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Empire State Bastard : la rage au sommet


Désormais bien installé après plus de vingt ans de carrière au sein du groupe de rock Biffy Clyro au succès retentissant, Simon Neil pourrait facilement s’en contenter et se laisser porter par la routine. C’est sans compter sur la passion qui l’anime toujours, en particulier pour les musiques les plus heavy. Ainsi est née dans son esprit et celui de Mike Vennart – guitariste live de Biffy Clyro et frontman du défunt groupe de rock progressif Oceansize – l’idée d’Empire State Bastard. L’objectif : créer une musique extrême qui pioche aussi bien dans le math rock ou le grindcore que dans le sludge et le stoner, avec Mike à la guitare et à la composition, et Simon aux hurlements, s’adjoignant les services du grand Dave Lombrardo à la batterie, et rejoints en live par la bassiste Naomi Macleod.

C’est donc une autre facette de Simon et Mike que l’on découvre à l’écoute de ce premier album, intitulé Rivers Of Heresy, torturée, chaotique, violente voire déglinguée, loin des élans mélodiques de leur groupe principal, de quoi exprimer et refléter leurs frustrations et colère face à un monde tout aussi violent et déglingué. Le duo nous en parle ci-après, affichant une complicité évidente.

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Moonreich : le goût de l’amertume


Du haut de ses quinze ans d’existence, comme tous les adolescents de son âge, Moonreich n’est plus tout à fait le même que quand il était enfant. Il ne suit plus forcément les règles de ses parents, entendez par là le black metal frontal d’un Marduk avec qui le public lui trouvait de nombreuses affinités. Depuis Fugue, Moonreich aborde un style plus ouvert et plus épuré, faisant fi des codes et de la tradition chère aux puristes. S’il n’est plus tout à fait le même, c’est aussi parce que son compositeur Arthur Legentil a changé de nombreuses fois de line-up, même s’il a toujours été la tête pensante pour l’écriture, trouvant une alchimie tout à fait différente pour le live. Ayant toujours délégué le chant sur les planches, il porte désormais la double casquette en concert en assumant pleinement le projet sur ses épaules.

Cinq années séparent Amer de Fugue, le temps pour le musicien de faire une pause sur le metal extrême et d’explorer d’autres choses. Comme il nous le confie dans cet entretien, ce qui l’intéresse dans sa démarche est toujours de surprendre son auditorat. Ainsi, quand il propose sa réinterprétation de « Broken » de Depeche Mode sur le précédent EP Wormgod, l’artiste va évidemment sur un terrain inattendu pour le fan, mais finalement compatible avec l’ouverture musicale qu’il revendique. Amer garde donc ce sens de la surprise, en nettoyant les imperfections trouvées sur Fugue, tout en allant plus loin dans l’exploration de nouveaux horizons musicaux. Cependant Moonreich a une identité et un nom à préserver, bien que ce dernier ait pu être changé d’après les confidences du musicien, le matraquage caractéristique du groupe est toujours au premier plan. Arthur Legentil revient pour nous sur l’histoire récente du groupe, sur l’esthétique du black metal, sur ses inspirations diverses et même sur une possible reprise insolite d’un célèbre duo français.

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The Soft Moon : créer pour Exister


Depuis son premier album en 2011, The Soft Moon a parcouru du chemin : avec son post-punk teinté de cold wave, le projet de Luis Vasquez s’est imposé comme l’un des fers de lance de ce revival 80s au côté de groupes comme Lebanon Hanover, Drab Majesty ou She Past Away. Plus de dix ans et quatre albums plus tard, Vasquez a joué sur les scènes du monde entier lors de performances intenses et électriques, notamment en première partie de Depeche Mode et Nine Inch Nails, et élargi sa palette à des tonalités plus variées, mais toujours froides et volontiers industrielles. De quoi lui ouvrir les portes du Roadburn et même celle du Hellfest, à l’affiche duquel il était cette année.

C’est au Roadburn justement, quelques heures avant son concert sur la scène principale, que nous avons retrouvé le multi-instrumentiste pour parler d’Exister, son dernier album en date. À la fois dansant et introspectif, on y retrouve les paroles aux allures de confessions de Vasquez, qui y explore les replis douloureux et les conséquences d’une enfance difficile. Fidèle à sa musique, aussi sincère que réservé, le musicien, église enflammée tatouée sur une main et menotte attachée à l’autre, est revenu avec nous sur ses débuts et les transformations traversées par lui-même et le projet, de la culpabilité et l’auto-détestation à la prise de confiance.

