Il arrive un âge dans la carrière d’un groupe où le temps commence à s’étirer, où il ne veut plus ou bien ne peut plus se presser. C’est ce qui semble se produire avec Tesla, trente ans après ses débuts au service d’un hard rock bluesy de grande classe. Tesla veut prendre le temps qu’il faut, gérer les choses par lui-même comme bon lui semble, partir en tournée quand il fait beau, pas pour trop longtemps… Tesla veut aussi faire les choses simplement, de manière authentique, dans un monde reposant de plus en plus sur la complexité des technologies. C’est bien là toute la thématique, pour ainsi dire, de ce nouvel album, Simplicity, qui voit le jour six ans après Forever More. Exit les élans de modernité de ce dernier et de l’acclamé Into The Now, retour avec une musique réduite « à un strict minimum » comme l’affirme le chanteur Jeff Keith que nous interrogeons ci-dessous.
Keith nous parle donc de l’état d’esprit qui animait le groupe dans la confection de ce nouvel album, mais aussi de sa carrière solo dans la musique country qui n’a débuté que l’année dernière et nous en profitons pour revenir un peu sur le passé du groupe de Sacramento, dont une histoire de tomates…
Radio Metal : Six ans séparent Simplicity de son prédécesseur Forever More. Comment expliquer ceci, aviez-vous besoin de temps pour concevoir ce nouvel album ?
Jeff Keith (chanteur) : Eh bien, ouais, en général ça prend trois ou quatre ans entre chaque album. Pour quelque raison que ce soit, avec toutes les tournées que nous faisons, ça prend du temps de se retrouver et composer. Cette fois-ci, ce que nous n’avions pas fait avec Forever More, nous avons fait pas mal de pré-production. Nous sommes allez dans la ferme de Tom Zutaut en Virginie – c’est le gars qui nous a signé sur Geffen et qui était impliqué dans les trois premiers albums. C’était donc super, le fait de l’avoir comme coproducteur et d’échanger des idées avec lui. Nous avons été dans sa ferme en Virginie pendant à peu près une semaine et demie pour deux voyages. C’était loin d’internet. C’était juste complètement déconnecté de tout sauf de la musique. Ça a vraiment bien marché pour nous.
Depuis votre reformation en 2004, vous semblez avoir un rythme moins intensif en comparaison de la période 86 à 96 lorsque le groupe était chez Geffen Records. Penses-tu que ce type de rythme serait trop difficile à tenir pour le groupe désormais ?
Absolument. Ouais, nous sommes à un stade aujourd’hui où nous avons une base de fans assez solide pour pouvoir choisir un peu plus combien de temps nous voulons passer sur la route. A l’époque, parfois nous partions pour quatre à six mois d’affilée, ce qui est bien trop pour nous aujourd’hui. Nous avons donc la chance d’avoir des fans qui nous permettent de choisir de sortir de préférence l’été et de nous envoler pour un certain nombre de dates pendant environ un mois. Nous pouvons tenir un mois avant de commencer à partir en lambeaux.
En juin 2013, vous avez sorti un single intitulé « Taste My Pain » sur iTunes et qui n’est, en fait, pas présent sur l’album. Quelle en est la raison ?
L’année dernière nous avons simplement voulu donner aux gens quelque chose à écouter, une nouvelle chanson, de manière à ce qu’ils puissent la télécharger. Ce qui nous a fait gagner du temps pour concevoir le nouvel album Simplicity. Je crois que, pour l’Europe et le Japon, c’est dessus en tant que titre bonus. Et je pense que vous avez sans-doute eu l’occasion de la télécharger lorsqu’elle était sortie l’année dernière. Mais pour une raison ou une autre, ils l’ont utilisé comme titre bonus, car en Europe et au Japon, en général, ils aiment avoir un titre supplémentaire en bonus, nous l’avons donc utilisé pour ça. On la joue toujours en concert, tu sais. On trouve que c’est une super chanson. Le but était de montrer aux gens l’année dernière que nous sommes toujours capables d’écrire des chansons. Et on trouve que ça a bien fonctionné.
