Toujours à l’affût de défis à relever, l’emblématique chanteur de Leprous, Einar Solberg, a livré en ce début d’année une sortie toute particulière, fondamentalement différente de son récent album solo, en la matière de The Congregation Acoustic. Un live mettant sens dessus dessous un des albums les plus populaires de Leprous, et dépouillant à l’extrême des titres dont certains étaient, dans leur version originale, particulièrement retors ou étranges. « Acoustique » est même ici un euphémisme, puisqu’on n’a affaire qu’à Einar – sa voix et son piano, compagnon froid et solitaire dans cette entreprise en apparence si mélancolique.
L’atmosphère était autrement plus détendue lorsque nous sommes revenus, avec lui, à l’orée d’un concert de Leprous, sur cette expérience et sur tout ce qui a pu graviter autour. Un échange enrichissant, plein de lucidité et avec l’habituel brin d’autodérision, qui nous éclaire sur ce qui a pu passer par la tête du chanteur et l’amener à tenter une telle adaptation et prestation. De quoi permettre, également, de patienter avant l’arrivée d’un nouvel opus de Leprous. Un album dont la conception a fort bien avancé, et qui sera le premier depuis l’apparition de la soupape solo d’Einar, laissant présager un léger mais très potentiel virage stylistique, promptement évoqué en fin d’interview.
« A titre personnel, The Congregation n’est pas mon album préféré de Leprous, parce que je le trouve un petit peu trop rigide car il est justement trop contrôlé ; j’aime lâcher un peu plus prise. Je l’aime pour ce qu’il est, mais ce n’est pas l’album qui me parle le plus. »
Radio Metal : Tu as sorti The Congregation Acoustic, tiré du livestream tenu en février 2022. Tu as toi-même admis que The Congregation était l’album « le moins approprié » pour une telle expérimentation, alors pourquoi l’avoir choisi ?
Einar Solberg (chant & piano) : Les gens croient qu’il y a des idées très spécifiques derrière mes actions, mais je suis quelqu’un de très intuitif. Parfois, mes actes dépassent ma pensée [rires]. Ce qui veut dire que j’ai une idée et que je me lance sans réfléchir. J’ai constamment un tas de projets, et celui-ci en était un parmi d’autres ; il n’y avait pas de grande réflexion derrière. Si je pouvais donner une raison à ce choix, ce serait qu’il s’agit du seul album pour lequel nous n’avons pas fait de véritable livestream avec Leprous ; nous avons fait un livestream préenregistré, donc ce n’était pas purement live. Je me suis dit que le Covid-19 allait vers sa fin et que je voulais faire un autre livestream – c’était le dernier que j’avais fait. Je me suis donc demandé quel album j’allais faire et je me suis dit que j’allais essayer The Congregation, car j’aime les défis et faire des choses qui n’ont aucun sens – dans ma tête elles ont un sens [petits rires].
A côté de ça, cet album occupe-t-il une place particulière dans ton cœur ?
Oui, dans le sens où, je pense, c’est l’album avec lequel j’ai dû vraiment tout garder sous contrôle, parce que la moitié du groupe avait été remplacée à l’époque – nous avions un nouveau batteur et un nouveau bassiste. Nous ne pouvions plus nous reposer sur nos vieilles habitudes, nous n’avions pas encore beaucoup joué ensemble, donc il fallait que je contrôle le processus, plus qu’à l’accoutumée, et que je prenne cet album en main. En ce sens, j’étais fier de l’album. A titre personnel, ce n’est pas mon album préféré de Leprous, parce que je le trouve un petit peu trop rigide car il est justement trop contrôlé ; j’aime lâcher un peu plus prise. J’aime The Congegration pour ce qu’il est, mais ce n’est pas l’album qui me parle le plus. Reste que des gens l’adorent et qu’on y trouve de très bons morceaux. C’est un album un peu plus fédérateur, car il faut se rappeler que nous avons commencé en tant que groupe de metal, donc son succès ne définit pas forcément sa qualité mais les goûts des gens. Par exemple, quand nous avons sorti Pitfalls, les gens étaient là : « Oh, ce n’est pas du metal ! » Ça ne veut pas forcément dire que c’est un moins bon album ; c’est même peut-être un bien meilleur album, mais il est moins metal que ce à quoi les gens s’attendaient.
