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Interview   

Kataklysm contre Goliath


« Je peux te dire qu’il va y avoir un album d’Ex Deo avant un nouvel album de Kataklysm », , nous disait de manière bien affirmative Maurizio Iacono à l’occasion de la sortie de The Thirteen Years Of Nero d’Ex Deo en 2021. Raté. Les plans ont visiblement changé pour les Nord-Américains qui ont préféré investir pour le successeur d’Unconquered trois ans après sa sortie, ayant tout de même au passage sorti un album l’année passée pour Invictus, le nouveau projet de Maurizio. S’il est bien connu que quantité ne rime pas forcément avec qualité, il faut reconnaître que malgré le rythme soutenu que s’infligent les musiciens, Goliath est un album solide. Kataklysm qui a derrière lui quinze albums et une vie de plus de trente ans tient debout dans cette grande bataille qu’est l’industrie de la musique. Son secret est sans doute qu’il s’adapte à son environnement et change de forme, prenant ainsi les couleurs du monde qui l’entoure, plus froid et agressif…

S’il utilise des références historiques et mythologiques, Kataklysm parle bien du monde réel et de son époque. Une époque qu’il a parfois du mal à comprendre, à en croire le guitariste Jean-François Dagenais qui nous livre dans cet entretien sa propre interprétation de qui sont les David et Goliath des temps modernes. Le musicien et producteur, loquace et sympathique, revient avec nous aussi sur la longue trajectoire du groupe et sur ses choix, mais aussi sur son avenir et sur les changements qui ont bousculé le groupe, expliquant certaines décisions.

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Soen ou le rappel à la raison


Ça fait maintenant dix ans passés que Soen a sorti son premier album Cognitive. Depuis, le groupe a déjà fait un beau parcours, ayant évolué pour se détacher de l’influence manifeste de Tool et même aller à contre-courant de la tendance dans la scène progressive, en composant des chansons plus concises et accrocheuses, et en maintenant un fin équilibre entre sophistication progressive et racines metal traditionnelles. De la même manière, le line-up de Soen est passé par plusieurs phases pour, semble-t-il, se stabiliser depuis Imperial (2021).

En revanche, s’il y a quelque chose qui n’a pas changé chez Soen en dix ans, c’est d’un côté la primeur à l’émotion et d’un autre côté une volonté de s’attaquer à des sujets sérieux, en mettant par exemple en avant des constats et réflexions sur notre monde de plus en plus divisé, où les opinions les plus radicales prospèrent, où l’on perd tout sens de la nuance, où la guerre fait même rage… C’est pour évoquer tout ceci, à l’occasion de la sortie de Memorial, que nous avons échangé avec le chanteur Joel Ekelöf, qui nous parle également de ses influences personnelles (d’Alice Cooper à Alice In Chains, en passant par Radiohead) et de son chant.

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Marc Hudson : au delà des frontières


C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour le frontman du groupe mondialement connu Dragonforce : un premier album solo accompagné d’invités de tous horizons, une signature chez Napalm Records et des clips nombreux et travaillés. Une aventure digne de ce nom, pour un artiste souvent pris entre deux tournées internationales. En effet, après douze ans comme chanteur du groupe de power metal britannique, l’envie de créer un album, de A à Z, digne de ses attentes d’adolescent s’est fait ressentir. Profitant du temps suspendu lors de la pandémie mondiale, le chanteur a su s’entourer de musiciens et amis pour créer un univers jovial et coloré, inspiré de notre monde qui, à l’époque, devait faire face à de nouvelles épreuves. Dans un élan d’optimisme, Marc Hudson réalise à quel point il est important de motiver les troupes et constate que du bon est à tirer de toute situation.

Nous en avons discuté avec lui, presque un mois après la sortie de son album Starbound Stories. De sa place dans Dragonforce – il fera beaucoup le parallèle avec sa carrière principale – à son travail de la langue japonaise, tout en abordant les diverses influences et thèmes qui ont forgé cet album, le chanteur retrace les étapes et les émotions qu’il a dû appréhender lors de cette première aventure solitaire, le tout avec une bonne humeur communicative.

