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Interview   

Dropdead Chaos : du chaos aux tubes


En 2020, début de la période Covid, pour occuper le temps, divers musiciens – les chanteurs Déhá et Renato Di Falco (Flayed, Trepalium, Les Tambours Du Bronx), les guitaristes Baptiste Ory (Nils Courbaron), Sylvain Sarrobert (Sidilarsen) et Nils Courbaron (Sirenia, T.A.N.K), le bassiste Jacou Pierre (Black Bomb A) et le batteur Boris Le Gal (Betraying The Martyrs) –, créent et enregistrent des morceaux sous le nom de Dropdead Chaos, dont tous les bénéfices sont reversés dans le but d’aider le personnel hospitalier. De cette belle initiative, et du retour très positif du public sur ses compositions, Dropdead Chaos devient définitivement un groupe qui s’attelle à la création de son premier album Underneath The Sound. Ce dernier, récemment sorti, mélange tous les horizons musicaux de ses membres pour nous proposer un metal moderne, qui nous rappelle les meilleures heures du neo-metal, mais pas seulement.

Le frontman Renato nous parle dans cette interview de la genèse du groupe, de sa manière de fonctionner à distance, de l’intégration de leurs divers horizons musicaux, mais aussi de sa gestion de ses différents projets musicaux. Un entretien plein d’énergie et d’enthousiasme pour un premier album à cette image et pleinement réussi.

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Chronique   

Girlschool – WTForty Five?


Peut-on un jour devenir vieille lorsque l’on est une rockeuse ? Telle est la question à laquelle semblent vouloir répondre les musiciennes de Girlschool avec leur quatorzième album WTForty Five. Après une absence de huit ans, on ne les attendait plus. Pourtant, le quatuor revient et n’a pas perdu la recette de son hard rock pêchu qu’il vient insuffler dans douze titres suffisants mais tout de même efficaces.

Alors que l’œuvre démarre avec « It Is What It Is » et sa ligne de basse à la fois profonde et subtile, les craintes que l’on pouvait avoir quant à ce retour se dissipent. Les années écoulées semblent avoir fait beaucoup de bien à nos musiciennes dont l’expérience n’est plus à prouver. Elles jouent désormais un hard rock plus lourd, proche par moments d’un metal moderne comme peut le laisser entendre le titre « Cold Dark Heart », et son instru plus pesante, presque sombre. La voix de Kim McAuliffe a mûri comme un bon vin et vient réchauffer les cœurs. Des accords empreints d’une touche de blues, comme sur « Believing In You », témoignent de la richesse musicale qu’elles traînent depuis quarante-cinq ans dans leurs pattes. Contrairement au morceau « Invisible Killer » qui le précède et qui manque de cette énergie si particulière du groupe… Les solos parfois quelque peu simplistes sont contrebalancés par la basse prépondérante, qui vient durcir le ton. Toutefois, les rockeuses s’offrent très vite une nouvelle jeunesse avec les chansons « Up To No Good » et « Party ». Des musiques old-school, dignes du Girlschool des années 80, aux accents dynamiques et aux riffs tranchants qui donnent envie de crier « girl power ». C’est donc avec une justesse certaine que les Girlschool ont passé le cap de la quarantaine. Visiblement, on ne peut vieillir quand on est une rockeuse…

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Interview   

The Ocean : la fin d’une époque


The Ocean est décidément plein de surprises. Le dytique Phanerozoic était censé clore la série d’albums conceptuels basée sur les époques géologiques de la Terre, reliant ainsi Precambrian à Heliocentric et Anthropocentric, mais la créativité du groupe en aura décidé autrement, rajoutant la brique Holocene, sorte d’extension du morceau éponyme qui bouclait Phanerozoic II: Mesozoic | Cenozoic. Issu d’une sorte d’expérimentation entre le guitariste-leader Robin Staps et le claviériste Peter Voigtmann, et pas forcément pensé initialement pour The Ocean, Holocene est d’ores et déjà un album à part dans la discographie du collectif, plein de contradictions entre électronique et organique, ou calme et intensité.

A bien des égards, Holocene est la véritable conclusion du chapitre géologique, mais ce pourrait aussi très bien être un début, celui d’un groupe qui à la fois ouvre ses horizons et stabilise son processus autour d’un environnement confortable. Comme d’habitude, nous discutons de l’album en détail et en longueur avec Robin, qui nous dévoile avoir déjà sous le coude un autre album de The Ocean…

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Live Report   

Plane’R Fest : une soirée en première classe


Le Plane’R Fest est un festival qui se passe à Colombier-Saugnieu et plus précisément à Montcul (source bien évidemment de nombreux jeux de mots), à proximité de l’aéroport de la métropole lyonnaise au début du mois de juillet. Il grandit d’année en année depuis 2012, avec une programmation qui est maintenant devenue principalement metal et avec des affiches de plus en plus prestigieuses, notamment ces dernières années. Un des gros avantages de ce festival est sa taille humaine ; ça fait du bien de pouvoir se promener facilement sur le site et d’être proche des scènes pour pouvoir profiter pleinement des concerts. Les artistes se succèdent sur deux scènes (nommées terminaux) dont une est destinée aux artistes les plus établis, l’autre visant à mettre en avant des groupes qui méritent d’être plus connus. La programmation de ce vendredi s’annonçait particulièrement excitante, et cela a été une vraie réussite !

