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Interview   

Chris Harms : retour vers les années 80


Chaque label de musiques extrêmes, nous le savons, possède au sein de son catalogue son lot de surprises. Pour célébrer en bonne et due forme 2025, Napalm Records a décidé de prendre sous son aile le projet solitaire de Chris Harms, chanteur et leader du groupe de metal gothique allemand Lord Of The Lost – rien de très surprenant jusqu’ici. La particularité de 1980 est qu’il s’agit d’un album de synth-pop eighties, sans guitares ni le moindre instrument organique. De quoi réveiller un sentiment de nostalgie chez certains, sans pour autant réinventer un genre déjà très populaire.

C’est presque jour pour jour un an après notre dernier entretien avec Chris « The Lord » Harms, que nous l’avons retrouvé entre deux fêtes de fin d’année, arborant son plus beau t-shirt « Latex Boys » issu de la dernière collection de merchandising de Lord Of The Lost. Nous avons eu affaire à un artiste très souriant, partagé entre la joie et l’émotion que lui procure cet album « hobby », comme il le qualifie, nous glissant également quelques informations concernant la sortie – visiblement importante – à venir de son groupe principal, dont il semble tout aussi fier.

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Interview   

Avatarium : sombre, lourd et poétique


Chez Avatarium, la musique, c’est beaucoup de choses : un miroir de la vie, de l’humain, une énergie à dompter, un héritage – celui de Leif Elding (Candlemass) à l’origine du projet, de Black Sabbath en tant qu’inspiration première, du jazz et du classique pour certaines composantes, voire de Dostoïevski pour sa philosophie… – et une symbiose artistique entre la chanteuse Jennie-Ann Smith et le guitariste Marcus Jidell. En effet, depuis le retrait d’Edling en 2017, le couple – dans la musique comme dans la vie – a pris les rênes de la composition, non sans crainte au début, pour un résultat largement à la hauteur.

C’est dans une suite logique que s’inscrit Between You, God, The Devil And The Dead, à la fois en proposant quelques échos du premier album de 2013 et en faisant progresser la formule. Nombre des chansons et/ou riffs ont été cette fois écrits au piano, un instrument offrant un autre point de vue que la guitare mais au moins aussi dynamique, une notion chère au groupe qu’il s’efforce travailler en studio comme en live. Nous discutons de tout ceci et plus avec Marcus Jidell.

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Interview   

Silhouette voyage au bout de ses rêves


Les mélodies oniriques de Silhouette caresseront forcément les oreilles des amateurs de metal atmosphérique. La jeune formation française s’est rapidement fait remarquer avec le premier EP Les Retranchements en 2022. Sa fascination autour des rêves, vécus ici comme des voyages, rappelle forcément le désormais incontournable Alcest. D’ailleurs, le guitariste-compositeur Achlys déclare que c’est la formation de Neige qui l’a amené à se lancer dans la musique. Mais Silhouette a une approche musicale bien différente, sur un fond post-hardcore plus vindicatif, un black metal dilué et des musiques atmosphériques variées distillées. Surtout, Silhouette repose sur six musiciens avec une dualité remarquable entre chants féminin et masculin.

Avec une esthétique soignée et une musique poignante, difficile de croire que Silhouette vit seulement ses premières années en tant que groupe. Les jours précédant notre entretien, la formation se produisait devant deux salles combles, en bonne compagnie de Houle. Le public semblait déjà acquis à sa cause, comme une entité qui serait déjà bien implantée dans la scène extrême et alternative. Pourtant, le premier album Les Dires De L’Âme n’était à ce moment-là pas encore entièrement dévoilé. A l’occasion de la sortie de ce disque, nous avons donc pu discuter avec quatre des musiciens, les guitaristes et les vocalistes. De la conception du projet à l’avenir qui lui est souhaité, en évoquant aussi la thématique de la paralysie du sommeil qui est centrale sur cet album, l’entretien riche permet d’en savoir un peu plus sur les contours de Silhouette.

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Interview   

Le second souffle de The Old Dead Tree


The Old Dead Tree a fait le choix d’une deuxième vie. Alors que nous pensions que le livre était clos, la formation progressive renaît de ses cendres. Second Thoughts, quatrième album du groupe, porte ainsi bien son nom. Porté par la sortie de l’EP The End, mais aussi peut-être par une certaine nostalgie, ainsi que l’accueil du public sur scène lors de la reformation, le groupe s’est remis à écrire et à composer. En résulte ce disque aux contrastes prononcés, flirtant aussi bien avec le dark rock que le metal plus extrême. Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain et sans une certaine appréhension, comme nous le confie Manuel Munoz. Celui-ci ne voulant pas affronter le deuil du groupe une seconde fois, rallumer la flamme de The Old Dead Tree nécessitait une longue réflexion.

