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Hellfest 2024 : regards croisés sur la programmation


L’annonce de la programmation du Hellfest est toujours un événement. Ainsi, ce mardi 28 novembre à 10h, des centaines de milliers de metalleux français et étrangers ont découvert le line-up 2024 proposé par le festival de Clisson. Nous avons souhaité en savoir plus sur cette affiche en nous entretenant avec Eric Perrin, le chargé de communication du festival, et Christie Medina-Gonzalez, la nouvelle programmatrice des scènes Altar et Temple. Une mission qui intervient en complément de son travail de coordination artistique pour le festival puisque Christie gère la partie backstage au sens large.

Cet échange avec nos deux interlocuteurs nous permet notamment de revenir sur la manière dont le festival travaille sa programmation. Est évoquée aussi l’ouverture du Hellfest qui propose, en complément des groupes extrêmes dont il est coutumier, des artistes comme Foo Fighters et Shaka Ponk qui se rapprochent davantage de la scène rock alternative.

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Orphaned Land et le paradis perdu


Le 7 octobre 2023, tous les rêves de paix du groupe Orphaned Land se sont effondrés. Eux qui ont toujours prôné le rapprochement des peuples et des religions, en particulier des juifs et des musulmans. Orphaned Land a été créé en 1991 avec une mission, un idéal, un espoir aujourd’hui pratiquement effacés par le sang et les larmes. Pris entre deux feux, ils ont vu certains de leurs fans s’opposer voire les abandonner. Israël, leur peuple, a été attaqué et pourtant, ils ont le sentiment de ne pas avoir droit au deuil et doivent faire face à une montée de l’antisémitisme inédite en près de quatre-vingts ans, remettant en question leurs plans de tournée face à la peur de leurs familles. Malgré tout ceci, ils gardent une pensée pour le peuple de Gaza, comme ils l’ont toujours fait, retrouvant un petit peu de lumière dans les messages reçus d’autres fans en provenance de Turquie, d’Iran, d’Egypte, de Syrie, du Liban et même de Palestine.

Concours de circonstances, Orphaned Land sort en cette fin d’année A Heaven You May Create, l’enregistrement du concert donné à Tel-Aviv le 10 juin 2021 en compagnie d’un orchestre symphonique à l’occasion des trente ans du groupe. Un concert qui a pu offrir un peu de réconfort dans un autre genre de période sombre, celle de la pandémie de Covid-19. Le chanteur Kobi Farhi espère qu’il en sera de même de l’album live. C’est avec celui-ci que nous avons longuement échangé pour évoquer tout ceci : la façon dont le groupe israélien vit la situation actuelle et ce que cela implique pour lui, un retour sur le concert A Heaven You May Create et une plongée dans les débuts d’Orphaned Land.

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Kypck : la culture face aux crimes


S’il y a bien un groupe qui s’est retrouvé en position délicate quand les chars russes sont entrés en Ukraine le 24 février 2022, c’est bien Kypck. Groupe de doom finlandais singulier, Kypck a été fondé notamment par l’ex-Sentenced Sami Lopakka et le chanteur russophone Erkki Seppänen comme « projet culturel lié à la Russie et à l’histoire, la littérature et la langue russes ». Pour le quintet, qui tournait majoritairement en Russie et dans les pays d’Europe de l’Est, il fallait se rendre à l’évidence : ses jours étaient compromis, en tout cas sous cette forme. Son cinquième album, Преступления Против Человечества (russe pour « Crimes Contre L’Humanité »), sorti le 18 août dernier, sera donc son dernier. Avec celui-ci, Kypck sort par la grande porte, que ce soit musicalement en poursuivant ses expérimentations et en donnant une dernière fois vie à cette atmosphère morne et aride qui fait sa particularité, ou thématiquement en rendant hommage à sa carrière, à ses expériences et à la culture, non sans, pour une fois, prendre position sur les événements du présent.

Dans l’entretien qui suit, Erkki Seppänen a pris le temps de répondre à nos questions sur cet album, les circonstances de sa création et de sa sortie, et la fin de Kypck, mais aussi de partager avec nous sa vision du conflit, de la situation en Russie et de la politique actuelle du Kremlin, apportant son éclairage, lui qui a chanté la Russie, étudié la Russie et vécu la Russie.

