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Interview   

Hangman’s Chair : accros à la tristesse


Saddiction, le titre du septième album d’Hangman’s Chair, résume à la perfection l’esthétique du groupe : tristesse, addiction, addiction à la tristesse, tristesse de l’addiction… Ce sont en effet ces nuances qu’avec son mélange de doom plombant et de cold wave éthérée, le quatuor explore avec un succès grandissant depuis déjà près de vingt ans. Toujours aussi froid et urbain, Saddiction s’inscrit dans la continuité du bien nommé A Loner, au point qu’on puisse y voir le deuxième volet d’une trilogie : c’est de cette continuité, mais aussi d’évolution que nous avons parlé avec Mehdi Thépegnier, batteur et compositeur (aux côtés de Julien Chanut) du groupe, à l’occasion de la sortie de ce nouvel opus.

Loquace et sincère, le musicien revient sur la genèse de Saddiction, mais aussi plus globalement sur le chemin accompli pendant les deux dernières décennies, ne cachant ni la mélancolie qui imprègne les morceaux du groupe, ni les développements plus positifs de sa vie comme de son art. Nuances, évolutions, paradoxes : tels sont les fondamentaux d’Hangman’s Chair qui se dessinent au fil de cet entretien fleuve…

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Zéro Absolu : cent rancunes


En 2012, Glaciation sortait 1994. Un disque de black metal nostalgique sur la scène elle-même, avec un visuel explicite. Valnoir pouvait alors difficilement faire plus imagé que ces patchs cousus à même la peau. La symbolique est claire : le black metal est une musique douloureuse, dont on ne se défait pas. Une décennie plus tard, beaucoup de choses ont changé, d’autres blessures se créent, tandis que les anciennes ne cicatrisent visiblement pas. En témoigne La Saignée, premier album sous le nom Zéro Absolu, qui porte à nouveau le témoignage du vécu de Valnoir dans la scène black metal. Mais avec le temps, l’artiste illustrateur, et chanteur-parolier sur ce projet, est devenu beaucoup plus amer et critique envers une musique qui lui semble dénaturée. La Saignée raisonne donc comme un disque de rancune, où l’artiste règle quelques comptes, y compris contre lui-même.

Zéro Absolu déploie pourtant une musique aux nombreuses teintes, bien éloignée des premiers albums du black metal de la deuxième vague. Les atmosphères sont éthérées, la tristesse et la mélancolie se mélangent subtilement à la violence et à l’amertume susmentionnée. Pour en savoir plus sur la démarche du trio originel de Glaciation à travers ce nouveau disque, nous avons voulu nous entretenir avec Valnoir. L’interview a été réalisée sous quelques conditions, la première étant celle de passer uniquement par l’écrit. Nos lecteurs les plus assidus le savent, nous émettons toujours quelques réserves concernant les interviews par e-mail. Ainsi, nous aurions bien volontiers apporté quelques relances aux réponses ci-dessous.

Dans le même temps, le musicien nous a fait part de sa volonté de ne pas s’étendre sur ce qui entoure l’autre Galaciation, dont il accuse les initiateurs d’avoir volé le nom. Les deux parties ayant déjà délivré leur vérité, nos questions relatives à ce sujet resteront sans réponse dans le cadre de cet entretien. Il suffit toutefois de lire les textes de Zéro Absolu, ou de regarder les illustrations qui accompagnent le disque, pour comprendre que la rancœur ne s’est pas évaporée. L’artiste a cependant pris le temps de nous parler des contours de ce nouveau disque, en exprimant naturellement sa vision de la scène metal actuelle. Et si les plaies sont encore vives, l’entretien qui suit démontre que Zéro Absolu préfère le sel à la pommade.

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Steven Wilson : « profitez du voyage »


Alors que son nouvel album conceptuel The Overview sort tout juste, Steven Wilson nous plonge dans les profondeurs cosmiques de sa dernière création. Inspiré par « l’effet de vue d’ensemble » – ce changement cognitif vécu par les astronautes observant la Terre depuis l’espace –, le frontman de Porcupine Tree explore notre place infinitésimale dans l’univers à travers deux longues compositions aussi progressives qu’épiques.

Dans cette conversation à cœur ouvert, Wilson s’exprime sur sa vision artistique sans compromis, sa fascination pour les questions existentielles et son approche singulière de la musique progressive. Préférant ici les compositions ambitieuses aux formats conventionnels, il nous livre une réflexion toute personnelle sur notre addiction aux écrans, notre narcissisme collectif et la façon dont le fait d’embrasser notre insignifiance cosmique peut être paradoxalement libérateur.