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Vandenberg et sa cuisine musicale


La résurrection du groupe Vandenberg en 2020, avec un premier album en trente-cinq ans, en compagnie du chanteur Ronnie Romero, était un petit événement en soi dans le monde du hard rock. Seulement, la sortie du disque en pleine pandémie aura fortement freiné l’élan du groupe : pas de tournée possible. Et pour couronner le tout, pour des raisons de conflit d’emplois du temps, il a fallu qu’ils se séparent de Romero. Retour à la case départ, ou presque. Mais quand on s’appelle Adrian Vandenberg, avec son CV et son talent, on n’a pas de mal à dénicher les meilleurs chanteurs du circuit hard rock. C’est ainsi que le Suédois Mats Levén (Yngwie Malmsteen, Therion, Candlemass, etc.) est venu prendre la relève, lui qui, il se trouve, est fan de longue date et a toujours voulu travailler avec le guitariste.

Voilà donc la nouvelle incarnation de Vandenberg (complété du bassiste Randy van der Elsen et du batteur Koen Herfst), plus prometteuse que jamais et qui s’est déjà consolidée en live dès fin 2021, avant de produire Sin, un album plus heavy mais aussi avec lequel le passé d’Adrian au sein de Whitesnake refait largement surface. Le musicien francophile, ayant autant un amour pour la musique que pour la peinture, la cuisine et le vin, nous parle de tout ceci depuis le Quercy Blanc où il adore se rendre dès qu’il peut.

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S.U.P. : prison de rêves


Si S.U.P. semblait sortir bien discrètement son huitième album, le bien nommé Octa, il était pour le moins très attendu par ses fans puisque dix jours après sa sortie, plus tardive que prévu, il a dû repartir au pressage ! Il faut dire qu’au-delà de son statut d’institution française dans le modeste milieu du metal, S.U.P. ne ressemble à personne d’autre, et cela depuis l’emblématique Anomaly de 1995. Le groupe lui-même a bien du mal à se définir, flirtant aussi bien avec l’univers de la cold wave que de la scène gothique, Octa n’hésite pas non plus à piocher, plus encore que par le passé, dans l’agressivité de Supuration qui restera pour le coup définitivement enterré. Qualifié comme avant-gardiste en son temps, le groupe a encore bien des choses à dire et une nouvelle histoire de science-fiction à nous raconter, autour de sa vision de prison du futur où les prisonniers se retrouvent enfermés dans les rêves et cauchemars des autres.

Si S.U.P. a bien sûr affiné sa recette avec le temps, il n’a dans son âme pas fondamentalement changé. L’idée introspective du projet et ses riffs hypnotiques et addictifs sont toujours bien là. Octa a une facilité d’écoute telle qu’il pourrait être un bon album d’ouverture vers la discographie du groupe de presque trente ans, en rendant hommage à son passé aussi bien qu’en s’illustrant dans des expérimentations nouvelles. Le guitariste Fabrice Loez nous raconte la démarche du groupe pour ce huitième opus, développant également ce désir d’indépendance et la découverte de l’autogestion pour la sortie d’un disque, et parcourant avec nous le fil narratif de cette nouvelle histoire de science-fiction proposée par le groupe.

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Dropdead Chaos : du chaos aux tubes


En 2020, début de la période Covid, pour occuper le temps, divers musiciens – les chanteurs Déhá et Renato Di Falco (Flayed, Trepalium, Les Tambours Du Bronx), les guitaristes Baptiste Ory (Nils Courbaron), Sylvain Sarrobert (Sidilarsen) et Nils Courbaron (Sirenia, T.A.N.K), le bassiste Jacou Pierre (Black Bomb A) et le batteur Boris Le Gal (Betraying The Martyrs) –, créent et enregistrent des morceaux sous le nom de Dropdead Chaos, dont tous les bénéfices sont reversés dans le but d’aider le personnel hospitalier. De cette belle initiative, et du retour très positif du public sur ses compositions, Dropdead Chaos devient définitivement un groupe qui s’attelle à la création de son premier album Underneath The Sound. Ce dernier, récemment sorti, mélange tous les horizons musicaux de ses membres pour nous proposer un metal moderne, qui nous rappelle les meilleures heures du neo-metal, mais pas seulement.

Le frontman Renato nous parle dans cette interview de la genèse du groupe, de sa manière de fonctionner à distance, de l’intégration de leurs divers horizons musicaux, mais aussi de sa gestion de ses différents projets musicaux. Un entretien plein d’énergie et d’enthousiasme pour un premier album à cette image et pleinement réussi.

