours dans le sens qu’on imagine.

Between You, God, The Devil And The Dead reste fidèle à ces fondamentaux. « Long Black Wave » n’aurait d’ailleurs pas dépareillé sur le premier album de 2013. Lancinant, dans une alternance d’intensités, il projette l’image de ces « longues vagues noires » allant et venant sur un rivage dans la grisaille, où pleurent quelques gouttes pendant que l’orage monte. « I See You Better In The Dark » change de registre, avec son rythme pesant mais entraînant, sous une guitare qui bourdonne, et un refrain typé seventies : chaque chanson dévoile une âme qui lui est propre. Naviguant constamment entre brume et éclaircies, les Suédois se plaisent à jouer avec les tensions et une palette sonore étoffée par l’usage parcimonieux de piano ou de guitare acoustique, à l’instar de la folk vaporeuse de « Lovers Give A Kingdom To Each Other ». La musique d’Avatarium est vivante : il y a même quelque chose de zeppelinien dans le break expérimental de « Being With The Dead ». La base doom demeure avec le sentencieux « Until Forever And Again » et l’instrumental « Notes From The Underground », entre percussions, solo néoclassique et riff à la distorsion massive, tranchante mais légèrement baveuse, comme un gros coup de pinceau noir sur une toile immaculée. De quoi créer un ultime contraste avec les notes réconfortantes d’une ballade éponyme qui s’envole sur son final. Elégance et dynamisme, tels sont les maîtres mots chez Avatarium. C’est beau, puissant, parfois dramatique, souvent empli de spleen, dans un clair-obscur qui fait de Between You, God, The Devil And The Dead, une fois de plus, une œuvre délectable.

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Wardruna – Birna


Située entre un schéma d’immersion et de vulgarisation, Birna est une œuvre étroitement liée au sauvage, à l’organique, à l’ancestral, tout en proposant un son modernisé. C’est d’ailleurs sur une pulsation, comme un battement de cœur, que démarre le disque. S’en traduisent des ressentis animaux, presque primitifs, comme à l’écoute de « Dvaledraumar » (rêves endormis) et « Jord Til Ljos » (de la terre à la lumière). La première, longue de quinze bonnes minutes, présente une atmosphère lourde, pesante, traînante, sourde. La seconde, bien plus courte, donne l’impression, par contraste, de distordre le temps tout en présentant des sonorités plus vives et gaies. Deux chansons méditatives qui illustrent l’hiver et le printemps. Ce parallèle saisonnier sera d’ailleurs valable tout au long de l’album, dont l’ambiance globale est enrichie d’un travail sur des samples issus d’enregistrements de sons de la nature. Tout est à sa place et fait qu’on s’y sent bien. L’effet vibratoire hypnotisant des chœurs plus mélodieux ne fait pas défaut chez Birna, évoquant une renaissance à la suite du repos, de l’obscurité. Les titres présentent des dynamiques différentes mais toujours connectées : la rythmée « Skuggehesten » prend la forme d’un chant rituel à la fois intimidant et motivant, quand l’épurée « Hibjørnen » revêt pour seuls habits la voix d’Einar Selvik et un instrument à cordes.

Birna est une histoire que l’on nous conte, une ode à la nature et à ses cycles parfois trop oubliés dans nos sociétés actuelles. Les lois de cette dernière nous réservent encore bien des surprises, démontrant que c’est à nous de nous reconnecter à l’originel et à l’authentique, puisqu’elles nous régissent toujours tapies dans l’ombre. Wardruna propose une fois de plus un voyage initiatique et immersif de reconnexion à ce qui nous entoure. Définitivement une œuvre à écouter confortablement installé pour s’imprégner de toutes ses subtilités.

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Patriarkh – Prophet Ilja


Batushka ne voit plus double. La justice a enfin mis un terme à une période ubuesque qui aura vu deux entités sortir de la musique sous le même nom. Le projet initial – à l’origine de Litourgiya en 2015 – cultivant à l’époque le flou autour de ses membres encapuchonnés, la situation avait de quoi poser des difficultés de lisibilité. L’héritage du nom se voit donc confié à Krzysztof Drabikowski. Le chanteur Bartlomiej Krysiuk use pour sa part de déclarations pompeuses pour faire oublier la contrainte qui lui est imposée. Rebaptisé Patriarkh, son groupe profite cependant de cette décision judiciaire pour amorcer sa mue. Ce concept album articulé autour de la vie d’un paysan devenu prêtre orthodoxe sonne comme une renaissance.

