ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

Les Foudres racontées de l’intérieur


À l’automne dernier, la scène metal française a franchi un cap symbolique. Avec la première édition des Foudres, une cérémonie inédite venait, pour la première fois, récompenser l’ensemble des acteurs des musiques métalliques : artistes, structures, projets associatifs, initiatives sociétales et professionnelles. Derrière cette initiative ambitieuse, un homme : Pascal Gueugue, président de la Fédération française des Musiques métalliques, structure créée fin 2022 avec un objectif clair : sortir le metal de son isolement institutionnel, sans jamais renier son ADN.

Pensée comme un outil de valorisation plutôt que comme un exercice de normalisation, la Fédération entend défendre une filière longtemps laissée à la marge des politiques culturelles, malgré son dynamisme, sa diversité et son poids réel sur le territoire. Les Foudres s’inscrivent pleinement dans cette démarche : une cérémonie volontairement ouverte, plurielle, attentive autant aux esthétiques extrêmes qu’aux enjeux sociétaux, environnementaux et professionnels qui traversent aujourd’hui la scène.

Dans cet entretien, Pascal Gueugue revient en détail sur la genèse de la Fédération, la création des Foudres, les choix éditoriaux et politiques derrière la cérémonie, les critiques qu’elle a suscitées, mais aussi les perspectives d’évolution pour les prochaines éditions. Une plongée lucide et sans langue de bois dans les coulisses d’un projet qui entend faire avancer la scène metal française, sans chercher à la rendre consensuelle.

Lire l’interview…



Interview    Radio Metal   

Exil : itinéraire d’un corbeau migrateur


interview Arsen Raziyev exil metalÀ tous les niveaux, Exil est une formation aux multiples horizons. D’abord en raison des origines de son compositeur Arsen Raziyev, venu du Kazakhstan jusqu’en France, en passant par la Belgique. Ce voyage personnel, il le traduit musicalement à travers ce projet artistique qui est le sien. Le musicien n’hésite pas à jongler entre le français, le kazakh, l’anglais, ou même un dialecte slave dans ses textes. Horizons multiples également du côté des inspirations musicales, le groupe naviguant aussi bien entre le black metal froid scandinave et le post-punk noir d’Europe de l’Est. Il en résulte ce premier album, Karga, paru sur le roster de Source Atone Records fin janvier. Un disque intime et intense, aux couleurs multiples.

Karga signifie « corbeau » en langue kazakhe. Le chanteur et guitariste Arsen Raziyev voit dans la migration de l’oiseau un écho évident à son propre parcours. L’impression d’être un exilé, de n’être finalement chez soi nulle part, transparaît en filigrane tout au long de ce disque. Loin d’être un hasard, le corbeau occupe également une place symbolique importante dans la mythologie des steppes kazakhes. Nous faisons connaissance avec le musicien dans un entretien diffusé sur notre antenne, où il nous présente les racines d’Exil, ainsi que les siennes. Arsen y évoque les fondations du projet et ses inspirations, tout en revenant sur cette culture kazakhe l’on connaît, en réalité, assez peu en France.

Écouter l’émission…



Live Report   

Jinjer : tour de force !


Le lendemain à peine du passage d’Epica et d’Amaranthe, le Bikini affiche de nouveau complet sous la houlette de l’association Regarts. Cette fois, changement radical d’atmosphère : place à une soirée résolument tournée vers le metal moderne, dans le cadre de la tournée européenne de Jinjer. Entamée le 23 janvier en Allemagne, celle-ci sillonne de nombreux pays du Vieux Continent jusqu’au mois de mars. En France, le groupe a choisi de marquer le coup avec pas moins de trois dates : Paris (à l’Olympia), Lyon et Toulouse.

En ce mercredi 4 février, ce passage dans la ville rose s’inscrit dans la continuité de la promotion de Duél, dernier album en date< sorti il y a tout juste un an, et qui confirme la trajectoire impressionnante du quatuor ukrainien. Pour accompagner cette tournée, Jinjer a convié deux formations qui s’inscrivent parfaitement dans cette esthétique moderne et exigeante : les Allemands d’Unprocessed et les Néerlandais de Textures, de quoi composer une affiche cohérente à la façon d’un véritable panorama du metal progressif et technique actuel.

