Avralize avance en explosant toutes les barrières. Leur premier album Freaks sonnait comme une déclaration d’intentions. Technique, moderne et original, il ne posait pourtant que les prémices d’une formule de metalcore next-gen, registre que le combo allemand aborde avec une étonnante fraîcheur. Liminal, second opus aussi costaud que délirant, pousse littéralement les potards aussi loin que possible.
Il y a chez Avralize une approche du metalcore qui sort littéralement des sentiers battus. Les Teutons n’ont que faire des codes du genre, qui imposent bien souvent une atmosphère pesante en terreau fertile à l’intensité attendue. Le quatuor préfère tartiner du fun sur de gros riffs velus à souhait, et n’hésite jamais à s’embarquer dans une avalanche de bidouillages sonores qui confèrent au disque un esprit rétro-futuriste 80’s assez savoureux. Profitant à fond des technologies actuelles, Avralize fait de chaque composition un ensemble dense mais savamment structuré, sorte de roller-coaster aux twists musicaux ininterrompus et décalés. Le disque s’ouvre sur un banjo décomplexé (« Medicine »), multiplie les parties de claviers volontairement kitsch, invite un saxo jazzy (« Wanderlust ») ou patine les grattes de sons électro-dansants proches du jeu vidéo (« Helium »). Malgré toute sa dimension foutraque, Liminal affiche une science de l’écriture et de l’efficacité assez hallucinante. Avralize présente une faculté presque naturelle à coucher sur bandes de gros hits fluides et extrêmement percutants. L’ensemble vire avec violence entre tempos épileptiques et mélodies nostalgiques, profitant d’une technicité affûtée comme un rasoir et d’un chant versatile à souhait. Le disque impressionne par son groove monstrueux – la basse avec un son claquant quasi funk, qui n’est pas sans rappeler l’âge d’or du neo. Il hypnotise parallèlement par ses refrains impeccables. Décapant dans ses hurlements, le frontman Severin Sailer déroule une puissance émotionnelle dans son chant clair qui emporte loin, très loin (le mid-tempo « Close To You »). L’un des très gros disques de metalcore de l’année, assurément.







































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