Krysiuk avait ces dernières années occupé au maximum l’espace. Avec un album et deux EP en trois ans, le musicien a été prolifique mais pas toujours pertinent. Prophet Ilja est une œuvre nettement plus aboutie, inspirée et ambitieuse. Krysiuk y laisse la dimension black reculer au profit d’expérimentations mystiques, sans y perdre en puissance. L’aspect « raw » et abrasif reste malicieusement sous-jacent, prêt à exploser au visage, mais se mêle harmonieusement aux incantations religieuses et aux sonorités folkloriques. Le disque, décomposé en huit chapitres nommés « Wierszalin », est un magma sombre d’influences. A l’instar d’un Dead Can Dance, qui évolue dans un registre différent mais témoigne d’une approche similaire, Patriarkh tapisse ses instrumentations modernes de sonorités spirituelles. Krysiuk déroule ses ténèbres en usant de voix multiples en guise de fil narratif. Un énorme travail a porté sur les chants, protéiformes et habités. Envolées grégoriennes, superpositions en canon de timbres féminins / masculins, monologues prophétiques : Prophet Ilja fait preuve d’une grande subtilité au service d’une intensité qui ne redescend à aucun moment. L’album est un voyage, une plongée en apnée vers l’inconnu. Il s’inscrit parfaitement dans la continuité de Batushka, mais jouit d’une production enfin grandiose pour imposer un post-black atmo vibrant et éreintant. Une totale réussite.

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i H​ä​xa – i H​ä​xa


I Häxa se décrit comme « multimédia », mais son univers nous souffle plutôt « multidimensionnel ». Autour de son noyau – la chanteuse, compositrice et artiste visuelle Rebecca Need-Menear et le producteur Peter Miles – s’affaire un collectif. Chaque quartier de leur album-pizza est sorti pour un solstice de 2024, le premier ayant été illustré d’une traite par le vidéaste Daniel Broadley. Une figure spectrale, à la recherche de sa nature profonde, est confrontée tant à des rites païens qu’à une technologie de pointe – des oppositions matérialisées via une folk alternative ou pop et par des éléments électroniques, avec du trip hop rêveur et autres penchants drum and bass. La narration s’appuie (plus par l’ambiance que par ses impénétrables mots) sur des sections parlées aux teintes diverses. Sur « Inferno », ce sont les songes d’une noyée ; « We Three » en fait un outil trippy, tandis que « Fog Of War » y déverse du noise.

L’empreinte des influences citées (Massive Attack, Aphex Twin…) est profonde ; « Destroy Everything » a quelque chose du « Björk sous morphine puis sous amphétamines », tandis que « Sapling » renvoie à Radiohead. Au paroxysme de sa douceur, i Häxa glisse dans une musique de chambre centrée sur la voix. Cette légèreté n’en demeure pas moins celle de cendres dispersées au vent. Les arrangements de cordes aident « The Well » à atteindre une désarmante sensualité, évoquant des films d’agents secrets ; l’onirisme masque des malédictions ou un décalage extraterrestre (« Dryland »). Le mal-être est pernicieux, l’oppression paradoxalement aérienne. Des breakbeats syncopés prennent part sur « Infernum » à une messe interdimensionnelle, jonction avec le dark ambient – autre composante clé, par touches brèves ou franches (« Vessel »). Les styles sont tissés en i Häxa – œuvre singulière et plurielle – comme les brins d’un scoubidou, chacun invitant à tendre l’oreille, allongé dans l’herbe humide. Le mieux reste l’expérience personnelle – de préférence armé des paroles –, pour déterminer si le résultat atteint l’altitude des ambitions de cette apparition.

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The Halo Effect – March Of The Unheard


The Halo Effect semblait condamné dès ses premières heures à une certaine forme d’immobilisme. Pensé comme un hommage à la scène de Göteborg, ce « super-groupe » avait su raviver la flamme originelle du death mélodique à l’occasion d’un album, Days Of The Lost, qui aura potentiellement amené les acteurs historiques du mouvement (In Flames et Dark Tranquillity) à lorgner vers leurs racines pour leurs derniers travaux. Mais contraint par sa note d’intention initiale et la promesse de compos marquées au fer rouge par un feeling 90’s, The Halo Effect peut-il voir plus loin ?