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Bumblefoot repart à l’aventure


En 1995, un jeune guitariste un peu dingo du nom de Ron Thal sortait chez Shrapnel Records The Adventures Of Bumblefoot, un album instrumental dont les morceaux sont nommés d’après des pathologies animales… Trente ans plus tard, ce même guitariste, plus tout jeune, s’est fait une belle carrière en solo mais aussi avec un passage remarqué chez Guns N’ Roses, au sein de groupes tels qu’Art Of Anarchy, Sons Of Apollo et maintenant Whom Gods Destroy, en accompagnant sur scène Lita Ford en 2009 ou en devenant brièvement le frontman d’Asia. Tout ceci en plus d’activités d’enseignant et de producteur, rien que ça !

Et trente ans après ce premier disque, celui qu’on surnomme désormais Bumblefoot, boucle la boucle avec… Returns! (à prononcer en imitant un écho). Quatorze titres instrumentaux qui nous font voyager dans l’univers multidirectionnel du plus français des guitaristes américains, accompagné pour l’occasion de pointures telles que Steve Vai, Guthrie Govan ou Brian May. Quatorze titres inspirés par divers moments de sa vie, allant d’un chat qui part à l’aventure en vaisseau spatial au triste décompte durant la pandémie… Nous avons longuement discuté de tout ceci et plus encore avec Ron Thal, dont la gentillesse et la sagesse n’ont d’égal que son talent musical.

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Destruction : les parias se sont fait une place


« On est les parias, les marginaux, ceux qui n’ont pas leur place. On est Destruction. » C’est quarante ans de thrash metal Deutsche Qualität que Schmier et sa bande célèbrent avec Birth Of Malice et le morceau « Destruction » qui ouvre les hostilités. Le groupe, qui a démarré sous le nom de Knight Of Demon, a beau avoir connu des passages difficiles – principalement pendant la traversée du désert des années 1990 et, dans une moindre mesure, avec le départ du vétéran Mike Sifringer en 2021 –, il est aujourd’hui l’une des formations les plus fiables de cette scène.

Avec Destruction, on sait à quoi s’attendre : un savoir-faire thrash perfectionné par les années d’expérience. Le processus est désormais on ne peut plus « optimisé » avec le duo de guitariste constitué de Damir Eskic et Martin Furia, chacun dans son rôle et son style, le batteur Randy Black et le producteur V.O. Pulver. Birth Of Malice est le fruit de cette maîtrise, avec ses hymnes thrash, mais aussi ses influences du heavy metal, ses incartades plus groovy et sinistres pour varier le propos et même une reprise des ténors du metal allemand Accept.

Nous en parlons en détail avec Schmier qui n’a décidément toujours pas une très haute estime des êtres humains et, en particulier, des dirigeants, lui qui n’a pas fait l’armée et refuserait d’aller à la guerre et de mourir pour son pays. Le frontman est franc, tout comme lorsqu’il évoque le Big Teutonic Four et Sodom qui, depuis le dernier événement avec les quatre groupes réunis, fait bande à part.

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Saturnalia Temple éclaire la voie


Saturnalia Temple a une place à part dans le petit monde du doom. Depuis presque deux décennies, le projet de Tommie Eriksson mêle en effet son old school, influences metal extrême, psychédélisme et ésotérisme en un alliage tantôt hypnotique, tantôt méditatif ; tantôt écrasant, tantôt vaporeux. Paradigm Call, sorti en début d’année dernière, est la dernière pièce d’un premier cycle : il était donc temps de faire un point sur la carrière de ce groupe en pleine période charnière. Car Eriksson a dernièrement invité les frères Gottfrid et Pelle Åhman (PÅGÅ, ex-In Solitude) à lui prêter main-forte sur scène, et cette collaboration se révèle être une alchimie particulièrement prometteuse, à la fois terreau fertile et horizon élargi…

C’est de cette alchimie justement, mais aussi de bien d’autres, que nous avons parlé avec les trois musiciens avant leur concert en tour de chauffe de l’Eindhoven Metal Meeting en décembre dernier, là où dix ans pratiquement jour pour jour, In Solitude avait joué son dernier set. Tout au long de cette longue conversation, c’est de cycles qui se ferment et qui s’ouvrent qu’il est question justement, de motifs qui émergent ; de metal et de métaux, de passé et d’avenir, du flux de la créativité, et de musique surtout : son contenu, sa nature, son pouvoir.

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Avantasia : bouffon et dragons


Personnage emblématique connu pour son humour et son franc parler, Tobias Sammet a créé via Avantasia un univers à la fois unique et emblématique depuis plusieurs décennies. Fort d’une carrière de trente ans et sachant toujours s’entourer d’un bel éventail de voix, le « bouffon », comme il se décrit lui-même, se distingue dans la sphère power metal par une anecdote pas si anecdotique : il n’y a jamais eu de dragon dans ses chansons. Pour ce fin joueur sur les mots, la fin du mois de février est accompagnée de la sortie de son tout nouvel album Here Be Dragons. Avec une pochette old school arborant, justement, un dragon et fruit d’une approche artistique libre, voilà une œuvre qui promet un renouveau.