A la lumière des retours positifs, The Old Dead Tree a pris la bonne décision. Comme celle d’élargir son spectre musical, tout en conservant son identité musicale propre, qui se résumerait, selon la formule du chanteur, à un « rayon de lumière qui vient se poser sur les ténèbres ». Les deux plus vieilles branches de l’arbre, Nicolas Chevrollier et Manuel Munoz, ont échangé longuement avec nous sur ce second souffle, ainsi que sur un bon nombre de sujets qui entourent cette sortie.

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Interview    Tribune   

Patriarkh : la mue du prophète


Discuter avec Bartłomiej « Варфоломей » Krysiuk, la tête pensante de Patriarkh (ex-Batushka), est incontestablement un plaisir. Histoire, théâtre, philosophie : le projet Patriarkh s’inscrit dans la globalité. Le musicien s’est investi pleinement pour Prorok Ilja (Пророк Илия en cyrillique), le premier disque du groupe qui sort chez Napalm Records. Un album qu’il a envisagé comme une pièce de théâtre. Maléfique, riche et diversifié, ce petit bijou de black metal est un concept album composé de huit chansons qui transcendent les genres.

Dans cet entretien que nous rapportons sous forme de tribune, Bartłomiej, tout juste de retour d’Australie où il avait donné ses derniers concerts en tant que Batushka, revient sur la genèse de Prorok Ilja qui raconte la trajectoire d’Eliasz Klimowicz, prophète autoproclamé, fondateur de la « terre sainte » Wierszalin vouée à devenir la nouvelle capitale du monde et leader de la secte orthodoxe de Grzybowska qui a été active en Pologne jusque dans les années 1960.

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Dionysiaque : le théâtre des ivresses


Si Dionysiaque a sorti son premier album, Diogonos, début 2024, Nathaniel Colas, le chanteur et cofondateur du groupe, n’en est pas à son coup d’essai. Membre actif de l’underground, il a notamment participé à Bloody Sign et Résistance avant la création de Dionysiaque il y a déjà dix ans. Un projet sous le signe de Dionysos, le dieu grec de l’ivresse, donc : de quoi promettre libations et débordements divers. Et en effet, Dionysiaque déborde des limites de ses fondations doom old school pour y ajouter des éléments moins orthodoxes empruntés au rock progressif comme au metal extrême, et des thématiques propres au genre pour aborder des questions sociales.

C’est avec une générosité et une loquacité tout aussi débordantes que Nathaniel évoque aussi bien la genèse du groupe et de l’album que ses sources d’inspiration, qu’elles soient musicales, historiques ou littéraires, ou encore ses aspirations, artistiques, existentielles ou politiques. Avec en filigrane, toujours, les enseignements du dieu deux fois né (ce que signifie « diogonos ») : « Renie l’obscurité en toi et tu en paieras le prix. Renie l’animalité, la folie incontrôlable qui est en chacun de nous, et tu en paieras le prix par la mort ou le regret. Nous, nous avons choisi notre côté de la barrière. »

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Interview   

Nachtmystium : le privilège du survivant


Dire que le passé délicat de Blake Judd n’a pas eu d’incidence sur la réception du nouvel album inattendu de Nachtmystium, Blight Privilege, serait un pieu mensonge. Blake Judd est un toxicomane, et dans l’entretien qui suit, il le dit toujours au présent. La différence, c’est qu’aujourd’hui, il est entièrement sobre. Le combat contre l’addiction pour une personne qui a été accro aux drogues ne prend véritablement fin qu’au moment de sa mort. D’ailleurs, la mort, Blake Judd s’y est confronté à plusieurs reprises au cours de cette dernière décennie. C’est entre autres ce qui l’a amené à cette résilience. Au cours de ces dernières années, la mort s’est aussi imposée à lui en emmenant d’autres âmes qui lui étaient très proches, dont une jeune compagne et son père. Nachtmystium porte aujourd’hui tout ce passé et ces épreuves de vie. L’autre phœnix dans cette affaire, c’est bien Nachtmystium en tant que groupe lui-même. L’entité avait déjà été enterrée et déterrée à plusieurs reprises. Nachtmystium est désormais sur de nouveaux rails, le compositeur nous confiant que le prochain album devrait même voir le jour fin 2025.