Le groupe compte dans ses rangs les principaux artisans du son de Göteborg, tous passés à un moment de leur carrière par l’école In Flames. Le quintet est donc en pleine maîtrise de son art, et témoigne sur ce March Of The Unheard d’un songwriting tranchant et parfaitement affûté. L’écriture est calibrée mais limpide, et les guitares prennent la place nécessaire pour imposer des envolées épiques : Niclas Engelin s’exprime désormais sans retenue à travers ses parties lead, après être resté des années dans l’ombre de Björn Gelotte. L’album est peut-être légèrement moins percutant que son prédécesseur, sentiment qui s’estompe rapidement avec les écoutes. Le groupe délivre une succession d’hymnes heavy et techniques, qui conjuguent avec brio beauté des mélodies et tension permanente. Une explosibilité qui tient en partie au chant de l’hyperactif Mikaël Stanne. On pourra lui reprocher d’aborder l’exercice sous le même angle que pour le dernier Dark Tranquillity, en usant avec parcimonie de son registre clair, mais son growl « signature » sombre et caverneux est comme toujours d’une redoutable efficacité. The Halo Effect ose malgré tout quelques enluminures qui enrichissent discrètement son melodeath pur premium : une incursion de cordes symphoniques, un clavier à l’esprit prog ainsi qu’une outro acoustique. Sans révolutionner la formule, le quintet la complète par petites touches. L’effet de surprise s’est dissipé, mais March Of The Unheard reste hautement recommandable.

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Paysage D’Hiver – Die Berge


Wintherr semble affectionner les noms explicites. De même qu’avec Darkspace, quand bien même on ne connaîtrait pas Paysage D’Hiver, on pourrait s’en faire une image assez fidèle… à condition d’éviter les images d’Épinal ! Le maître des lieux, à travers son black metal atmosphérique « basse fidélité », donne une âme aux paysages suisses les plus inhospitaliers. De 1997 à 2020, dix albums ont vu le jour, mais Wintherr n’en démord pas : ce n’étaient que de vulgaires démos. Quoi qu’il en dise (ou peut-être justement à cause de ces revendications diablement underground), le projet est devenu assez culte dans le milieu. Au sortir de cette période, Im Wald fut le premier opus officiellement gratifié de l’appellation « album », et traitait de forêts ; Die Berge (« Les Montagnes ») vient compléter le glacial tableau. Dans ce volet, le mystérieux vagabond dont Paysage D’Hiver conte les pérégrinations gravit un pic, « tel un moine sentant son heure arriver ».

Le rendu effroyablement brut, jouant avec notre tolérance, est calculé avec un tel soin qu’un étrange éclat traverse les bruits parasites. Die Berge en devient même relaxant, pour peu qu’on soit adepte du style ou que l’on trouve le bouton de mise en hibernation de l’encéphale. Les vocalises de Wintherr, que chacun qualifiera à sa guise (gémissements ? grommellements ?), offrent plus de cent minutes de blizzard sans syllabe intelligible. Les riffs demeurent bas du front, mais qu’importe : l’ambiance emplit tout, jusque derrière nos paupières qui, scellées par le givre, condamnent un peu plus nos sens. Enfin, la plupart des titres sont chapeautés d’extraits ambiants, croisant le cœur d’un volcan avec les craquements d’une banquise hantée. Même si Die Berge reste plus accessible que certaines des « démos », ce n’est pas le genre d’album que l’on recommanderait à son voisin au pied levé. Toujours est-il que les amateurs d’atmosphères punitives et grandioses seront ravis de s’oublier dans cette face cachée de la Suisse, loin des fromages et du chocolat.

