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Live Report   

Sunn O))) : empereurs du son maléfique


Sunn O))) est un duo de musique extrême et expérimentale. C’est sous cette forme qu’ils reviennent en live sous le nom Sunn 0))) Shoshin (初心). Ces idéogrammes voulant dire « duo ». Bref, des gens qui ne font rien comme les autres. A la base, ce sont deux gars à Seattle qui ont monté un projet à la fin des années 90 en s’inspirant de Earth et de son mythique leader Dylan Carlson. Pour l’anecdote, ce dernier s’est autoproclamé meilleur ami de Kurt Cobain et lui a accessoirement fourni une arme à feu.

Très loin des journaux people, du succès mainstream et des plus grandes scènes du monde, Stephen O’Malley et Greg Anderson jouent dans des endroits selects. Ce soir, c’est dans le cadre d’un concert spécial organisé par le festival des nuits sonores qu’ils investissent le Sucre. Un club bien plus électro que metal. Mais Sunn O))) est sur tous les fronts. Jouissant d’une réputation d’apprentis sorciers du son, ils sont aussi bien dark ambient, drone, électro dépouillé, que doom ou black.

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Interview   

Wings Of Steel : le heavy se refait une jeunesse


Wings Of Steel, c’est l’histoire de deux amis qui se rencontrent à l’école de musique de Los Angeles et décident de redonner vie à l’âme du hard rock et du heavy metal qu’ils ont tant vénérés en grandissant. Portés par une vision commune et un rêve d’enfance, le chanteur suédois Leo Unnermark et le guitariste américain Parker Halub profitent du confinement pour écrire, enregistrer et produire ce qui deviendra leur tout premier EP, paru en 2022. Depuis, le duo avance à vive allure : un premier album studio en 2023, un live capté en France, un second disque, Winds Of Time, tout juste sorti du four et une série de concerts qui leur ont permis d’imposer leur signature, mélange d’énergie brute et de passion sincère pour un heavy metal racé et intemporel. Indépendants et sans label, ils apprennent sur le tas, refusant de sacrifier leur liberté créative au profit d’un confort illusoire.

À l’aube d’une tournée monumentale aux côtés des géants suédois du genre moderne Sabaton, nous avons échangé avec Leo et Parker, dont la complicité artistique et humaine se reflète dans chaque note. Leur credo : suivre leur instinct, honorer les maîtres d’armes et prouver que l’acier du heavy ne rouille jamais. La machine Wings Of Steel semble bien lancée pour passer avec brio les épreuves du temps qui l’attendent!

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Chronique   

Of Mice & Men – Another Miracle


Of Mice & Men retrouve sa rage. Depuis le départ du charismatique Austin Carlile, le combo américain s’était pourtant surtout attelé à développer la richesse de ses mélodies. Une orientation logique au vu de l’expérience d’Aaron Pauley, bassiste et chanteur voix claire propulsé frontman polyvalent avec l’album Defy (2018). Le musicien dispose d’un solide parcours dans le post-hardcore, registre dans lequel s’inscrit son projet fraîchement réactivé Jamie’s Elsewhere. Heureuse victime collatérale, Of Mice & Men regagne avec Another Miracle une fougue étonnante.

Of Mice & Men n’avait pas témoigné d’une telle virulence depuis Earthandsky. Si Pauley a clairement propulsé le groupe dans une sphère nouvelle en lui offrant l’excellence en matière de refrains, il aura longtemps souffert de l’aura fantomatique de son prédécesseur en matière de registre hurlé, expurgeant de fait plus volontiers les vocaux arrachés de ses récentes productions. Another Miracle conjugue influences passées et expérimentations récentes pour définir un futur excitant. Of Mice & Men ne réinvente rien, il rééquilibre. Il redessine légèrement les contours tout en conservant l’essence, corrige et améliore. Pauley instaure l’alternance originelle dans sa balance vocale, et signe ici quelques furieux boulets de noirceur brute sur lesquels le growl se veut expéditif et écrasant (« Hourglass », « A Waltz »). Another Miracle déroule parallèlement l’aspect ample, dynamique et percutant qui a fait du groupe une locomotive metalcore. Le disque aligne une ribambelle de tubes aguicheurs sans user de poncifs trop éculés, regorge de riffs bondissants et d’ajouts électroniques aussi soignés que bien dosés (le sombre et hypnotique « Troubled Water », « Flowers »). Of Mice & Men se repose certes majoritairement sur la puissance de ses refrains mélancoliques, mais il accentue de nouveau plus franchement ses contrastes, profitant de ce neuvième disque pour appliquer un léger coup de polish à une formule efficace à défaut d’être véritablement miraculeuse.

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Live Report   

The Darkness : Explosifs !