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7 Weeks : sublimer le réel


Qu’on se le dise, jouer du rock brut ne signifie pas « mal jouer » ou « avoir un son crade », c’est avant tout une question d’expression authentique, un discours de vérité, une sublimation du réel. C’est précisément l’ambition que 7 Weeks aurait aimé mettre en œuvre déjà à l’époque de Sisyphus mais qu’il est réellement parvenu à concrétiser avec son nouvel album Fade Into Blurred Lines. Avec ses alternances d’intensités, on n’aura rarement connu les Limougeauds aussi « fragiles » et, paradoxalement, aussi « forts ». Et c’est justement, usant parfois de symboles éloquents hérités de la littérature et de la mythologie, la fragilité que glorifie l’album, celle de l’honnêteté, de la vérité, de l’incertitude et des « gueules cassées » dans un monde, notamment avec les réseaux sociaux, poussant à la promotion d’une perfection de façade et au contrôle permanent.

Comme toujours, 7 Weeks offre un rock aussi intelligent qu’il est puissant et sensible donnant matière à discuter avec le chanteur-bassiste Julien Bernard et son fidèle acolyte, le batteur Jérémy Cantin-Gaucher, que nous avons retrouvé au bout du fil en pleine répétition… Un entretien à l’image de leur musique, au naturel et sincère.

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Mass Hysteria : toujours aussi direct !


Mass Hysteria, trente ans après ses débuts, continue de (nous) surprendre. Le fait d’avoir proposé son nouvel album, Tenace, en deux parties a ainsi pu susciter la curiosité. Pourtant, le groupe a su répondre aux interrogations de la meilleure des manières en relevant haut la main ce nouveau défi. Six mois après avoir sorti sa première partie, Mass Hysteria est revenu avec la partie deux de Tenace, sortie le 27 octobre chez Verycords. L’écoute des deux disques à la suite montre qu’il est bien difficile de trouver du déchet au sein de ces quatorze titres. Preuve que le choix du groupe de couper l’album en deux parties distinctes de sept titres, pour maintenir l’attention de ses fans, était le meilleur.

Nous avons décidé de nous entretenir avec les cinq membres du groupe. Une occasion de célébrer avec les principaux intéressés ce double album en donnant la possibilité à tous les membres de Mass de s’exprimer. Et de le faire au discours direct ! Comme une sorte d’écho à l’authenticité des textes percutants et énervés de Mouss. En discutant avec Jamie, Fred, Rapha, Mouss et Yann, nous avons réalisé quelque chose d’important : si Mass en est là aujourd’hui, toujours aussi actif et pertinent, c’est notamment parce que tous ceux qui composent le quintet poussent l’exigence à un niveau particulièrement impressionnant. La parole est à eux.

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La renaissance de Myrkur


« J’écris très librement et je me fiche des genres musicaux ou d’autres types de contraintes » : Amalie Bruun, plus connue sous le nom de Myrkur, n’est pas du genre à se limiter à un seul style, et toute sa carrière le prouve. Après deux albums penchant vers le black metal atmosphérique, la musicienne a en effet sorti un album de folk traditionnel, et Spine, son quatrième album, mêle touches de metal, ambiances folk épiques, et pop rêveuse – une manière de boucler la boucle avec son début de carrière dans le groupe d’indie Ex Cops avec lequel elle a travaillé pour la première fois avec Billy Corgan, qu’on retrouve dans Spine, justement.

Jamais là où on l’attend quitte à causer des controverses, la multi-instrumentiste met un point d’honneur à suivre son intuition. C’est de cet univers aux facettes multiples et teinté de mythologie que nous avons parlé avec Bruun : une musique qui reflète les changements que traverse l’artiste, qu’ils soient personnels (elle est devenue jeune maman, on entendait d’ailleurs son fils en fond de notre conversation) ou collectifs (pandémie, confinement, etc.), entre mort symbolique et renaissance.

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Angra : la douleur et le bonheur


Finalement, les douleurs, physiques comme émotionnelles, ne nous rendent-elles pas plus vivants ? En posant cette question, on est en effet au cœur du nouvel album d’Angra, Cycles Of Pain, qui dans ses textes, comme son titre le laisse entendre, parle de la douleur et, surtout, de sa cyclicité, de son caractère intrinsèque à la condition humaine, et dans sa musique, n’a jamais sonné aussi riche et vivant. Rafael Bittencourt, dernier rescapé du line-up d’origine, l’avoue : avec la pandémie, il a eu des doutes sur Angra. C’est finalement quelque chose d’essentiel qui a fini par le porter, et qui rapproche l’Angra d’aujourd’hui à celui d’Angels Cry trente ans en arrière : l’amitié avec les membres de son groupe. « Il y a la joie d’être dans un groupe et d’être vivant en tant que tel », reconnaît-il dans l’entretien qui suit.

