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Interview   

Wintersun rattrape le temps


Les fans de Wintersun seraient-ils les plus patients au monde ? C’est possible. Autant Time I avait mis huit ans à voir le jour, autant sa seconde partie en a mis douze, mais le fait est qu’entre les difficultés techniques, les doutes et l’inspiration partie dans d’autres projets en parallèle, le cerveau créatif de la bande, Jari Mäenpää, est resté fidèle à ses intentions : réaliser l’album qu’il considérerait, pour une fois, comme parfait. C’est donc tout un périple, qu’il n’imaginait pas au départ, dans lequel il s’est engagé et qui a mené à deux campagnes de financement participatif, à un album intermédiaire sous la forme The Forest Seasons en guise de « chemin de traverse », à la constitution d’un semi-studio qu’il compte bien développer, à un apprentissage intensif de nouvelles techniques autant dans le domaine de l’audio que de la vidéo, etc. Sans compter pas moins de quatre albums à venir…

Ce périple, nous en parlons en détail avec le maestro dans l’entretien qui suit. Jari a pris le temps de partager avec nous son vécu de ces douze dernières années, de ces moments où il était au fond du trou à ceux où il a remonté la pente, en trouvant des solutions et nouveaux plans pour reprendre son destin en main. Un échange qui en dit beaucoup sur sa personnalité, ses intérêts, ses ambitions, son appétit créatif…

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Interview   

Mike Tramp : de la nostalgie à la maturité


Mike Tramp, la voix de White Lion, a connu un succès important dans les années 1980 avec les titres « Wait » et « When The Children Cry » issus de l’album Pride. Arrivé en pleine vague heavy US ou hair metal, le groupe a eu une carrière avec ses hauts et ses bas. En 1991, tout s’arrête avec le changement de direction artistique des maisons de disques et de la chaîne câblée MTV, ainsi que l’arrivée du grunge à l’image et au son diamétralement opposés à ce qui était à la mode quelques années plus tôt. Tramp n’aura quasiment plus aucune nouvelle de son compère, le talentueux guitariste Vito Bratta. Le chanteur n’en reste pas là et monte Freak Of Nature puis il se lancera dans une carrière solo en s’inspirant de ses idoles Bruce Springsteen, Bob Dylan, Neil Young et Phil Lynott. En véritable troubadour du rock et workaholic motivé, il parcourt le monde avec sa guitare acoustique.

Malgré tout, le spectre de White Lion plane toujours et la voix si reconnaissable de Tramp est une madeleine de Proust pour beaucoup de fans. Ce dernier se décide à sortir en avril 2023 un premier volume des grands titres du Lion Blanc sur certains desquels il se réinvente. Il part en tournée avec son acolyte le guitariste Marcus Nand avec ou sans groupe. Le public répond présent. Le volume 2 est enregistré sur le même modèle que son aîné et sort cet été. Tramp est plus que ravi et déclare : « Léonard de Vinci aurait-il repeint la Joconde s’il avait eu une seconde chance ? On ne le saura jamais, mais je peux dire avec certitude que je suis ravi d’avoir eu cette seconde chance de réenregistrer et de chanter les chansons que j’ai écrites entre 1983 et 1990. Aujourd’hui, j’ai une meilleure compréhension de la façon dont je veux les exprimer avec ma voix que lorsque j’avais vingt ans, c’est juste un fait, et j’ai saisi cette chance. Songs Of White Lion est un tout nouveau chapitre, il est même d’actualité. » Mike Tramp se lancera dans une longue tournée pour soutenir Songs Of White Lion, Vol. II à partir de la mi-août, dont une date à Paris, le 11 novembre, avec The Dead Daisies et Beastö Blancö à l’Elysée Montmartre. Entretien avec l’artiste.

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The Dead Daisies allume le feu sacré


The Dead Daisies est une grande famille dont le patriarche est le guitariste David Lowy. Ils sont de retour avec un nouvel album studio de classic hard rock au doux nom de Light ’Em Up, bourré d’énergie et de fun. Exit Brian Tichy à la batterie remplacé par Tommy Clufetos (Ozzy Osbourne, Black Sabbath) ; exit Glenn Hughes parti vers la sphère revival Deep Purple en solo et son supergroupe Black Country Communion, retour de John Corabi après une pause désirée pour s’occuper de lui, de sa femme et de sa famille, sortir une autobiographie bien rock’n roll, participer à des shows à la télévision, et tourner à son rythme en acoustique. Lowy le rappelle l’année dernière avant la sortie du best of des dix ans du groupe. Le chanteur valide et le groupe se met à composer, enregistrer, mixer, masteriser… deux albums en moins d’un mois (dont l’un sortira l’année prochaine) avec leur « frère musical », le producteur, auteur et compositeur Marti Fredericksen à Nashville.

En visio, John Corabi, toujours aussi sympathique et avenant nous évoque son retour dans le groupe, la genèse de Light ’Em Up et nous fait une surprise avec l’annonce de ce second album. Un joli moment d’attitude rock’n roll pleine d’empathie et de fun !