Comment as-tu repensé ces chansons et t’es-tu préparé pour un contexte aussi minimaliste, avec seulement ta voix et un piano ?
Il faut trouver l’essence de la chanson, ce qui est le plus important dedans. Il y en a qui m’ont très agréablement surpris, notamment certaines qui ne retenaient pas beaucoup l’attention, comme « Within My Fence ». Celle-ci est une chanson que nous n’avons pratiquement jamais jouée avec Leprous, mais je me suis rendu compte qu’elle avait de très bonnes mélodies. Je me suis donc dit que j’allais me concentrer sur les mélodies vocales et construire autour. En fin de compte, elle a pas mal reçu d’attention quand je l’ai sortie sur les réseaux sociaux et YouTube, ce qui est drôle pour une vieille chanson oubliée dont personne ne parlait jamais ! Il faut donc, comme je le disais, trouver l’essence de la chanson et mettre l’accent dessus en enlevant tous les autres éléments.
C’était donc une occasion de faire redécouvrir sous un nouveau jour certains morceaux moins accessibles ou moins populaires…
A cent pour cent ! Et nous avons fait la même chose avec Leprous avec « On Hold » tiré d’Aphelion. C’était un morceau dont peu de gens parlaient, mais nous en avons fait une version live en studio et tout d’un coup, plein de gens ont commencé à en parler, et désormais, nous le jouons presque à chaque concert. On peut parfois rappeler aux gens : « Regardez, cette chanson a un truc. » En tant que groupe, on a un peu le pouvoir d’influencer ses auditeurs. C’est un peu ce que les gens font avec les singles : « Ceci est le single » et automatiquement, le single attire l’attention.
« Je crois que rien n’est impossible, il n’y a qu’en France que vous croyez que tout est impossible [rires]. »
Quelles chansons ont été les plus difficiles à adapter ? Quels ont été les plus grands défis ? Le communiqué de presse mentionne que par instants, tu pensais que c’était impossible…
Non, je crois que rien n’est impossible, il n’y a qu’en France que vous croyez que tout est impossible [rires]. Mais oui, « Third Law », par exemple, a été très difficile, car le refrain fait [chante], ça reste tout du long sur la même note de base, donc c’est dur d’en faire quelque chose. Et ça fait aussi [chante], ça n’a pas vraiment de sens dans une version acoustique. Cette chanson était absurde. J’ai pu en faire une version correcte, mais ce n’était pas ma préférée à travailler. C’est un morceau un peu frénétique et il représente un peu ce que je n’aime pas dans The Congregation, avec cette rigidité. J’aime quand c’est un peu plus fluide.
C’est évidemment une interprétation bien plus fragile de ces chansons. Quel courage faut-il pour se présenter ainsi à « nu », dans toute sa fragilité ?
Pour moi, ça va. Il y a longtemps que je me suis réconcilié avec l’idée d’afficher ma fragilité. J’en avais peur quand j’étais plus jeune, mais avec le temps, je réalise que plus je suis moi-même, fragile et ouvert, plus les gens aiment. C’est comme « On Hold » : c’est la chanson la plus ouverte et fragile de l’album, et les gens aiment ça. C’est très transparent, tout le monde peut comprendre de quoi ça parle. Je me suis aussi rendu compte que c’était parfois très libérateur de me retrouver seul au piano. Je vais même faire bientôt une tournée en Amérique latine comme ça, seulement moi et mon piano. C’est sympa, car je trouve que la fragilité est plus une force qu’une faiblesse.
Tu as pourtant dit que tu étais à la fois « super excité et un peu terrifié à l’idée de sortir cette version live de The Congregation »…
Oui, parce que normalement, quand on sort quelque chose comme ça, on fait toujours des modifications et des corrections ici et là. Si vous croyez que tous les live qui sortent sont réels, sachez qu’ils ne le sont pas, plein de choses ont été corrigées après coup. Alors que là, rien n’a été corrigé. Ce que vous entendez, c’est exactement ce que j’ai fait. Rien n’a été modifié, parce que je n’avais pas le multipiste. Le label a voulu le sortir. Je leur ai dit que je n’avais pas les pistes séparées. Ils m’ont dit : « Tu n’as qu’à le sortir tel quel. » J’étais là : « Ok… » Très peu de gens font ça. Ça a peut-être un peu poussé le bouchon en termes de fragilité, parce que quand il y a des petits trucs désagréables, tu as envie de les changer un peu, mais là, je ne l’ai pas du tout fait.
