Klone est quasiment devenu une marque, avec un tampon « Made in France » et des exports à n’en plus finir. Le relativement agressif Meanwhile remplissait la grille de Bingo du groupe et ajoutait des croix sur la table pour faire bonne mesure ; The Unseen revient à un style plus mesuré et cherche à révéler la signification et la beauté des choses même les plus vides en apparence. Un sentiment récurrent est que ce qui se dit est de haute importance, comme sur « After The Sun » (pas privé pour autant de son potentiel tubesque). Klone se pose comme un conseil de sages qui prend le temps de la réflexion ; le dialogue se fait les yeux dans les yeux, sans se défiler. La production profite de cette proximité pour rappeler que « clinique » peut rimer avec « magique » : le moindre coup de baguette isolé provoque notre saisissement, tandis que le recul de la distorsion permet de plonger dans la richesse des lignes de basse.
Klone aime le point de bascule entre pesanteur et apaisement ; sans forcément partir en growl complet, l’imperturbable Yann Ligner a parfois un pied dans les fondrières. Le groupe martèle par l’exemple qu’on peut proposer des passages lourds sans bâtir une réplique de la muraille de Chine avec des amplis. Quant au familier saxophone, il s’efforce de rester une cerise et non d’usurper le plat du gâteau, enfilant de jolis gants avant de toquer à la porte. Un échantillon aléatoire pourrait susciter l’incrédulité. Des titres pittoresques passeraient presque pour des reprises ; la conclusion apocalyptique, avec son solo démantibulé, de la brumeuse chanson-titre évoque celle de « Paranoid Android ». « Desire Line » se joue des styles, avec une cadence réduite et des arrangements appuyant un cachet légèrement jazzy. L’épilogue glisse sa composante « standard » entre deux pans ambiants ; l’anxiogène section finale étant plus longue que n’importe quelle vraie piste, vous aurez meilleur compte, si vous n’y adhérez pas, d’aborder ce court album comme un EP. Il tire sa personnalité de risques que Meanwhile ne prenait pas forcément et s’il pourra en ressortir comme moins qualitatif qu’un Le Grand Voyage, il n’en hérite pas moins de certains de ses meilleurs arguments. Un tour de force pour un disque de vieux morceaux, jusque-là abandonnés, qui existe avant tout pour clore un contrat avec Pelagic Records sur fond de désamour…







































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