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Live Report   

Gros riffs à Pause Guitare Sud De France


pause_guitare_2023_afficheVignt-sept ans au compteur et toujours bon pied, bon œil ! En effet, pour sa vingt-septième édition, le festival Pause Guitare Sud De France d’Albi dans le Tarn (81) a décidé de frapper fort en proposant une affiche des plus éclectiques où s’entremêlent des groupes comme Queens Of The Stone Age, Indochine, Billy F. Gibbons (ZZ Top), Cali, Shaka Ponk, Ange, Lomepal et même Michel Polnareff ! Autant dire que l’équipe de l’association Arpèges & Trémolos a les idées larges et voit les choses en grand ! Qui plus est, Pause Guitare propose comme à son habitude un festival off dans différentes salles de concert de la ville afin de mêler astucieusement têtes d’affiche et artistes en développement. C’est donc au travers de pas moins de six scènes et quatre-vingt-dix concerts sur quatre jours que sont attendus environ dix-sept mille festivaliers chaque soir.

En ce premier soir des festivités, l’organisation a tenu à mettre les petits plats dans les grands au travers d’une programmation résolument tournée vers le rock. En effet, ce mercredi 5 juillet marque le début des hostilités sur la grande scène de la Base Nautique de Pratgraussals au travers de quatre concerts qui vont faire du bruit. Ainsi, ce sont les indéboulonnables Français d’Ange qui auront la lourde charge de lancer les hostilités avant de faire place nette pour Billy F. Gibbons, venu s’encanailler en solo loin de ZZ Top avec le guitariste Austin Hanks et John Douglas, le batteur d’Aerosmith. Un peu plus tard dans la soirée, les Américains de Queens Of The Stone Age viendront aussi fouler les planches de Pratgraussals après avoir récemment mis le feu aux Nuits De Fourvière quelques jours auparavant. Enfin, les Français de Shaka Ponk ont prévu de clore la soirée avec un show à sa (dé)mesure !

Autant dire que le public a répondu présent et que la base nautique où se tient le festival depuis plus de dix ans a été vite prise d’assaut dès la fin de l’après-midi ! Voici ci-dessous, un petit retour sur les prestations scéniques du premier soir de Pause Guitare Sud de France.

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Interview   

Le futur selon Neo Inferno 262


Quinze ans après la sortie de Hacking The Holy Code, on n’osait plus espérer du nouveau du côté de Neo Inferno 262. Le groupe, né au tournant de l’an 2000 à une époque particulièrement fertile pour les hybridations entre black metal, indus et autres musiques électroniques (qu’on pense à Blacklodge ou Diapsiquir en France ou évidemment à Aborym et Dødheimsgard), semblait avoir disparu dans les limbes pendant que ses musiciens se consacraient à d’autres projets chacun de leur côté. Mais au début de l’année, il est à nouveau sorti de l’ombre avec un deuxième album intitulé Pleonectic. Toujours piloté par le prolifique A.K. (Merrimack, Decline Of the I, Vorkreist…), il réunit la crème de la scène française, de MKM (Antaeus, Aosoth) à Dehn Sora en passant par Saint Vincent et NRK de Blacklodge, Déhà, et Berzerk de Malhkebre pour n’en citer que quelques-uns, et met à jour les sonorités et les thématiques du premier opus. À plus de deux décennies de distance du futurisme technoïde et du millénarisme des années 1990-2000, de l’âge d’or de la transe, de la jungle et d’une certaine forme d’indus, les formes ont changé, mais les préoccupations restent les mêmes : Pleonectic parle d’accumulation infinie, d’une technologie en mesure de devenir monstrueuse et souveraine, questions plus d’actualité que jamais à une époque où les exploits des intelligences artificielles soulèvent émerveillement et épouvante dans à peu près tous les domaines.

Nous en avons discuté avec A.K. quelques heures après le set de Decline Of The I lors de la dernière édition du Roadburn. Des racines du projet il y a une vingtaine d’années aux futurs potentiels de la musique et de l’humanité en passant par son – abondante – actualité, le musicien retrace avec nous le parcours de Neo Inferno 262, qui, comme toutes les créations de SF, parle avant tout du présent…

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Chronique   

Nuclear Power Trio – Wet Ass Plutonium


Nuclear Power Trio est un poème en soi. Les musiciens aux masques de Poutine, Trump et Kim Jong-Un reviennent avec un nouvel effort, trois ans après A Clear And Present Rager (2020). W.A.P. (Wet Ass Plutonium) a résisté aux seigneurs de la tech trillionnaires de 2179 qui ont essayé de museler le groupe qui œuvrait pour la paix dans le monde. Le T-800 envoyé a échoué et Nuclear Power Trio peut continuer sa mission, avec davantage de conviction.