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Interview   

Jason Bieler : l’orchestre de l’absurde


Jason Bieler serait-il en train de redonner un nouvel élan à sa carrière ? Connu avant tout pour avoir été la force créative de Saigon Kick – groupe de hard rock inclassable apparu au début des années 90 et qui a connu un bref mais joli succès, notamment avec la ballade « Love Is On The Way » –, le chanteur-multiinstrumentiste refait parler de lui depuis deux ans avec son projet The Baron Von Bielski Orchestra. Après un premier album, Songs For The Apocalypse (2021), Bieler a récidivé cette année avec Postcards From The Asylum. L’artiste y déploie un univers personnel, un brin déluré, résolument varié et sacrément addictif, avec l’aide d’une myriade de collaborateurs, à l’image de Marco Minneman (The Aristocrats), Ryo Okumoto (Spock’s Beard), Andee Blacksugar (KMFDM, Blondie) ou Todd Kerns (Slash). Pas étonnant qu’il ait été rapidement adopté par la communauté progressive, bien que ce ne soit pas sa scène d’origine…

Nous avons donc profité de la sortie de ce second album du Baron Von Bielski Orchestra pour faire le point avec Jason Bieler sur sa carrière passée et présente, et lui demander qu’il nous donne les pistes pour comprendre l’artiste qu’il est, unique en son genre et indépendant.

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Chronique   

Miserere Luminis – Ordalie


Certains souvenirs retentissent comme un écho lointain de cris et de souffrance. Comme de tristes réminiscences qui subsistent latentes et tremblantes. Ainsi, Miserere Luminis offre à son fidèle public l’exutoire qu’il n’espérait plus avec Ordalie, son nouvel opus de quarante-cinq minutes, pour cinq titres. Cinq étreintes désespérées qui traduisent la détresse d’une âme éreintée.

L’œuvre débute dans les lamentations et la mélancolie de « Noir Fauve », qui noie dans des larmes versées au piano un sentiment originel d’amertume et d’aversion que contiennent un chant enraillé et des guitares stridentes aux dissonances révélatrices d’un esprit troublé, et dont les riffs oscillent de nébuleux à corrosifs. L’explosion d’émotions ne se fait pas attendre, « Le Sang Des Rêves » perce à jour la tourmente qui déverse une violence jusque-là jugulée, et l’entrecoupe de passages aériens. À l’instar du titre précédent, « La Fêlure Des Anges » manifeste un déchaînement d’agressivité qui ne fait que s’accroître, avant de s’effondrer totalement sur « Les Couleurs De La Perte », un interlude doux et paisible aux cymbales frétillantes et à l’atmosphère sombre qui donne le ton et introduit le dernier titre de l’album « De Venin Et D’Os ». L’apogée du cataclysme se déploie alors dans des hurlements gras et enragés qui fondent dans un décor enflammé. Puis, rafraîchi par les mélodies léthargiques de violon et de piano, l’album se termine et l’auditeur peut reprendre son souffle. C’est ainsi que Miserere Luminis signe son retour dans un brasier fumant à la poésie enivrante de textes scandés avec passion, et dont les vapeurs noires s’échappent avec fougue de la structure complexe des morceaux. D’un dramatisme certain, l’ivresse d’Ordalie fait céder les chaînes de la sanité sous le poids de son impétuosité.

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Interview   

Einar Solberg : hypersensible, hypercréatif


La créativité dont Einar Solberg a fait preuve jusqu’à présent au sein de Leprous, en sept albums et vingt ans de carrière, est impressionnante, participant à redéfinir le metal progressif aux côtés d’autres formations telles que Between The Buried And Me et Haken. Mais force est de constater qu’après pourtant deux albums très personnels – Pitfalls (2019) et Aphelion (2021) – ça ne lui suffit plus. Une envie d’autres horizons, d’autres collaborations, de produire plus. Ainsi a-t-il lancé un nouveau projet sous son propre nom afin, d’un côté, d’assouvir tous ses désirs créatifs, sans contrainte, sans attente, et d’un autre côté, de recentrer Leprous.

Premier-né de ce nouvel exutoire, en un chiffre : 16. Un album des plus variés – l’influence de la musique classique y côtoie celle du hip-hop, par exemple – qui voit Einar collaborer avec un compositeur différent sur chaque morceau et évoquer sa jeunesse entre seize et dix-neuf ans, une période charnière où « se sont passées les pires et les meilleures choses » de sa vie. Nous discutons de tout ceci avec le chanteur.

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Chronique   

Thy Catafalque – Alföld


Tamás Kátai, derrière son allure professorale, s’épanouit depuis plus de vingt ans à l’avant-garde du metal extrême avec Thy Catafalque. Après un premier album live en forme de rétrospective festive (vingt-six musiciens à l’affiche !), le cerveau du projet a regagné les studios. Si Vadak était empli de fragilité, Alföld induit des émotions plus marquées, mais toujours conciliées avec une certaine élégance. Album débridé, c’est une vitrine idéale pour la fibre compositrice de Tamás, et l’occasion de rassembler toujours plus d’interprètes.

