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Live Report   

Pogo Car Crash Control retourne La Cigale


Formé à Paris au milieu des années 2010, Pogo Car Crash Control fait partie de ces groupes qui se sont construits dans la durée, loin des raccourcis et des coups d’éclat prématurés. Sans renier ses fondamentaux, Pogo Car Crash Control a progressivement affiné son écriture, densifié son son et gagné en cohérence. Les colères sont devenues plus structurées, les morceaux plus nuancés, laissant apparaître une identité désormais parfaitement identifiable. Cette date à La Cigale, affichant complet, n’a donc rien d’anodin. Elle symbolise autant une reconnaissance qu’un passage de cap. Celui d’un groupe que l’on a suivi à ses débuts, que l’on a vu évoluer scène après scène, et qui s’impose aujourd’hui comme l’un des représentants majeurs d’une scène punk française vivante et décomplexée.

Pour cette soirée importante, Pogo Car Crash Control a choisi de partager l’affiche avec Grandma’s Ashes, trio en pleine ascension, déjà remarqué ces derniers mois, notamment lors de sa présence aux Foudres. Un choix cohérent, qui témoigne d’une volonté de mettre en avant une scène française plurielle.

Artistes : Pogo Car Crash ControlGrandma’s Ashes
Date : 27 novembre 2025
Salle : La Cigale
Ville : Paris [75]

Il y a quelque chose de particulièrement réjouissant à entrer dans une Cigale comble, pour une affiche cent pour cent française. Le public est là pour célébrer une scène locale qui se porte bien et qui, ce soir, devrait le prouver avec éclat.

La soirée s’ouvre avec Grandma’s Ashes, trio entièrement féminin, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça envoie sévèrement. Là où les versions studio peuvent parfois paraître plus sages, le live révèle une tout autre intensité. La basse se fait massive, la guitare s’autorise des envolées presque lyriques, et l’ensemble gagne en épaisseur et en agressivité.

Le public ne s’y trompe pas et répond présent, même si l’on peut parfois ressentir un léger manque de variation. Qu’importe, la prestation reste solide et surtout très rafraîchissante. Portée par trois musiciennes qui occupent la scène avec aplomb. Une présence féminine forte qui s’inscrit naturellement dans le discours défendu par Lola autour du More Women On Stage. Mais ce soir, l’attention se concentre déjà sur la suite.

Car le groupe que beaucoup ont vu débuter est désormais prêt pour les grandes salles. Pogo Car Crash Control investit La Cigale, et la voir pleine à craquer pour eux a quelque chose de symbolique. Le cadre baroque et sombre de la salle se marie bien avec l’énergie brute du quatuor. Le decorum reste minimal avec quelques draps blancs pour donner du relief, rien de superflu. Ici, on est dans le punk, la musique avant tout.

Dès “Cerveau Mort”, le ton est donné. La fosse explose. Du pogo, encore du pogo, toujours plus de pogo. Mais un pogo joyeux, fédérateur, presque festif, loin d’une violence gratuite. Sur “Déprime Hostile”, la communion est totale. Le refrain est repris à tue-tête par une Cigale en transe, et c’est là que se mesure pleinement le chemin parcouru.

Chaque membre semble avoir franchi un cap. Louis, derrière les fûts, affiche un plaisir communicatif, multipliant les moments de présence et de contact visuel avec le public. Lola, figure centrale depuis les débuts, conserve cette énergie folle et cette explosivité qui ont toujours fait la force du groupe. Mais ce sont sans doute Simon et Olivier qui frappent le plus. Le premier, avec un jeu de guitare de plus en plus affûté et une identité visuelle affirmée ; le second, qui s’impose désormais pleinement dans l’espace scénique.

La communication est minimale, presque inexistante au début. Les morceaux s’enchaînent sans temps mort. Vingt et un titres au compteur, un marathon assumé, à l’image de la foule qui alterne pogo, circle pits et mosh pits sans relâche. Seule respiration du set, “10 Miles Away”, livré en version acoustique. Un moment suspendu, presque cocon, porté par le duo vocal Lola / Simon et une guitare acoustique qui apaise temporairement les corps. Si le titre fonctionne mieux sur disque, l’intention reste sincère et agréable.

Puis viennent les appels au chaos. Et plus le concert avance, plus la pression retombe, laissant place à davantage d’échanges. Les remerciements arrivent, les sourires aussi, et cette dynamique d’allers-retours entre scène et public devient de plus en plus palpable. La communion est totale. Olivier demande alors un wall of death. Évidemment. La fosse répond sans hésiter, on est là pour ça, après tout.

La fin réserve son lot d’émotions. Sur “Est-ce Que Ça Vous Parle ?”, un léger souci technique vient brièvement perturber le rythme, avant que le groupe ne revienne conclure avec “J’ai Grave Le Seum”. Moment d’anthologie. Une déflagration collective, fédératrice, euphorique. Un titre qui cristallise tout ce que Pogo Car Crash Control représente aujourd’hui dans le paysage punk français.

Verdict ? Pogo a retourné La Cigale. Sans fioritures, sans posture, mais avec une générosité et une ferveur qui forcent le respect. Une soirée forte, électrique, et surtout la confirmation éclatante qu’ils sont désormais là où ils doivent être.

Setlist (source Setlist.fm) :

Cerveau Mort
Shallow Time
Le Ciel Est Couvert
Déprime Hostile
Traitement Mémoire
Fréquence Violence
Cristaux Liquides
You Came To Me
Don’t Get Sore
Je Mettrais Bien Le Feu
10 Miles Away (acoustique)
Comme Toi
Tourne Pas Rond
Quelle Est La Diff ?
Conseil
Recommence À Zéro
Qu’est-ce Qui Va Pas?
Tête Blême
Crève
Est-ce Que Ça Vous Parle ?

Rappel:
J’ai Grave Le Seum



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