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Interview   

Myrath : le vent du changement


Si le sirocco – ce vent chaud en provenance du désert – soufflait sur Shelili, c’est plutôt la brise du changement – ou le simoun, autre vent du sud, partant dans diverses directions – qui souffle sur Karma. Changement de line-up : Kevin Codfert, jusqu’alors homme de l’ombre en tant que compositeur, arrangeur, producteur et manageur de Myrath, a enfin trouvé sa place dans la lumière, en remplacement du claviériste Elyes Bouchoucha. Changement de méthode : forcés par les événements du Covid-19 à vivre six mois sous le même toit, c’est physiquement ensemble que les Franco-Tunisiens ont élaboré leur sixième album. Enfin, (léger) changement de direction avec un recul des teintes orientales et une nouvelle sobriété dans l’approche des arrangements, sans pour autant perdre l’âme du groupe.

C’est justement avec Kevin et le chanteur Zaher Zorgati que nous évoquons en détail tout ceci, mais pas seulement. En effet, nous parlons également de la notion de karma, des « problèmes et [d]es enjeux qu’il y a dans le monde aujourd’hui » – notamment les discriminations dont le groupe lui-même fait régulièrement l’objet –, du fait de se battre positivement et des changements – encore – que pourra induire l’intelligence artificielle dans les années à venir.

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Borknagar : anatomie d’une chute


Quand on gravit une montagne, le risque, c’est la chute. Mais s’il y a un groupe devenu expert en alpinisme musical et qui ne tombe jamais, ou presque, c’est bien Borknagar. Une nouvelle preuve avec son douzième album, Fall, qui, en outre, soigne ses contrastes, en écho à celui de la nature qui inspire à la fois crainte et amour, à ce désir de tutoyer les sommets tout en ayant conscience de défier la gravité, ou à ce respect du passé conjugué à un regard tourné vers l’avenir. La musique de Borknagar est une histoire de dualités, de contradictions, et de nuances, comme la vie.

C’est ce que nous raconte Øystein G. Brun, guitariste ainsi que compositeur et parolier principal du groupe, toujours aussi philosophique, dans l’entretien qui suit. Nous décortiquons avec lui Fall et, plus largement, le sens artistique de celui qui tend à visualiser la musique et à la planifier comme on le ferait d’une expédition, et se définit plus comme un aventurier musical qu’un enternainer, la notion de grand spectacle n’étant pas son truc – n’en déplaise aux adeptes de Kiss et de corpse paint !

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Judas Priest et le bouclier de jouvence


La contribution de Richie Faulkner à Judas Priest en désormais treize ans et trois albums est impressionnante. Loin de faire de la figuration, et avec tout le respect qui est bien sûr dû à KK Downing, à son héritage et à son dévouement passé, le jeune guitariste a redynamisé les shows de la formation cinquantenaire et contribué à lui donner un nouveau souffle créatif en studio. La preuve avec un Firepower largement plébiscité par la presse et les fans. Pour Invincible Shield, son implication a pris encore une autre ampleur, ayant presque porté à bout de bras le processus créatif, même s’il était important d’impliquer le plus possible Glenn Tipton, malgré ses capacités diminuées en raison de sa maladie de Parkinson.

C’est donc avec Faulkner que nous nous sommes entretenus pour évoquer le dix-neuvième album de Judas Priest qui ne devrait pas décevoir, offrant une espèce de synthèse qui explore toutes les facettes du groupe, à coups de riffs puissants et de mélodies entêtantes. On y discute également de sa position particulière et de la proximité du producteur Andy Sneap avec le combo, qu’il accompagne à la guitare en live depuis six ans, complétant notre dernier entretien d’il y a quelques mois à l’occasion de la sortie du premier album d’Elegant Weapons.

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Bruce Dickinson en trois dimensions


Cela faisait près de quinze ans que Bruce Dickinson ne s’était plus exprimé en solo ! Il faut dire que le chanteur a été particulièrement occupé avec Iron Maiden, que ce soit les albums – dont deux doubles – ou les tournées, sans compter une tumeur cancéreuse qu’il a dû faire soigner en 2015 et une pandémie en 2020. Ce n’était pourtant pas faute, toutes ces années, de préparer dans son coin un nouvel album, conceptuel qui plus est. Pour preuve, l’un des morceaux prévus pour le successeur de Tyranny Of Souls a fini par atterrir dans The Book Of Souls de la Vierge de Fer, il s’agit de « If Eternity Should Fail »… que l’on retrouve désormais dans The Mandrake Project sous une nouvelle forme et sous le titre légèrement remanié de « Eternity Has Failed ». Car oui, le tant attendu et ambitieux septième album solo de Bruce Dickinson voit enfin le jour. S’il a perdu en cours de route une partie de ses contours conceptuels, il y a gagné toute une dimension visuelle avec des clips élaborés et une série de douze comics sur l’histoire d’un certain Dr Necropolis. Surtout, c’est un album plus théâtral et plus riche que jamais que le frontman propose avec The Mandrake Project, se libérant du carcan de son groupe principal pour ouvrir ses horizons musicaux à des couleurs parfois étonnantes.

