ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

Blindead repart de 23


Blindead 23 est l’histoire d’une renaissance. Celle d’un groupe, Blindead, qui a existé pendant vingt ans avant d’imploser. Mais c’est aussi celle d’un homme, Mateusz Śmierzchalski, cerveau créatif du groupe, connu pour avoir officié sous le pseudonyme d’Havoc au sein de Behemoth de 2000 à 2003, et technicien guitare de nombreuses prestigieuses formations. Après une descente aux enfers impliquant sa santé mentale, il est parvenu à trouver la force de se battre et de remonter la pente. C’est pendant cette période qu’il rencontre Roger Öjersson, guitariste qui a officié pendant huit ans chez Katatonia, déçu par la tournure prise par ce dernier. Une amitié et une alchimie étaient nées. Un nouveau Blindead, accompagné du chiffre 23, a vu le jour.

Après un démarrage compliqué et un EP, Vanishing, les Polono-Suédois peuvent enfin respirer : l’album Deuterium enregistré en 2023 voit enfin le jour. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’avec son mélange de styles, impliquant aussi bien le progressif que le metal extrême ou des tonalités plus mélancoliques, le disque a de beaux atouts à défendre. Nous avons justement eu l’occasion d’en discuter avec Mateusz et Roger, qui ont pris le temps de nous raconter leur histoire, personnelle comme collective.

Lire l’interview…



Chronique   

Periphery – A Pale White Dot


Periphery est l’électron libre de la scène metal moderne. Si le groupe aurait pu très tôt s’inscrire dans certaines tendances porteuses, il préfère naviguer dans son univers personnel, entre djent, metalcore et prog. Désormais totalement portés par leur structure indépendante, le combo compose sans autre préoccupation que celle de répondre à ses propres exigences artistiques. Il opère à ce titre avec A Pale White Dot un étonnant changement de cap et signe par cette occasion son disque le plus accessible.

A Pale White Dot n’affiche pas de numéro, choix qui n’est probablement pas anodin. A l’instar de la doublette Juggernaut, l’album peut par certains aspects se profiler en légère digression à la « formule » Periphery. Il porte inévitablement la marque de fabrique des Américains, mais le quintet y aborde l’écriture d’un œil nouveau, sans volonté de densifier à l’extrême ses constructions. A Pale White Dot est plus spontané et direct que ses prédécesseurs, qui développaient les inspirations prog sur des schémas longs et labyrinthiques. Le groupe privilégie ici des formats classiques – le 3’30 est érigé en norme –, gagnant inévitablement en accroche ce qu’il abandonne en complexité. Il ne signe pourtant jamais une œuvre simpliste et affiche même un talent insolent à déborder de technicité sans jamais perdre en lisibilité, voire à se jouer des conventions. Periphery écrit le disque dont il a besoin, quitte à totalement expurger certains passages de guitares au profit de nappes électroniques d’une profondeur abyssale (« Obsession », « Blackwall »). A Pale White Dot joue de fait plus que jamais la carte des contrastes vertigineux, empilant de pures décharges d’agressivité (le single défouloir « Mr. God ») à une profusion de mélodies sensibles et ciselées. Le chanteur Spencer Sotelo témoigne d’une versatilité ébouriffante, et signe avec ce huitième opus ses refrains clairs les plus émotionnellement chargés. L’œuvre est extrêmement personnelle. Elle touche sans détours, avec une virtuosité différente mais toujours impressionnante.

Ecouter des extraits…



CR De Festival    Live Report   

Le Roadburn célèbre son passé et le futur


Fort de plus de vingt-cinq ans d’expérience, le Roadburn, qui a contribué à l’essor du doom, du stoner et du rock rétro, s’est attaché ces dernières années à décloisonner ces scènes pour les ouvrir sur des formes différentes, voisines ou équivalentes, de musique « heavy ». Un objectif ? Redéfinir, encore et encore, ce que peut signifier cette notion de « lourdeur ». Quitte à parfois prendre ses distances avec le bon vieux stoner de ses débuts, et à laisser quelques fans de longue date sur le carreau. Mais c’est justement sous le signe de la réconciliation que s’ouvre son édition 2026, qui aligne sur son affiche de nombreuses valeurs sûres ayant déjà marqué l’histoire du festival – de quoi réjouir les anciens et permettre aux plus jeunes de réviser leurs classiques, donc, en plus du lot de découvertes promis à chaque fois.

