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Interview   

Sylosis : le goût du riff


Sylosis poursuit sa mue engagée avec A Sign Of Things To Come vers une musique plus efficace et percutante, notamment en live. Et avec The New Flesh, le combo britannique sort un album gorgé d’hymnes, aussi heavy qu’accrocheurs. Mais avant d’être une évolution, au risque de surprendre, ce septième disque est surtout un retour aux sources, à l’influence des groupes que Josh Middleton écoutait dans ses jeunes années, de Pantera et Obituary à Faith No More et Type O Negative, et à l’idée qu’il s’était faite de Sylosis lors de la création de ce dernier en l’an 2000 sans avoir vraiment les moyens de concrétiser son ambition.

Un disque certes heavy, mais où le frontman se permet aussi de s’ouvrir un peu plus émotionnellement. Pour preuve, cette tournée de deux mois, il y a quelques années, où il a failli tout plaquer et qui a finalement donné naissance à une vraie, authentique, ballade. C’est donc dans une atmosphère parfois de confession que Middleton nous parle de The New Flesh, avec lequel il veut remettre l’église au centre du village et dire que le metal, c’est avant tout une histoire de bons riffs.

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Live Report   

Hot Mulligan ou le pop-punk incandescent du dimanche soir


Le pop-punk n’est pas une nostalgie d’adolescence qui refuse de vieillir. C’est une musique qui naît d’un mal-être ou d’un mal existentiel et qui apprend à le transformer. Une musique souvent faussement naïve qui cherche la mélodie et l’énergie positive. Derrière ses refrains ultra fédérateurs et ses guitares franches, il y a une mécanique presque thérapeutique. l’envie de prendre une angoisse et de la propulser dans un hymne collectif. Le mal-être devient moteur et l’ironie devient protection. Un genre musical qui permet à ses adeptes de traverser les époques les plus lourdes sans jamais s’effondrer. Même quand les thèmes sont sombres, la musique reste solaire. On saute. On chante. On hurle ensemble. Et pendant quelques minutes, ça suffit.

Dimanche soir, à la Maroquinerie, la salle était complète, signe que cette nécessité est toujours bien vivante.

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Chronique   

Rob Zombie – The Great Satan


Robert Cummings s’est fait discret au cours des dernières années. L’artiste multi-facettes prend désormais son temps, espaçant les albums et marquant un retour à des films indés aux budgets modestes. Mais Zombie reste fidèle à sa ligne directrice originelle, qu’il s’agisse de musique ou de cinéma. Son travail est violent, anticonformiste, sans concessions. Construit dans une optique de retour aux sources, The Great Satan profite du retour de collaborateurs perdus de vue pour adopter un son brut et direct.

Si le travail mené avec le guitariste John 5 – débauché par Mötley Crüe – s’est avéré particulièrement fructueux pendant près de deux décennies, c’est le plus discret Mike Riggs qui reprend la guitare. L’homme a forgé aux côtés de Zombie le son des albums classiques que sont Hellbilly Deluxe et The Sinister Urge, et confère à The Great Satan une patte indus cradingue et grinçante bien marquée. Rob Zombie se recentre sur l’essentiel, laissant plus franchement de côté certains délires expérimentaux pour taper dans le riff gras, efficace et tranchant. Le disque est à ce titre plus digeste que son prédécesseur, mais parvient à conserver toute la folie foutraque et redneck de l’univers de Cummings. The Great Satan demeure le reflet d’une Amérique sale, déjantée, défaillante. Un univers parallèle et reculé, né des fractures sociales et technologiques. Le musicien et ses sbires couchent sur bandes un heavy metal profondément marqué d’influences sudistes, de rockabilly, d’alcool frelaté et de lignes de basses groovy. Si les riffs prédominent et brillent d’une simplicité percutante, le disque dégueule littéralement d’éléments qui en renforcent la dimension décadente. Rob Zombie patine sa musique de claviers, samples voire bruitages creepy à souhait (l’outro « Grave Discontent »). Il n’en oublie jamais la nécessité de soigner ses refrains, et trouve dans l’approche du son frénétique et grasse de Riggs un terrain de jeu adéquat à l’élaboration de hits grandiloquents (« I’m A Rock’n’Roller », « Punks And Demons »). Redoutable.