« Nous faisons les choses à une plus petite échelle en gérant tout par nous-mêmes mais nous sommes bien plus heureux à faire ça à notre manière. »
Simplicity est bien plus un retour aux sources en comparaison d’Into The Now et Forever More qui, tous les deux, avaient un son plutôt modernes. Avez-vous ressenti le besoin d’embrasser à nouveau vos racines à ce stade ?
Absolument ! Nous voulions faire un album que, tu sais, tu mets du début et le joues en intégralité, jusqu’à la dernière chanson. Nous voulions faire un véritable album. Car, souvent, lorsque tu pars jouer, tu te sens très confiant à propos de certaines chansons et pour d’autres, et ce ne sont pas des chansons de remplissages mais, tu sais, il y a des chansons qui ne sont peut-être pas du même calibre que celles pour lesquels tu as un sentiment fort. Mais, du début à la fin de cet album, nous sommes très confiants par rapport à chaque chanson.
Simplicity comprend beaucoup de guitares acoustiques et du piano, même sur les chansons menées par les guitares électriques. Aviez-vous particulièrement envie d’avoir ce côté acoustique toujours quelque part dans le mix ?
Eh bien, en fait, crois-le ou pas, dans chaque album que nous avons réalisé, il y a toujours une piste acoustique quelque part en fond dans les chansons. Mais nous avions quelques chansons ici et là contenant un peu de clavier, il est donc ainsi arrivé, tu sais, que quelques idées de chansons aient pris forme avec une partie de piano et nous avons construit la chanson sur cette base. Je ne pense pas que nous nous soyons intentionnellement dit : « Hey, il faut que nous ayons plus de parties acoustiques que d’habitude » ou « essayons d’avoir plus de piano que d’habitude ». Ça s’est juste fait comme ça.
Est-ce que l’album Twisted Wires a pu vous inspirer, d’une certaine manière, dans la confection de Simplicity ?
Ouais. Nous sommes en quelque sorte revenus à ces racines lorsque nous faisions Five Men Acoustical Jam qui a été un album très populaire pour nous, et c’était simplement une soirée entière où nous avons joué ensemble en acoustique. Donc, ouais, je pense que ça a clairement joué un rôle en nous inspirant dans la confection de Simplicity, tu sais, le fait de revenir à ces racines avec le côté acoustique. Ça a clairement eu un impact sur Simplicity.
Le groupe a souvent interprété ses chansons dans un contexte acoustique. Est-ce que réduire une chanson ainsi est une manière de montrer à quel point elle est bonne ? Est-ce qu’une bonne chanson doit rester aussi bonne dans un contexte acoustique ?
Ouais, nous avons toujours ressenti que l’on pouvait prendre une super chanson et la réduire à un feeling acoustique tout en faisant en sorte que la chanson tienne toujours debout. Pour nous, le contexte acoustique est une très bonne base sur laquelle se reposer. Donc, avec à peu près toutes les chansons de Tesla, on pense qu’il nous est possible de les jouer en acoustique tout en faisant en sorte que cela reste une super chanson.
La chanson d’ouverture s’intitule « MP3 », de toute évidence d’après le format de fichier audio, et parle de technologie. Étant donné le titre de l’album, dirais-tu que la technologie tend à rendre les choses trop complexes ?
Ouais. Tu sais, avec Pro Tools et toutes ces astucieuses petites technologies que tu peux utiliser, il faut faire très attention car tu peux te retrouver à en abuser. Car tu peux compiler toutes ces pistes pour en faire une chanson, mais nous, nous aimons davantage essayer de garder les choses à un strict minimum, de manière à ce que la chanson soit authentique et à pouvoir la reproduire sur scène en concert. Avec toute cette nouvelle technologie dans le monde, nous avons le sentiment qu’il faut faire très attention. Simplicity est un mot provenant d’une phrase que nous avons utilisé dans la chanson « MP3 » à propos de la nouvelle technologie. Nous avons le sentiment que les gens ont besoin de revenir à la simplicité, voilà le pourquoi du titre de l’album. Car nous voulions faire un album plus simple plutôt que d’utiliser ces trucs compliqués à notre disposition, tu sais, comme Pro Tools parmi d’autres choses. Tu peux réaliser un album avec quantité de pistes et finir, en gros, par le saturer. Ça fait perdre une partie du véritable caractère de la chanson. Nous faisons donc attention à essayer de rendre ça aussi simple que possible.