Donc durant le concert en tant que tel, pas de crainte ou de problème de stress…
Je ne suis plus très stressé. Une astuce pour être un bon artiste live est qu’il ne faut pas être surexcité ni très stressé en montant sur scène. Il faut juste être détendu, tranquille, faire son truc. On peut ressentir plein d’émotions sympas et positives sans être excité au préalable, car si tu es excité, ça veut dire que tu essayes de prédire le futur : « Oh, ça, ce sera super cool. » Le problème est que si ce n’est pas comme tu l’imaginais, tu stresses : « Oh, non, je croyais que ça allait être génial aujourd’hui. » Alors que si tu restes ouvert à tout, pas de souci. Garder cet état d’esprit fonctionne très bien pour monter sur scène. C’est pareil, si j’ai un rhume – chose que j’attrape sur pratiquement toutes les tournées –, tu peux soit stresser, soit l’accepter et faire avec. C’est ce que j’essaye de faire dans toutes les situations. Pas parce que je suis de nature très zen, pas du tout, je ne le suis pas, mais j’ai dû apprendre à devenir plus pragmatique vis-à-vis de ces choses.
« Il y a longtemps que je me suis réconcilié avec l’idée d’afficher ma fragilité. J’en avais peur quand j’étais plus jeune, mais avec le temps, je réalise que plus je suis moi-même, fragile et ouvert, plus les gens aiment. Je trouve que la fragilité est plus une force qu’une faiblesse. »
Ce que tu dis rappelle un peu ce qui se dit dans les cours de méditation…
Oui. La méditation et la psychologie vont de pair. Un bon chanteur est un chanteur confiant, et un chanteur confiant est un chanteur qui ne se laisse pas déranger par tout.
La chanson « Observe The Train » ne parle-t-elle pas justement de ça ?
Si, tout à fait !
L’intensité de certaines notes vocales sur cet enregistrement est frappante. Es-tu allé à fond en mettant peut-être parfois ta voix en danger, vu que c’était un concert unique et que tu savais pouvoir récupérer ensuite plus facilement que si tu avais été en tournée ?
Je crois que ma manière de chanter a un peu changé depuis The Congregation, donc je chante simplement avec mon style. Bien sûr, quand c’est plus calme, j’utilise davantage la partie plus fragile de ma voix, mais parfois je chante très fort, à pleine puissance, comme sur le refrain de « The Flood », juste un peu moins que sur la chanson originale. Mais généralement, je fais toujours la même chose, j’ai mes méthodes et mes stratégies. L’ancienne version de moi aurait été à fond, alors que la nouvelle version a compris qu’être à quatre-vingts pour cent, ça sonne généralement mieux et ça préserve mieux la voix. Quand on est à quatre-vingts pour cent, ça sonne comme quelqu’un qui n’a pas grand-chose à prouver ; à cent pour cent, ça sonne comme quelqu’un qui force un peu trop. Il faut donc rester détendu. On peut monter jusqu’à quatre-vingt-quinze pour cent parfois durant un concert, choisir des moments spécifiques pour pousser un peu plus, et ensuite redescendre.
Y avait-il une quelconque place pour de l’improvisation sur ce concert ?
Oui, sur pratiquement chaque chanson il y en a. Je les change un petit à chaque fois, et c’est très facile quand je ne suis pas en train de jouer avec ces idiots [montre ses collègues musiciens de Leprous dans la loge], je peux faire ce que je veux [rires]. Quand je suis seul au piano, je fais instinctivement des petits changements. Je suis naturellement un improvisateur et j’ai tendance à tout le temps faire de petites improvisations. Même sur les concerts de Leprous, quand vous me voyez faire des transitions entre les chansons, très souvent c’est improvisé. J’aime faire ça. Ceci dit, j’aime improviser, mais sans trop m’éloigner de l’original. Ce sont donc de petites improvisations, et même si ça peut prendre un peu plus d’ampleur, je ne veux pas non plus aller trop loin.