« W.A.P. (Wet Ass Plutonium) » et ses élancées de synthétiseur donnent le ton : le trio a renforcé sa poigne. Les phrasés de guitare et de basse, enfants bâtards de Dream Theater et d’Infectious Groove, s’enchâssent sans cesse tout en prenant des airs de « mauvais » générique de manga. « Apocalypse Mao » élève le tempo jusqu’à prendre des airs langoureux. En réalité, NPIII ne laisse pratiquement jamais de repos : il aime trop le violet fluo et cet imaginaire des années 80 à la Miami Vice. Derrière un déluge de slap funky, il peut tutoyer le prog des nineties voire l’extravagance d’un Dragonforce (« Air Force Fun » et ses mélodies de clavier incongrues). On retrouve un affect pour la musique latine sur « ¡Vamos, Brandito! ». « Nyetflix And Chill » introduit des cuivres pour « densifier » le tout. Le sens de la mesure. NPIII a d’ailleurs trouvé de nouveaux alliés en la présence de Chris Broderick (In Flames), Ben Ellis (Scar Symmetry), Brian Hopp (Cephalic Carnage) et Scott Carstairs (Fallujah) qui viennent placer quelques monologues. Derrière son approche facétieuse de la musique, NPIII réussit à cerner les forces de l’instrumental. Les seules logorrhées techniques ne suffisent pas, les accroches mélodiques pleuvent même si elles s’enchaînent à une vitesse de Shinkansen. Surtout, malgré les milliers de pistes que chaque composition comprend, la basse retrouve des lettres de noblesse. NPIII aura au moins sauvé le destin des bassistes virtuoses en herbe.

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Interview   

Cradle Of Filth et ses multiples vies


Plusieurs pages se tournent pour Cradle Of Filth. Celle du line-up, suite aux départs du guitariste Richard Shaw et de la claviériste-chanteuse Anabelle Iratni, remplacés respectivement par les Américains Donny Burbage et Zoe Marie Federoff. Celle de la maison de disques, passant de Nuclear Blast à Napalm Records. Celle de l’album Existence Is Futile, le groupe étant actuellement en studio pour enregistrer son successeur. Alors pour acter la transition et faire patienter en attendant que le nouveau chapitre s’ouvre pleinement, Dani Filth et sa bande reviennent avec Trouble And Their Double Lives, le premier album live du groupe en… vingt et un ans !

Nous parlons en détail de tout ceci avec le frontman qui, comme à son habitude, se montre loquace et sans langue de bois. L’occasion de parler de son rapport au live en général et de certains rouages internes du groupe – il répond notamment aux propos de Richard Shaw concernant son départ et l’équipe qui entoure le groupe –, allant jusqu’à quelques confessions sur la vie d’une « star » du black metal, mais aussi sur la fameuse collaboration avec Ed Sheeran qu’on ne devrait plus tarder à entendre.

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Chronique   

Johnny The Boy – You


Le dernier album de Crippled Black Phoenix se terminait avec son bonus track dans une effusion d’agressivité chaotique qui semblait incongrue au regard des autres morceaux tout en cristallisant leur rage sous-jacente. Mais « No Regrets » était plus que cela : il était une balle perdue de Johnny The Boy, entité furieuse en gestation depuis plusieurs années. La saine colère qui coule dans les veines de CBP, en filigrane de ses belles mélodies, de ses tendances aériennes entre post-rock et rock progressif, de ses tournures vocales pop et de ses nuances gothiques, éclate ici sans retenue telle une explosion de shrapnel, en un « gloom core » volontiers bâtard, un black metal grumeleux, empâté de sludge rugueux et hérissé d’échardes punkisantes.