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Leprous se recadre


Tout semble indiquer qu’une nouvelle ère s’ouvre pour Leprous. Après des albums à la fois de plus en plus « orchestraux » et centrés sur le frontman Einar Solberg, Melodies Of Atonement a délibérément été pensé pour se recentrer sur le groupe, ses membres et leurs instruments. Certes, Einar reste la force créative principale, certes les textes restent très personnels, mais on retrouve là un Leprous plus épuré et dominé par les guitares. Mais comme on a affaire à un groupe qui n’aime pas la stagnation, on a beau réussir à établir des liens avec le passé, le quintet continue de regarder devant lui et à perfectionner son son, entre puissance moderne et authenticité organique.

Puisque cet album se veut plus que tout celui d’un groupe et que nous avons déjà beaucoup échangé avec Einar ces dernières années (notamment avec ses sorties solos), c’est du côté de l’autre « leader », le yang du yin, en quelque sorte, celui avec qui un équilibre se crée (nous en parlerons), que nous nous sommes tournés pour évoquer ce huitième album : le guitariste et autre membre fondateur encore en activité au sein de la formation, Tor Oddmund Suhrke. Et c’est avec un musicien qui avait manifestement beaucoup de choses à dire que nous avons abordé l’approche artistique adoptée cette fois-ci, sa relation avec Einar, celle du groupe avec les fans, celle de leur musique avec le genre progressif, l’évolution de leur processus créatif y compris en matière de textes (Tor ayant un moment été le parolier principal du groupe) et bien d’autres sujets.

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Ragana : symbiose entre espoir et désespoir


Si Ragana existe depuis plus d’une dizaine d’années déjà, c’est avec Desolation’s Flower, sorti sur The Flenser, que le groupe s’est fait connaître au-delà de l’underground DIY américain. Derrière un nom qui évoque les sorcières baltes, les deux artistes, Coley et Maria, qui se partagent tous les postes – écriture, chant, guitare et batterie – déploient en effet au fil de leurs quatre albums et quelques EP un doom dépouillé teinté de black, à la fois émotionnel et écrasant, qui a tout pour toucher la corde sensible. Au point de leur valoir une presse enthousiaste, et une double programmation à l’édition 2024 du Roadburn. C’est là que nous les avons rencontrées pour faire le point sur une première décennie de carrière bien remplie.

« C’est comme ça depuis le premier jour : nous sommes perdues et nous essayons de trouver notre chemin », résume Maria. Les deux artistes, dont la relation symbiotique est aussi manifeste en interview que sur scène, reviennent donc pour nous sur leurs débuts et la genèse de leur dernier album, et sur ce qui leur tient à cœur, de la scène du Pacific Northwest dont elles ont émergé à la nature environnante, en passant par le DIY. Comme leur musique, l’image qui en émerge est toute en contraste, à la fois sombre et lumineuse, entre colère et apaisement, espoir et désespoir.

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Marduk : black metal requiem


Si Marduk fait désormais figure de vétéran dans la scène black metal, pas question de ralentir l’allure pour les Suédois. Alors que le groupe a fêté il y a peu son trentième anniversaire puis sorti son quinzième opus, Memento Mori, l’automne dernier, il continue plus que jamais de sillonner les routes du monde entier pour prêcher la mort et la destruction. C’est que malgré (ou grâce à) l’austérité de vanité de son thème et de son titre, Memento Mori est un monument d’agression et de pugnacité, l’œuvre d’un groupe déterminé à ne pas laisser les années émousser son propos.

C’est cette détermination d’acier justement qui ressort de la brève discussion que nous avons pu avoir avec Morgan Håkansson, le fondateur et guitariste du groupe, à quelques heures de son concert à Helmond aux Pays-Bas. Même enrhumé, c’est bien lui qui mène l’interview tambour battant, qu’il devance ou esquive les questions, aborde de front les sujets difficiles ou fâcheux (la mort de L.G. Petrov, le limogeage d’un bassiste au salut nazi facile) ou expédie ceux qui ne lui semblent pas dignes d’intérêt (le reste de l’industrie musicale), le tout avec une inébranlable bonne humeur. De quoi couvrir beaucoup de terrain en une quinzaine de minutes, et prouver que la flamme de Marduk est plus vive que jamais. Après tout, c’est ce que rappelle Memento Mori : pas de temps à perdre, puisque nul n’échappe à la Faucheuse…

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Fleshgod Apocalypse : le jour d’après


Ce n’est pas un secret : l’art prospère dans le malheur, la douleur et les épreuves de la vie. Mais l’art c’est aussi un formidable outil d’introspection, thérapeutique et cathartique. Alors quand Francesco Paoli a vu son monde s’effondrer et frôlé la mort après son accident d’escalade dans les Alpes italiennes, il n’est pas étonnant qu’il se soit rapidement tourné vers la musique pour partager avec son expérience, les fragilités qu’elle a révélées et les réflexions sur la vie qui en ont découlé. Son histoire a fait de lui un vrai personnage tragique, et c’est bien pour cette raison que le nouvel album de Fleshgod Apocalypse s’intitule Opera, rendant également hommage à l’art lyrique né à Florence au dix-septième siècle qui leur tient tant à cœur.