Dès 18h, bien avant l’ouverture des portes, une foule compacte se masse devant l’entrée du Bikini. Chacun attend le moment de se ruer vers la fosse ou les balcons pour s’assurer les meilleures places. Le public est sensiblement plus jeune que la veille, mais tout aussi motivé, avec une énergie déjà perceptible. Tous les ingrédients sont réunis pour une soirée intense, promettant des concerts aussi denses que marquants.

Lire la suite…



Interview   

Puscifer : aux frontières de la norme


Puscifer est une énigme. Un projet protéiforme qui se réinvente constamment sur les plans musicaux comme visuels. Normal Isn’t, le cinquième album du groupe, dévoile une nouvelle ère. Les musiciens redéfinissent des contours en mouvement perpétuel, imposent de nouveaux personnages et injectent des couleurs musicales goth et post-punk à leur musique. Une démarche de réinvention permanente que l’on sait chère au chanteur atypique qu’est Maynard James Keenan, à la tête du projet, et dont son acolyte Carina Round nous souligne la nécessité dans l’entretien qui suit. Car si Puscifer est né sous la forme d’un projet solo pour James Keenan, il s’est rapidement transformé en aventure collective dont le guitariste Mat Mitchell et Carina Round sont les forces créatrices indispensables.

Normal Isn’t est une œuvre de groupe soudé et engagé sur la même ligne artistique. Un disque exigeant et doté de plusieurs couches de lecture, que les membres de Puscifer ont composé en réaction à une époque trouble et complexe. Bien qu’elle ne renie à aucun moment le second degré qui a toujours défini son groupe, Carina Round est parfaitement claire au sujet du sérieux et de la profondeur de leur musique. Normal Isn’t est un disque qui a autant vocation à éveiller les sens qu’à permettre à son public de se « connecter » avec le groupe dans un espace hors du temps et de la réalité. La dimension Normal Isn’t ouvre tout juste ses portes. Nul doute que Puscifer a encore son lot de surprises à en dévoiler, ne serait-ce que par l’intermédiaire du roman graphique qui devrait être présenté dans le prolongement de l’album.

Lire l’interview…



Live Report   

Epica et Amaranthe : duel à Toulouse


Ce mardi 3 février 2026, le Bikini affiche complet. Dès 18h, bien avant l’ouverture des portes prévue à 18h30, les abords de la salle se remplissent rapidement malgré un froid hivernal bien installé. Vestes épaisses, écharpes, vestes à patches et t-shirts de groupes se mêlent dans la file d’attente : aucun doute, le public s’est déplacé en masse pour cette date toulousaine de l’Arcane Dimensions Tour, l’une des tournées les plus attendues de ce début d’année.

Réunissant Epica et Amaranthe en co-têtes d’affiche, avec Charlotte Wessels en invitée spéciale et annoncée dès février 2025, la tournée traverse une bonne partie de l’Europe entre janvier et mars 2026, confirmant la popularité intacte de ces formations aux univers bien distincts mais complémentaires auprès d’un public toujours plus large. Dans la fosse, le mélange générationnel est frappant. Les plus jeunes répondent largement à l’appel d’Amaranthe, tandis que les fans de longue date d’Epica sont bien présents, fidèles au rendez-vous et reconnaissables à leurs t-shirts parfois patinés par les années. Mais loin de cloisonner les publics, la soirée réunit ces différentes sensibilités dans une même ferveur, preuve que le metal symphonique et le pop metal moderne peuvent parfaitement cohabiter.

Pensé comme un véritable événement, ce concert s’inscrit dans la logique d’un co-headlining tour assumée, où chaque groupe dispose d’un temps de jeu conséquent et d’une production à la hauteur de son statut. Ce soir c’est au tour d’Epica de prendre la tête d’affiche. Entre attentes élevées, ambiance déjà électrique avant même l’entrée dans la salle et promesse de spectacles visuellement ambitieux, tous les ingrédients sont réunis pour créer un moment fort. Retour sur une soirée où le Bikini a vibré au rythme des orchestrations grandioses, des refrains fédérateurs et d’un metal résolument tourné vers le live…

Lire la suite…



Chronique   

Mayhem – Liturgy Of Death


Depuis une dizaine d’années, cette entité pour le moins agitée qu’est Mayhem semble s’être stabilisée. Fort d’un line-up solide et de décennies d’expérience, Daemon, sorti en 2019, était l’album d’un groupe en pleine possession de ses moyens, avec l’aplomb nécessaire pour prendre à bras-le-corps son écrasante – et désormais hollywoodienne – histoire. Moins obscur que ses prédécesseurs, lorgnant plus explicitement du côté de ses indépassables classiques, il proposait une version à la fois moderne et patrimoniale de Mayhem, porte d’entrée hiératique et ténébreuse pour toute une nouvelle génération de fans. Sept ans plus tard, Liturgy Of Death enfonce le clou. Intense et peaufiné, il aborde de front la source de l’aura du groupe, et accessoirement de toute vie sur terre : la mort.