Dès le premier jour, l’humeur est au beau fixe à Tilbourg aux Pays-Bas où se déroule le festival. Sous un soleil presque toujours radieux, c’est une foule toujours plus bigarrée qui se croise et se mélange, internationale, diverse en âges et variée en styles mais fidèle à sa réputation de public le plus chill d’Europe, accueillant et respectueux des groupes comme des autres festivaliers. L’organisation de son côté n’a pas ménagé les efforts pour un déroulement le plus fluide possible, et à part les inévitables queues pour les groupes les plus attendus et les incontournables maux de dos – on ne rajeunit pas –, l’expérience reste idéale pour un festival de cette taille, avec une sonorisation toujours au rendez-vous, voire, dans les salles de l’013, absolument impeccable.

Lire la suite…



Interview    Radio Metal   

The Scalar Process : entre le tangible et le spirituel


the scalar process eloi nicod mathieu lefevreThe Scalar Process pourrait incarner la relève d’une certaine idée du death metal technique de sa génération. Lancé en 2016, le groupe prend vie l’année des sorties de Dreamless de Fallujah, Solipsist de The Zenith Passage ou encore Proponent for Sentience d’Allegaeon. L’âge d’or d’un nouveau mouvement qui prouve que la technicité dans le death metal peut se mêler à des mélodies atmosphériques et éthérées. The Scalar Process ne semble pas renier son appartenance à cette vague venue d’outre-Atlantique, tout en se frayant son propre chemin et en bâtissant une identité singulière. Agnomysticism est donc un deuxième album en dix ans, une démonstration que la formation franc-comtoise ne veut pas brûler les étapes. Coagulative Matter, sorti en 2021, brillait déjà par sa maturité et sa production pour un premier jet ; Agnomysticism confirme que les atmosphères déployées par les mélodies de The Scalar Process sont le fruit d’une réflexion profonde et d’un travail de fourmi. Ce n’est sans doute pas le compositeur, producteur et guitariste Eloi Nicod qui dira l’inverse, lui qui voue une dévotion profonde à cette niche musicale depuis ses jeunes années.

La passion pour cette musique et le professionnalisme avec lequel il façonne son œuvre finissent par payer. Preuve en est : deux figures qui ont directement inspiré le musicien ont accepté son invitation pour contribuer à ce deuxième album, Andy Thomas de Rivers Of Nihil et Justin McKinney de The Zenith Passage. Eloi Nicod et le chanteur Mathieu Lefevre évoqueront avec nous sur notre antenne le parcours du groupe jusqu’à la sortie de ce deuxième album fraîchement publié chez Transcending Obscurity Records. Ils nous en diront plus sur ce disque, Agnomysticism, qui reflète conceptuellement un équilibre entre le tangible et le spirituel, des notions qui résonnent forcément avec celui que l’on retrouve au cœur même de la composition du groupe.

Écouter l’émission…



Chronique   

Hocico – Unseen Horror Scenes


L’apocalypse est à nos portes. Hocico en a écrit les premiers versets dès le début des années 90, avant que l’ombre ne gangrène progressivement le monde et ne permette à la bête électro-indus d’étendre son empire décadent. Elle a mué depuis les premières expérimentations dissonantes vers une certaine forme d’hypnose aux pulsations frénétiques. Unseen Horror Scenes n’est en soi plus tellement prophétique. Ses lamentions sales et violentes sont désormais le reflet de sociétés modernes à l’agonie.

