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Interview   

Rise Of The Northstar : la colère a des ailes


Le 22 novembre, Rise Of The Northstar a investi l’Olympia pour un show pensé comme un théâtre d’impact plus que comme un déploiement d’écrans. Après un Hellfest marqué par un dispositif volontairement épuré — grillage, matière, flammes, et une vraie envie de « recentrer » le propos — le groupe poursuit sa trajectoire en grandeur réelle : une scénographie artisanale, exigeante, qui privilégie l’humain et l’instant.

Nous les avons retrouvés à peine rentrés d’Amérique latine, où le public a chanté chaque ligne comme si le groupe jouait « à la maison ». Cette réception confirme l’élan international amorcé depuis longtemps — du Japon aux Amériques — sans jamais réduire ROTNS à un simple clin d’œil « manga ». Oui, l’imaginaire japanime irrigue l’esthétique et la direction artistique de Vithia, mais la musique puise tout autant dans l’urbain, le streetwear, l’énergie du live et une écriture qui refuse les étiquettes.

Avec le nouvel album, Chapter 4: Red Falcon Super Battle! Neo Paris War!!, la tension s’aiguise : urgence dans les structures, scratchs réels signés Yoru, ambition sonore modernisée, et une production confiée à Florent Salfati (Landmvrks) qui clarifie les reliefs sans lisser la fureur. On y entend davantage de français quand l’émotion l’exige, des zones chantées qui s’assument, et ce fil rouge — colère et résilience — que le groupe transforme en moteur. Le Falcon, mecha-protecteur et prière intime, cristallise ce renouveau. ROTNS aligne ses forces : une esthétique qui parle au regard, un son qui frappe au plexus et, surtout, un récit collectif qui ne cesse de s’écrire sur scène.

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Live Report   

Halestorm : l’ascension de l’Olympia


Après deux ans d’absence dans la capitale, Halestorm était de retour ce lundi 17 novembre pour présenter au public parisien leur nouvel album, Everest. Sorti en août 2025, le sixième opus du groupe de Red Lion a séduit la critique par des choix audacieux qui se démarquent des précédents. Des titres plus complexes, comme « Everest », qui donne son nom à l’album, ou qui basculent dans un registre plus trash comme « K-I-L-L-I-N-G » mais qui conservent la charge émotionnelle propre au groupe. Leur seul show français de ce dernier trimestre (et second de l’année) : une occasion exceptionnelle.

Pour ce grand retour, ils étaient accompagnés de Bloodywood, groupe dont la renommée ne cesse de croître depuis sa création en 2016. Leur dernier album, Nu Dehli, est également sorti en 2025. Un disque engagé mais festif et très énergique. La soirée promet d’être explosive avec deux formations et deux genres différents.

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Chronique Focus   

Lunatic Soul – The World Under Unsun


The World Under Unsun est loin d’être une sortie anodine pour Lunatic Soul. Le grand cycle dit du « cercle de la vie et de la mort », entamé aux débuts du projet dix-sept ans plus tôt, voit enfin ses deux bouts se joindre. L’occasion pour Mariusz Duda, si besoin en est, de rappeler que cette aventure au long cours ne se résume nullement à un bête projet parallèle : Lunatic Soul est aussi – voire plus – important que Riverside, ne serait-ce que du fait de la liberté qu’il s’y accorde et des vertus thérapeutiques de la démarche.

Ce fameux cycle, dont les composantes sont parues dans le désordre, conte les pérégrinations d’un personnage continuellement bringuebalé entre vie et mort. Cet épisode se glisse chronologiquement entre Fractured (2017) et Walking On A Flashlight Beam (2014), ce qui lui confère un trône au milieu de l’hémicycle consacré à la vie. Si on pourrait penser que cela ferait de lui un album tout rose, loin s’en faut : il traite de relations et habitudes toxiques. Le terme névralgique « unsun » du titre, référence à une éclipse solaire, souligne d’ailleurs que le monde et le personnage ne sont pas à leur plus fort.