D’un autre côté, grâce à la technologie, l’enregistrement musical est devenu plus accessible aux groupes. Dirais-tu donc que c’est une relation ambigüe ?
Ouais, tu sais, avec beaucoup de ces trucs, comme les réseaux sociaux, nous avons vraiment le sentiment que cette technologie donne d’une certaine façon des avantages aux groupes : ça permet de passer le mot, les gens téléchargent, partagent avec d’autres gens, et espérons que ces gens avec qui ils partagent apprécient et finissent par se dire : « Je veux acheter ça moi-même. » C’est donc plus comme un bouche-à-oreille moderne. Je pense que le fait de l’avoir disponible en téléchargement, ça fonctionne au bénéfice du groupe. Tu sais, à l’époque, lorsque tu faisais un album, les gens devaient acheter tout l’album entier. De nos jours, ils ont le choix, s’ils veulent acheter seulement quelques chansons, ils peuvent, ce qui est super pour les fans. Comme je l’ai dit, avec Simplicity, nous avons essayé de faire un album complet dont les gens voudront entendre chaque chanson. Nous sommes un groupe plus orienté sur le format album. Nous voulons que les gens aiment l’album du début à la fin.
L’album a été produit par le groupe lui-même, qu’est-ce qui vous a poussé à prendre en main le boulot de production par vous-mêmes cette fois-ci ? N’étiez-vous pas satisfaits du travail de production sur Forever More ?
Ouais, Forever More était super. Nous l’avions fait avec Terry Thomas qui a aussi produit Bust A Nut avec nous en 94, mais nous avions abordé cet album sans aucune pré-production, donc nous nous sommes retrouvés à composer certaines chansons alors que nous enregistrions au studio. Donc, cette fois-ci, nous avons pris le temps, comme je l’ai dit, avec Tom Zutaut qui coproduisait, dans sa ferme pendant à peu près un mois au total, loin de tout. Nous allions nous coucher en jouant de la musique et ensuite nous nous réveillions avec la musique. Tout l’objectif c’était la musique, faire des chansons qui venaient, comme toujours, directement du cœur et c’était très amusant car, lorsque tu prends ton temps pour faire de la pré-production, tu as le temps de construire les chansons, ce que nous n’avions pas fait avec Forever More. C’est donc ça la différence dans la manière de faire entre Simplicity et Forever More. Forever More était plus ou moins mal préparé, car nous n’avions pas toutes les chansons écrites. Cette fois-ci toutes les chansons étaient écrites et dans une forme qui nous plaisait.
Avec Into The Now le groupe était aussi aux manettes pour la production. Mais quelle était la différence dans la mesure où Into The Now sonnait bien plus moderne ?
Nous avons écrit Into The Now, l’avons produit nous-mêmes, mixé nous-mêmes et avons tout fait par nous-mêmes, ce qui était amusant et super. A titre personnel, c’est l’un de mes albums préféré. Mais la différence entre ça et Simplicity, c’est que nous avions Tom Zutaut avec nous, donc nous échangions avec lui. Nous avons le sentiment que c’est toujours une très bonne chose de pouvoir échanger avec quelqu’un d’extérieur au groupe, car ils t’aident à donner une autre envergure à la chanson. Parfois, comme pour Into The Now qui, comme je l’ai dit, est l’un de mes albums préférés, nous n’avions personne avec qui échanger des idées. Alors qu’avec Simplicity, il se pouvait que nous nous arrêtions entre nous sur quelque chose et Tom Zutaut était là pour co-produire avec nous, pour nous aider à amener ça à un autre niveau. Il était là : « Okay, vous aviez ça de cette façon, qu’est-ce que vous dites d’essayer quelque chose de différent comme ceci, essayer quelque chose d’autre ? » Ce qui tend à te pousser artistiquement à mener les chansons plus loin.
