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Interview   

Dark Tranquillity : la thérapie par le cri


Il y a des artistes qui perdent toute inspiration voire motivation dans les moments difficiles, et il y en a d’autres qui s’en nourrissent, qui éprouvent un besoin encore plus grand de s’exprimer et une plus grande détermination. Mikael Stanne et Martin Brändström, respectivement chanteur et claviériste, de Dark Tranquillity semblent être de ceux-là. Des moments difficiles, ils en ont vécu ces dernières années. D’abord en interne, avec de nombreux départs successifs, au point de radicalement modifier le line-up du groupe, et le décès en 2022 de l’ancien guitariste Fredrik Johansson. Puis en externe, puisque, comme tout le monde, ils ont été touchés non seulement par la pandémie et ses conséquences mais aussi par l’état du monde qui se dégrade. Tout ceci donne aujourd’hui Endtime Signals, un album de pur Dark Tranquillity qui déploie toute la panoplie des émotions.

Nous en discutons ci-après avec les deux musiciens, qui nous parlent également de la grande famille que constituent les membres anciens et nouveaux du groupe, de perte d’optimisme, du rapport entre la mélancolie et la rage qui est au centre de leur musique, etc. Et pour finir, Stanne nous donne quelques détails sur son nouveau projet rock gothique Cemetery Skyline.

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Arnhwald (Deathcode Society, Ecclesia, Glaciation) : toujours plus


Arnhwald fait partie de ces musiciens et artistes avec qui ont pourrait passer la journée – et la nuit – à tailler le bout de gras et à refaire le monde. Qui plus est, sa production musicale ces dernières années a été particulièrement prolifique, sortant presque coup sur coup un album de Glaciation, un de Deathcode Society et un d’Ecclesia. Nous l’avions d’ailleurs dernièrement interrogé pour la sortie d’Unlightenment et celle d’Ecclesia Militants. Nos échanges ayant duré un certain temps, dans un souci de « concision » et de cohérence dans la lecture, nous avions dû couper certains passages. Passages pourtant tout aussi intéressants qu’il aurait été dommage de ne pas les publier.

Voilà pourquoi nous profitons du calme estival pour proposer les bonus de nos deux dernières interviews avec Arnhwald pour en apprendre un peu plus sur l’artiste qu’il est, notamment en tant que chanteur, ses affinités, son ego et son alter ego, et même un vieux groupe de heavy prog dont on n’a plus entendu parler…

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Hammerfall : leçons de vie metal


Même après trente ans de carrière, Hammerfall nous surprendra toujours par sa fougue et son envie de bien faire. A l’aube de la sortie de son nouvel album Avenge The Fallen, la formation suédoise fait maintenant partie, longévité de carrière et reconnaissance du public obligent, des grands noms de la famille du heavy metal, aux côtés de ceux qui les ont inspirés des années plus tôt. Bien que – peut-être ? – moins populaire qu’avant, le genre se veut toujours aussi fédérateur et voit son public évoluer grâce au travail fait par ceux qui l’ont porté depuis ses débuts, afin de laisser une place aux nouvelles générations de groupes prometteurs et à leur public rajeunissant.

Nous en avons discuté avec Oscar Dronjak, membre fondateur, compositeur et guitariste de la formation. Depuis son amour pour le heavy metal à travers ses idoles et mentors, jusqu’à sa vision du futur du genre et à ses mantras personnels qui sont portés par son optimisme et son amour de la musique, il répond en détail et avec une passion contagieuse à toutes nos questions, entre deux tournées fructueuses autour du monde.

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Dvne écrit sa mythologie


Depuis plus de dix ans maintenant, Dvne propose sa propre mythologie portée par une musique progressive aux accents sludge et post-metal. A travers un récit complet inspiré par la littérature et les jeux vidéo, la formation écossaise se plaît à traiter de sujets sérieux et complexes comme les rapports au pouvoir et à la religion, mais aussi l’écologie dans ses premiers travaux. Dès ses prémices, le projet était ambitieux et il n’était pas question pour Dvne de ne faire que de la musique pour faire de la musique : il fallait raconter quelque chose. Cette ambition est sans doute ce qui a amené le projet à accumuler les vues et les écoutes, jusqu’à se faire repérer par Metal Blade Records qui les signe pour trois albums. L’épopée se poursuit donc pour le groupe, qui propose la suite de son histoire où se mêlent science-fiction et dark fantasy avec le troisième volet Voidkind.