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Live Report   

Le Metal Fest 09 fait (encore) bouger l’Ariège


Pour sa troisième édition, le Metal Fest 09 s’impose une nouvelle fois comme l’un des rendez-vous incontournables pour les amateurs de metal en Ariège et plus largement en Occitanie. Installé dans la salle de La Laure à Saverdun, l’événement a réuni, durant deux soirées intenses, un public fidèle venu célébrer la diversité du genre dans une ambiance conviviale, chaleureuse et résolument à taille humaine. Pensé pour mettre en valeur aussi bien les talents émergents que les formations confirmées de la scène internationale, le festival continue d’affirmer son identité : accessible, passionnée et entièrement tournée vers le plaisir du live.

Cette année encore, l’organisation – menée par l’association Back In Black – a misé sur une programmation variée, allant du metal moderne au heavy théâtral, en passant par le power, le metalcore et les univers plus hybrides. Une ligne artistique assumée qui fait dialoguer les générations, les styles et les esthétiques tout en donnant une place de choix aux groupes peu mis en lumière. On y retrouve pêle-mêle : The Troops Of Doom (le groupe de l’ex-Sepultura, Jairo « Tormentor » Guetz), Persefone, Sujin, Drakkar, Rankken, Blind Wisdom, Th3ory ainsi que les jeunes pousses d’Ask Your Mom et Choatic Circus. Bref, il y a de tout pour tout le monde !

Entre énergie brute, scénographies marquantes et concerts taillés pour la scène, cette édition a une nouvelle fois montré que le Metal Fest 09 ne cesse de grandir, sans jamais perdre son esprit initial : faire vivre le metal dans son territoire avec sincérité, passion et une envie constante de rassembler. Retour sur un cru 2025 qui a fait vibrer Saverdun au rythme des riffs et d’une ferveur partagée…

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Interview   

Soulfly : l’esprit de la flamme


Décidément, Soulfly devient de plus en plus une histoire de famille. La preuve avec son treizième album, Chama, dans lequel Zyon Cavalera, non seulement conserve le poste de batteur, mais est également promu au rang de coproducteur. Igor Amadeus, quant à lui, signe l’histoire sur laquelle se base le disque, celle d’un enfant des favelas qui trouve l’éveil spirituel auprès des tribus indigènes et dans la nature. Un récit dont la dichotomie fait écho à celle des morceaux que Max Cavalera qualifie de « technologie tribale », entre rythmes organiques et couches bruitistes. Une approche qui, dans l’attitude, l’esprit, plus que la musique, lui rappelle le tout premier album du groupe…

Nous en discutons avec l’homme qui se dit attiré autant par le chaos que par la spiritualité de la nature, et qui a à cœur d’encourager sa descendance, tout comme son ascendance a contribué à faire de lui ce qu’il est. De l’inspiration initiale venant d’un artiste de MMA à la notion d’hommage – notamment à L.G. Petrov, regretté frontman d’Entombed –, en passant par le plaisir des jeux de mots, Max nous raconte Chama.

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Chronique   

Brainbombs – Die


Cette année, Brainbombs fête ses quarante ans. Quatre décennies donc que les Suédois tracent leur route avec le même mépris pour les évolutions de l’industrie musicale que pour le monde qui les entoure en général, déversant sans faiblir leur mélange de noise et de punk crade et nihiliste sur qui veut bien l’entendre, gagnant au passage un statut quasi culte. Provocateurs paresseux ? Rois des edgelords ? Purs produits de leur époque ? Psychopathes ? Génies incompris ? Quelque part entre les Stooges, Big Black et Whitehouse, les musiciens de Brainbombs ont toujours été un peu tout ça à la fois, et ils le sont plus que jamais sur leur dixième album, sobrement intitulé Die – on n’en attendait pas moins d’eux.