Toujours aussi introspectif, commençant par s’émerveiller du t-shirt estampillé Rush de son interlocuteur – « C’est probablement mon groupe préféré de tous les temps ! J’ai commencé à aimer quand j’étais jeune et le premier album que j’ai entendu d’eux était justement Fly By Night » –, Rafael nous parle de ce nouvel opus, aboutissement selon lui des dix dernières années de maturation du line-up actuel d’Angra et fruit d’une vision créative qui n’a cessé de s’enrichir avec les années. Il n’en oublie pas pour autant le regretté Andre Matos et son compère six-cordiste Kiko Loureiro avec qui il est toujours en lien, et opère avec nous une plongée dans ce qui a construit l’essence d’Angra.

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Psygnosis vers la chaleur de Mercure


Proposer une évasion spatiale grâce à un metal atmosphérique combinant les influences extrêmes du genre avec de la musique électronique, du violoncelle, le tout avec une technicité certaine et surtout sans chant, c’est le pari pour le moins aventureux de Psygnosis depuis 2015. Se forgeant son public d’amateurs au fil des années, affectueusement nommés les « aliens », les Français ont franchi un cap avec Mercury, sans aucun doute leur opus le plus abouti à ce jour. Armé d’une production étincelante pour une musique riche et intense, l’album nettoie en effet les quelques imperfections de son prédécesseur, perçues de l’œil de son guitariste et principal compositeur Rémi Vanhove, pour proposer une synthèse bien plus digeste, tout en conservant cette pluralité de couleurs musicales qui peignent ce tableau représentant l’immensité de l’univers.

Cette transition radicale vers la musique instrumentale ne s’est bien entendu pas faite sans embûche et sans risque, car si le groupe est riche de ses influences multiples qui vont bien au-delà du metal, il aurait pu aisément s’y perdre et se dénaturer. La ténacité de la formation a également été mise à l’épreuve puisqu’elle a aussi subi d’importants changements de line-up, même si celui-ci s’est solidifié depuis cinq ans maintenant. Psygnosis n’a pas seulement survécu, il ne s’est finalement jamais aussi bien porté. Ainsi, Mercury avait dans son jeu tous les atouts pour rejoindre le label Season Of Mist, gage de qualité pour les groupes expérimentaux. Rémi revient avec nous sur l’historique récent du groupe dans cet entretien, évoquant également son évolution dans les musiques électroniques, sa passion pour l’espace ou encore sa sympathie pour Jacques Brel…

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Tesseract garde le contact avec lui-même


L’univers de Tesseract n’a décidément pas fini de s’étendre et de fasciner. C’est désormais à l’exercice de l’album conceptuel que le combo britannique s’est attaqué avec War Of Being. Cependant, il ne faut pas s’attendre à une simple histoire, mais à un concept abstrait explorant la condition humaine. Si ce dernier pourra paraître complexe à première vue, il aborde finalement une problématique simple qui pourra toucher tout le monde, celle de la perte de contact avec soi-même, au travers de « deux personnes qui souffrent ou [d’]une personne avec des conflits et des souffrances intérieurs ». De quoi, en tout cas, rendre leur musique plus théâtrale que jamais.

Et plus que jamais, Tesseract regarde au-delà de la musique : War Of Being a engendré un jeu vidéo sur Steam développé par le chanteur Daniel Tompkins et fera bientôt l’objet d’une nouvelle écrite par le bassiste Amos Williams, instigateur du concept. C’est justement avec ce dernier que nous nous sommes longuement entretenus pour décortiquer tout ceci et, plus généralement, le style Tesseract. Le quintet étant toujours à la pointe de la technologie, c’était également l’occasion d’aborder la question de l’IA, au présent comme sur ses perspectives d’avenir.

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Dokken : quand le ciel nous tombe sur la tête


Cela faisait dix ans que Dokken n’avait pas sorti de nouvel album. Et il s’en est passé des choses pendant ce temps-là ! Alors que le monde de la musique continuait d’évoluer toujours plus rapidement, Don, lui, suivait son chemin et gagnait en maturité. En une décennie, il est évidemment devenu un autre homme, alors que les fans de la première heure attendaient ce grand retour avec impatience.

Après avoir quitté Los Angeles pour Santa Fe, où il semble avoir désormais trouvé sa paix intérieure et extérieure, après avoir surmonté une opération qui l’a laissé en partie paralysé du bras droit, il est aujourd’hui de retour avec le groupe… et avec une nouvelle vision de la vie, résignée mais aussi plus tranquille. Désormais loin du tumulte de la Cité des Anges, c’est avec une résilience hors norme que le chanteur s’est profondément reconnecté à son art avec Heaven Comes Down. Et alors qu’il se tient peut-être à l’aube de la fin de Dokken, il partage avec nous ses pensés les plus sincères et les leçons qu’il a tirées de son introspection.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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