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Ultra Vomit : l’introspection d’un sale gosse


Un Panzer Surprise ! (2017) devenu disque d’or en 2022 avec 50 000 exemplaires vendus, la déferlante du nouvel album Et Le Pouvoir De La Puissance, un passage au Hellfest 2025, une tournée des Zéniths d’ores et déjà annoncée pour 2026… Le succès d’Ultra Vomit ne se dément pas ! Il faut dire que l’humour des Nantais, doublé d’un talent pour la parodie musicale et emballé dans une grosse production, fait toujours mouche et, même, fait du bien dans la gravité ambiante du monde actuel.

Flockos et Matthieu avaient déjà répondu à nos questions sur leur dernier méfait. Pour compléter, c’est au tour de Fetus de partager son regard, sur cette nouvelle salve de tubes (et une bouse). Si son sens inné de la drôlerie transparaît dans ses propos, on retrouve aussi un musicien introspectif, évoquant ses angoisses et ses stress, contrebalancés par la légèreté d’un Manard, et revenant sur les origines d’un concept qu’il souhaite faire perdurer.

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Himinbjorg : colère, culture et tradition


Dans les institutions du black metal de la scène rhône-alpine, les noms de Nehëmah, Forbidden Site et Himinbjorg reviennent régulièrement chez les passionnés qui écument la scène underground hexagonale. Si les premiers ont tiré leur révérence depuis de nombreuses lunes, Himinbjorg tient toujours fièrement debout et revient avec le successeur de Wyrd de 2015, The Fall Of Valhalla. Himinbjorg en appelle à la révolte depuis les années 90, avec un black metal qui porte un regard vers le passé et les blessures ancestrales. Ce passé est plus que jamais présent musicalement dans The Fall Of Valhalla à la production brute et organique. Là où l’autre projet de Zahaah, The Chant Of Trees, représentait l’amour avec ses couleurs folkloriques, The Fall Of Valhalla représente un cri. Un cri de colère contre ce qui nuit aux cultures anciennes et aux traditions.

Comme on pouvait l’attendre de la part du compositeur qui propose « une ode à la révolte » avec son nouveau disque, Zahaah n’est pas du genre à contenir ce qu’il a envie de dire. Beaucoup de choses lui déplaisent profondément dans le monde d’aujourd’hui, dans le rapport à la culture, mais aussi dans la scène extrême elle-même. Ainsi, Himinbjorg dit sa vérité à qui veut l’entendre et écarte tout faux-semblant inutile. Le musicien le dit lui même, « Himinbjorg, c’est une histoire d’envie, d’âme et de communion des âmes », c’est aussi ce qui le rend le plus vrai possible. C’est donc sans posture aucune et avec un grand naturel que Zahaah exprime ici sa vision, ses opinions, sa façon d’être et de vivre. Livrant des anecdotes sur la formation, des postulats sur l’humanité face au capitalisme et son regard acerbe et nostalgique de la scène metal actuelle, le maître à penser d’Himinbjorg se livre à cœur ouvert.

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Opium Warlords passe en force


De l’iconique Reverend Bizarre aux multiples expérimentations menées au cours de sa carrière, Sami « Albert Witchfinder » Hynninen a, en deux bonnes décennies, créé une constellation de disques protéiformes à la patte immédiatement reconnaissable. Après l’abyssal Nembutal, Strength!, le dernier opus de son projet au long cours Opium Warlords, pousse cette logique à l’extrême : pléthorique et composite, cette « lettre d’amour/haine à l’Europe » brasse musique militaire, indus, techno, noise et riffs metal (entre autres !), quitte à laisser certains auditeurs sur le bas-côté. Pour en savoir plus des tenants et aboutissants de cet album sarcastique et truculent, nous avons demandé à Hynninen lui-même de quoi il en retourne.

Sincère et loquace, il est donc revenu sur la genèse et le propos de Strength!, mais aussi sur l’œuvre d’Opium Warlords en général, et, plus largement, l’ensemble de sa carrière. C’est le portrait d’un artiste singulier qui se dégage de cette longue interview, habité et déterminé mais inquiet de ses limitations, à la créativité débordante, quasi médiumnique et intarissable, et qui, malgré ses dénégations, ne semble pas près de ralentir…

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Sodom : incarnations et réincarnation


Dans la discographie foisonnante de Sodom – seize albums studio, bientôt dix-sept, en presque quarante ans –, tout le monde aura retenu Agent Orange comme l’un des manifestes du thrash « Deutsche Qualität ». Ce serait en revanche faire injure au groupe que de s’arrêter là. Citons, par exemple, le punk-hardcore Get What You Deserve (le préféré de Tom Angelripper), le conceptuel M-16 (sur la guerre du Vietnam) ou le moderne et jouissivement heavy In War And Pieces. En réalité, il y en a pour tous les goûts tant Sodom a su modeler son thrash sous diverses déclinaisons, mais dans un esprit toujours authentique et fidèle à ses racines. Et si son premier méfait de 1986 Obsessed By Cruelty est perçu comme un disque de proto-black metal ayant contribué à poser les premières pierres du metal extrême, Tapping The Vein, paru en 1992, est, lui, souvent considéré – à tort ou à raison – comme son album death metal.

