Le deathcore peut rapidement sombrer vers la surenchère. Logo illisible, brutalité exacerbée, technicité démonstrative voire imagerie outrageusement macabre, la frontière entre impératifs et poncifs s’avère parfois poreuse. Ov Sulfur n’a à ce titre pas toujours su jouer avec subtilité des codes du genre. Endless, son second album, tend à fluidifier la formule sans abandonner en intensité.
L’écriture du disque part d’une impasse. Un syndrome de la page blanche rencontré par le frontman Ricky Hoover, difficulté qui semble l’avoir amené à une profonde remise en question de son approche de la musique d’Ov Sulfur. Car si Endless n’opère pas un virage brut, il propose une série de morceaux équilibrés et accrocheurs, expurgés de certains clichés ou redondances que l’on pouvait reprocher au groupe. Une orientation qui nécessite une ouverture franche aux nouvelles ambitions mélodiques du quintet. L’évolution est cohérente – le précédent album déroulait son chapelet de refrains en clean vocals – mais marquée. Ov Sulfur s’aligne de fait sur la thématique de son album, qui explore l’impact des émotions perpétuelles, l’impossibilité de s’extirper du noir. Endless est un disque sur l’aliénation par la négativité, folie qui donne naissance à un jeu vocal d’une ambivalence nouvelle entre le guitariste Chase Wilson, extrêmement présent au chant clair, et Hoover. Les deux hommes se répondent, usent de dédoublements et de superpositions qui apportent une épaisseur intéressante à des compositions parfois à fleur de peau (« Wither » ou « Endless//Loveless »). Ov Sulfur a muté. Il laisse plus volontiers de côté sa haine des religions pour laisser s’exprimer sa sensibilité, mais n’en oublie pas pour autant l’aspect décapant et techniquement affûté de son deathcore originel. Le disque déborde d’une violence lourde et décomplexée, d’enluminures symphoniques typées black ainsi que de growl incandescent. Avec Endless, Ov Sulfur gagne en ampleur et en accessibilité. Un choix qui pourra séduire de nouveaux adeptes tout comme rebuter les aficionados des débuts.








Il y a dix ans à peine, ce plateau garni de metal extrême mélodique et nordique aurait eu l’apparence d’une douce illusion nostalgique. Le gel semblait avoir eu raison de …And Oceans et de Mörk Gryning, condamnés au sommeil inéluctable du passé. Mais la flamme a survécu chez ces deux formations, qui ont par ailleurs toutes deux retrouvé refuge chez Season Of Mist dès leur réveil.





























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