Dans ce nouveau chapitre, la formation souhaite dépeindre « une entité divine séduisant et attirant des adeptes à travers leurs rêves et le voyage multigénérationnel de ces adeptes pour atteindre la dimension de leur dieu ». Français d’origine et Écossais d’adoption, le musicien Victor Vicart revient avec nous dans cet entretien sur les multiples récits sous-jacents contenus dans Voidkind. Cet échange est surtout l’occasion de revenir sur une autre histoire, la leur, qui a démarré sur un site d’annonces en ligne au Royaume-Uni et qui s’est poursuivie sur les planches en Europe ou aux Etats-Unis. D’une approche live pour le nouveau disque à la logique d’idéation et de brainstorming de la composition, en passant par les groupes inspirants et les différences entre les politiques culturelles de l’Écosse, de l’Angleterre et de la France, les sujets ne manquaient pas pour approfondir l’univers de Dvne.

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Diabolus In Musica : le metal en (Phil)harmonie


Le metal vu par les institutions : voilà un concept qui peut susciter l’appréhension des fans du genre. Car la plupart des amateurs de metal sont bien placés pour le savoir : notre style musical a été souvent la source de clichés. Une « musique de bourrins » écoutée « par des gens tous habillés en noir » qui sont « forcément extrémistes » et se déplacent en festivals « comme des hordes de zombies satanistes » : nous pourrions dresser la liste de toutes ces caricatures pendant des heures.

Alors, quand la Philharmonie de Paris organise une exposition sur le metal, forcément le metalleux et la metalleuse n’ont pas envie de voir leur musique favorite simplement réduite à toutes ces images qu’on peut lui prêter. Corentin Charbonnier, l’un des commissaires de l’exposition « Diabolus In Musica » qui a lieu jusqu’au 29 septembre à la Philharmonie de Paris, revient en détail sur la genèse de cet événement et explique les difficultés qu’il a dû rencontrer. Malgré ces dernières, et après plus de deux ans de travail acharné, le constat est là : cette exposition est une réussite et fait honneur à notre style musical préféré.

Interview parue originellement dans le cadre du magazine Radio Metal Focus.

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Blues Pills en a dans le ventre


Blues Pills serait-il arrivé à maturité ? Après un Holy Moly! qui avait vu le groupe prendre le chemin de l’indépendance et commencer à expérimenter, avec Birthday il se défait une bonne fois pour toutes des carcans dans lesquels il s’était délibérément installé au début de sa carrière. Fini la volonté de sonner « vieux », « rétro » ou « vintage ». Blues Pills s’émancipe artistiquement et n’a jamais autant sonné comme lui-même. Des tubes à la pelle, la voix tantôt soul, tantôt survoltée d’Elin, du groove et du riffing rock, un son aussi organique que moderne… Le quatuor semble avoir trouvé le juste équilibre dans sa formule.

C’est donc en partie de cette approche adoptée pour ce quatrième album que Elin, Zack et André nous parlent dans nos échanges ci-après, mais aussi de la symbolique forte de Birthday, sur la pochette duquel la chanteuse exhibe fièrement son ventre au troisième trimestre de grossesse. C’est effectivement pendant celle-ci que les musiques ont été enregistrées. Si cela l’a amenée à s’interroger sur elle-même, Il était hors de question de mettre le groupe entre parenthèses, la chanteuse délivrant ainsi un message à toutes les femmes : on peut vivre une maternité heureuse sans sacrifier sa passion et son travail.

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Darkthrone à travers les éons


Depuis son émergence au sein d’une scène extrême norvégienne qui allait bientôt faire couler beaucoup d’encre jusqu’à ses albums récents, heavy, minéraux et presque anachroniques, Darkthrone n’en a toujours fait qu’à sa tête. Sans trop d’égards pour les desiderata de son public, de l’esprit du temps, ou même de son label, le duo a mené sa barque au fil de décennies mouvementées en gardant le cap sur ce qui fait son essence : une certaine vision du metal, épuré, abrasif et sincère. À l’occasion de la sortie de leur vingt et unième opus It Beckons Us All……., nous avons discuté de ce parcours singulier avec Ted « Nocturno Culto » Skjellum, guitariste et voix iconique du duo.

« Si vous voulez entendre des enregistrements authentiques, vous serez toujours les bienvenus dans le camp Darkthrone ! » : c’est ainsi qu’on pourrait résumer cet entretien-fleuve où le musicien multiplie les allers-retours entre l’actualité du groupe et son passé, notamment l’époque charnière du tournant des années 1990, durant laquelle il a posé les fondations de son art, de la sophistication de l’album avorté Goatlord à la brutalité d’A Blaze In The Northern Sky. Généreux, franc et pince-sans-rire, l’ancien enfant terrible devenu gardien du temple incarne autant qu’il expose l’éthique qui a fait de Darkthrone ce qu’il est : une collaboration solide et complémentaire avec son complice Fenriz, une indifférence profonde aux sirènes du show-business, et surtout une passion pour la musique qui ne semble pas près de tarir.