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Interview    Radio Metal   

Mortis Mutilati : fascination macabre


mortis mutilati interview radio metalFormé sur les cendres de Skog, Mortis Mutilati est né en 2011 de la fascination morbide de son leader, qui porte bien son nom de scène, Macabre. Un rapport à l’autre rive qui n’a rien de feint ni d’artificiel et qui ne se cantonne pas à une simple démarche artistique. Comme le confie le musicien, le funeste fait partie de son quotidien. Mortis Mutilati devient ainsi un projet cathartique, bien que le sujet soit omniprésent. Considéré comme le cinquième album par son compositeur, Death Worshippers poursuit la trajectoire conceptuelle et naturelle du projet. Mortis Mutilati continue ainsi sa sublimation autour de la mort, avec toutefois un parti pris nouveau. Bien qu’il soit toujours ancré dans le black metal traditionnel, ce nouveau disque se veut aussi un hommage au hard rock des années 80. Le black metal putride des origines s’élance ainsi dans une danse macabre avec de vieux disques de Def Leppard…

Dès son premier single, « Scutigeridae », dévoilé en novembre dernier, la formation française avait annoncé la couleur. Mortis Mutilati évolue, tout en conservant une composition instinctive, guidée par les écoutes du moment de son leader. Si Macabre ne renie pas le son de la démo Sombre Neurasthénie, parue en 2012, il affirme que chaque disque a pris une dimension différente. De son propre aveu, Death Worshippers se présente cependant comme le plus diversifié. Au lendemain de sa sortie, le compositeur nous parle de ce nouveau disque dans notre émission Repas de Corbeaux, disponible en podcast.

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Live Report   

Airbourne, le rouleau compresseur australien


L’Australie n’est pas qu’un exportateur occasionnel de groupes à succès. C’est une véritable école du rock. Le circuit des pubs est une formation à lui seul : volume élevé, scènes exiguës, public exigeant, proximité physique constante. On ne triche pas. On tient la scène ou on disparaît. De cette culture est né un son identifiable immédiatement : riffs implacables, structures directes, énergie brute, refus du superflu. AC/DC en a posé les fondations mondiales. Rose Tattoo en a incarné la face la plus abrasive. Depuis les années 2000, Airbourne perpétue cette tradition avec une régularité presque imperturbable.

La France est devenue l’un de leurs bastions européens. Une fidélité construite au fil des tournées, des festivals, des salles combles. Ils seront d’ailleurs au Motocultor Festival cet été. Le message porté par cette scène australienne reste d’une simplicité désarmante. La vie cogne, mais il faut avancer. Et pour avancer, quoi de mieux que d’écouter du rock et de boire des bières ? Ce soir, les trois groupes proposent de prendre du plaisir autour de valeurs simples et de déconnecter un peu.

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Chronique   

Carpenter Brut – Leather Temple


En 2077, Midwich Valley n’est plus qu’un souvenir carbonisé. Avec Leather Temple, Carpenter Brut projette l’ultime chapitre de sa saga dans une mégalopole de néons toxiques et de tours totalitaires. Après l’ascension glam sanglante de Leather Teeth et la dérive meurtrière de Leather Terror, la trilogie trouve ici sa conclusion cyberpunk avec pour thèmes résurrection, transhumanisme et révolution. L’histoire est simple, presque mythologique. Lita Connor, meneuse de la Horde, exhume Bret Halford – ex-rockstar devenue monstre – et le reconstruit en cyborg. Pas par compassion, mais par stratégie. Dans une société verrouillée par Iron Tusk, Bret devient une arme. Son corps augmenté, bardé d’implants et d’explosifs, incarne à la fois la mémoire d’un monde ancien et la violence nécessaire pour abattre le nouveau. C’est un outil sacrificiel, vecteur d’un reset possible.