C’est donc en détail que Francesco nous parle de son accident, de ses conséquences physiques et psychologiques, allant jusqu’à évoquer l’impact positif qu’il a eu sur sa vie, et de l’album, bien sûr. Un album plus théâtral que jamais, conçu pour projeter sur l’auditeur les émotions qu’il a lui-même vécues. Nous abordons également le départ du bassiste-chanteur Paolo Rossi, l’importance accrue de la chanteuse Veronica Bordacchini, l’impact de la performance de Gojira aux Jeux Olympiques – il se rêve d’ailleurs déjà en ouverture des jeux d’hiver de 2026 à Milan – et l’importance de l’art et de la culture. Bref, voici une interview riche et généreuse, à l’image de la musique de l’artiste !

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Tranquillou Billou avec les Descendents


Bill Stevenson est le genre de gars qui a toujours été là au bon moment. En effet, l’homme peut s’enorgueillir d’avoir été le témoin de la première vague du punk rock des années 1970 à Los Angeles ainsi que l’un de ses acteurs les plus appliqués. À ce titre, il a tenu les baguettes et a été à la manœuvre de pas mal de groupes fondateurs du punk rock comme Descendents, Black Flag ou All, a officié un peu plus tard dans Only Crime et Flag, et a même fait un passage derrière les fûts de The Lemonheads. Parallèlement à ses différents engagements musicaux, Bill Stevenson a aussi créé son propre studio d’enregistrement en 1994, The Blasting Room, au sein duquel on se bouscule au portillon pour y être enregistré, produit et mixé par le maître. Depuis ces trente dernières années, c’est toute une foultitude de productions de punk rock à succès qui a été mise en boîte là-bas (NOFX, The Casulaties, Hot Water Music, Propaghandi, Rise Against et bien d’autres).

Profitant de son passage à Carmaux avec Descendents dans le cadre de l’Xtreme Fest, nous avons eu l’occasion de rencontrer Bill Stevenson pendant seulement dix petites minutes au travers d’une interview croisée avec nos confrères de La Dépêche du Midi et Wayback Punk Machine. A notre arrivée en salle de presse, c’est un Stevenson qui vient manifestement tout juste de sortir de son lit qui nous rejoint, encore tout ensommeillé. Après quelques petite minutes de flottement suivies d’une phase de réveil un peu difficile, l’homme se prête avec plaisir au jeu de l’interview au travers de questions resserrées pour coller aux impératifs éditoriaux des médias présents. L’occasion idéale pour faire le point sur l’immense carrière de ce batteur hors norme.

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Nile : un portail vers les Enfers


Le death metal serait-il la BO de l’autodestruction de l’humanité ou, en tout cas, des sociétés modernes ? C’est la théorie du leader de Nile, Karl Sanders, qui s’y connaît en civilisations, puisque non seulement c’est un féru d’histoire, mais qu’il a surtout basé conceptuellement son groupe sur l’une d’entre elles : l’Egypte ancienne. En attendant la fin des temps, ne boudons pas notre plaisir et profitons de cette nouvelle salve technico-brutale qu’il nous offre avec The Underworld Awaits Us All.

C’est alors qu’il se remettait tout juste de ses problèmes de santé qui l’ont vu déclarer forfait pour le Hellfest, laissant ses collègues – dont deux nouveaux venus – prendre en charge ses parties, que nous l’avons interrogé au sujet de ce dixième disque. Un album qui se veut violent, encore plus technique et épuré – on peut dire que Karl n’est pas fan de la mode de tout orchestrer à outrance. Il nous parle ainsi de l’état d’esprit dans lequel cette musique a été conçue mais aussi de sa relation avec les fans et du rapport du metal – notamment le sien – avec l’Egypte ancienne.

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Zeal & Ardor : une créature hybride en pleine évolution


Inventive et originale, Zeal & Ardor est une entité vivante en pleine évolution. C’est ainsi que Greif, le quatrième album du groupe autoproduit en cinq mois, est présenté comme une œuvre hybride. Si le groupe est connu aussi pour son fonctionnement en mode « one-man band », Manuel Gagneux a cette fois-ci bousculé les choses en accueillant pour la première fois ses coéquipiers live en studio, les faisant ainsi jouer leurs propres instruments et chanter – c’est là aussi une innovation pour Zeal & Ardor qui met cette fois-ci en scène trois voix sur ses chansons.

Signe de cette évolution intrinsèque, c’est avec un Manuel Gagneux accompagné de Tiziano Volante, guitariste live depuis 2017, que nous nous sommes entretenus. C’est ainsi que cette interview a pu obtenir une seconde vision à la fois indépendante et convergente avec celle du créateur du projet, abordant souvenirs d’enfance, clés du travail en groupe et la part de l’interprétation personnelle dans une œuvre artistique et culturelle, le tout saupoudré d’anecdotes sur leur pays d’origine, la Suisse.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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