C’est que leur force d’inertie est spectaculaire : dès la première chanson, on retrouve la formule dans laquelle ils excellent, pratiquement intouchée depuis leurs débuts. Un riff tourne en boucle, la batterie, noyée à l’arrière, martèle un mid-tempo inébranlable, et Peter Råberg répète des horreurs d’une voix blanche au fil de morceaux toujours un peu trop longs, histoire d’enfoncer le clou, le tout avec un sens imparable du riff qui fait mouche, qui hypnotise, voire qui s’incruste durablement dans la tête (« Afternoon Sun », dont le titre bucolique ne trompe personne). Pour couronner le tout, Brainbombs a aussi gardé sa façon incomparable d’instiller le malaise, à coups de couches de guitares glaciales en toile de fond, de solos de wah wah complètement désarticulés (« Parents Bed ») et évidemment de trompette déglingos (« Kill Again »). Dans le genre, Die n’est pas avare de sommets, ni même de nuance (!), du riff ultra brutal et de la basse gargouillante de « Cooking You » au bluesy et lancinant « Long Liz ». Bref, pas de doute, le temps n’a pas émoussé les crocs des Suédois : avec un Die plus proche du monolithe Obey que des quasi psychédéliques sorties récentes, ils prouvent qu’ils sont toujours une valeur sûre pour les jours où on s’est levé du mauvais pied et où on vomit ses contemporains…

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Live Report   

Pogo Car Crash Control retourne La Cigale


Formé à Paris au milieu des années 2010, Pogo Car Crash Control fait partie de ces groupes qui se sont construits dans la durée, loin des raccourcis et des coups d’éclat prématurés. Sans renier ses fondamentaux, Pogo Car Crash Control a progressivement affiné son écriture, densifié son son et gagné en cohérence. Les colères sont devenues plus structurées, les morceaux plus nuancés, laissant apparaître une identité désormais parfaitement identifiable. Cette date à La Cigale, affichant complet, n’a donc rien d’anodin. Elle symbolise autant une reconnaissance qu’un passage de cap. Celui d’un groupe que l’on a suivi à ses débuts, que l’on a vu évoluer scène après scène, et qui s’impose aujourd’hui comme l’un des représentants majeurs d’une scène punk française vivante et décomplexée.

Pour cette soirée importante, Pogo Car Crash Control a choisi de partager l’affiche avec Grandma’s Ashes, trio en pleine ascension, déjà remarqué ces derniers mois, notamment lors de sa présence aux Foudres. Un choix cohérent, qui témoigne d’une volonté de mettre en avant une scène française plurielle.

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Chronique   

Scorpions – Coming Home Live


Pour célébrer soixante ans d’une carrière aussi monumentale qu’inoxydable, Scorpions publie Coming Home Live, un album qui sonne comme un retour aux sources autant qu’un vibrant hommage à leur propre légende. Capturant l’énergie d’un groupe formé en 1965 et toujours debout, ce live – capté le 5 juillet dernier au stade d’Hanovre, leur ville natale – rappelle le chemin parcouru depuis les débuts psychédéliques de Lonesome Crow jusqu’aux hymnes planétaires de Love At First Sting. Si l’on retrouve sans surprise les classiques incontournables – de « Rock You Like A Hurricane » à « Still Loving You » –, l’album brille surtout par son intensité, à laquelle participent les interactions avec pas moins de quarante-cinq mille fans. Les riffs de Rudolf Schenker restent incisifs, les mélodies portées par Matthias Jabs flamboyantes, et le groupe affiche une cohésion que bien des formations plus jeunes pourraient leur envier. La voix de Klaus Meine, certes marquée par les années, conserve une chaleur et une sincérité émouvantes. Cette patine du temps, loin de trahir les morceaux, leur apporte une dimension presque testamentaire. Notons deux instrumentaux – « Coast To Coast » et « Delicate Dance » – pour les amateurs d’effusions guitaristiques, ainsi qu’un appréciable medley honorant la période des années 70, le tout servant la richesse d’une setlist qui, malgré tout, forcément, restera entachée par des manques, différents suivant l’auditeur (dommage, par exemple, d’avoir laissé de côté des albums de qualité comme Face The Heat ou Humanity: Hour I).

Coming Home Live est un cadeau pour les fans, une célébration sincère d’une carrière qui a façonné l’histoire du hard rock et inspiré des générations entières. La flamme qui anime les Allemands semble plus vive que jamais, toujours portée par cette envie de continuer à partager la scène. Cet opus exprime la gratitude du groupe envers son public, mais aussi une forme de promesse : celle que l’aventure n’est pas encore terminée. Car même si la retraite semble toujours lointaine, on ne peut s’empêcher d’espérer qu’après ce retour triomphal, Scorpions offrira, au moins, un ultime album studio, un dernier rugissement avant le rideau final. Un live vibrant, authentique et profondément touchant. La preuve que, soixante ans plus tard, les Scorpions piquent toujours.