Les parties initialement growlées, notamment sur « Rewind », sonnent encore plus intenses, d’une certaine façon, dans cette version. Est-ce que ça a été compliqué d’adapter ces parties pour une version acoustique ?
Je me suis demandé ce que je devais faire sur ces parties, car je n’aime pas crier sur de l’acoustique, ça me paraît bizarre. Il fallait donc que je trouve l’essence du morceau, c’est-à-dire le côté un peu effrayant. Et c’est ce que j’ai fait, j’ai conservé cette essence. D’ailleurs, le chant à cet endroit est très improvisé, à cent pour cent ! Je crois que je l’ai fait différemment à chaque fois que j’ai répété le morceau, donc ce n’est jamais pareil.
« La méditation et la psychologie vont de pair. Un bon chanteur est un chanteur confiant, et un chanteur confiant est un chanteur qui ne se laisse pas déranger par tout. »
Parfois, c’est presque a cappella. Est-ce que ça a intensifié ou même changé la portée émotionnelle ou le sens de ces paroles pour toi ?
Oui, je crois que c’est le cas parfois, sur certaines chansons. Ça les place dans un nouveau contexte.
Cet album, peut-être plus que n’importe quel autre, permet de remarquer le côté lyrique, presque opératique de ton approche vocale. Y a-t-il eu quoi que ce soit de spécifique au cours de ta carrière qui t’a incité à explorer ce domaine, ou était-ce une évolution naturelle ?
Ma mère est coach vocale classique, donc ça a pu [m’influencer], mais ça ne m’a jamais intéressé de chanter du classique, j’ai toujours été un rockeur. Je n’ai jamais chanté de classique, de toute ma vie. Mais j’utilise quand même certaines techniques. En gros, tout vient du diaphragme, mais c’est là-haut que tu changes et choisis ton timbre. J’utilise plein de techniques lorsque je chante, mais je n’y pense plus. La technique vient de la mémoire musculaire.
Tu as dit que rien n’avait été corrigé en postproduction. Malgré tout, avec le recul, y a-t-il quoi que ce soit que tu ferais différemment si tu devais refaire ce concert ?
Si j’avais eu encore plus de temps pour m’y préparer, je pense qu’être encore plus confiant aurait permis de le rendre encore meilleur, mais je ne sais pas… Peut-être que c’est bien aussi d’avoir cette fragilité. Rien de très spécifique ne me vient, parce qu’il faut se dire que c’est une heure de musique et que c’est assez dur de viser parfaitement juste sur tout quand tu es seul au piano. Je ne suis pas un pianiste… Je crois que, peut-être, les parties de piano pourraient être meilleures. Je ne me suis pas du tout amélioré en tant que claviériste et pianiste ces quinze dernières années, au moins [rires].
Le piano a tendance à se calmer quand tu chantes. Était-ce une volonté de laisser le public se focaliser sur une chose à la fois ?
Oui, et c’est aussi à cause du fait que je ne suis pas très bon au piano, donc j’ai besoin de calmer un peu lorsque je chante. Je me considère comme un compositeur et un chanteur qui utilise quelques touches au piano pour s’accompagner. Ça a été une grande source de plaisanterie au sein du groupe quand ils ont vu sur un site web qu’ils m’avaient nommé « meilleur claviériste ». Je ne suis même pas le meilleur claviériste dans mon groupe ! Ça n’a aucun sens ! [Rires] Qu’on me nomme meilleur chanteur, pourquoi pas, mais meilleur claviériste, certainement pas.
Est-ce qu’il y a eu des discussions pour savoir si cet album live devait sortir sous ton propre nom ou sous celui de Leprous ? En dehors de l’absence des autres membres, est-ce qu’il y a des choses spécifiques qui t’ont fait opter pour la première option ?
Non, je crois qu’ils s’en fichent. C’est genre : « Fais comme tu veux, peu importe. » S’ils veulent sortir leur propre version de The Congregation, ils peuvent le faire aussi [rires]. Nous avons constamment tellement à faire avec Leprous qu’ils ne sont pas là à se tourner les pouces et à m’attendre. Nous avons suffisamment de choses à faire. Et il n’y a pas de souci de droits, car je suis le compositeur de la majorité des chansons. Et même si c’était Robin [Ognedal] qui avait écrit toutes les chansons, je pourrais faire une reprise d’un album.