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Vola – Friend Of A Phantom


Vola est passé à la vitesse supérieure avec Witness : sa brochette de titres efficaces leur a permis d’engranger des écoutes par pelletées. Le quatuor nordique allait-il remettre le couvert à l’identique pour Friend Of A Phantom ? Oui et non. Le changement est pour eux un impondérable, et dans son acceptation réside le piment de la vie. Et du changement, il y en a eu : les tournées ont nourri les membres, en plus d’être catalyseuses de rencontres – c’est ainsi qu’Anders Fridén (In Flames) s’est retrouvé sur le premier titre. Si les sonorités étaient déjà abouties, leur travail tourne maintenant à l’obsession. Malgré un penchant assumé pour ce qu’on qualifierait de « minéral » plutôt que d’organique, le résultat demeure « amical » (sans jeu de mots sur le titre). Les ambiances piochent aussi bien dans l’old school (le groupe cite Metallica) que chez des Meshuggah ou Soilwork. Autres influences revendiquées : Opeth et Steven Wilson pour la discrète touche progressive. Vola trace sa route entre rock alternatif délicat, metal technique et musique électronique.

Après un chaleureux « We Will Not Disband », la ballade « Glass Mannequin » se laisse atteindre par une vague léthargie, mais l’album redémarre avec l’indus étouffé de « Bleed Out ». Le potentiel « romantico-SF » du disque est pleinement réalisé sur « I Don’t Know How We Got Here », auquel « Hollow Kid » offre une sorte de suite involontaire, redoublant de variations d’intensité. La sensible redondance des mélodies se fait sentir sur l’épilogue « Tray » : un peu à bout, le disque jette ses dernières forces dans une bataille tout de même assez rondement menée. Bien qu’il y ait peu de surprises une fois les présentations de chaque morceau achevées, quelques ponts érigent des îlots déchaînés au milieu de mers radiophoniques. L’objectif officiel était de produire des hymnes dignes de stades ; peut-être n’y est-on pas tout à fait – ce sont surtout des publicités de voitures hybrides rutilantes qui viennent à l’esprit – mais un pas a été effectué dans cette direction.

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Nachtmystium – Blight Privilege


Blake Judd porte aujourd’hui les cicatrices de sa longue dépendance. L’une d’elles sera qu’une partie de son public ne lui accordera sans doute jamais le pardon. L’album de 2014 était présenté comme le dernier de Nachtmystium. Symboliquement, il l’est toujours. Blight Privilege incarnant aujourd’hui le nouveau visage du groupe, prenant le meilleur du passé pour avancer vers l’avenir.

Musicalement dense, intensément froid, l’album évolue dans un décorum assez urbain. Le clavier et les expérimentations viennent ajouter toujours plus de couleurs, souvent étranges et abstraites, au milieu de la violence et du chaos. Là réside le secret de Nachtmystium : distiller du psychédélisme, digne d’un mauvais trip hallucinogène, au-dessus d’un noyau cru rappelant la violence du quotidien. La nature radicale et électrique du disque peut rappeler Silencing Machine, mais les échos de la série Black Meddle se font aussi nombreux dans la croisée improbable des univers musicaux (« Predator Phoenix », à l’accroche très rock et aux couches de guitares qui se multiplient à en perdre la tête). The World We Left Behind n’est pas très loin non plus (« Blind Spot »), tout comme l’atmosphère vaporeuse de Resilient, comme le démontre le quasi onirique « A Slow Decay », pourtant le morceau le plus terre à terre dans sa critique d’une société américaine divisée. Comme si le besoin de s’évader était constamment présent, sans pouvoir nier la dureté du réel ; Judd investit même pour la première fois le terrain politique. La musique est noire, parfois lancinante (« The Arduous March » qui, paradoxalement, porte un message d’espoir et d’unité face aux épreuves), parfois dynamique tout en possédant une aura hypnotique. Blight Privilege, c’est sept titres à éplucher et à creuser, tant ils sont riches en subtilités et fascinants. Le phœnix Nachtmystium, qui a l’habitude de renaître de ses cendres, n’a jamais déployé ses ailes avec une telle vivacité.