Dès « Ouverture (Deus Ex Machina) », le disque sonne le glas d’un monde passé. Les premières notes avancent à tâtons, presque fragiles, puis tout bascule vers quelque chose de plus théâtral, plus cynique. Très vite, la tension s’installe. La musique devient course haletante, contre-la-montre permanent. Chaque morceau agit comme une scène avec la découverte du cyborg dans « Major Threat », la verticalité oppressante du « Leather Temple », l’arène mortelle de « Speed Or Perish ». Le ton se durcit franchement sur l’excellent « She Rules The Ruins », où la pulsation se fait plus abrasive, plus frontale. Franck Hueso joue constamment avec les accélérations, les changements d’angle, les décors sonores. Les beats claquent comme des portes blindées, les synthés tracent des lignes de fuite fluorescentes. Là où les deux premiers volets jouaient davantage sur la citation et l’excès rétro, Leather Temple vise une écriture plus resserrée. Sans paroles, l’album reste pourtant intensément narratif. Les thèmes de rébellion et de tyrannie structurent l’ensemble. Tout est maîtrisé, et l’immersion prend rapidement aux tripes. C’est pourtant le morceau final qui surprend le plus. Là où l’on attend l’embrasement total, « The End Complete » adopte une écriture plus planante, presque malaisante. Les lignes musicales progressent, semblent annoncer l’explosion… puis l’artiste choisit de nous laisser dans le doute. Pas de déflagration spectaculaire mais une suspension, une lumière blanche qui ne dit pas ce qu’elle emporte. Une fin ouverte, cohérente avec cette trilogie, qui laisse l’auditeur tirer ses propres réflexions sur cet univers imaginaire.

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Live Report   

Deftones renouvelle son héritage


En 2025, peu de groupes pouvaient prétendre à un retour aussi fort, aussi fédérateur. Deftones l’a fait sans effet d’annonce excessif, simplement avec un disque, Private Music, qui a dépassé toutes les attentes. Succès critique, chiffres de ventes inédits depuis longtemps, positions élevées dans les classements internationaux. L’album a réveillé quelque chose de plus large qu’un simple enthousiasme de fans. Car Private Music n’est pas un disque de repli. Il ne capitalise pas mécaniquement sur un héritage. Il affirme au contraire une vision toujours cohérente, parfois plus lourde, parfois plus abrasive, sans renoncer à cette capacité unique à créer des atmosphères suspendues. Deftones n’a jamais été un groupe figé dans une époque précise, et ce nouvel album rappelle à quel point son identité repose moins sur un style que sur un langage émotionnel.

Ce retour discographique a logiquement généré une attente immense. La tournée est massive, ambitieuse. À Paris, l’Adidas Arena affiche complet depuis des mois, bien avant que les premières notes ne résonnent. Ce qui frappe d’emblée, ce n’est pas seulement l’ampleur de la salle ou l’engouement. C’est la composition du public. Une foule étonnamment variée, en âge comme en influences musicales apparentes. Des fans historiques, marqués par Around The Fur ou White Pony, côtoient une génération plus jeune, venue découvrir un groupe dont l’aura dépasse largement les frontières du metal.

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Interview   

Mayhem, à la vie, à la mort


S’il y a bien un groupe qui doit beaucoup à la mort, c’est Mayhem. Obsessions morbides, carcasses et cadavres ont émaillé son histoire, tantôt donnant de vrais coups de fouet à sa progression, tantôt lui mettant de sérieux bâtons dans les roues. C’est aussi ce qui a, accessoirement, fait sa légende, et fait de Mayhem une véritable institution du black metal. Après plus de quarante ans d’existence, et sept ans après le fuligineux Daemon, sortir un album intitulé Liturgy Of Death a donc tout de l’apothéose, mais c’est aussi un hommage, une manière de boucler la boucle.

C’est ce que nous avons constaté en échangeant avec Attila Csihar, chanteur iconique et membre émérite du groupe. Parler de la genèse de Liturgy Of Death, c’est en effet parler des derniers développements de l’histoire du combo, mais aussi de son héritage pour le moins chargé, et, plus largement, de tout le passif musical et spirituel, à la fois sombre et solaire, du chanteur. Amical, truculent et intarissable, il a même offert de compléter par mail une discussion passionnante qui avait dû être coupée court, planning de promo oblige. De quoi esquisser un portrait foisonnant d’un artiste unique, entre ombre et lumière…

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Live Report   

Alter Bridge : Kennedy et Tremonti, une alchimie intemporelle !