« Beaucoup de groupes déménageaient à L.A. car c’était le truc branché à faire, mais nous ne voulions pas suivre les dernières modes, nous voulions être nous-mêmes. »
Le groupe semble faire beaucoup de choses par lui-même, vous avez même votre propre maison de disques. Est-ce important pour le groupe d’avoir un contrôle total ?
Ouais ! De cette façon nous pouvons faire les choses à notre manière. Nous n’avons pas quelqu’un qui essaie de nous pousser dans une certaine direction ou vers des choses qui ne nous plaisent pas tant que ça. Nous apprécions le fait d’avoir notre propre maison de disques. Brian Wheat et Frank Hannon co-managent le groupe. Nous faisons donc les choses à une plus petite échelle en gérant tout par nous-mêmes mais nous sommes bien plus heureux à faire ça à notre manière.
Aviez-vous eu de mauvaises expériences par le passé parce que le groupe n’avait pas ce genre de contrôle ?
Non. Je trouve qu’à l’époque c’était super, tu sais, de travailler avec Geffen. On trouve qu’ils ont fait un boulot merveilleux et, bien sûr, ça permet d’avoir pas mal d’argent pour soutenir ce que nous faisons, pour pousser certaines choses. Mais ils jouaient un grand rôle dans le choix des chansons à sortir en single. Donc, désormais, si nous pensons avoir une chanson que nous voulons mettre en avant comme single, nous pouvons le faire à notre façon.
Ça fait dix ans maintenant que Tesla est de retour. Comment comparerais-tu les années Geffen à ces dix dernières années ?
Eh bien, nous jouions bien plus en place en 2004. Nous nous sommes séparés de 96 à 2000 et ensuite en 2000 nous nous sommes retrouvés, les cinq membres originaux. Et ensuite, après avoir fait Into The Now, nous avons vu que les choses reprenaient la même direction qui aboutissait à une impasse pour le groupe, celle-là même qui avait fini par le pousser à la séparation à la fin des années 90. Donc, particulièrement Tommy [Skeoch] était à nouveau en train d’aller trop loin avec les choses et nous nous sommes dit : « Hey, c’est une impasse. » Nous avons donc imposé qu’il soit clean et sobre pour que nous soyons tous clean et sobres pendant que partions sur les routes et il n’a pas été capable de faire ça alors que tous les autres l’ont été, et c’est toujours le cas à ce jour. Et nous avons trouvé le parfait guitariste qui colle idéalement au groupe, c’est Dave Rude. Il apporte beaucoup, c’est une super personne, un super guitariste et un super compositeur. Nous sommes donc très contents de Dave Rude. On trouve qu’il fait un super boulot et, comme je l’ai dit, il apporte beaucoup et nous sommes très heureux. Le groupe est plus solide et joue mieux que jamais, car nous ne prenons pas de substances pour améliorer les choses. Car avant, lorsque les choses n’allaient pas vraiment bien, nous prenions des substances comme de l’alcool, de la drogue, ou quoi que ce soit, ce qui n’améliore rien, sur le long terme ça ne fait qu’empirer les choses. Donc, désormais, si un problème survient, nous nous en occupons avec droiture et sang-froid, et les choses semblent se passer nettement mieux.
Penses-tu que l’industrie musicale est plus facile ou plus difficile par rapport à vos débuts ?
Ah, tu sais, de bien des façons, c’est plus difficile. C’est un tout autre animal par rapport à ce que c’était à l’époque. Et c’est bien plus difficile de faire que les choses atteignent les gens et particulièrement avec notre propre maison de disque, le fait d’avoir notre propre management de groupe et tout. Les choses sont, comme je l’ai dit, à un niveau plus petit mais nous apprécions ça, car ça nous permet de faire les choses d’une manière qui nous rend heureux.
