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Chronique   

Ulver – Neverland


Si depuis une poignée d’albums, les Norvégiens d’Ulver semblaient bien installés dans une synthpop rétro et élégante, avec Neverland, sorti en format numérique à l’extrême fin 2025, ils retrouvent leur nature insaisissable. Car depuis les classiques du black metal de leurs débuts, c’est bien par leur capacité de réinvention et leur nature spectaculairement polymorphe qu’ils se sont illustrés. D’autant plus que cette fois-ci, le cycle mort-renaissance n’est pas uniquement symbolique : en 2024, Ulver a dû faire face au décès de Tore Ylwisaker qui, avec ses claviers, avait joué un rôle déterminant dans l’élargissement de la palette sonore du groupe à la fin des années 1990. De quoi nous faire nous méfier des apparences idylliques du paysage coloré qui illustre ce pays imaginaire…

En effet, d’entrée de jeu, le ciel s’assombrit avec une longue citation de The Waste Land de T.S. Eliott qui s’achève ainsi : « I will show you fear in a handful of dust » (« Je te montrerai la peur dans une poignée de poussière »). Ce sont les seuls mots que l’on distinguera de tout l’album, la voix de Garm en étant absolument absente. Mais malgré leur tonalité apocalyptique, ce n’est pas de l’horreur ou de l’angoisse qu’inspire Neverland : l’album est une échappée nocturne où le malaise a l’allure d’un sommeil trop profond, d’un rêve insaisissable, ou d’un retour cruel à la réalité. L’humanité s’y fait discrète, en retrait par rapport au reste d’une nature omniprésente dans les titres et les samples, et les machines y ont la part belle. Leur palette infinie s’y déploie, du plus expérimental au plus accrocheur : sur « People Of The Hills » et « Fire In The End », on retrouve la synthwave des derniers albums, sur « Hark! Hark! The Dogs Do Bark », des touches de trip hop qui rappellent Perdition City. Neverland rappelle souvent cet album, ou plutôt son contexte, la musique électronique des années 1990 finissantes, notamment le Coil tardif, dont l’influence de longue date sur le groupe s’épanouit pleinement sur les brillants « Weeping Stone » et « Horses Of The Plough ». Musique à jouer dans l’obscurité, Neverland prend toute son ampleur au casque : entre chien et loup, parfois en demi-teinte (certains morceaux ont tendance à s’effilocher en musique de fond), à la fois familier et pas vraiment de ce monde, il a tout d’une respiration pour l’auditeur comme pour le groupe, qu’on retrouvera sans doute à nouveau ailleurs la prochaine fois…

L’album en écoute intégrale :

Album Neverland, sortie le 27 février 2026 via House Of Mythology. Disponible à l’achat ici



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