De son ouverture ambient inquiétante aux rythmes tribaux qui le referment, ce septième opus prend en effet son titre très au sérieux, et c’est bien une liturgie que l’on entend se dérouler au fil des chansons. Des prières aux derniers sacrements en passant par la célébration des défunts, elle est servie par une production impeccable qui apporte à la cérémonie l’atmosphère et la clarté nécessaires. Et c’est par ce qu’il a d’atmosphérique, justement, que Liturgy Of Death se distingue. Méticuleusement composée, tantôt agressive (« Despair »), tantôt inquiétante (« Weep For Nothing »), relevée de touches thrashisantes (« Funeral Of Existence ») ou opératiques, dense même dans les morceaux les plus courts (« Aeon’s End »), soutenue par la batterie toujours impeccable d’Hellhammer, sa musique est une leçon de black norvégien au classicisme parfois un peu figé. C’est la mort qui lui apporte son supplément d’âme, que l’on entend dans le chant plus habité que jamais d’Attila et dans les échos du Mayhem du début des années 1990 qui résonnent ici et là, dans les motifs des guitares, les paroles, voire la pochette et son animal crucifié. Avec ce Liturgy Of Death hanté, Mayhem se réapproprie sa propre mythologie en offrant son hommage le plus explicite aux figures controversées et tutélaires qu’étaient Dead et Euronymous, et en élargissant leurs obsessions et leurs ambitions aux dimensions qu’elles exigeaient : cosmiques.

Ecouter des extraits…



Live Report   

Electric Callboy fait ce qu’il veut et en est fier


Electric Callboy, ce sont des Allemands qui ont pris le temps d’analyser le succès de LMFAO et se sont dit : « Franchement, y’a un truc à faire. » Ce « truc », c’est de célébrer le boum-boum salvateur avec de grosses guitares qui ont pour mission de faire du bien au moral. Le tout, évidemment, avec beaucoup d’humour, des accoutrements aussi kitsch que le maillot du Borussia Dortmund dans les années 90 et des relents musicaux d’eurodance.

Il faut bien comprendre que l’on évoque ici une formation dont les membres sont nés dans un pays où Scooter a l’habitude de truster le haut des charts depuis près de trente ans (oui on sait, le guitariste Pascal Schillo est né en Angleterre mais il a grandi en Allemagne, donc c’est un Allemand d’adoption !).

Bières, foot, techno et Tekkno : nos amis d’outre-Rhin ont leur propre vision de ce qu’est une fête réussie. Mais bon, il ne faut pas juger et puis de toute façon dans le metal cela fait quand même un bail que sont tolérés (pour soi et pour les autres) les nombreux plaisirs coupables dont les ex-Eskimo Callboy font indiscutablement partie.

Continuer à lire cette insupportable logorrhée.



Interview   

Textures renouvelle sa génétique


Ils sont finalement revenus. Figure de proue du metal progressif néerlandais, Textures s’était séparé en plein milieu du diptyque Phenotype/Genotype. Si le premier a bel et bien pu voir le jour, le second est resté dans les cartons, et y restera sans doute à jamais. Car oui, cet album du retour s’appelle bel et bien Genotype mais n’a plus rien à voir avec le projet initial. Textures a repensé sa méthode, son art, sans non plus se trahir, pour regagner en pertinence.

C’est donc à l’occasion de la sortie du disque que nous avons pu longuement nous entretenir avec le batteur Stef Broks, maître de la polyrythmie, pour parler de la renaissance du groupe, des circonstances de celle-ci, de la révision de l’approche créative et du fruit qui en a émergé. Le moins que l’on puisse dire est que le musicien est heureux de retrouver son exutoire et fier du résultat qui, selon lui, contient leurs « meilleures chansons jusqu’à présent ». Il partage tout ça avec passion, livrant détails et anecdotes, appuyant l’apport d’artistes tels que Devin Townsend et Meshuggah ou évoquant la place du groupe dans la scène néerlandaise. Celui qui se dit curieux de tout, très « influençable », en apprentissage permanent, explique également l’importance que revêt l’enseignement dans sa vie.