Tu as sorti un EP solo tôt l’année dernière. Comment se fait-il que tu n’aies pas entamé de carrière solo plus tôt, alors que tous les membres de Tesla ont eu des projets solo avant toi ?
Eh bien, j’ai toujours été passionné par la musique country, tu sais, et pour une bonne part de ma vie, j’ai vécu à Oklahoma, j’ai passé mon diplôme au lycée là-bas, et c’est pourquoi la musique country a toujours été une de mes passions. L’année dernière lorsque j’ai sorti l’EP de six chansons de musique country que j’ai écrites avec quelques amis de Nashville, je l’ai juste fait, comme je l’ai dit, par passion, pour le plaisir. Je me suis vraiment amusé avec ça, j’en étais heureux. Mais souvent, les autres membres du groupe font davantage de projets solos. Pour moi, c’est Tesla principalement qui me maintient occupé, donc je suppose que je réserve autant de temps que possible à l’écriture de chansons avec Tesla. Mais ces gars-là, ils apprécient faire des projets solos et je trouve que c’est super pour eux. Ils s’amusent avec ça. C’est une de leurs passions. Je les soutiens totalement mais je ne le fais pas aussi souvent qu’eux.
Est-ce que ta passion pour la musique country t’inspire à un certain degré dans Tesla ?
Ouais, il y a des chansons de Tesla, comme « What You Give », qui possèdent cette petite vibration country. Avec Tesla, on a cinq membres qui ont beaucoup d’inspirations différentes, donc lorsque nous nous retrouvons en tant que groupe pour écrire des chansons, toutes nos inspirations se retrouvent sur la table et ensuite nous les organisons et finissons avec une chanson de Tesla comprenant des inspirations différentes provenant des cinq membres du groupe.
J’ai lu que si l’EP se vendait assez bien, il financerait « un album complet à Nashville avec des musiciens de sessions et tout. » Est-ce que ça va pouvoir se faire du coup ?
Eh bien, jusque-là, je ne sais pas. Nous sommes loin d’avoir vendu assez pour faire ça. C’est le but et espérons qu’un jour nous l’atteindrons. Mais si ce n’est pas le cas, au moins nous avons eu l’opportunité de sortir l’EP, qui était très amusant à faire. Mais oui, le but ultime est de vendre assez de ces EPs pour ensuite faire un album complet avec des musiciens de sessions de Nashville et nous avons d’autres chansons que nous avons écrites pour ça. J’espère que nous pourrons atteindre ce but.
« Nous sommes parfaitement heureux et satisfaits d’être des cultivateurs de tomates de Sacramento qui font de la musique. [Rires] »
La plupart du hard rock dans les 80 semblait se faire à Los Angeles, alors que Tesla est de Sacramento. D’une manière ou d’une autre, est-ce que ça a contribué à rendre Tesla différent des autres groupes californiens des années 80 ?
Ouais, tu sais, à l’époque lorsque nous sommes sortis de l’ombre au milieu des années 80 nous descendions à L.A., ce qui fait six heures de route depuis le Nord de Californie puisque nous venons de Sacramento, nous y allions pour nous présenter et essayer d’attirer l’attention des maisons de disques. Et ensuite, une fois que nous avions obtenu cette attention, des maisons de disques venaient jusqu’à Sacramento où nous jouions face à notre public local. Et chaque fois que nous descendions à L.A. pour nous montrer, nous revenions à Sacramento pour revoir notre copie et faire un débriefing, voir quels ingrédients il nous semblait nous manquer, pour écrire les chansons que nous avions à l’époque mais tout en restant fidèles à nous-mêmes. Car beaucoup de groupes déménageaient à L.A. car c’était le truc branché à faire, mais nous ne voulions pas suivre les dernières modes, nous voulions être nous-mêmes dans le groupe, et nous l’étions. Nous ne voulions pas être influencés par la scène de L.A. Nous sommes donc restés à Sacramento, et, comme je l’ai dit, nous descendions pour nous présenter et revenir faire le point pour écrire des chansons venant du cœur et pour être nous-mêmes.