Trente années de carrière ne soulagent pas la douleur. Du moins chez Hocico, combo mexicain qui aborde la musique dans sa dimension la plus aliénante. Leur onzième album déroule comme toujours une formule insidieuse, invite à danser sur les ruines et à abandonner le peu d’espoir qui subsiste. Les arguments de son culte magnétique et tyranique sont pourtant rudimentaires : un kick assommant, des claviers technoïdes malsains ainsi que le chant arraché de Erk Aicrag. Le frontman ne joue des modulations vocales qu’avec une extrême parcimonie, usant de répétitions pour marquer au fer rouge et pervertir les esprits. Les mélodies sont le fait de l’inquiétant Racso Agroyam, cénobite expert des bidouillages et loops calibrés dancefloor. Mais si Hocico avait pu par le passé s’abandonner dans une surenchère de constructions aux BPM toujours plus excessifs, il laisse désormais plus volontiers respirer ses partitions. Si les compos furibondes constituent la colonne vertébrale de leur œuvre cauchemardesque, le disque laisse cependant la place à des mid-tempos macabres étouffants (« Twisted Promises », « Playground Of Scars »), parfois proches des étendues fantasmagoriques des débuts. Hocico ne révolutionne pas son approche artistique, mais il prend occasionnellement quelques voies parallèles. En témoignent les étonnants brûlots « Blood On The Wire » à l’esprit purement Ministry ainsi que « Hey Tù » et ses couplets rap. De possibles réminiscences du travail bruitiste d’Agroyam pour Dulce Liquido, projet réactivé récemment après vingt ans de sommeil. La nuit leur appartient.

Ecouter des extraits…



Interview   

Deliverance : apprivoiser le vide


Deliverance n’avance plus dans la seule saturation. Depuis ses débuts, le groupe a progressivement déplacé son centre de gravité : d’un bloc dense et abrasif, il glisse aujourd’hui vers une écriture plus ouverte, où les contrastes et les textures prennent le relais de l’accumulation. The Voyager Golden Banquet marque ce basculement. Sans renier ses racines black/doom/sludge, le quatuor introduit davantage de respiration, de nuances et même une forme de luminosité inattendue. Une évolution qui ne relève pas d’un virage opportuniste, mais d’un processus organique, nourri disque après disque, et assumé avec plus de confiance.

Lors de notre échange avec Pierre Duneau et Étienne Sarthou, cette transformation apparaît comme une évidence. Le groupe revendique une approche plus minimaliste, où le vide devient un outil à part entière pour renforcer l’impact et installer une dimension presque spatiale. Derrière cette esthétique, il y a aussi une volonté de creuser d’autres émotions, de sortir de l’intensité constante pour explorer des zones plus troubles, plus introspectives. Une dynamique qui traverse l’album de bout en bout et redéfinit en profondeur l’identité de Deliverance.

Lire l’interview…



Chronique Focus   

Devin Townsend – The Moth


Devin Townsend avait, depuis plus de dix ans, une vague perception de ce qui aurait le potentiel de devenir « l’œuvre de sa vie ». Cette notion se trouvait pourtant généralement reléguée au second plan à cause de la portée du projet et du défi représenté. Le point de bascule se situe il y a environ six ans, lorsque Devin fut approché par le directeur de l’Orchestre et du Chœur du Nord des Pays-Bas. La proposition initiale de ce dernier concernait des arrangements de morceaux existants. Finalement, d’un commun accord, les deux aventuriers se sont retroussé les manches pour, à la place, concrétiser ce projet pharaonique qu’allait être The Moth.

Le titre de l’album reprend l’image – classique mais parlante – de la métamorphose du papillon. Une renaissance, plus exactement : faire face à ce qui nous effraie, y compris en nous-mêmes ; pouvoir pardonner aussi bien soi-même que les autres ; comprendre que chacun porte les blessures invisibles de batailles personnelles… Tout ceci constitue pour Devin la définition du réel courage.

Lire la suite…



Interview   

Dimmu Borgir et la mue perpétuelle


Sans compromis. Tel est le leitmotiv de Dimmu Borgir depuis ses débuts. A la différence près qu’après une trentaine d’années de carrière, les cadors du black sympho norvégiens ont désormais très peu d’entraves à leurs ambitions. Et leurs ambitions ne sont pas forcément de faire « toujours plus », notamment en matière de chœurs et d’orchestrations. Pour preuve, Grand Serpent Rising, un dixième album avec lequel la paire Shragrath/Silenoz a délibérément levé le pied sur ce plan, profitant d’un recentrage de l’équipe de composition à ce duo, suite au départ de Galder, pour établir quelques ponts avec leur passé. En réalité, Dimmu Borgir laisse sa muse le guider, sans pression, sans calendrier, quitte à laisser les années défiler.