Lire l’interview…



Chronique   

Kanonenfieber – Soldatenschicksale


Kanonenfieber opte pour une compilation hybride avec nouvelles compositions et titres revisités pour raconter la bataille du Skagerrak (Jutland, 1916). La plus grande bataille navale de la Première Guerre mondiale, née de l’escalade maritime entre l’Empire allemand et la Grande-Bretagne. Le groupe raconte l’expérience humaine, en suivant des soldats pris au piège du fracas des canons, des machines et d’un affrontement dont aucun ne réchappe. Soldatenschicksale franchit un cap discret mais réel dans sa manière de construire et de produire sa musique. Le black/death martial, monolithique et répétitif des Allemands s’offre un travail de production et de réécriture fructueux. D’emblée, le son frappe par sa densité et sa lisibilité. La production, plus massive mais mieux équilibrée, permet aux riffs de respirer tout en conservant cette sensation d’écrasement permanent. Les guitares gagnent en épaisseur, la batterie sonne plus organique et plus martiale. Le rendu est intéressant car il sort (un peu) de la logique de « mitraillette » permanente. De leur côté, les voix s’inscrivent davantage dans l’ensemble. Elles sont moins frontales mais plus oppressantes. Il y a une vraie recherche pour accentuer l’impression de mécanisme implacable.

Cette progression se ressent particulièrement sur les morceaux revisités. « The Yankee Division » ou « Der Füsilier » ne sont pas de simples redites. Leur réécriture apporte une meilleure progression dramatique. Tout converge pour mettre le narratif au centre de l’attention. Les transitions sont plus marquées et la tension plus continue. Les structures paraissent moins abruptes, plus cohérentes dans le cadre de l’album, comme si ces titres trouvaient enfin leur place définitive dans un récit plus vaste. Les deux morceaux inédits, « Z-Vor! » et « Heizer Tenner », viennent cristalliser cette évolution. Kanonenfieber y exploite pleinement la répétition pour matérialiser l’obsession. Les montées en puissance évoquent l’approche du combat, les ralentissements traduisent l’attente et la peur, et les déferlements sonores deviennent presque sensoriels. On n’assiste pas à une bataille, on la subit. Soldatenschicksale gagne en impact émotionnel et les nouveaux titres s’imposent comme des piliers narratifs. Une logique de récit théâtrale qui souligne le tragique et le malaise de l’histoire.

Ecouter des extraits…



Live Report   

Landmvrks en état de grâce au Zénith


Que de chemin parcouru pour les Marseillais de Landmvrks. En février dernier, encore portés par l’émotion de leur tout premier Olympia, le groupe annonçait un Zénith de Paris comme un cap à franchir, comme un rendez-vous à ne surtout pas manquer. Moins d’un an plus tard, la promesse est tenue. La salle est pleine et l’attente immense autour d’un groupe qui, depuis plusieurs années déjà, ne cesse de repousser ses propres limites. Il faut dire que 2025 aura été une année charnière. The Darkest Place I’ve Ever Been s’est imposé comme un disque majeur, salué bien au-delà du cercle strict du metalcore. Une tournée internationale très dense, des passages marquants en festival, et surtout un public toujours plus large, plus fidèle, plus engagé.

Si musicalement l’album frappe juste, c’est aussi parce que Landmvrks a su transformer ses morceaux en véritables armes de live. Scénographie pensée dans le moindre détail, mise en scène élégante, énergie permanente et sincérité désarmante dans la relation au public. Le travail et le perfectionnisme ont fini par payer. Et ça fait plaisir. Voir un groupe français remplir le Zénith de Paris et fédérer autant de personnes aux influences diverses est une énorme fierté. D’ailleurs, Landmvrks n’a pas lésiné sur les moyens pour être au rendez-vous. Plus qu’un simple concert, c’est un véritable festival de metalcore qui promet de retourner le Zénith ce soir. Landmvrks et Opus Live ont sorti le grand jeu !

Lire la suite…



  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
    previous arrow
    next arrow
     
  • 1/3