C’est justement ce dernier qui nous intéresse aujourd’hui, étant réédité par BMG accompagné d’une version « redux » (comprendre dans un mix différent signé Andy Brings, le guitariste de l’époque) et d’enregistrements live. Nous avons pris le temps d’échanger avec celui qui, au milieu de tous les changements de line-up, est resté le garant de l’âme du groupe, le chanteur-bassiste Tom Angelripper, pour remonter le temps, retracer l’histoire de cet album culte, évoquer sa place dans la discographie de Sodom mais aussi dans le temps présent, et en apprendre plus sur le travail effectué pour cette nouvelle sortie. Nous en avons également profité pour revenir aux premiers pas du groupe, puisque Sodom a célébré il y a peu son année de formation via la chanson « 1982 ».

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Body Count : confortablement impitoyable


Carnivore et impitoyable. Body Count poursuit dans le lexique du dominant, de celui qui bouffe plutôt que de se faire bouffer, et avance sans état d’âme. C’est évidemment à prendre avec un peu de légèreté, à l’image de l’imagerie et des textes d’Ice-T, souvent inspiré du cinéma d’horreur : les Californiens sont sérieux, mais ne se prennent pas au sérieux. C’est d’ailleurs sans grosse pression – on peut dire qu’ils ont déjà donné en la matière dans les années 90 -, malgré un Grammy remporté et une maison de disques impatiente de voire la suite, qu’ils se sont attelés à Merciless. Un album cent pour cent Body Count, une nouvelle fois produit par Will Putney et qui voit une ribambelle d’invités participer à la fête, dont l’illustre et prestigieux David Gilmour venu poser ses notes sur sa propre chanson « Comfortably Numb ».

Nous en avons discuté avec Ernie C, le jovial guitariste et fondateur de la formation pionnière de la scène rap metal. Nous parlons également de la liberté de ton de son compère de plus de trente ans, Ice-T, et de cancel culture avant l’heure, et il revient plus longuement sur son expérience en tant que producteur de Black Sabbath en 1995, avec quelques anecdotes qui ne manqueront pas de faire sourire. Et d’anecdotes il en sera encore question lorsqu’il se met, de lui-même, en fin d’interview, à évoquer Eddie Van Halen, si fier de nous montrer la biographie de Tonechaser avec son nom dessus…

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Opeth : Le passé, le présent et la succession


Décidément, Mikael Åkerfeldt n’est pas gâté lorsqu’il s’agit de venir faire de la promo à Paris… La dernière fois que nous l’avions rencontré, en 2019, la tête pensante d’Opeth avait découvert les joies de la capitale en pleine Fête nationale ; cette année, c’est le chaos général des Jeux paralympiques qui a accueilli Mikael et le guitariste Fredrik Åkesson, venu soutenir son frontman face aux journalistes qui se succèdent au Hard Rock Café (RIP).

Et les Suédois ne sont pas trop de deux pour parler de The Last Will And Testament, un album riche comme une saison de Succession, dont Mikael revendique d’ailleurs activement l’inspiration. Entre concept séduisant, guests prestigieux, changements de line-up et, bien sûr, retour du chant extrême, les sujets de conversation – comme d’habitude avec Opeth – ne manquent pas. Plongée dans les coulisses de la création d’un album aussi « bingeable » qu’une série Netflix.

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Klone et le monde invisible


Klone est libéré. Libéré, d’abord, d’un contrat avec Pelagic Records qui leur pesait. Dans les coulisses, la collaboration entre la formation poitevine et le label berlinois, fondé par Robin Staps, le leader de The Ocean, s’est mal passé et il leur restait, contractuellement, un dernier disque à leur livrer pour enfin passer à autre chose. Libéré, ensuite, d’une démarche artistique qui, ils s’en sont rendu compte après coup, ne leur correspondait plus. Avec Meanwhile (2023), le groupe avait cherché à produire un album plus « hargneux », avec plus de distorsion sur les guitares et un plus gros son, notamment pour faire plaisir à une certaine frange de leur public. Avec le nouvel album The Unseen, on retrouve un Klone plus ouvert et atmosphérique, où la basse et la batterie prennent une place plus importante, proche de ce qu’il a pu faire avec Le Grand Voyage (2019).