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Powerwolf : le réveil de la bête


Le temps passe et a permis à Powerwolf de sécuriser sa place au sein des dignes successeurs des grands noms du heavy metal international. Mêlant faits historiques et thèmes religieux dans leurs albums, les Allemands ne cherchent pourtant pas à blasphémer mais plutôt à donner une image différente de l’Eglise, contrastant avec celle qu’ils abordent et représentent sur scène. Powerwolf se veut ainsi bienveillant quelles que soient les croyances de ses fans, avec qui il entretient une relation parfois symbiotique.

Nous nous sommes de nouveau entretenus avec le fameux claviériste de la formation Falk Maria Schlegel à l’occasion de la sortie de l’album Wake Up The Wicked, dont le jeu et l’énergie en live sont devenus un des éléments phares des grandes messes du heavy metal qu’il mène avec ses collègues. C’est ainsi avec beaucoup d’enthousiasme et un certain sens de l’humour qu’il répond à nos questions sur son groupe qui a fêté ses vingt ans l’année dernière.

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Demande À La Poussière en quête de résilience


« De la douleur et des épreuves, il faut ressortir plus fort – désabusé, las, mais vivant et rageur. » Difficile de tirer des leçons d’optimisme à la première lecture des paroles de Kintsugi, troisième album du groupe francilien Demande À La Poussière. Il faut pourtant savoir lire entre les lignes pour y apercevoir quelques lueurs d’espoir, même si cette lumière est bien loin de nous aveugler. Kintsusgi parle en effet de résilience et de l’énergie, nécessairement violente, que chacun peut aller puiser au fond de lui-même lorsqu’il est au fond du trou. Si la thématique de la dépression semble de prime abord assez évidente, la formation française qui évoque « les blessures de l’intime » se confronte aussi au quotidien et à une réalité commune, faisant un constat amer sur ce (et ceux) qui nous entoure. Ce monde actuel, peu reluisant et quelque peu cafardeux, était d’ailleurs parfaitement illustré quelques siècles auparavant par le tableau La Parabole Des Aveugles de Pieter Brueghel l’Ancien.

Trouver du sens, telle est la clé pour mener ce combat de la survie. Justement, cette rude bataille est caractérisée musicalement par un mélange acide entre sludge, doom et black metal, avec quelques lignées mélodiques pour sentir un peu l’air dans ce magma suffocant proposé par Demande À La Poussière. Le bassiste Neil Leveugle revient dans cet entretien sur le son caractéristique du groupe, qui a déjà connu quelques premières années mouvementées au sein de son line-up, Kintsugi présentant d’ailleurs la voix du nouveau chanteur Simon Perrin qui s’est rapidement approprié la stylistique de son prédécesseur. Nous parcourons aussi les profondeurs thématiques des paroles de ce nouveau disque, fruit des images venues percuter les musiciens à un moment donné et qui font naturellement écho à leur vécu personnel.

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Merrimack : la grâce de l’art et la gravité du réel


A compter parmi les pionniers du black metal français, Merrimack écume la scène underground depuis trente ans maintenant. Loin des artifices de la scène actuelle, des capuches et du grand public, la formation reste attachée aux racines d’un genre qui lui semble trop dénaturé par le modernisme. Toutefois, Merrimack a su évoluer avec le temps, en perfectionnant ses mélodies viscérales, mais aussi en basculant d’un antichristianisme primaire à un mysticisme réel, pensé et sublimé par sa musique. Son sixième album Of Grace And Gravity reste cependant une œuvre agressive, qui rappelle d’où vient la formation et indique dans le même temps vers quel terrain elle n’ira jamais…

Dans l’entretien qui suit, Perversifier, guitariste et fondateur du groupe, ne fait pas dans l’explication de texte, puisqu’il voit avant tout leur proposition comme de la poésie et de l’art écrit. Cela étant, il s’épanche volontiers avec nous sur son rapport à l’art, sa vision éclairée de la spiritualité après un long travail de réflexion et d’observation, ainsi que sur son approche du genre musical volontairement éloigné du « cirque black metal » que Merrimack critique sans vouloir se trahir dans l’autoparodie. Nous revenons également avec lui sur les différentes périodes du groupe et les évolutions de line-up qui ont abouti à l’entité incarnée aujourd’hui.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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