C’est, en substance, ce que nous explique Silenoz ci-après. De quoi mieux comprendre leur rapport à la créativité, mais aussi rentrer dans l’esprit d’un musicien très spirituel, à la recherche de lui-même, de son plein potentiel, allant jusqu’à partager une anecdote remontant à sa jeune enfance.

Lire l’interview…



Live Report   

Garbage / Skunk Anansie : ni nostalgiques ni assagies


Il y a toujours un risque avec ce type d’affiche : transformer deux groupes majeurs des années 90 en simple objet de nostalgie pour quadragénaires fatigués. Pourtant, voir Skunk Anansie et Garbage réunis sur la scène du Zénith Paris – La Villette produit exactement l’effet inverse. Parce que ces deux formations n’ont jamais réellement cherché à devenir confortables. Elles ont continué à écrire, à évoluer, à déplacer légèrement leur propre langage plutôt que de simplement rejouer leur héritage. Et surtout, leurs discours résonnent aujourd’hui différemment. Pas parce que le monde aurait particulièrement progressé depuis les années 90, mais parce qu’une partie de ce qu’elles dénonçaient existe encore sous d’autres formes.

Il y a un contraste notable entre Skin et Shirley Manson. Deux figures majeures du rock alternatif, deux artistes profondément politiques, mais avec des manières différentes d’occuper l’espace. Là où Skin fonctionne dans la confrontation physique permanente, Shirley Manson préfère l’ironie, le récit et une forme de distance glacée. Pourtant, toutes deux dégagent aujourd’hui quelque chose de similaire, une envie de révolte et de changement.

Lire la suite…



Chronique   

Darkthrone – Pre-Historic Metal


Comme le retour des saisons, des phases de la lune ou des oiseaux migrateurs, on sait depuis presque quarante ans maintenant qu’on peut compter, à peu près tous les deux ans, sur la sortie d’un nouveau Darkthrone. On sait aussi que cet album sera brut, sincère, obstiné voire buté, et profondément indifférent aux affres du metal moderne : un îlot de stabilité au milieu du vacarme contemporain. Cette fois-ci, il est même intitulé Pre-Historic Metal, histoire d’enfoncer le clou. Même si on sait où on met les pieds, après plusieurs albums explorant une veine clairement doom, reste à voir ce que vaut la cuvée 2026 de ces artisans du riff…

Du metal, ce vingt et unième (!) opus en a bel et bien à revendre. Les guitares ont un mordant venu du fond des âges (des années 1980), le rythme va du speed metal va-t-en guerre aux ralentissements pachydermiques (« Deeply Rooted »), et l’attitude du duo élève le tout avec le mélange de conviction et de je-m’en-foutisme qu’on lui connaît. Et de la préhistoire aussi, il n’en manque pas, car la préhistoire dont il est question n’est pas seulement une bonne occasion pour les deux musiciens de célébrer leur côté homme des cavernes, ou un réservoir, tout bien trouvé qu’il soit, à images et à métaphores : c’est tout simplement la préhistoire de Darkthrone, la période qui vient avant l’histoire du black metal norvégien. On entend donc du Hellhammer, du Sodom, beaucoup de Mercyful Fate (mention spéciale à « The Dry Wells Of Hell » avec sa synthèse de Nocturno Culto-Tom Warrior et de Fenriz-King Diamond), voire tout simplement du vieux Metallica dans Pre-Historic Metal, et comme toujours, c’est dans le doigté que le duo se distingue, dans sa manière de créer beaucoup avec peu en ajoutant ici un passage de basse plus méditatif (« Siberian Thaw »), là une dose de punk (« Eat Eat Eat Your Pride »), ou encore un instrumental particulièrement réussi, le crépusculaire « So I Marched To The Sunken Empire ». Espèce en voie de disparition, le duo reste dévoué corps et âme à la seule chose qui lui importe – son amour du metal – et offre avec Pre-Historic Metal une synthèse roborative de ses productions de la dernière quinzaine d’années, antimoderne, grognonne et passionnée.

Ecouter des extraits…



  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
    previous arrow
    next arrow
     
  • 1/3