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Quentin Foureau : quand l’art du conte rencontre celui du metal noir…


Depuis ses débuts, le metal s’inspire ouvertement de l’univers du conte, des mythes et des légendes, pour se nourrir de ses textes ou de son esthétique. Si instinctivement on peut penser à la scène folk metal assez démonstrative dans ses lectures, ou au black metal pour les plus horrifiques, le conte se dissémine en réalité dans tous les styles, même chez des groupes au public bien plus large, comme un Rammstein par exemple. Mais ramener le conte dans sa forme la plus traditionnelle, par l’oralité, dans des événements estampillés metal peut sembler être un pari risqué. Pourtant, c’est celui qui a été pris par le conteur Quentin Foureau qui a saisi la main qui lui a été tendue lors des premiers Feux De Beltane, événement black metal coorganisé par le label français Les Acteurs De L’Ombre, proposant de conter devant une petite assemblée d’adeptes de black metal. Quelques années plus tard, il tente même l’expérience de faire dialoguer le conte avec la musique dark ambiant et d’en proposer un projet studio, donnant ainsi naissance à la formation Cataèdes. Si l’idée peut sembler saugrenue, elle apparaît comme une évidence quand on est dans le public, happés par les histoires qui nous sont contées.

Au milieu de l’été, nous nous sommes rendus à la deuxième édition du Satanas Ebrietas Conventus, événement organisé par l’association Ifern En Ti-feurm à l’origine des Feux de Beltane, à la Brasserie de l’Apocalypse dans l’Eure. Quentin Foureau était à nouveau présent parmi les conteurs, proposant un set avec le projet Cataèdes en plus de ses sessions contes pendant le week-end. Nous avons saisi l’opportunité dans ce cadre idyllique pour le conte et le metal noir, la brasserie étant au milieu de la forêt, pour en savoir un peu plus sur sa pratique et l’art du conte. Nous parlons évidemment de ce que représente le conte aujourd’hui en 2023, mais aussi de ses rapports plus ou moins étroits avec la scène, dans un entretien qui contrairement à notre habitude était spontané et improvisé. Pas si loin du conte, d’ailleurs…

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Chat Pile : Real American Horror Story


Si la pandémie de Covid-19 a été un coup dur pour la plupart des groupes, pour Chat Pile, cette crise a été un véritable coup d’accélérateur. Il faut dire que la musique des Américains, un mélange sombre de rock à la Big Black, de lourdeur à la fois très Korn et très Godflesh, de spoken-word et de hurlements sludge, était la bande-son idéale de l’angoisse et de la claustrophobie ambiante – d’un monde en train de s’écrouler, pour citer leur chanson « Anywhere ». Apparemment sorti de nulle part, le quatuor, avec ses pseudonymes cartoonesques et sa sensibilité politique bien affirmée, a créé le buzz en quelques EPs, ce qui lui a permis de sortir son premier album, le bien-nommé God’s Country, sur le label The Flenser.

Nous avons profité du premier concert européen du groupe lors de la dernière édition du Roadburn pour parler de ces débuts explosifs avec quatre musiciens amicaux, détendus, et manifestement très heureux d’être là. Luther Manhole (guitare), Stin (basse), le « petit plaisantin » revendiqué Raygun Busch (chant) et le très discret Cap’n Ron (batterie) sont revenus avec nous sur la genèse de God’s Country, leur vision de la musique, et la vie en Oklahoma, dont la religiosité étouffante et le passé industriel (« chat pile », ce sont les tas de résidus miniers qui émaillent le paysage de la région) imprègnent leurs chansons. De Nirvana à Crass en passant par Gus Van Zant et Bruno Dumont, c’est un univers singulier qui émerge, où les faits divers glauques se mélangent aux bad trips comme aux questions sociales brûlantes : une americana brute de décoffrage et sans illusions, version 2023.

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Kvelertak : la recette d’un désastre


« Intensité » est très certainement le terme qui définit le mieux Kvelertak. Il y a évidemment l’intensité de sa musique qui, bien que parfois élaborée voire progressive, dégage toujours une énergie folle et celle de leurs concerts, sorte de tourbillon quasi chaotique, mais il y a aussi l’intensité intrinsèque des relations entre les six musiciens. Il est amusant de voir comme le guitariste Vidar Landa n’hésite pas à utiliser des termes comme « agressif », « forces autodestructrices », « insoutenable », « recette d’un désastre » pour décrire l’environnement de travail au sein de Kvelertak. Après tout, ça prouve surtout que lorsque l’on écoute un album du groupe ou qu’on le voit sur scène, rien n’est feint, tout est ressenti, de la violence à la vulnérabilité.

Toujours est-il qu’on espère qu’ils réussiront encore longtemps à canaliser cette intensité, suffisamment pour ne pas « détruire le groupe », car celui-ci démontre avec son cinquième album, Endling, qu’il a encore beaucoup à dire et à apporter, à l’instar de Vidar dans l’entretien qui suit. On y parle évidemment du nouvel opus et de cette intensité, à tous points de vue, qui fait la marque du groupe, mais aussi d’une identité instaurée dès son premier album et des histoires locales, loin des clichés nordiques, qui les ont inspirés.

