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Interview   

Einar Solberg : la congrégation d’un seul homme


Toujours à l’affût de défis à relever, l’emblématique chanteur de Leprous, Einar Solberg, a livré en ce début d’année une sortie toute particulière, fondamentalement différente de son récent album solo, en la matière de The Congregation Acoustic. Un live mettant sens dessus dessous un des albums les plus populaires de Leprous, et dépouillant à l’extrême des titres dont certains étaient, dans leur version originale, particulièrement retors ou étranges. « Acoustique » est même ici un euphémisme, puisqu’on n’a affaire qu’à Einar – sa voix et son piano, compagnon froid et solitaire dans cette entreprise en apparence si mélancolique.

L’atmosphère était autrement plus détendue lorsque nous sommes revenus, avec lui, à l’orée d’un concert de Leprous, sur cette expérience et sur tout ce qui a pu graviter autour. Un échange enrichissant, plein de lucidité et avec l’habituel brin d’autodérision, qui nous éclaire sur ce qui a pu passer par la tête du chanteur et l’amener à tenter une telle adaptation et prestation. De quoi permettre, également, de patienter avant l’arrivée d’un nouvel opus de Leprous. Un album dont la conception a fort bien avancé, et qui sera le premier depuis l’apparition de la soupape solo d’Einar, laissant présager un léger mais très potentiel virage stylistique, promptement évoqué en fin d’interview.

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Black Bomb A : la machine à changement


Cela fait trente ans que les Black Bomb A occupent le devant de la scène hardcore française. Un groupe costaud, soudé, qui traverse les années et s’efforce de faire évoluer sa musique sans perdre son ADN. Depuis Human Bomb, en 2001, un premier album qui aura fait date, le groupe a égrené ses opus et surtout écumé les scènes françaises et européennes avec son son et sa rage. Parce que Black Bomb A, c’est avant tout un groupe né pour s’éclater sur scène : c’est là que les cinq compères donnent la pleine mesure de leur envie de mettre le bordel. Cette énergie qu’ils déploient devant leur public, les Black Bomb A ont voulu l’encapsuler, brute et intacte, dans leur huitième album, Unbuild The World. Un disque condensé, redoutablement efficace, mais qui montre aussi l’ambition du groupe de se renouveler, de surprendre, de proposer de nouveaux sons.

Un renouvellement dans le line-up aussi, puisque Pierre Jacou et Hervé Coquerel ont laissé la place à Jordan Kieffer et Etienne Treton, après respectivement douze et vingt-deux ans de service, à la basse et à la batterie. De quoi alimenter la machine à changement. Sam (Snake) et Poun, à la guitare et au chant depuis les débuts de Black Bomb A, nous en disent plus sur tous ces changements et sur cet album qu’ils ont manifestement hâte de défendre sur scène. Une discussion composée à quatre-vingt-quinze pour cent de musique et cinq pour cent de politique, dont… Sandrine Rousseau qui s’est invitée sans le savoir dans la discussion.

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Blaze Bayley à cœur ouvert


Blaze Bayley est un survivant. Il l’a prouvé une fois de plus : après une crise cardiaque en mars 2023, intervenue alors qu’il venait – la veille – de valider la version finale de son nouvel album Circle Of Stone, il a lentement remonté la pente jusqu’à remettre les pieds sur scène moins d’un an plus tard. Blaze reprend donc le cours de sa vie (a)normale avec la sortie de ce septième opus sous son propre nom (dix si l’on compte les trois en tant que Blaze). Un album qui, comme à son habitude, dégouline de passion pour le heavy metal, mais qui s’avère étonnant à plus d’un titre. D’abord, pour la teneur des textes de sa première moitié sur la fragilité humaine, la résilience, le courage et la gratitude, comme si le chanteur avait inconsciemment anticipé ce qui allait lui arriver… Ensuite, pour sa seconde partie, conceptuelle, sur le lien avec les ancêtres, où l’on voit intervenir de nombreux invités au chant, à la cornemuse et au violon.

Surtout, Circle Of Stone arrive à point nommé : cela fait désormais trente ans qui se sont écoulés depuis qu’il avait pris le micro chez Iron Maiden le temps de deux albums. Une bonne occasion de célébrer ce jalon symbolique avec des concerts spéciaux centrés sur sa courte discographie au sein de la Vierge de Fer. Une bonne occasion aussi pour nous de revenir sur l’impact qu’a eu et a encore à ce jour cette expérience sur lui, ainsi que sur ses premiers pas au sein de la formation légendaire, pionnière de la NWOBHM.