C’est un Bruce Dickinson « bondissant » que nous avons retrouvé à Paris, bavard mais sachant garder son calme, comme s’il essayait de canaliser l’énergie débordante qu’il a l’habitude de libérer sur scène, parce qu’évidemment, ça ne se fait pas d’exploser dans une salle d’interview… Reste que la fierté qu’il éprouve pour The Mandrake Project est palpable, comme s’il s’était trouvé un second souffle à l’âge où la plupart des gens partent en retraite. Il nous explique donc la genèse autant de l’album que des comics, et revient sur son sens créatif et ses sources d’inspiration.

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Scott « Wino » Weinrich : create or die


« Ce que je voudrais transmettre, c’est ma philosophie personnelle, ‘create or die’ : soit tu crées, soit tu meurs. » C’est ainsi que Scott « Wino » Weinrich résume son parcours, son avenir, bref, sa raison d’être. Vétéran du rock auquel il a dédié sa vie depuis son adolescence, Wino en incarne les principes, les passions et les excès mieux que personne. Que ce soit avec The Obsessed, Saint Vitus, ou Spirit Caravan, le guitariste a toujours suivi son instinct et sa créativité prolifique, en offrant au passage aux fans de metal en général et de doom en particulier toute une série d’albums incontournables. Gilded Sorrow, le dernier album de The Obsessed, s’inscrit dans cette lignée : brut, sincère, et résolument rock’n’roll.

Et brut, sincère, et résolument rock’n’roll, Wino l’est tout autant. Loquace et spontané, avec sa gouaille inimitable, il ne mâche pas ses mots, qu’ils accusent ou, au contraire, qu’ils expriment sa gratitude, celle d’avoir pu consacrer sa vie à son art et de bénéficier du soutien de ses fans. Si c’est avant tout de Gilded Sorrow et de sa genèse que nous avons parlé pendant ce long entretien, le musicien en a profité pour multiplier les digressions croustillantes et partager ses opinions sur ce qui lui tient à cœur. Au programme, donc : la musique « heavy », le sens de son art, et l’état actuel du monde…

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Blind Channel : « Les frontières entre les genres sont barbantes ! »


Blind Channel aura-t-il, à court terme, un succès aussi important qu’Electric Callboy avec qui il a tourné par le passé ? C’est en tout cas ce que l’on peut souhaiter au groupe finlandais. Ce dernier sort son cinquième album, EXIT EMOTIONS, le vendredi 1er mars. Un disque dont la musique déjantée plaira aux fans de la formation allemande précitée comme aux amateurs de la scène nu metal au sens large. Avec EXIT EMOTIONS, un album qui intervient trois ans après le passage de Blind Channel à l’Eurovision (qui l’avait propulsé sur la scène internationale), les Finlandais passent un cap en termes de compositions et proposent une usine à tubes savamment concocté pour l’auditeur qui aime le mélange des genres !

Au cours de cet entretien, les deux chanteurs Niko Moilanen et Joel Hokka reviennent sur l’histoire tumultueuse de la formation qui a dû se battre contre la mentalité finlandaise pour avancer. Il est donc question d’ambition, de persévérance et de discipline. Car en sortant un album tous les deux ans depuis Revolutions en 2016, Blind Channel montre que l’un des atouts pour percer dans l’industrie de la musique est, entres autres, d’avoir une ligne directrice affirmée.

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Amaranthe catalyse le positif


Trois ans et demi après la sortie de leur dernier album Manifest, les Suédois d’Amaranthe reviennent avec The Catalyst, une œuvre sortie tout droit d’une période d’introspection personnelle, sociétale et créative. En effet, suite au départ du growler Henrik Englund en 2022 qui a pu faire peur aussi bien aux fans qu’aux musiciens, le groupe a su retomber sur ses pattes en trouvant un remplaçant de taille en la personne de Mikael Sehlin, ami de longue date de la formation. Son trio de chanteurs renouvelé, Amaranthe a su tirer profit de ce nouvel élan pour élargir ses frontières, tout en respectant les codes qui lui sont reconnaissables.

The Catalyst s’inscrit bien dans la société moderne actuelle, via une philosophie à la fois dénonciatrice et positive. Le groupe dévoile un de leurs albums les plus complets et diversifiés à ce jour, usant d’inspirations et d’influences issues de diverses cultures et genres musicaux. Pour The Catalyst, Amaranthe a osé tenter de nouvelles choses et ne plus se cacher derrière des métaphores. Nous en avons discuté avec Olof Mörck, guitariste, membre fondateur et co-compositeur du groupe, qui n’a aucun mal à évoquer des souvenirs depuis le début de sa carrière jusqu’à ceux de son enfance et n’hésite pas à rentrer plus en détail dans l’aspect psychique de la vie d’un artiste, qu’elle soit quotidienne ou lors d’une tournée.