2025, les Anglais de The Darkness occupent l’actualité avec leur dernier méfait Dreams On Toast sorti fin mars, mais aussi avec un débat sur la légitimité de l’artiste Yungblud en terres rock n’ roll. Le jeune chanteur s’est illustré à Birmingham lors de l’hommage à Ozzy Osbourne avec sa prestation sur « Changes » et travaille avec Aerosmith (même si la promo ne le montre qu’en compagnie de Joe Perry et Steven Tyler), une collaboration ayant abouti au sucré à souhait « My Only Angel » en attendant un EP. Les frères Hawkins semblent « irrités » par cet homme et le font savoir. Relançant l’éternel et stérile débat sur qui est rock n’ roll ou pas.

Etre rock n’ roll en 2025, qu’est-ce que cela signifie ? Vous avez quatre heures ! Non, justement, vous ne les avez pas, il est presque 19h30 et Dea Matrona entre sur scène. Vous nous rendrez vos copies plus tard. Mieux, oubliez vos copies, on s’en moque en fait !

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Interview   

Amorphis : aux frontières du metal


L’heure du changement a sonné pour Amorphis. Certes, il ne faut pas s’attendre à une évolution drastique comme celles que le groupe opérait régulièrement lors de ses dix à quinze premières années. Le sextet suédois a simplement fait, cette fois-ci, appel à un nouveau producteur, en la personne de Jacob Hansen, après trois albums sous la houlette de l’exigeant Jens Bogren – en plus d’un nouvel artiste pour l’artwork. Juste ce qu’il faut pour briser la routine du processus.

Sans foncièrement chambouler la recette qu’est celle d’Amorphis depuis Eclipse (2001), Borderland est un album plus centré sur l’accroche, avec des claviers qui reviennent sur le devant, plus proche de ce qu’est le groupe en live. C’est ce dont nous discutons ci-après avec le guitariste – et ancien hurleur – Tomi Koivusaari, qui lève le voile sur la façon dont le groupe conçoit un album de nos jours. Il évoque notamment le mélange d’ancien et de nouveau qui semble faire la force de la formation – qui a aligné son neuvième disque d’or avec Halo (2022) – ou encore son rapport à la nature, et fait quelques confidences sur lui-même, comme la raison pour laquelle il a abandonné le poste de frontman en 1998.

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Chronique   

Scorpion Milk – Slime Of The Times


La musique de Scorpion Milk semble familière ? C’est normal : non seulement on y reconnaît la voix unique de Mat McNerney, chanteur protéiforme d’Hexvessel, Grave Pleasures et bien d’autres, mais on y entend aussi les sonorités froides et post-punk de Grave Pleasures justement, et de son ancêtre Beastmilk. On y entend aussi beaucoup de leurs illustres prédécesseurs : Sisters Of Mercy, The Fall, Killing Joke… Au premier coup d’œil, Slime Of The Times, le premier opus de ce nouveau projet, nous mène donc en territoire familier, surtout pour ceux qui suivent McNerney depuis ses débuts, voire vu et revu. Et pourtant sur la longueur, il se révèle une fois de plus sacrément accrocheur…

La filiation avec Beastmilk est évidente dès le nom du groupe, et en effet, dix ans après la fin de ce projet, Scorpion Milk poursuit sur la même lancée, celle qui utilise les sonorités et les névroses des années 1980 pour dire quelque chose des nôtres. On y retrouve le sens de l’accroche et de la formule du musicien, la sauvagerie et le côté DIY de Beastmilk en moins, la maîtrise et les moyens en plus. Slime Of The Times bénéficie en effet d’une sortie chez Peaceville, d’une esthétique léchée, d’une production impeccable, plus organique que glaciale, et d’un casting cinq étoiles : on y retrouve Tor Sjödén de Viagra Boys à la batterie, Nate Newton de Converge et Cave In à la basse, et deux guests de choix, Will Gould de Creeper, et surtout Big Paul Ferguson, dont la présence parachève l’atmosphère résolument Killing Joke de l’album. Car si le death rock de « She Wolf Of London » a quelque chose d’un peu Samhain, sur Slime Of The Times, McNerney est à son plus britannique, utilisant ici et là des touches de Godflesh (« Slime Of The Times ») voire de punk à la Rudimentary Peni : c’est en effet, et un peu paradoxalement, comme anarcho-punk que ce groupe qui semble taillé pour le succès se définit avant tout. Mais même avec ses paroles incisives, on imagine plus volontiers ces chansons bien troussées déclencher des manies dansantes que des émeutes, ce qui, au vu des circonstances, est toujours ça de pris : au-delà des plaisirs rassurants de la connivence et de la nostalgie, Slime Of The Times est la bande-son idéale d’une époque où, comme en 1980, tous les voyants sont au rouge.

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Interview   

Metal Fest 09 : le réveil de l’ours des Pyrénées !


Hervé, c’est le genre de gars qu’on ne peut pas manquer. Avec son blouson de cuir noir, ses lunettes de soleil vissées sur le nez, sa moto pétaradante et son éternel sourire en coin, il dégage cette énergie brute propre aux passionnés qui vivent à fond ce qu’ils aiment. Biker dans l’âme, fan de musique, organisateur d’événements et éternel touche-à-tout, Hervé est un personnage à part, de ceux qui transforment leurs passions en moments de partage.