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Crazy Lixx ou la capsule temporelle


Nous avons déjà eu l’occasion d’en parler à maintes reprises : la Suède est un joli vivier de groupes de glam rock et sleaze rock qui vouent un authentique amour pour le genre et en font revivre la magie. Parmi les plus connus, on peut évidemment citer Crashdïet et Hardcore Superstar, mais il ne faut pas non plus négliger Crazy Lixx qui s’impose progressivement depuis son premier album en 2007.

Avec Two Shots At Glory, le combo de Malmö redonne un coup de jeune et une nouvelle vigueur à des titres de leur ancien répertoire – surtout de l’album Riot Avenue, en fait –, les accompagnant également de deux nouveaux morceaux, sans oublier une délectable reprise de Kiss, « Sword And Stone »… Vous connaissez la discographie du Bisou par cœur et pourtant vous ne connaissez pas cette chanson ? C’est normal : elle n’a jamais été officiellement enregistrée et n’existe que sous la forme d’une obscure démo. Un constat incompréhensible, mais Crazy Lixx – tout comme Bonfire en 1989 – est là pour déterrer et révéler cette pépite au grand jour. Two Shots At Glory est donc un album particulier, qui navigue entre passé et présent, destiné aux anciens fans comme aux nouveaux, et qui offre donc de nombreux prétextes à discussion avec le leader, chanteur, compositeur, producteur Danny Rexon, que ce soit sur l’histoire de Crazy Lixx, Kiss, la nostalgie de la fin des années 80 et du début des années 90, le cinéma, etc.

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Maggot Heart : de l’autre côté du miroir


Linnéa Olsson a plus d’une corde à son arc. D’abord journaliste musicale puis guitariste et enfin chanteuse, elle est passée par Sonic Ritual, The Oath et Beastmilk bientôt transformé en Grave Pleasures avant de fonder son propre groupe. Accompagnée d’Uno Bruniusson à la batterie et d’Olivia Airey à la basse, avec Maggot Heart, la musicienne a en trois albums trouvé son style – punk résolument DIY dans l’approche, dissonant et aiguisé, et rock’n’roll dans l’âme – et son rythme, aligné sur la pulsation de la ville et de la nuit, du caniveau aux étoiles. Avec Hunger, sorti en automne 2023, elle livre son disque le plus vulnérable et le plus assuré à la fois.

C’est de ce paradoxe et de bien d’autres que nous avons parlé avec Linnéa : chasseuse plus que proie, lucide et sincère, la musicienne parle à cœur ouvert de son parcours qui l’a menée de la scène metal suédoise aux nuits berlinoises, de ses forces et de ses faiblesses, de ses doutes et de ses objectifs. Ni seulement déterminée, ni seulement fragile, dans cet entretien, Linnéa Olsson se révèle être les deux à la fois, résolument et sans compromis.

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North Sea Echoes : voyage en mer de tranquillité


Alors que l’avenir discographique de Fates Warning semble incertain, ses deux têtes pensantes, le guitariste Jim Matheos et le chanteur Ray Alder, n’en ont pas fini avec leur créativité. L’un s’est récemment illustré avec son nouveau projet plus rock Kings Of Mecia et le plus expérimental Tuesday The Sky, le second en solo et avec l’ex-batteur de Fates Warning Mark Zonder au sein de A-Z. Mais c’est ensemble qu’ils reviennent cette année avec un tout nouveau projet du nom de North Sea Echoes, évoluant dans des sphères plus calmes, pensives et ambiantes. Certes, on retrouve la patte des deux musiciens, mais il ne faudra pas aborder leur premier disque, Really Good Terrible Things, comme une continuité de leur groupe emblématique.

C’est donc pour mieux comprendre la démarche artistique du projet que nous nous sommes entretenus avec Ray Alder, mais aussi pour le questionner sur sa relation artistique avec Jim Matheos et rentrer un peu plus dans sa personnalité, en rebondissant sur les thématiques développées, car forcément, qui dit musique plus intime dit également sujets plus intimes…

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Lynch Mob : l’épopée de la création


Chômer, voilà un terme que George Lynch ne connaît pas. Après une année 2023 bien chargée, avec plusieurs sorties d’albums, le guitariste est parti cette fois pour sillonner la route avec les autres membres de son groupe Lynch Mob, fort d’un nouveau line-up, pour son Final Ride Tour. Connu pour sa virtuosité à la guitare et son style unique, le musicien continue d’inspirer. Son dévouement à sa musique est inégalé, et c’est cette passion qui alimente chaque note de ses performances. C’est aussi ce qui explique un parcours musical de légende, jalonné de succès, de créativité sans limite et de projets parfois ambitieux.