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Hysteria : hérétique et organique


Voilà plus de vingt ans qu’Hysteria évolue dans la sphère extrême lyonnaise, se produisant principalement dans les salles obscures de la région pour proposer sa contribution à la musique qu’il chérit ! Démarrant sur une base plutôt axée vers le brutal death metal, la formation bientôt trentenaire a évolué au fil de ses écoutes personnelles pour s’affiner vers un blackened death mélodique aux atmosphères plus mélancoliques. Mais malgré son âge et son line-up solide, Hysteria n’a jamais cherché à devenir la future tête d’affiche des festivals… Le quatuor se fait simplement plaisir, sans prétention aucune, mais il le fait avec passion et sérieux. C’est donc cette philosophie qui guidera son évolution l’amenant jusqu’à ce quatrième album, Heretic, Sadistic And Sexual Ecstasy… Ce nouvel opus présente un véritable effort de production, développe davantage ses affinités avec le black metal, et pourrait bien attirer les oreilles des amateurs du genre même bien au-delà de nos frontières…

Retour au fief du groupe où tout se déroule depuis 1996, à la capitale des Gaules. Si Hysteria a vu plusieurs petites salles mettre la clé sous la porte dans sa ville, il a toujours bien été accueilli dans le désormais incontournable Rock’n’Eat. Preuve de l’aura du groupe sur son territoire, le public a assurément répondu présent à l’occasion de la release party du nouvel album, avec un ‘Rock’ des grands soirs, bien plein pour une soirée prix libre. Nous nous sommes rendus sur place quelques heures avant la messe pour réaliser un entretien dans les loges de la salle avec ses murs couleur rouge sang. Le décor est donc idéal pour discuter avec les quatre musiciens et amis d’enfance, Xavier Chautard, Jérôme Christophe, Sylvain Ostengo et Adrien Desmonceaux, avec qui nous avons parlé de la composition du nouvel opus, de ses thématiques viscérales et blasphématoires, mais aussi de la scène locale et de leur ouverture pour le co-plateau Dissection et Watain vingt ans auparavant…

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Ihsahn : double naissance


Il y a trente ans sortait In The Nightside Eclipse, classique parmi les classiques du black metal. Depuis, Ihsahn, frontamn d’Emperor, a parcouru un long chemin jusqu’à se faire un nom en solo synonyme de valeur sûre, affinant, enrichissant, complexifiant sa fibre artiste. Mais le Ihsahn de 2024 est-il si différent de celui de 1994 ? Peut-être pas tant que ça, à en croire son huitième album solo, sans titre, qui le voit fondamentalement se réapproprier ce qu’il ambitionnait déjà avec Emperor : associer black metal et musique orchestrale d’inspiration cinématographique. Certes, le résultat est tout aussi fondamentalement différent, l’artiste ayant évolué, mûri, acquis de l’expérience, tout comme les moyens techniques ont spectaculairement progressé, au point de pouvoir faire appel à un orchestre… sans orchestre.

C’est donc pour parler de cet album qui porte son nom, se présente sous deux formes – metal et uniquement orchestrale – et développe un « récit wagnérien tournant autour du traditionnel voyage du héros » que nous avons rencontré Ihsahn, mais aussi, conséquemment, de la place de celui-ci dans son parcours entièrement autodidacte, où la production a pris autant de place que la création, comme en a attesté l’an dernier le projet d’EP Fascination Street Sessions. C’est dans un bar parisien ouvert juste pour ces entretiens que nous avons échangé avec le musicien, toujours aussi réfléchi et intéressant, en dépit du froid saisissant autant à l’extérieur qu’à l’intérieur, mais ça, ça n’a pas l’air de déranger le Norvégien…

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Dans les carnets d’Abduction


Des textes en français avec des références historiques et littéraires, des mélodies aussi extrêmes que progressives, une prépondérance de chant clair sur une base black metal, et des clins d’œil assumés à la chanson française… S’il y a bien une qualité que l’on peut reconnaître à Abduction, c’est son sens de l’audace. Forcément, la formation peut cliver dans les réactions et les chroniques, mais c’est aussi ce qui fait son charme, que l’auditeur adhère à sa musique ou qu’il y soit hermétique, elle ne laisse pas indifférent. Pour cause, les musiciens font incontestablement les choses passionnément et cela s’entend. Passion pour la musique, bien entendu, mais aussi pour l’histoire, l’écriture et la poésie… En bref, un groupe profondément « à la française ».

Après l’album concept Jehanne de 2020, dédié à l’histoire de Jeanne d’Arc, le groupe présente Toutes Blessent, La Dernière Tue qui mise davantage sur le sens de l’accroche que sur une idée centrale qui orienterait la trame du disque. Ce nouvel opus ne manque pas de relever de nouveaux défis pour le combo, aussi bien dans l’exercice d’écriture des chansons que dans celui de la reprise. Le guitariste et compositeur Guillaume Fleury revient sur les étapes clés de la carrière du groupe, mais aussi sur les évènements historiques qui inspirent les récits du groupe et sa dévotion pour l’icône de la chanson française Mylène Farmer.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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