Pour l’occasion, le duo central de CBP, Belinda Kordic et Justin Greaves, est accompagné de Matt Crawford qui déverse ses lignes de basse comme du napalm. La première dévoile une autre facette de son chant, lacérant l’oreille de ses vitupérations sanguines. Les morceaux se succèdent comme autant de munitions et les textes sont souvent aussi directs qu’agressifs mais ils ne visent pas tous des cibles à détruire, le propos étant toujours nourri de convictions altruistes. Les guitares abrasives de Justin Greaves se lestent parfois d’une gravité doom (« Endlessly Senseless ») mais la solennité qui affleure est vite rattrapée par un état d’esprit grunge évitant soigneusement toute perfection. Le plus complexe « Crossings » renoue, au-delà de son étouffante noirceur liminaire, avec la quête de hauteurs et les échappées psyché typiques de CBP, aussitôt renvoyées à l’urgence de l’instant par le black’n’roll expéditif de « Druh ». Non contents de sortir un superbe album tous les deux ans avec CBP, B. Kordic et J. Greaves opèrent un pas de côté aussi surprenant que réussi, qui s’inscrit finalement dans le prolongement naturel de leur tempérament révolté.

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Interview   

Godsticks : ne pas céder au défaitisme


Si beaucoup d’artistes se sont servis de l’arrêt des tournées durant la pandémie pour être créatifs et augmenter leur productivité, il y en a pour qui cette période a engendré un blocage. Ça a été le cas de Godsticks et de son leader Darran Charles. Et pour cause, elle a beau œuvrer dans la mouvance progressive, la formation britannique compose en se plaçant du point de vue du spectateur et Darran a donc besoin du live en ligne de mire pour trouver l’inspiration. C’est donc une fois les concerts repris qu’ils se sont attelés à ce qui deviendra This Is What a Winner Looks Like, successeur d’Inescapable qui avait eu le malheur de sortir au pire moment. Cependant, Godsticks a mûri pendant la pause forcée et c’est ainsi que le nouvel album se retrouve avec une dimension électronique supplémentaire.

Nous évoquons tout ceci avec le frontman, qui nous parle des mécanismes de sa créativité et d’un perfectionnisme qui peut parfois le rendre malheureux – un « démon intérieur » qu’il a essayé de surmonter ces dernières années. Il revient également sur le récent changement au poste de bassiste.

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Chronique   

Greta Van Fleet – Starcatcher


Starcatcher est le troisième opus de Greta Van Fleet, formation plébiscitée pour les uns et controversée pour ceux qui rechignent à se replonger dans les années 70 version 2020. Le groupe a décidé de « raconter des histoires pour créer un univers ». Et l’enchâsser dans celui de Led Zeppelin. Quoi qu’on en dise, Greta Van Fleet reste dans la droite lignée de ses ancêtres : l’opus reprend certaines des atmosphères « cosmiques » développées par les légendaires Britanniques. Rien de plus normal d’en revenir à ses idoles lorsque la philosophie de l’opus est de retrouver un « son garage » du bon vieux temps : l’année 2012.

Si les distorsions de « Fate Of The Faithful » ont effectivement un aspect brut, le garage n’a pas les mêmes murs pour tous. Greta Van Fleet veut de l’authenticité mais la jurisprudence St Anger (2003) existe. La production respecte l’ADN du groupe et la profusion d’arrangements apparaît de manière limpide. Le quatuor privilégie les développements aériens pour coller à sa vision de l’horizon nocturne étoilé, réintroduisant le groove à des moments bien sentis tels que le pont à l’harmonica de « The Falling Sky ». Il y a quelques écarts par rapport à la formule originale, à l’instar des éléments funk de « The Indigo Streak ». En dehors du rock n’ roll endiablé de « Runaway Blues » et malgré des pics d’intensité (le final de « The Archer », le refrain haut perché de « The Falling Sky »), Greta Van Fleet prend son temps et lève le pied, à l’image de la ballade folk-rock « Farewell For Now » aux structures plus complexes qui conclut l’ensemble. Starcatcher ne fera pas taire les critiques. Parler d’inspiration – comme c’est le cas pour de nombreux groupes – est trop léger. Ceci étant, l’album se dégage au moins du « autant écouter Led Zeppelin » pour prendre l’apparence d’une friandise parfaitement exécutée au goût de nostalgie.