C’est dans ses archives que Guillaume Bernard, guitariste et compositeur du groupe, est allé chercher la matière pour créer The Unseen : que ce soit dans une session avortée de ce qu’aurait pu être Here Comes The Sun (2015) ou en remontant jusqu’à 2008, il a retrouvé quelques perles oubliées à finaliser. Comme à son habitude, Guillaume nous en parle en long, en large et en détail ci-après. Un entretien émaillé de confessions sur sa propre créativité, et ponctué de réflexions sur le « monde de l’invisible » et sur l’idée de remise en question personnelle. Il évoque également ses questionnements sur l’avenir du groupe en matière de labels et revient sur la récente tournée acoustique.

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Les sculptures d’Oranssi Pazuzu


Chaque nouvel album des Finlandais d’Oranssi Pazuzu a des allures de voyage en terres inconnues : avec Muuntautuja, leur sixième opus, c’est dans des contrées particulièrement hostiles et obscures qu’ils ont décidé de nous mener. Inventif, introspectif, polymorphe, même avec quinze ans de carrière derrière lui, le groupe ne cesse de surprendre et de rassembler autour d’expérimentations aussi psychédéliques que délibérées, aux confins du black metal, du krautrock et de la musique électronique – entre autres. Pour cette nouvelle mouture, c’est à la noise que les musiciens se sont intéressés, et c’est donc de cela que nous avons pu discuter avec Jun-His, vocaliste et guitariste du groupe.

Comme à son habitude éloquent et réfléchi, le musicien revient sur la genèse d’un album intense, sculptural, aux allures de créature mutante, et distille au passage ses réflexions sur les métamorphoses du groupe, la longévité en musique, des influences allant de Beherit à Death Grips en passant par Jesus And The Mary Chain, et les abysses de la conscience humaine…

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Sólstafir : la sainte inspiration


Aðalbjörn Tryggvason alias Addi n’a pas beaucoup de frontières musicales (si ce n’est peut-être le jazz et le rap). On l’a vu dernièrement avec ses deux nouveaux projets radicalement opposés, Isafjørd et Bastarður, et on le voit surtout avec son groupe principal Sólstafir qui, même si ce dernier a su se forger une identité immédiatement reconnaissable, voit ses influences aller de Neil Young à Mayhem, en passant par Bon Jovi. Du moment que ça marche et que le résultat est bon, c’est tout ce qui compte.

La preuve une nouvelle fois avec Hin Helga Kvöl, un nouvel album qui a volontairement donné lieu à un exercice de concision, dont nous parle le chanteur-guitariste. Il évoque ce jeu d’inspirations, celui des divers invités, celui du changement – de studio, de producteur, de label, de membre… – nécessaire pour éviter la stagnation, mais aussi son parcours en tant que fan, rentrant dans son histoire avec le classic rock, le black metal et le heavy, avec un petit détour sur les notions de solitude et de souffrance qu’on retrouve dans les thématiques.

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Swallow The Sun : la lumière au bout du tunnel


Ça faisait quelques années que le guitariste, compositeur et parolier Juha Raivio avait plus ou moins déserté l’exercice de l’interview, à l’exception de 2017 pour la sortie de l’album d’Hallataril a bien fallu qu’il s’y colle pour une poignée d’entretiens. Trop de douleur était associée aux derniers albums de Swallow The Sun qui l’ont vu sombrer dans le chagrin et la dépression. Après un Moonflowers avec lequel il a dangereusement tutoyé les abysses, la donne a sensiblement changé avec Shining, réalisant qu’il ne pouvait pas continuer à s’enfoncer comme il le faisait. Comme son nom l’indique, ce nouvel album se veut plus lumineux ou, en tout cas, vise à amener une certaine lueur dans l’obscurité. Un objectif qu’ils ont mené à bien en compagnie de Dan Lancaster, un producteur de renom qui n’avait aucune connaissance et donc expérience en matière de death doom…

Car c’est aussi ça Swallow The Sun, un groupe qui érige l’honnêteté en valeur première mais aussi ose l’inattendu. Il suffit de se souvenir de la chanson de trente-quatre minutes « Plague Of Butterflies », sortie en 2008 et conçue pour accompagner un ballet ; ballet qui a finalement vu le jour en début d’année en Finlande et que les croisiéristes du 70 000 Tons Of Metal pourront apprécier dans les Caraïbes entre le 30 janvier et le 3 février prochains. C’est de tout ça que nous parlons avec un Juha Raivio qui nous fait rentrer dans sa psychologie, jusqu’à se délecter avec gourmandise des « mots doux » de ses détracteurs…

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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