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Steven Wilson : l’harmonie et l’espace


Steven Wilson enchaîne : The Future Bites (2021), Closure / Continuation avec Porcupine Tree (2022) et maintenant The Harmony Codex. La créativité du Britannique ne semble avoir aucune limite, pas même stylistique au vu de l’éclectisme de ses œuvres. Le petit nouveau en est d’ailleurs une nouvelle preuve : pour la première fois, Wilson n’avait pas de plan, aucune intention cachée, si ce n’est laisser son inspiration parler et le guider, et produire un album adapté d’un point de vue sonore à l’audio spatial. Le résultat est un disque protéiforme, dans sa musique comme dans sa conception et dans les thèmes abordés.

Conviés à découvrir The Harmony Codex en avant-première le 10 juillet dernier (avant même que l’album ne soit annoncé) dans un cadre idéal – dans le noir, avec un système Dolby Atmos –, nous avons ensuite pu échanger sur le vif en compagnie de quelques confrères avec le musicien pour en savoir plus sur ce que renferme le disque, sa réalisation et son approche sonore. Le musicien s’est prêté au jeu et s’est montré, comme à son habitude, exhaustif et passionnant.

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Danko Jones : le rock qui électrise les foules


Danko Jones n’a pas fini de rendre hommage au rock, dans sa forme la plus pure et donc la plus simple, c’est-à-dire celle d’un groupe – un power trio en l’occurrence ici – qui balance des sons électriques pour nulle autre raison que celle de passer un bon moment, dans la tradition de ses idoles de Kiss à ZZ Top, mais à sa manière, puisant dans ses goûts éclectiques pour éviter de tomber dans une musique trop générique, et avec une petite touche d’esprit punk. C’est d’ailleurs là l’un de ses grands regrets : que le hard rock n’ait jamais vraiment développé le même sens communautaire que le punk. Qu’importe, et même si de son propre aveu il n’a toujours pas réussi à dépasser la troisième division, Danko Jones trace sa route, plus sûr que jamais de son groupe et de sa « recette ».

C’est à l’occasion de la sortie de son onzième album, Electric Sounds, que nous discutons de tout ceci. Un album post-pandémie mais qui en conserve malgré tout les stigmates dans sa conception en grande partie à distance, les musiciens étant désormais éparpillés. Un entretien plein de lucidité, de sincérité et de franc-parler, que ce soit sur la carrière du groupe et sa place dans la scène actuelle, sur sa discographie, sur la compétition dans le milieu rock, sur ses propres excès…

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Oomph! : en attendant le jugement


Oomph! ou l’art de la rupture dans la continuité. Que le choc a été grand quand le pionnier de la Neue Deutsche Härte a annoncé en septembre 2021 se séparer de son emblématique frontman et membre fondateur Dero Goi. Cela faisait plus de trente ans que celui-ci et les guitaristes-producteurs Flux et Crap œuvraient main dans la main, façonnant l’identité évolutive du groupe. Qu’allaient-ils faire ? Pouvaient-ils même continuer sous ce nom ? Pour les deux compères restants, la réponse était claire : pas question d’abandonner l’œuvre de toute une vie. Et c’est en la personne de Der Schulz, premier chanteur auditionné et vieille connaissance, qu’ils ont trouvé leur sauveur.

C’est bien simple, Richter Und Henker, quatorzième album de la formation, ne dépaysera pas les fans : Oomph! reste indéniablement Oomph! et le choix de Der Schulz comme nouveau frontman s’impose comme une évidence tant son style vocal se fond dans l’esthétique du groupe, en s’inscrivant dans la lignée de son prédécesseur. Un album rassurant donc, par sa musique, mais angoissant par ses thématiques qui érigent des constats sombres sur le monde actuel. Nous discutons de tout ceci et plus encore avec le trio.

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Buckcherry : rock n’ roll, tatouages et tennis


Buckcherry garde le rythme. Un Warpaint pré-pandémie, suivi deux ans plus tard de Hellbound en pleine pandémie, lui-même suivi deux ans plus tard de son dixième album, sobrement intitulé Vol. 10, avec un line-up enfin stabilisé. Tout ceci alors que le groupe n’a quasi jamais cessé de tourner, comme nous en parlions déjà la dernière fois : après tout, le frontman Josh Todd se défini lui-même comme un « addict au travail »…

Ainsi, dans l’entretien qui suit, le chanteur tatoué nous parle du nouvel opus plein de bonnes vibration, une nouvelle fois enregistré en compagnie de Marti Frederiksen (célèbre notamment pour ses collaborations avec Aerosmith) à Nashville et qui inclue une reprise de Brian Adams.

Une interview « Good Time » comme le chante Todd sur cet album bien hard rock comme on l’aime.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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