On se souvient de Nikki Sixx qui appelait le groupe « une bande cultivateurs de tomates de Sacramento. » D’où a-t-il sorti cette idée amusante ?
[Rires] Nikki Sixx de Mötley Crüe a fait ce commentaire, mais nous sommes vraiment de bons amis. Il l’a dit en blaguant, mais nous aimions ça, nous étions là : « Ouais ! On est qu’une bande de cultivateurs de tomates de Sacramento ! » C’est qui nous représentons, les travailleurs ouvriers car c’est ce que nous sommes nous-même. Nous nous fichions de l’image, notre truc c’était écrire des chansons avec le cœur, jusqu’à ce que nous finissions par prendre notre pied avec ce commentaire. Nikki Sixx a fait cette blague parce que, comme je l’ai dit, nous sommes bons amis. Mais c’est précisément qui nous représentons, la classe ouvrière, et donc lorsque les gens nous voient sur scène, ils se disent : « Wow ! Ils sont exactement comme nous ! Ce pourrait être nous sur scène à jouer comme ils le font. » Donc nous aimons que les gens ressentent ça à notre propos. Nous sommes parfaitement heureux et satisfaits d’être des cultivateurs de tomates de Sacramento qui font de la musique. [Rires]
Ne pensez-vous pas faire votre propre marque de tomates, les tomates Tesla ?
Eh bien, non en fait, et en toute franchise, aucun de nous ne pourrait faire pousser des tomates. Aucun de nous ne pourrait cultiver des tomates mais beaucoup de fermes de tomates sont dans les environs de Sacramento. Ils font pousser beaucoup de choses dans la vallée de Sacramento, ils font donc beaucoup de cultures par ici. Mais on ne pourrait rien cultiver pour toi, Nicolas. Nous ne sommes pas bon à ça, mais nous venons simplement d’un coin qui est représenté par les agriculteurs. Nous ne sommes pas des agriculteurs nous-mêmes, nous sommes des rockers [rires] !
En fait, beaucoup de groupes ont fait leur propre sauce piquante, par exemple. Vous pourriez avoir votre marque de ketchup, par exemple…
Je ne pense pas que Tesla fera sa marque de ketchup de sitôt. Je sais que beaucoup de groupes font ce genre de choses, comme Sammy Hagar avec sa Tequila et d’autres gens avec leur sauce piquante et sauce barbecue. Mais je ne vois pas Tesla faire ça. Nous nous concentrons sur la musique. Ça nous satisfait.
Y a-t-il des chances de voir Tesla venir en Europe ?
Nous allons venir en Europe, je crois. Dans à peu près une semaine et demie nous viendrons et nous ferons une tournée en Europe. Je ne suis pas certain exactement quels pays nous visiterons, mais je crois qu’il y en a comme sept ou huit. Nous allons jouer dans des festivals et ensuite nous allons faire des concerts par nous-mêmes. Et il faut espérer que ça attirera assez l’attention des gens pour revenir aux États-Unis, finir le reste de l’été ici aux US, ensuite reprendre les choses en janvier ici aux États-Unis et avec un peu de chance il y aura assez d’intérêt en Europe pour nous permettre de revenir là-bas l’été prochain et donner encore quelques concerts.
Et penses-tu qu’il faudra encore attendre six ans pour le prochain album ?
Espérons que non. [Rires] Je veux dire que nous ne sortons jamais un album tant que nous ne l’estimons pas prêt à être sorti. Donc espérons que ça ne prenne pas six ans, Nicolas.
Interview téléphonique réalisée le 22 mai 2014 par Spaceman.
Retranscription : Thibaut Saumade.
Traduction, Fiche de questions et introduction : Spaceman.
Site Internet de Tesla: teslatheband.com

































« OUAIS, TU SAIS…. »