Installé en l’Ariège, il est le cerveau et le moteur du Metal Fest 09, un festival qu’il organise avec son équipe pour la troisième année consécutive à Saverdun. Un rendez-vous devenu incontournable pour les amateurs de décibels et de bonne humeur, où se croisent groupes locaux, têtes d’affiche et toute une communauté de fans de metal venus célébrer l’esprit du rock dans ce qu’il a de plus authentique. Mais Hervé ne s’arrête pas là : il est aussi à l’origine du Motor Show, un grand rassemblement de voitures et de motos qui anime régulièrement Saverdun. Deux événements, une même philosophie : la passion, le partage et le plaisir de faire vibrer les gens.

C’est autour de quelques bières, attablés dans un petit rade de Calmont, une minuscule bourgade de Haute-Garonne, tout près de l’Ariège, que nous avons taillé une bavette avec ce personnage haut en couleur et ô combien truculent, pour parler musique, cambouis et esprit rock’n’roll.

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Chronique   

Caskets – The Only Heaven You’ll Know


Avec Reflections, son second album, Caskets dansait en permanence sur un fil ténu entre metalcore et post-hardcore. The Only Heaven You’ll Know semble clore le débat. Le désormais quatuor – le bassiste Christopher McIntosh s’est fait la malle début 2024 – affirme encore davantage ses inspirations rock alternatif et couche sur bandes un disque résolument axé sur les mélodies.

La musique de Caskets avait su séduire par son accessibilité et son dynamisme percutant. Les Anglais n’ont jamais vraiment dévié de constructions classiques, easy-listenning, très efficaces bien que formatées. The Only Heaven You’ll Know ne réinvente pas en profondeur le son du groupe. Il déroule cependant une petite série de compositions qui s’affranchissent plus franchement des gimmicks typiquement metalcore pour développer plus profondément la dimension émo de leur musique. L’album est de fait moins direct et certains riffs semblent, aux premières écoutes, retomber un peu à plat, d’autant plus que les accompagnements électroniques grignotent inexorablement du terrain. Caskets fait le choix de pousser en avant le chant de Matthew Flood, de laisser respirer les instrumentations afin de permettre au frontman de s’exprimer dans toute sa polyvalence. Ce dernier tire à de multiples reprises vers des horizons clairement pop à base d’envolées claires vibrantes et fragiles, sans totalement expurger les hurlements arrachés de son registre. Si les capacités de Flood ne sont plus à prouver, les traficotages numériques et autres filtres appliqués sur les voix auront tendance à irriter (le très niais « Our Remedy », « Broken Path »). La tendance n’est pas encore trop lourde, et le groupe contrebalance avec quelques gros morceaux qui se montrent moins hésitants à parier sur la puissance des guitares (« Make Me A Martyr », « What Have I Become »). Mais à trop vouloir explorer la palette émotionnelle, Caskets y perd cependant en naturel et en impact, même si ce troisième album se montre extrêmement travaillé et très bien produit. Dommage.

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Live Report   

Volbeat, Bush & Witch Fever : trois visages du rock contemporain


Un dimanche soir post-Halloween, le Zénith de Paris troque les citrouilles contre les amplis. Dans l’air flotte encore cette fatigue de fin de week-end, mais la promesse d’une soirée rock suffit à rallumer les esprits. Au programme : Witch Fever, Bush et Volbeat, qui défendent tous les trois leur nouvel album, respectivement Fevereaten (sorti à peine deux jours plus tôt), I Beat Loneliness et God Of Angels Trust.

Une affiche un peu improbable sur le papier, entre colère féminine venue de Manchester, retour grunge tout en sensualité et rock’n’roll danois aussi costaud qu’un shot de schnaps. Trois univers, trois énergies, et au final une même envie, celle de partager un vrai moment de scène.

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Interview   

Dropkick Murphys rallume la flamme du peuple


Trente ans après leurs débuts dans les bars de Boston, Dropkick Murphys signe avec For The People un album à la fois viscéral et personnel. Derrière l’énergie punk et les guitares retrouvées après deux disques acoustiques inspirés de Woody Guthrie, Ken Casey ouvre grand la porte sur son histoire familiale. Le chanteur y évoque sans détour le suicide de son père, le poids du silence et la transmission d’une génération à l’autre, mais aussi l’influence déterminante de son grand-père, syndicaliste et militant, dont l’esprit de révolte imprègne encore aujourd’hui chaque prise de parole du groupe.

Dans cet entretien, Ken revient sur cette dimension intime et politique, sur l’équilibre entre colère et humanité, et sur la manière dont Dropkick Murphys cherche toujours à inspirer les autres tout en se nourrissant lui-même de cette énergie collective. Il évoque aussi le retour d’Al Barr sur un morceau, symbole d’un lien indéfectible au sein du groupe, et ce besoin vital de rester sincère, engagé et profondément humain dans un monde de plus en plus cynique.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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