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Interview   

Dave Lombardo : le sacre de la batterie


Dans la famille des batteurs de metal, difficile de faire plus emblématique que Dave Lombardo. Il aura œuvré une bonne partie de sa carrière dans Slayer, offrant au monde des monuments intemporels tels que Reign In Blood ou Seasons In The Abyss, mais également participé à ce qui reste pour beaucoup le meilleur album de Testament, The Gathering – en 1999, le seul pourtant auquel il aura participé –, mais ne parler que de son apport – certes profond et indélébile – au thrash est malgré tout réducteur. Dave Lombardo, c’est un batteur qui s’est construit dans un mix de fascination pour les batteurs cubains et pour le rock, le punk et le heavy metal. Il a surtout vu son esprit artistique s’ouvrir au contact de Mike Patton et John Zorn pour en arriver à toucher un panel de projets et de genres musicaux sans limites, de la pop jusqu’à l’avant-garde la plus décomplexée.

Aboutissement d’un mûrissement artistique de longue date – aussi bien musical que visuel –, fruit d’une idée en gestation depuis un vingtaine d’années et concrétisée grâce à la pandémie, Dave Lombardo, le batteur aux innombrables projets, revient avec Rites Of Percussions, un album cent pour cent batterie, cinématographique, voire introspectif et spirituel. Nous en parlons avec lui, tout en rentrant dans sa fibre musicale et en évoquant ses différents projets.

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Chronique   

SUP – Octa


L’entité à deux têtes qu’est SUP/Supuration n’a cette fois pas attendu onze ans pour réactiver la première, porteuse de son cerveau le plus gothique. Plus homogène mais non moins étouffant que Dissymmetry, sorti en 2019, Octa tisse ses ambiances tourmentées à travers les contrastes caractérisant la musique du groupe, dont on retrouve le style typique mêlant agressivité et lourdeur death à une mélodicité et une froideur héritées de la new wave et du metal gothique. On retrouve également ses thèmes SF familiers, marqués par la notion d’enfermement. Octa signifie « huit », comme le huitième album de SUP, comme les huit titres qui le composent, mais surtout comme le nom d’un lieu carcéral futuriste, dans lequel les détenus sont emprisonnés par leurs cerveaux connectés les uns aux autres. Nul moyen d’échapper à cette prison mentale faite des rêves de chacun.

Huit morceaux, huit cauchemars d’un de ces détenus : leur atmosphère est dense et enténébrée, pesante et viciée, mais balayée des faisceaux de clarté du chant mélodique et d’une section rythmique qui, basse en avant, dessine des sinuosités comme autant d’échappées rêvées. « Pseudopodic Phantasm », d’abord bloc de riffs massifs, de chant guttural et de tempo battant, glisse vers des sons électroniques et un rythme robotique inquiétants avant des envolées vocales portant l’écho d’une liberté impossible. Trompeurs, les rythmes entraînants de « Not Icarus », très cold wave, et de « Queen Quintessence » sont ceux d’un esprit entravé qui se débat. Nœud central de l’album, « The Lights Of Eden » appesantit son death jusqu’au doom pour l’animer ensuite d’émotions fulgurantes sous la forme de lignes de chant et de guitare lead poignantes. Il concentre tout le talent de SUP à créer une puissante tension avant de la dénouer dans une grandiloquence désespérée.

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Interview   

Rival Sons : et la lumière fut


Le chanteur Jay Buchanan et le guitariste Scott Holiday sont les forces créatrices principales de Rival Sons, et pourtant, ils ont tous les deux une façon différente de vivre et d’aborder leur création. Pour l’un, c’est une introspection, pour l’autre, c’est une évasion. Mais pour les deux, la création musicale a été essentielle lors de l’épisode Covid-19. Si bien que le groupe revient cette année non pas avec un mais deux albums : Darkfighter et Lightbringer.

C’est donc pour évoquer le premier que nous nous sommes entretenus avec Jay qui parle de cette créativité et de son vécu de l’arrêt des tournées, qui l’a déboussolé, mais dans lequel il a aussi, malgré tout, vu de bons côtés. Jay mettant beaucoup de lui-même dans ses paroles, il nous explique également ce que recouvre le terme « darkfighter » et nous parle de la mort – il a travaillé dans une morgue –, de la vie et de spiritualité, avant de terminer en évoquant Pressure & Time, second album du groupe qui les a fait connaître et dont ils ont célébré les dix ans en 2021.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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