Même si Blight Privilege présente musicalement des échos du passé, il souhaite montrer quelques nouveautés à plusieurs égards. Pour la première fois, Blake Judd parle explicitement de politique américaine dans Nachtmystium. Dans cette interview, il revient sur ce sujet, avec une transparence totale sur ses opinions. Sa franchise est d’ailleurs une caractéristique centrale de cet entretien réalisé par e-mail, le frontman n’ayant esquivé aucun sujet, même les plus brûlants. Blake Judd développe ainsi sa vision actuelle et future de Nachtmystium, mais aussi sa vie en tant que citoyen américain issu de milieu défavorisé, musicien épanoui ou encore survivant de ses propres démons.

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Kiko Loureiro : esprit libre


Rejoindre un mastodonte comme Megadeth est l’opportunité d’une carrière, que Kiko Loureiro a saisi en 2015, permettant à son talent d’être mis en lumière auprès d’un plus large public et offrant au groupe deux albums unanimement acclamés. En 2023-2024, il décide de quitter la bande à Mustaine… parce qu’il en a le choix. Pas question non plus de faire un retour arrière en réintégrant Angra. Kiko Loureiro est un artiste libre. Œuvrant en indépendant, il place la création au centre de ses aspirations.

Il le prouve une nouvelle fois avec Theory Of Mind, un album solo conjuguant une technique ébouriffante à un joli sens mélodique. L’œuvre, bien qu’instrumentale, fait également preuve d’une certaine profondeur thématique, s’inspirant du concept, en sciences cognitives, de la théorie de l’esprit dont il se sert pour ensuite aller sur le terrain de la technologie et, en particulier, de l’IA. Entre sa carrière, son esprit créatif et cet axe de réflexion conceptuel, voilà une base sacrément riche pour un échange qui l’est tout autant avec le musicien.

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Tribulation : renaissance gothique


Tribulation a toujours été sur le fil : après un premier album résolument death metal old school, The Horror, en 2009, les Suédois ont peu à peu défini leur propre style, hybride, sombre, ésotérique et évanescent, teinté de rock tantôt gothique, tantôt progressif. Mais avec le départ du guitariste et compositeur Jonathan Hultén, désormais remplacé par Joseph Toll, ce n’est plus d’ajuster la formule qu’il s’agit sur Sub Rosa In Æternum, le nouvel opus du groupe, mais de se réinventer. Et c’est bien ce qu’on y entend : à la fois immédiatement reconnaissable et régénéré, le son de Tribulation y est plus accessible et gothique que jamais, avec notamment, et pour la première fois de leur carrière, du chant en voix claire.

C’est de ces changements et de cette continuité justement que nous avons parlé avec Adam Zaars, guitariste et compositeur historique du quatuor, qui a trouvé un peu de temps avant son petit déjeuner (!) en pleine tournée américaine pour répondre à nos questions. Des premiers pas de Tribulation à ses aspirations, il esquisse le portrait d’un groupe en pleine possession de ses moyens et qui, loin d’avoir peur du changement, en fait la source de son art…

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Mercyless : la fièvre règne toujours


A croire qu’ils s’étaient donné rendez-vous. Le hasard du calendrier fait bien les choses pour les amateurs de la scène extrême française, puisque deux piliers du death metal ont sorti, le même jour, leur nouvel album. Après avoir discuté avec Stéphane Buriez de Loudblast quelques semaines auparavant, c’est au tour du frontman de Mercyless Max Otero de venir tailler la bavette avec nous. Refaire le monde avec les aînés de la scène a toujours une dimension historique, forcément intéressante de notre point de vue. Le chanteur guitariste nous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Celui où la prise de risque musicale était plus difficile, une période au cours de laquelle la presse musicale avait un pouvoir de couperet sur les ventes des albums, ou encore où des sonos pouvaient prendre feu durant un concert. Loin de ne faire qu’un éloge nostalgique de ce passé pas si lointain, le musicien se souvient aussi de certains moments qui restent forcément gravés dans la mémoire, comme la tournée de Mercyless avec le groupe emblématique Death.

Bien que les années 90 aient une place importante dans cet entretien, la flamme de Mercyless est toujours bien actuelle. Those Who Reign Below poursuit la trajectoire entamée depuis la reformation, avec une musicalité extrême et old school. Sous couvert de mysticisme, le disque traite ainsi de problématiques bien réelles et contemporaines. Mercyless évoque à sa manière des thématiques liées aux interprétations des croyances par l’humanité à des fins perfides. Dans cet entretien nous revenons ainsi avec Max Otero sur ces sujets, mais aussi sur son regard sur la scène actuelle qu’il a vue évoluer. Nous en profitons aussi pour regarder dans le rétroviseur le parcours de vie de la formation.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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