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Chronique   

Carpenter Brut – Leather Temple


En 2077, Midwich Valley n’est plus qu’un souvenir carbonisé. Avec Leather Temple, Carpenter Brut projette l’ultime chapitre de sa saga dans une mégalopole de néons toxiques et de tours totalitaires. Après l’ascension glam sanglante de Leather Teeth et la dérive meurtrière de Leather Terror, la trilogie trouve ici sa conclusion cyberpunk avec pour thèmes résurrection, transhumanisme et révolution. L’histoire est simple, presque mythologique. Lita Connor, meneuse de la Horde, exhume Bret Halford – ex-rockstar devenue monstre – et le reconstruit en cyborg. Pas par compassion, mais par stratégie. Dans une société verrouillée par Iron Tusk, Bret devient une arme. Son corps augmenté, bardé d’implants et d’explosifs, incarne à la fois la mémoire d’un monde ancien et la violence nécessaire pour abattre le nouveau. C’est un outil sacrificiel, vecteur d’un reset possible.

Dès « Ouverture (Deus Ex Machina) », le disque sonne le glas d’un monde passé. Les premières notes avancent à tâtons, presque fragiles, puis tout bascule vers quelque chose de plus théâtral, plus cynique. Très vite, la tension s’installe. La musique devient course haletante, contre-la-montre permanent. Chaque morceau agit comme une scène avec la découverte du cyborg dans « Major Threat », la verticalité oppressante du « Leather Temple », l’arène mortelle de « Speed Or Perish ». Le ton se durcit franchement sur l’excellent « She Rules The Ruins », où la pulsation se fait plus abrasive, plus frontale. Franck Hueso joue constamment avec les accélérations, les changements d’angle, les décors sonores. Les beats claquent comme des portes blindées, les synthés tracent des lignes de fuite fluorescentes. Là où les deux premiers volets jouaient davantage sur la citation et l’excès rétro, Leather Temple vise une écriture plus resserrée. Sans paroles, l’album reste pourtant intensément narratif. Les thèmes de rébellion et de tyrannie structurent l’ensemble. Tout est maîtrisé, et l’immersion prend rapidement aux tripes. C’est pourtant le morceau final qui surprend le plus. Là où l’on attend l’embrasement total, « The End Complete » adopte une écriture plus planante, presque malaisante. Les lignes musicales progressent, semblent annoncer l’explosion… puis l’artiste choisit de nous laisser dans le doute. Pas de déflagration spectaculaire mais une suspension, une lumière blanche qui ne dit pas ce qu’elle emporte. Une fin ouverte, cohérente avec cette trilogie, qui laisse l’auditeur tirer ses propres réflexions sur cet univers imaginaire.

Clip vidéo de la nouvelle chanson « The Misfits / The Rebels » :

Clip vidéo du morceau « Leather Temple » :

Album Leather Temple, sortie le 27 février 2026 via Virgin Records. Disponible à l’achat ici



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