Alföld présente quelques-unes des parties les plus lourdes de la discographie récente de Thy Catafalque. Si le chant clair est encore présent, il laisse la place, parfois plusieurs morceaux durant, à un panel qui s’étend du death au black. Cinq voix d’invités y veillent, en plus de celle de Tamás. Certains titres suivent la mouvance black metal mélodique, comme « Testen Túl » que l’on recommanderait, à l’occasion, aux fans d’Uada. Des sonorités étranges sont présentées avec décomplexion, apprêtées comme si tout était parfaitement normal ; des solos semblent arrachés aux entrailles des instruments. Cela étant, l’avant-gardisme de Tamás reste une savante concoction, dotée d’une grande âme. Si les premiers titres font craindre une atrophie du rameau folklorique, cette sensibilité persiste. Outre les choix mélodiques et les touches de flûte et de guitare acoustique, les rythmiques (avec une touche d’asymétrie sur « Folyondár ») y contribuent. Enfin, les synthétiseurs ruissellent en Alföld comme de l’eau claire dans une caverne. Bien que doté de compositions courtes et équilibrées, Alföld rejoint rapidement les vieilles habitudes de Tamás ; les plus gros écarts se concentrent sur la première partie du disque. Cela ne rend pas l’album déplaisant – on pourrait même y voir la marque d’une juste mesure dans la prise de risques.

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Interview   

Ruïm : Blasphemer sonne le tocsin


Rune « Blasphemer » Eriksen a beau avoir quitté Oslo il y a des années, il reste l’une des pierres angulaires de la scène norvégienne : après avoir fait ses classes dans Mayhem où il avait repris le rôle de guitariste à la mort d’Euronymous, il a imposé ses riffs dissonants dans des groupes aussi divers qu’Aura Noir, Twilight Of The Gods ou Vltimas, pour n’en citer que quelques-uns. Plus de vingt-cinq ans après ces débuts, le guitariste s’est replongé dans ses premières créations pour fonder un nouveau projet, Ruïm, où il est seul maître à bord, avec le soutien du batteur César « CSR » Vesvre. Particulièrement personnel, il donne la part belle à la spiritualité d’Eriksen, notamment à l’umbanda, qui mêle spiritisme, traditions afro-brésiliennes et christianisme.

Affable et enthousiaste malgré son emploi du temps chargé – l’enregistrement du nouvel Vltimas devait commencer très peu de temps après notre entretien –, Blasphemer est revenu avec nous sur la genèse et la direction du projet, et en a profité pour remettre en perspective sa carrière, et préciser ses ambitions en tant que musicien. Il le dit lui-même : ce premier album est un avertissement…

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Live Report   

Gros riffs à Pause Guitare Sud De France


pause_guitare_2023_afficheVignt-sept ans au compteur et toujours bon pied, bon œil ! En effet, pour sa vingt-septième édition, le festival Pause Guitare Sud De France d’Albi dans le Tarn (81) a décidé de frapper fort en proposant une affiche des plus éclectiques où s’entremêlent des groupes comme Queens Of The Stone Age, Indochine, Billy F. Gibbons (ZZ Top), Cali, Shaka Ponk, Ange, Lomepal et même Michel Polnareff ! Autant dire que l’équipe de l’association Arpèges & Trémolos a les idées larges et voit les choses en grand ! Qui plus est, Pause Guitare propose comme à son habitude un festival off dans différentes salles de concert de la ville afin de mêler astucieusement têtes d’affiche et artistes en développement. C’est donc au travers de pas moins de six scènes et quatre-vingt-dix concerts sur quatre jours que sont attendus environ dix-sept mille festivaliers chaque soir.

En ce premier soir des festivités, l’organisation a tenu à mettre les petits plats dans les grands au travers d’une programmation résolument tournée vers le rock. En effet, ce mercredi 5 juillet marque le début des hostilités sur la grande scène de la Base Nautique de Pratgraussals au travers de quatre concerts qui vont faire du bruit. Ainsi, ce sont les indéboulonnables Français d’Ange qui auront la lourde charge de lancer les hostilités avant de faire place nette pour Billy F. Gibbons, venu s’encanailler en solo loin de ZZ Top avec le guitariste Austin Hanks et John Douglas, le batteur d’Aerosmith. Un peu plus tard dans la soirée, les Américains de Queens Of The Stone Age viendront aussi fouler les planches de Pratgraussals après avoir récemment mis le feu aux Nuits De Fourvière quelques jours auparavant. Enfin, les Français de Shaka Ponk ont prévu de clore la soirée avec un show à sa (dé)mesure !

Autant dire que le public a répondu présent et que la base nautique où se tient le festival depuis plus de dix ans a été vite prise d’assaut dès la fin de l’après-midi ! Voici ci-dessous, un petit retour sur les prestations scéniques du premier soir de Pause Guitare Sud de France.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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