Nous en avons discuté avec lui par téléphone, où son rire communicatif se fera entendre de manière sourde, comme s’il couvrait le micro d’un tissu pour un effet plus mystérieux (en fait, juste la qualité de ligne qui n’était pas optimale). Il a abordé avec nous les secrets de confection de ce nouvel album, mais aussi sa carrière, le sujet Edguy y compris, saupoudrant le tout d’anecdotes, de comparaisons et d’analyses croustillantes. Ce qui est sûr à la fin de cet échange, c’est que Tobias Sammet a toujours autant d’énergie à revendre et compte bien le prouver lors de la tournée imminente qu’il prépare pour Avantasia.

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The Great Old Ones : l’alter ego de Lovecraft


the great old ones interviewD’un album à l’autre, The Great Old Ones recherche toujours une évolution remarquable. Kadath, cinquième disque de la formation, n’échappe pas à la règle. Mais la première de ces évolutions est thématique, puisque The Great Old Ones s’éloigne du mythe de Cthulhu pour ce nouveau cycle. Moins horrifique et plus onirique, le cycle du rêve de Lovecraft va aussi chercher d’autres sentiments. En se replongeant dans ces œuvres, le compositeur Benjamin Guerry décèle une fragilité chez l’auteur qu’on lui connaît moins. Un Lovecraft plus rêveur et plus sensible. Pour cause, le personnage de Randolph Carter, au centre de la nouvelle La Quête Onirique De Kadath l’Inconnue qui a inspiré ce disque, est souvent considéré comme l’alter ego de l’auteur.

Cette rêverie omniprésente insuffle aussi un nouveau souffle musical à la formation. The Great Old Ones opère toujours dans le black metal, mais il se montre ponctuellement plus lumineux, s’adaptant ainsi au récit dont il s’inspire. Avec un titre instrumental de quinze minutes et une reprise bonus de Jean-Michel Jarre, The Great Old Ones s’autorise de nouvelles expérimentations. Intégrant toujours de nouveaux éléments, Kadath est donc aussi une nouvelle proposition musicale. Nous avons discuté avec Benjamin Guerry de toutes ces évolutions, incluant aussi celles du line-up, mais aussi autour du rêveur qui sommeille chez chaque musicien ou amateur de metal.

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Gravekvlt sent le rock


Sortez les crop tops et lunettes noires, Gravekvlt est dans la place ! La jeune formation nantaise s’est rapidement forgée une solide réputation sur les planches, au point d’être annoncée au Hellfest quelques semaines après notre entretien. Sa recette ? Du riffs qui tache et une musique qui transpire le rock, ni plus ni moins. En réalité, Gravekvlt brasse assez large dans ses inspirations, de Darkthrone à Motörhead, en passant par Midnight ou Toxic Holocaust. Gravekvlt cherche avant tout à être percutant et efficace. Non pas pour poursuivre un objectif en soi, mais avant tout parce que cette musique plaît à ses membres. D’ailleurs, le guitariste Mathieu va résumer les choses simplement dans cette interview : « Si tout ce que nous faisons en rock ressemble à Motörhead, ça me va. »

Ce deuxième disque Full Moon Fever respecte l’esprit « evil speed metal punk » revendiqué, presque ironiquement, par le combo. S’il est bien sûr accrocheur, toujours pensé avec la perspective live, ses relents mélodiques voire post-punk apportent des nuances rafraîchissantes. D’ailleurs, Gravekvlt donne sens à la démarche d’ouverture en soulignant le leitmotiv du projet : ne jamais s’ennuyer. L’énergie est centrale dans la pensée des musiciens, c’est aussi ce qui a porté l’intérêt du public pour ce groupe encore frais. Nous parlons de tout ceci avec trois des membres du groupe, Val, Mathieu et P.A.

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Killswitch Engage et la colère juste


L’authenticité. Telle est la quête de Jesse Leach. Et telle est la raison pour laquelle il a dû creuser en lui pour faire ressortir la colère, la frustration, la peine qu’il a éprouvée durant les années de pandémie, et finalement aboutir à… l’amour. Une notion qu’il s’efforce de mettre au premier plan et qu’importe que la musique de Killswitch Engage soit toujours plus agressive et brutale : ça aussi c’est de l’amour. This Consequence en est, justement, la conséquence.

Un album qui appelle à renouer avec notre côté humain – ce que Leach fait lui-même en n’hésitant pas à aller à la rencontre des fans qui l’inspirent en retour – autant qu’il a été conçu avec cette idée de proximité entre les membres du groupe, écrivant la musique à l’ancienne, réunis dans une même pièce. Et c’est peut-être pour cette raison que ça marche : parce qu’on y croit. Nous parlons de tout ça, ci-après, avec le chanteur.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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