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The Ocean : la fin d’une époque


The Ocean est décidément plein de surprises. Le dytique Phanerozoic était censé clore la série d’albums conceptuels basée sur les époques géologiques de la Terre, reliant ainsi Precambrian à Heliocentric et Anthropocentric, mais la créativité du groupe en aura décidé autrement, rajoutant la brique Holocene, sorte d’extension du morceau éponyme qui bouclait Phanerozoic II: Mesozoic | Cenozoic. Issu d’une sorte d’expérimentation entre le guitariste-leader Robin Staps et le claviériste Peter Voigtmann, et pas forcément pensé initialement pour The Ocean, Holocene est d’ores et déjà un album à part dans la discographie du collectif, plein de contradictions entre électronique et organique, ou calme et intensité.

A bien des égards, Holocene est la véritable conclusion du chapitre géologique, mais ce pourrait aussi très bien être un début, celui d’un groupe qui à la fois ouvre ses horizons et stabilise son processus autour d’un environnement confortable. Comme d’habitude, nous discutons de l’album en détail et en longueur avec Robin, qui nous dévoile avoir déjà sous le coude un autre album de The Ocean…

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Jason Bieler : l’orchestre de l’absurde


Jason Bieler serait-il en train de redonner un nouvel élan à sa carrière ? Connu avant tout pour avoir été la force créative de Saigon Kick – groupe de hard rock inclassable apparu au début des années 90 et qui a connu un bref mais joli succès, notamment avec la ballade « Love Is On The Way » –, le chanteur-multiinstrumentiste refait parler de lui depuis deux ans avec son projet The Baron Von Bielski Orchestra. Après un premier album, Songs For The Apocalypse (2021), Bieler a récidivé cette année avec Postcards From The Asylum. L’artiste y déploie un univers personnel, un brin déluré, résolument varié et sacrément addictif, avec l’aide d’une myriade de collaborateurs, à l’image de Marco Minneman (The Aristocrats), Ryo Okumoto (Spock’s Beard), Andee Blacksugar (KMFDM, Blondie) ou Todd Kerns (Slash). Pas étonnant qu’il ait été rapidement adopté par la communauté progressive, bien que ce ne soit pas sa scène d’origine…

Nous avons donc profité de la sortie de ce second album du Baron Von Bielski Orchestra pour faire le point avec Jason Bieler sur sa carrière passée et présente, et lui demander qu’il nous donne les pistes pour comprendre l’artiste qu’il est, unique en son genre et indépendant.

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Einar Solberg : hypersensible, hypercréatif


La créativité dont Einar Solberg a fait preuve jusqu’à présent au sein de Leprous, en sept albums et vingt ans de carrière, est impressionnante, participant à redéfinir le metal progressif aux côtés d’autres formations telles que Between The Buried And Me et Haken. Mais force est de constater qu’après pourtant deux albums très personnels – Pitfalls (2019) et Aphelion (2021) – ça ne lui suffit plus. Une envie d’autres horizons, d’autres collaborations, de produire plus. Ainsi a-t-il lancé un nouveau projet sous son propre nom afin, d’un côté, d’assouvir tous ses désirs créatifs, sans contrainte, sans attente, et d’un autre côté, de recentrer Leprous.

Premier-né de ce nouvel exutoire, en un chiffre : 16. Un album des plus variés – l’influence de la musique classique y côtoie celle du hip-hop, par exemple – qui voit Einar collaborer avec un compositeur différent sur chaque morceau et évoquer sa jeunesse entre seize et dix-neuf ans, une période charnière où « se sont passées les pires et les meilleures choses » de sa vie. Nous discutons de tout ceci avec le chanteur.

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Ruïm : Blasphemer sonne le tocsin


Rune « Blasphemer » Eriksen a beau avoir quitté Oslo il y a des années, il reste l’une des pierres angulaires de la scène norvégienne : après avoir fait ses classes dans Mayhem où il avait repris le rôle de guitariste à la mort d’Euronymous, il a imposé ses riffs dissonants dans des groupes aussi divers qu’Aura Noir, Twilight Of The Gods ou Vltimas, pour n’en citer que quelques-uns. Plus de vingt-cinq ans après ces débuts, le guitariste s’est replongé dans ses premières créations pour fonder un nouveau projet, Ruïm, où il est seul maître à bord, avec le soutien du batteur César « CSR » Vesvre. Particulièrement personnel, il donne la part belle à la spiritualité d’Eriksen, notamment à l’umbanda, qui mêle spiritisme, traditions afro-brésiliennes et christianisme.

Affable et enthousiaste malgré son emploi du temps chargé – l’enregistrement du nouvel Vltimas devait commencer très peu de temps après notre entretien –, Blasphemer est revenu avec nous sur la genèse et la direction du projet, et en a profité pour remettre en perspective sa carrière, et préciser ses ambitions en tant que musicien. Il le dit lui-même : ce premier album est un avertissement…

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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