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Interview   

Green Carnation : les chroniques d’une ambition


En 2020, alors que Green Carnation sortait Leaves Of Yesteryear, premier album post-reformation, le chanteur Kjetil Nordhus nous alléchait en parlant d’un « projet à long terme » et de « grandes nouvelles », sans nous en dire beaucoup plus. Cinq ans plus tard, on découvre l’ampleur du projet et sa première partie : une trilogie dont le point d’entrée s’intitule A Dark Poem, Pt. I: The Shores Of Melancholia. Les Norvégiens ne sont pas étrangers à l’ambition artistique, leur album de 2001, le mythique Light Of Day, Day Of Darkness, en incarne même la définition. Sans réitérer la formule, A Dark Poem, planifié depuis 2017, s’impose comme un projet massif qui, semble-t-il, est encore loin d’avoir montré toutes ses cartes.

A projet d’envergure, interview d’envergure. C’est avec Kjetil mais aussi Stein Roger Sordal, les deux instigateurs de cette trilogie musicale, que nous nous sommes entretenus pour livrer quelques secrets de conception, mais aussi mieux comprendre leur relation créative et l’évolution de leur place au sein du groupe.

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Chronique   

Kadavar – K.A.D.A.V.A.R.


Un album peut en cacher un autre. I Just Want To Be A Sound, paru en mai dernier, avait surpris, voire déstabilisé par ses prises de liberté, sorte d’aboutissement des expérimentations opérées ces dernières années, redéfinissant le son de Kadavar, où plutôt l’emmenant vers de nouvelles sphères. A peine six mois plus tard, K.A.D.A.V.A.R., lui, fait une inattendue volte-face. Titré par l’acronyme de Kids Abandoning Destiny Among Vanity And Ruin, il en est le négatif ou le complément – le yang du yin. Une forme de retour au bercail après un long voyage. C’est le Kadavar qui, insouciant, se roule sans complexe dans la fuzz et la graisse. Mais qu’on ne s’y trompe pas, le parcours effectué depuis l’autre disque éponyme, celui de 2012, est loin d’être effacé d’un revers de main. L’expérience acquise est palpable, notamment sur le travail du son ; simplement, celui-ci est orienté autrement. En particulier, si Jascha Kreft, quatrième membre intégré en 2023, était mis à profit pour développer les atmosphères et enrichir les couches sonores, cette fois, il contribue à épaissir le potage, à le rendre plus puissant, plus granuleux.

« Lie » pose d’emblée les bases en forme d’hommage au « Iron Man » de Black Sabbath, avec sa grosse caisse appuyée et cette guitare lugubre qui râcle les tympans, comme tout droit sortie des cachots d’Electric Wizard. Puis c’est l’envolée psychédélique avec le plus enjoué « Heartache » – un aspect accentué plus loin dans les vapeurs embrumées de « The Children ». Kadavar conserve sa liberté et son ambition de varier les décors ; la légèreté pop de « Stick It » fait d’ailleurs le lien avec l’album précédent. Si les nuances sont nombreuses, K.A.D.A.V.A.R. est crasseux, apocalyptique même, dans sa tonalité générale. Et pour cause, là où I Just Want To Be A Sound était plus porté sur les conflits intérieurs, son successeur se veut le reflet d’un monde en perdition. En témoigne le final composé de deux titres qui en forment presque un seul. « K.A.D.A.V.A.R. » assène un coup de massue, quasi black metal par instants, avant la mise sur orbite de « Total Annihilation ». Un décollage dans la fureur et les flammes, suivi d’une transe en apesanteur, pour finir fracassé dans la ceinture de Kuiper. On comprend que ce « retour aux racines » n’est qu’un mirage, que quelque chose s’est passé : Kadavar a brisé ses chaînes, s’est offert une deuxième naissance et flotte désormais dans un vaste cosmos créatif. L’avenir des Berlinois est imprévisible, et c’est bien ce qui le rend si excitant.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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