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Mötley Crüe – Dr. Feelgood (coffret anniversaire des 35 ans)


Vous êtes en panne d’inspiration pour un cadeau de Noël ? Mötley Crüe a pensé à vous. Pour le trente-cinquième anniversaire de son plus gros succès et d’un des plus grands albums de hard rock, le quatuor le plus sulfureux de Los Angeles a voulu marquer le coup avec cette nouvelle réédition (la troisième) de Dr. Feelgood, proposée cette fois-ci en coffret. Si les années passent, comme le montrent les carreaux délabrés de l’artwork, la musique, elle, n’a pas pris une ride. Le contenu, on le connaît tous, du heavy et jouissif morceau titre qui lance les hostilités sur les chapeaux de roue à la ballade nostalgique – et prémonitoire, pour une époque qui touchait à sa fin – « Time For Change » en clôture, en passant par le groovy « Rattlesnale Shake » et ses cuivres, l’urgence d’un « Kickstart My Heart » sous adrénaline, le grisant « Same Ol’ Situation (S.O.S.) » ou « Slice Of Your Pie » et son final en clin d’œil au « She’s So Heavy » des Beatles. Du riff à ne plus savoir où donner de la tête, des refrains à hurler comme des damnés et cette production de Bob Rock (qui a convaincu Metallica de faire appel à lui) qui appuie l’énergie débordante du groupe. C’est ce qu’on appelle un classique.

Niveau remaster, on peine à voir la différence avec celui de 2003. Côté bonus, on retrouve les démos là encore présentes sur la version de 2003, dont l’anecdotique et plus si inédit que ça « Get It For Free », et les cinq singles en version live. On remarque que deux d’entre eux viennent du live Entertainment Or Death et deux autres de celui à Salt Lake City en bonus de New Tattoo (aussi sur le DVD Lewd, Crüed & Tattooed) avec Samantha Maloney à la batterie. On passe forcément un bon moment à l’écoute de ces enregistrements, avec une mention spéciale au Vince Neil survolté qui fait chanter le public sur « Dr. Feelgood » (tiré de l’EP Live Around The World 1989-1990), mais on aurait aimé plus, et surtout plus inédit, car reconnaissons que pour un objet luxueux et à ce prix, ça fait (trop) peu. Restent les nombreux goodies – grand livret avec paroles et photos, répliques de divers documents, médiator, patch, poster et tout le toutim. De quoi (re)plonger dans la folle et charnière année 1989, avant que le rêve ne se délite. Un objet pour les fans collectionneurs et fétichistes avant tout ; à écouter et feuilleter en faisant un petit tour dans le Crüeseum.

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Electric Wizard – Black Magic Rituals & Perversions Vol. 1


Electric Wizard se fait rare en studio. Deux disques en quatorze ans, c’est peu. D’autant plus lorsque ceux-ci peinent à convaincre, la formule des Anglais étant bien rodée mais désormais un brin redondante. Wizard Bloody Wizard a été à ce titre tièdement accueilli. Le doom stoner du quatuor y reste brillant, mais ce dernier avait habitué ses aficionados à une ambiance si poisseuse et oppressante que cet album « juste » bien ficelé passe pour le point noir de leur discographie. Plongés dans l’ennui du confinement, les quatre musiciens n’ont pourtant pas planché sur de nouveaux morceaux, comme beaucoup. Ils se sont enterrés dans leur crypte pour enregistrer sur un vieux magnétophone seize-pistes leurs répétitions.

« Raw as fuck ». Le frontman Jus Oborn l’annonce clairement : inutile d’attendre de ces deux témoignages live (le suivant sortira prochainement) une production propre. Tout l’intérêt de la musique d’Electric Wizard réside dans son atmosphère 70’s amenée à grands renforts de riffs pachydermiques, d’incantations vocales mystiques et d’effets fuzz. Le disque table sur l’authenticité la plus pure, sans souhait de gommer les imperfections. Les tempos peuvent différer légèrement des versions studio, le couple Buckingham-Oborn (guitares) se fend de quelques pains, mais la synergie entre les musiciens est palpable. Ces derniers n’hésitent pas à improviser, à laisser jaillir les distorsions hypnotiques ou à multiplier jusqu’à l’overdose les breaks de batterie assommants. Le son craque, transpire par tous les pores une noirceur crasseuse bardée de teintes rouge sang, s’infiltre sournoisement entre les tympans. Si ce « best of » atypique n’est pas indispensable (les titres sont connus, et figurent parmi les plus appréciés du groupe), l’aspect brut de ce bootleg de luxe favorise pleinement l’immersion dans l’univers malsain, cauchemardesque et enfumé des natifs du Dorset. Black Magic Rituals & Perversions Vol. 1 s’apprécie dans le noir, au casque et si possible très fort. Un disque presque anachronique.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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