Il y a vingt ans, personne ne savait vraiment ce que deviendrait la rencontre entre Mark Tremonti et Myles Kennedy. Ce mercredi, voir Alter Bridge partager l’affiche avec Sevendust et Daughtry n’a rien d’anodin. Trois groupes issus de la même matrice 90’s avec leur héritage grunge et rock alternatif américain, et une inclination pour la tension permanente. Ce qui rend la soirée particulièrement intéressante, c’est cette continuité. Sevendust rappelle la rudesse de la scène alternative originelle. Daughtry incarne le versant plus radio, plus accessible de cette tradition. Et au sommet, Alter Bridge synthétise le tout avec une certaine puissance, de la technicité et de l’émotion.

Les deux premières parties restent encore peu connues du public français malgré le succès rencontré aux Etats-Unis. Un nouveau terrain de jeu donc pour tenter de conquérir un peu plus l’Europe. Les stars du jour, quant à elles, viennent de sortir un album éponyme avec une nouvelle dose de gros riffs heavy. Un choix fort après plus de deux décennies d’existence. Comme une manière de refermer la boucle. Comme si Tremonti et Kennedy disaient : voilà qui nous sommes aujourd’hui. Et c’est peut-être ça, le vrai fil rouge de cette soirée, le post-grunge n’a jamais disparu. Il a juste évolué.

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Chronique   

Ulver – Neverland


Si depuis une poignée d’albums, les Norvégiens d’Ulver semblaient bien installés dans une synthpop rétro et élégante, avec Neverland, sorti en format numérique à l’extrême fin 2025, ils retrouvent leur nature insaisissable. Car depuis les classiques du black metal de leurs débuts, c’est bien par leur capacité de réinvention et leur nature spectaculairement polymorphe qu’ils se sont illustrés. D’autant plus que cette fois-ci, le cycle mort-renaissance n’est pas uniquement symbolique : en 2024, Ulver a dû faire face au décès de Tore Ylwisaker qui, avec ses claviers, avait joué un rôle déterminant dans l’élargissement de la palette sonore du groupe à la fin des années 1990. De quoi nous faire nous méfier des apparences idylliques du paysage coloré qui illustre ce pays imaginaire…

En effet, d’entrée de jeu, le ciel s’assombrit avec une longue citation de The Waste Land de T.S. Eliott qui s’achève ainsi : « I will show you fear in a handful of dust » (« Je te montrerai la peur dans une poignée de poussière »). Ce sont les seuls mots que l’on distinguera de tout l’album, la voix de Garm en étant absolument absente. Mais malgré leur tonalité apocalyptique, ce n’est pas de l’horreur ou de l’angoisse qu’inspire Neverland : l’album est une échappée nocturne où le malaise a l’allure d’un sommeil trop profond, d’un rêve insaisissable, ou d’un retour cruel à la réalité. L’humanité s’y fait discrète, en retrait par rapport au reste d’une nature omniprésente dans les titres et les samples, et les machines y ont la part belle. Leur palette infinie s’y déploie, du plus expérimental au plus accrocheur : sur « People Of The Hills » et « Fire In The End », on retrouve la synthwave des derniers albums, sur « Hark! Hark! The Dogs Do Bark », des touches de trip hop qui rappellent Perdition City. Neverland rappelle souvent cet album, ou plutôt son contexte, la musique électronique des années 1990 finissantes, notamment le Coil tardif, dont l’influence de longue date sur le groupe s’épanouit pleinement sur les brillants « Weeping Stone » et « Horses Of The Plough ». Musique à jouer dans l’obscurité, Neverland prend toute son ampleur au casque : entre chien et loup, parfois en demi-teinte (certains morceaux ont tendance à s’effilocher en musique de fond), à la fois familier et pas vraiment de ce monde, il a tout d’une respiration pour l’auditeur comme pour le groupe, qu’on retrouvera sans doute à nouveau ailleurs la prochaine fois…

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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