« Ça a été une grande source de plaisanterie au sein du groupe quand ils ont vu sur un site web qu’ils m’avaient nommé « meilleur claviériste ». Je ne suis même pas le meilleur claviériste dans mon groupe ! Ça n’a aucun sens ! [Rires] »
As-tu prévu de jouer certains de ces morceaux dans un contexte similaire sur ta tournée solo, ou bien restes-tu sur les chansons de l’album 16 ?
Pour moi, ce sont deux choses différentes, donc j’ai l’impression d’être actuellement dans trois projets différents. Le premier est Leprous, le second le groupe solo qui est très cinématographique et indie rock, et le troisième est moi seul au piano où je mélange du Leprous et des morceaux solos. C’est très facile de partir en tournée avec ce projet, car je n’ai besoin de rien d’autre qu’un piano. Même s’il y a très peu d’offres, c’est plus facile à faire. Par exemple, la tournée que je vais faire en Amérique latine, c’est très facile à organiser. C’est donc quelque chose que je vais faire de temps en temps, à la fois pour m’amuser et pour travailler, mais les deux projets ambitieux, c’est Leprous et mon groupe solo. Les autres trucs solos que je vais faire seront très orchestraux, avec un groupe.
L’an dernier, tu nous avais dit que puisque tu avais désormais un projet solo, Leprous allait probablement se recentrer sur le groupe…
Oui et c’est ce qui s’est passé ! Le nouvel album de Leprous est construit autour des cinq membres du groupe. Tout le monde pourra entendre que les guitares sont bien plus proéminentes qu’elles ne l’ont été pendant un moment, la basse est très saillante… Je pense que c’était au bénéfice de Leprous que je lance mon propre projet, dans le sens où nous pouvons nous concentrer davantage sur les personnes qui composent ce groupe, tandis que je peux partir dans les choses plus cinématographiques qui m’intéressent avec mon autre projet. Je crois que Leprous n’a jamais été aussi uni qu’aujourd’hui.
Tu mentionnes le nouvel album, la dernière fois tu disais que vous en étiez « qu’aux tout débuts » du processus. Du coup, où est-ce que ça en est ?
Nous avons plus ou moins terminé. En termes de direction, la musique est beaucoup plus focalisée, plus orienté groupe, plus heavy mais de façon très moderne. C’est un album dont nous sommes tous très fiers et nous pensons clairement que c’est notre meilleure œuvre, tout le monde dans le groupe est d’accord pour dire ça. Nous sommes confiants qu’il sera très bien reçu par la plupart des gens, car c’est quelque chose de nouveau, mais à la fois, je pense qu’il contient des éléments de Leprous qui leur manquait depuis pas mal de temps. Il y a un petit peu de growl, mais ça n’a jamais été très important dans Leprous, donc plus que ça, c’est surtout un côté heavy qu’on retrouve.
Dirais-tu que ce sera un album plus sombre ?
Je ne sais pas, parce que je pense que l’album le plus sombre que nous ayons fait était Pitfalls, d’un point de vue émotionnel. A part des chansons comme « Observe The Train » et « Alleviate », en général, cet album a un côté très dépressif, mais je pense que tout dépend comment on voit l’obscurité. Ce n’est pas sombre dans le sens traditionnel du metal, si ce n’est dans le cas de « The Sky Is Red » qui est plus heavy que la plupart des autres chansons. Je crois que la définition du terme « sombre » est une question d’interprétation, ça peut être plein de choses. Mais je trouve que le nouvel album a des passages qui sont bien plus heavy que tout ce qu’on trouve sur The Congregation, mais c’est heavy de manière différente. Ce n’est pas heavy au sens traditionnel du terme, comme on le définit dans le metal.
Interview réalisée en face à face le 5 mars 2024 par Maël Minot.
Retranscription & traduction : Nicolas Gricourt.
Photo : Elena Sihida.
Site officiel d’Einar Solberg : einarsolberg.com
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@Louis J’ai failli lui faire la remarque mais il a enchaîné trop vite, et je voulais pas trop m’éloigner du sujet. xD
« il n’y a qu’en France que vous croyez que tout est impossible »
Quand j’étais jeune, on disait « impossible n’est pas français ». Ça aurait changé à ce point-là ? :(