Alors nul doute que cette dernière tournée sera à l’image de ce que Lynch a toujours su faire, en un mot : épique. Avant que la rockstar ne raccroche les gants avec Lynch Mob, offrant ainsi aux fans une dernière chance de vivre l’énergie électrique du groupe en concert, il fallait bien l’interroger sur la force qui nourrit son moteur et permet au musicien de créer autant de projets divers et variés, et surtout aussi délectables.

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The Black Crowes : retour à l’harmonie


La relation des frères Chris et Rich Robinson est réputée pour son explosivité, autant sur le plan créatif que personnel. C’est donc ce qui fait à la fois la force et la faiblesse de The Black Crowes, et malheureusement, c’est bien ce qui a mené à sa dissolution, actée officiellement en 2015, avec quelques coups de gueule par médias interposés. Mais finalement, cet éloignement était peut-être un mal pour un bien, pour que chacun prenne ses distances avec l’autre – eux qui ont été élevés ensemble, ont monté un groupe ensemble et ont connu le succès ensemble –, prenne du recul grâce à d’autres expériences et reprenne conscience de la valeur de leur collaboration artistique et de leur lien fraternel.

Ça paraissait loin d’être gagné d’avance, mais force est de constater qu’ils ont su mettre leurs différends de côté, revenant sur le devant de la scène en 2019, notamment pour une tournée à l’occasion des trente ans du premier album Shake Your Money Maker, un EP de reprise en 2022 et désormais un nouvel album, baptisé avec humour Happiness Bastards, en clin d’œil à l’instabilité de leur relation, tout en faisant amende honorable. Cela a tout l’air d’un retour durable, qui se veut être pour de bonnes raisons et épuré des éléments néfastes du passé. Nous discutons de tout ceci avec Rich dans l’entretien qui suit.

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Dragonforce : le boss final du jeu extrême


Afin de célébrer dignement sa récente signature chez Napalm Records, Dragonforce se prépare en ce début d’année à sortir son neuvième album studio ainsi qu’à se lancer dans une tournée européenne en co-tête d’affiche avec leurs amis suédois d’Amaranthe. 2024 commence donc sur les chapeaux de roue pour le groupe qui n’a pas chômé depuis son dernier album de 2019. Avec une bassiste maintenant bien intégrée depuis 2020 et une envie de s’amuser toujours présente, la créativité reste au rendez-vous pour la formation qui propose encore de nouvelles chansons épiques toujours de près ou de loin influencées par leur amour des jeux vidéo. L’accent cette fois-ci est mis sur le fond des compositions, qui reflètent chacune à leur manière un aspect de la vie personnelle des membres qui n’ont plus peur de montrer qui ils sont et de faire ce qui leur plaît avant tout.

A contre-courant de certains clichés parfois rencontrés dans la scène metal, Dragonforce choisit toujours la positivité, la bonne humeur et la persévérance comme mantras quotidiens. C’est ainsi que le guitariste Herman Li a accepté de discuter avec nous une nouvelle fois afin de nous révéler les secrets du processus d’écriture et de la direction artistique de Warp Speed Warriors, et ce, à sa demande, entièrement en français !

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Myrath : le vent du changement


Si le sirocco – ce vent chaud en provenance du désert – soufflait sur Shelili, c’est plutôt la brise du changement – ou le simoun, autre vent du sud, partant dans diverses directions – qui souffle sur Karma. Changement de line-up : Kevin Codfert, jusqu’alors homme de l’ombre en tant que compositeur, arrangeur, producteur et manageur de Myrath, a enfin trouvé sa place dans la lumière, en remplacement du claviériste Elyes Bouchoucha. Changement de méthode : forcés par les événements du Covid-19 à vivre six mois sous le même toit, c’est physiquement ensemble que les Franco-Tunisiens ont élaboré leur sixième album. Enfin, (léger) changement de direction avec un recul des teintes orientales et une nouvelle sobriété dans l’approche des arrangements, sans pour autant perdre l’âme du groupe.

C’est justement avec Kevin et le chanteur Zaher Zorgati que nous évoquons en détail tout ceci, mais pas seulement. En effet, nous parlons également de la notion de karma, des « problèmes et [d]es enjeux qu’il y a dans le monde aujourd’hui » – notamment les discriminations dont le groupe lui-même fait régulièrement l’objet –, du fait de se battre positivement et des changements – encore – que pourra induire l’intelligence artificielle dans les années à venir.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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